Fidélité

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Définition sur Wiktionnaire.

Article sur Wikipédia.

La Fidélité est un attachement à ses devoirs et ses affections ; c'est la régularité à remplir ses engagements.

Philosophie[modifier]

Jésus Christ[modifier]

Quiconque regarde une femme pour la désirer a déjà commis, dans son cœur, l’adultère avec elle.

  • Évangile selon Matthieu, 5, 28 (.), Saint Matthieu, éd. ., 1962 (ISBN .), p. .


Augustin d'Hippone[modifier]

Parmi toutes les nations et aux yeux de tous les hommes, le désir d'une postérité et la fidélité conjugale impriment au mariage un caractère de bonté réelle. Chez les chrétiens, il faut y ajouter la sainteté du sacrement qui défend à une épouse répudiée de convoler à de nouvelles noces, pendant la vie de son premier mari, lors même qu'elle n'aspirerait à un nouveau mariage que dans le but d'avoir des enfants. Ce but, en effet, est le seul que l'on doive se proposer dans le mariage. Supposé qu'il ne puisse être obtenu, le lien nuptial n'est pas brisé pour ce seul motif, il ne peut l'être que par la mort de l'un des deux époux. On ordonne un clerc pour diriger une réunion de fidèles ; supposé que cette réunion n'ait pas lieu, le sacrement de l'ordre reste validement conféré. Bien plus, lors même qu'en punition de quelque faute ce clerc mériterait d'être interdit des fonctions de son ordre, il conserve toujours le caractère du sacrement et il le portera au jugement dernier. Que la génération soit le but du mariage, c'est ce qui résulte de ces paroles de l'Apôtre : « Je veux que les jeunes veuves se marient» ; puis supposant qu'on lui demande pourquoi, il continue : « Afin de créer des enfants et de devenir mères de famille (I Tim, V, 14.) ». Quant à la fidélité conjugale, il s'exprime ainsi : .« L'épouse n'a pas la puissance sur son propre corps, cette puissance appartient au mari ; de même l'époux n'a pas la puissance sur son propre corps, cette puissance appartient à la femme ((Ibidem.) ». Parlant enfin de la sainteté du sacrement, il s'écrie : « Que l'épouse ne se sépare point de son mari ; si elle s'en sépare, qu'elle s'interdise tout nouveau mariage , ou qu'elle se réconcilie avec son époux. De même, que le mari ne renvoie point sa femme ((1 Cor 7, 4.) ». Tels sont donc les biens qui impriment au mariage tout autant de caractères de bonté : les enfants, la fidélité, le sacrement.

  • (la) Bonum igitur nuptiarum per omnes gentes atque omnes homines in causa generandi est et in fide castitatis; quod autem ad populum Dei pertinet, etiam in sanctitate sacramenti, per quam nefas est etiam repudio discedentem alteri nubere, dum vir eius vivit, nec saltem ipsa causa pariendi; quæ cum sola sit qua nuptiæ fiunt, nec ea re non subsequente propter quam fiunt, solvitur vinculum nuptiale nisi conjugis morte. Quemadmodum si fiat ordinatio cleri ad plebem congregandam, etiam si plebis congregatio non subsequatur, manet tamen in illis ordinatis sacramentum ordinationis; et si aliqua culpa quisquam ab officio removeatur, sacramento Domini semel imposito non carebit, quamvis ad judicium permanente. Generationis itaque causa fieri nuptias Apostolus ita testis est: Volo, inquit, juniores nubere (1 Tim 5, 14.). Et quasi ei diceretur: Ut quid ? continuo subjecit: filios procreare, matres familias esse (Ibidem.). Ad fidem autem castitatis illud pertinet: Uxor non habet potestatem corporis sui, sed vir; similiter et vir non habet potestatem corporis sui, sed mulier (1 Cor 7, 4.). Ad sacramenti sanctitatem illud: Uxorem a viro non discedere; quodsi discesserit, manere innuptam aut viro suo reconciliari, et vir uxorem non dimittat 80. Hæc omnia bona sunt, propter quæ nuptiæ bonæ sunt: proles, fides, sacramentum.
  • « De ce qui est bien dans le mariage ( De bono conjugali, Liber unus) » (trad. M. l'abbé Burlereaux), chapitre 24, §. 32, dans Œuvres complètes de Saint Augustin, traduites pour la première fois sous la direction de M. Raulx, Augustin d'Hippone, éd. L. Guérin et Cie Éditeurs, 1869, t. 12, p. 122


Olivier Abel[modifier]

Mais qui ne cherchera à échapper à ce piège redoutable, qui fait la force et la complicité des traditionnalistes et des libertaires. Si la dialectique de l'aventure et du retour ne correspond en rien à nos modes de vie, si l'alternative de l'exclusivité et du "jetable" nous dégoûte, n'est-ce pas que nous en sommes à ce point, où il nous faut réinventer la fidélité, une fidélité vivante et vivable aujourd'hui? c'est probablement ce que propose le philosophe Alain Badiou dans son admirable petit livre sur L'éthique (Paris: Hatier,1993). Je ne l'ai pas assez "digéré" pour en parler maintenant. Que dire, et quoi suggérer ?

  • De la fidelité à l'intransmissible (.), Olivier Abel, éd. ., 1995 (ISBN .), p. .


