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Estelle Faye

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Estelle Faye au festival des Imaginales à Epinal (en France) en 2016.

Estelle Faye, née le , est une actrice, scénariste et autrice française de science-fiction et de fantasy. Certains de ses romans et nouvelles ont reçu des prix littéraires.

Un éclat de givre

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Je n'ai plus de maquillage, personne ne me regarde, et j'ai l'impression que mon image, mon visage se délitent lentement, se dissolvent dans la ville, se perdent dans le petit matin. Une sensation habituelle, pas désagréable, plutôt reposante. Je n'existe, je ne prends matière, qu'au travers de mes rôles, des yeux posés sur moi, de mes amants et de mes spectateurs. La rumeur de la ville se lève autour de moi. Les travailleurs matinaux me bousculent devant la station Réaumur. Les odeurs du matin s'enroulent autour de ma bulle d'irréalité, m'enveloppent de sensations rassurantes, familières. Déodorants et sueurs des hommes. Parfums réconfortants d'huile de friture, de sucre et de sésame, qui s'échappent des carrioles chinoises. Sur les ombrelles des vendeurs, scarifiant les dragons et les fleurs de lotus, les raies sombres des ravaudages inventent de nouveaux idéogrammes. Sur le Pont des Arts, des ferronniers, à l'aide de grosses pinces, détachent avec des claquements secs les cadenas que, comme chaque nuit, des couples ont accrochés au parapet. Ainsi finissent les serments d'amour. La plupart seront réparés et revendus dans la journée. J'avance au ralenti. Le matin je suis rarement pressé. Le soleil réchauffe les vieilles planches du pont sous mes pieds. Des ibis volent en cercle au-dessus du fleuve, puis piquent vers les décharges de l'île de la Cité.
  • Un éclat de givre (2014), Estelle Faye, éd. Folio SF, 2017, p. 21-22


Interviews

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Mes deux premières claques littéraires ont été la découverte, assez jeune, de Typhon de Conrad, et de Cristal qui songe de Sturgeon. Des romans qui ne se contentent pas de dévider une histoire, mais qui vous plongent dans une atmosphère, dans un autre monde. Qui vous font ressentir, vraiment, ce que vivent les personnages. Ensuite j'ai dévoré de tout, des sagas médiévales, du polar, de la littérature « blanche », des grands classiques de la SF, des nouvelles fantastiques, du roman feuilleton, du théâtre… En tant que lectrice, je me sens surtout à l'aise dans les univers sombres, même si j'essaye de ne pas me limiter à ça !
  • « Interview : Estelle Faye », Estelle Faye (propos recueillis par Jérôme Vincent), ActuSF, 31 octobre 2017 (lire en ligne)


Porcelaine est né de discussions avec Xavier Mauméjean sur ma passion pour la Chine et mon passé dans le théâtre. Très vite, l'idée de travailler les deux ensemble s'est imposée comme une évidence. Le troisième élément du roman, la porcelaine, c'est un petit clin d’œil à ma famille paternelle, du côté de Limoges. Et c'est une matière qui me parle pour de nombreuses raisons, sa beauté, sa fragilité et sa dureté à la fois… Quelque chose de paradoxal, de très terrien et d'extrêmement civilisé…
  • Sur la conception du roman Porcelaine.
  • « Un entretien avec Estelle Faye », Estelle Faye (propos recueillis par Gillossen), Elbakin.net, 22 avril 2013 (lire en ligne)


Le style est essentiel pour créer l'atmosphère. Je passe beaucoup de temps sur les premiers chapitres, sur les premières lignes de chacun de mes textes, pour trouver le style exact qui correspondra à l'histoire particulière que je veux raconter.
  • « Un entretien avec Estelle Faye », Estelle Faye (propos recueillis par Gillossen), Elbakin.net, 22 avril 2013 (lire en ligne)


Quelle différence feriez-vous entre l’écriture d’un roman et celle d’un script ?

Dans un roman, le souffle de vie, le vent qui parcourt le monde, l'étincelle qui anime les personnages, la chair sur leurs os et la matière du sol sous leurs pieds… tout ça ne vient que des mots. La langue doit devenir matière pour que le charme fonctionne.
Formulé ainsi, ça sonne un peu comme de la mystique, mais c'est quelque chose que j'ai compris, et expérimenté de manière très concrète, pour la première fois pendant l'écriture de « La Suriedad », ma nouvelle dans Dragons. Le script, lui, n'est qu'un relais, un canevas pour diriger l'équipe, les comédiens… Ceci étant dit, on pourrait disserter pendant des heures sur les petites différences : le roman vous plonge davantage à l'intérieur d'un personnage, le cinéma permet plus de mouvements d'un élément à l'autre… etc. Mais tout ça reste secondaire. L'essentiel se joue au niveau du langage.

  • « Un entretien avec Estelle Faye », Estelle Faye (propos recueillis par Gillossen), Elbakin.net, 22 avril 2013 (lire en ligne)


Mes tous premiers coups de cœur en fantasy, il y a déjà pas mal d'années, ont été Abyme et les Crépusculaires de Mathieu Gaborit, suivis peu après par le cycle Arcadia de Fabrice Colin. Puis j'ai découvert David Calvo, Laurent Kloetzer… Dans les univers anglo-saxons, j'ai une vraie tendresse pour Légende de Gemmell, et pour tout son cycle sur Alexandre le Grand — je fonds devant la fantasy à grosses lames et grandes batailles. Chez Howard, je préfère Solomon Kane à Conan.
  • « Un entretien avec Estelle Faye », Estelle Faye (propos recueillis par Gillossen), Elbakin.net, 22 avril 2013 (lire en ligne)


Liens externes

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