Alain Etchegoyen[modifier]

Le mot fidélité a la même origine étymologique que les mots foi et confiance. Pour être fidèle, il faut avoir foi et confiance en l’autre. Il existe une fidélité formelle aux clauses du contrat de mariage : la vie sous le même toit, la subvention aux besoins de la famille, l’éducation des enfants, l’interdiction de l’adultère. Mais, ensuite, on peut parfaitement imaginer qu’un homme et une femme se mettent d’accord pour supprimer la clause d’exclusivité sexuelle du contrat. En supprimant le divorce pour faute en cas d’adultère, la loi a pris acte de cette évolution de la société. Chaque couple doit chercher des formes de fidélité qui préservent l’essentiel.

  • La Force de la fidelité (.), Alain Etchegoyen, éd. ., 2004 (ISBN .), p. .


Littérature[modifier]

Pensées[modifier]

Charles Péguy[modifier]

La fidélité, la constance dans l'action ne consiste pas à suivre dans la voie de l'injustice les anciens justes, quand ils deviennent injustes.

  • Pensées, Charles Péguy, éd. Gallimard, coll. « nrf », 1934, p. 29
  • Charles Péguy, 15 mars 1904, dans Cahiers de la Quinzaine, V-12, Charles Péguy.


Roman historique[modifier]

Marcel Bigeard[modifier]

[L]e sort de ces musulmans engagés aux côtés de l'armée française reste une tache très noire dans l'histoire de notre pays. Ils sont convaincus qu'ils doivent lutter aux côtés d'une nation qui peut leur apporter prospérité et développement. Ils voudraient une Algérie débarrassée du pourvoir dictatorial que le FLN commence à instaurer. Une Algérie débarrassée de la violence, du parti unique, dont la tyrannie se profile si la France quitte le pays. Ils vont payer très cher cette fidélité, pendant la guerre, et au lendemain de l'indépendance algérienne. [...] Avoir abandonné ces hommes dévoués à notre cause est une véritable honte. [...] Toute le monde savait qu'ils seraient massacrés. Personne n'a bougé ! [...] je n'oublie pas le dévouement de ces hommes, tel l'adjudant Zga, prêt à affronter toutes les épreuves avec moi.

  • Ma vie pour la France (2010), Marcel Bigeard, éd. Rocher, 2010, p. 309-310


Théâtre[modifier]

Molière[modifier]

Quoi? tu veux qu'on se lie à demeurer au premier objet qui nous prend, qu'on renonce au monde pour lui, et qu'on n'ait plus d'yeux pour personne? La belle chose de vouloir se piquer d'un faux honneur d'être fidèle, de s'ensevelir pour toujours dans une passion, et d'être mort dès sa jeunesse à toutes les autres beautés qui nous peuvent frapper les yeux! Non, non: la constance n'est bonne que pour des ridicules; toutes les belles ont droit de nous charmer, et l'avantage d'être rencontrée la première ne doit point dérober aux autres les justes prétentions qu'elles ont toutes sur nos cours. Pour moi, la beauté me ravit partout où je la trouve, et je cède facilement à cette douce violence dont elle nous entraîne. J'ai beau être engagé, l'amour que j'ai pour une belle n'engage point mon âme à faire injustice aux autres; je conserve des yeux pour voir le mérite de toutes, et rends à chacune les hommages et les tributs où la nature nous oblige. Quoi qu'il en soit, je ne puis refuser mon cœur à tout ce que je vois d'aimable; et dès qu'un beau visage me le demande, si j'en avais dix mille, je les donnerais tous. Les inclinations naissantes, après tout, ont des charmes inexplicables, et tout le plaisir de l'amour est dans le changement. On goûte une douceur extrême à réduire, par cent hommages, le cœur d'une jeune beauté, à voir de jour en jour les petits progrès qu'on y fait, à combattre par des transports, par des larmes et des soupirs, l'innocente pudeur d'une âme qui a peine à rendre les armes, à forcer pied à pied toutes les petites résistances qu'elle nous oppose, à vaincre les scrupules dont elle se fait un honneur et la mener doucement où nous avons envie de la faire venir. Mais lorsqu'on en est maître une fois, il n'y a plus rien à dire ni rien à souhaiter; tout le beau de la passion est fini, et nous nous endormons dans la tranquillité d'un tel amour, si quelque objet nouveau ne vient réveiller nos désirs, et présenter à notre cœur les charmes attrayants d'une conquête à faire. Enfin il n'est rien de si doux que de triompher de la résistance d'une belle personne, et j'ai sur ce sujet l'ambition des conquérants, qui volent perpétuellement de victoire en victoire, et ne peuvent se résoudre à borner leurs souhaits. Il n'est rien qui puisse arrêter l'impétuosité de mes désirs: je me sens un cœur à aimer toute la terre; et comme Alexandre, je souhaiterais qu'il y eût d'autres mondes, pour y pouvoir étendre mes conquêtes amoureuses.

  • Don Juan ou le festin de Pierre (.), Molière, éd. ., coll. « . », . (ISBN .), partie ., p. .


Jean Giraudoux, Amphitryon 38, 1929[modifier]

Jupiter : Elle est là, cher Mercure, enjouée, amoureuse.
Mercure : Et docile, à ce qu'il paraît.
Jupiter : Et ardente.
Mercure : Et comblée, je vous le parie.
Jupiter : Et fidèle.
Mercure : Fidèle au mari, ou fidèle à soi-même, c'est là la question.


Jupiter : (...)Qu'une suprême fois Alcmène et son mari apparaissent seuls dans un cercle de lumière, où mon bras ne figurera plus que comme un bras indicateur pour indiquer le sens du bonheur ; et sur ce couple, que l'adultère n'effleura et n'effleurera jamais, auquel ne sera jamais connue la saveur du baiser illégitime pour clore de velours cette clairière de fidélité, vous là-haut, rideaux de la nuit qui vous contenez depuis une heure, retombez.