Dominique Venner

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Dominique Venner (né le 16 avril 1935 à Paris, mort le 21 mai 2013 à Paris) est un essayiste français classé à l’extrême-droite, auteur de nombreux livres d’histoire et spécialiste reconnu des armes.

Le Cœur Rebelle, 1994[ред.]

En Algérie, nous combattions pour nous-mêmes, pour notre droit à un destin, pour notre dignité. Nous combattions pour relever le défi des défaites passées, pour effacer l’humiliation intolérable et la douleur. Nous combattions pour garder notre bien, pour conserver une terre acquise par le droit de conquête, de sang, de sueur et de colonisation. Nous combattions pour défendre sur cette terre, nos berceaux et nos cimetières. Nous combattions pour protéger les notres en danger.

  • Le Cœur Rebelle (1994), Dominique Venner, éd. Pierre-Guillaume De Roux, 2014  (ISBN 978-2-36371-098-7), p. 51


Aujourd’hui, je reconnais que la rébellion combattait elle aussi pour une juste cause, la sienne, ce que j’avais tendance à lui dénier à l’époque. En cela ma vision du conflit s’est modifiée... L’ennemi, si faible au commencement, voulait nous chasser d’une terre qu’il revendiquait pour lui seul par droit d’antériorité. Lui aussi combattait pour sa dignité. Il combattait pour conquérir une patrie, pour se donner une identité, pour édifier une nation.

  • Le Cœur Rebelle (1994), Dominique Venner, éd. Pierre-Guillaume De Roux, 2014  (ISBN 978-2-36371-098-7), p. 51


Dans une note en date du 21 avril 1977, le service historique de l’armée estimait à cent cinquante mille le nombre d’anciens soldats et supplétifs musulmans massacrés durant l’été et l’automne 1962. Prix Nobel d’économie en 1988, Maurice Allais fut alors un des rares français de renom à s’insurger contre « une décision barbare qui restera au cours des siècles comme un opprobre ineffaçable pour notre pays . »

  • Le Cœur Rebelle (1994), Dominique Venner, éd. Pierre-Guillaume De Roux, 2014  (ISBN 978-2-36371-098-7), p. 82,83


Quand on étudie aujourd’hui cette sombre période de 1962, on est frappé de la glaciale indifférence des élites françaises, qu’elles soient gouvernementales, administratives, sociales ou intellectuelles. Indifférence sèche devant la souffrance, le désespoir de centaine de milliers de pauvres gens dépossédés, chassés de chez eux dans la lueur des incendies, sous les hurlements de foules hystériques, abattus parfois, ou pire encore enlevés avec ce que cela signifie d’horreurs monstrueuses ; femmes françaises transformées en gibier sexuel dans les camps du FLN, hommes français humiliés dans leur chair, mutilés vifs, torturés à mort, sans que personne au monde ne vienne les défendre ou les venger.

  • Le Cœur Rebelle (1994), Dominique Venner, éd. Pierre-Guillaume De Roux, 2014  (ISBN 978-2-36371-098-7), p. 85,86


Emporté par sa vindicte contre ceux qui avaient osé le braver, le général de Gaulle s’en prit avec acharnement non seulement aux hommes, mais aussi à l’ordre spirituel vivant dont ces derniers se réclamaient. Ainsi, par le jeu du hasard, le plus militaire des politiques a-t-il enseveli ce qui demeurait d’authentique au cœur de la plus ancienne nation d’Europe. Pour toujours ? Répondre affirmativement serait admettre la superficialité de la structure mentale des peuples. Non. Ce qui a été renaîtra.

  • Le Cœur Rebelle (1994), Dominique Venner, éd. Pierre-Guillaume De Roux, 2014  (ISBN 978-2-36371-098-7), p. 140


Tocqueville, en son temps, avait annoncé l’accomplissement parfait de la société bourgeoise dans la démocratie américaine, œuvre de bourgeois puritains. Il la définissait comme le despotisme de la médiocrité et du conformisme. Jack London lui donna indirectement raison dans son admirable Martin Eden, ce qu’on a écrit de plus vrai et de plus accablant sur l’esprit bourgeois.

  • Le Cœur Rebelle (1994), Dominique Venner, éd. Pierre-Guillaume De Roux, 2014  (ISBN 978-2-36371-098-7), p. 170


Tout homme qui entreprend de se donner une forme intérieure suivant sa propre norme est un créateur du monde, un veilleur solitaire posté aux frontières de l’espérance et du temps.

  • Le Cœur Rebelle (1994), Dominique Venner, éd. Pierre-Guillaume De Roux, 2014  (ISBN 978-2-36371-098-7), p. 183


Dans les situations extrêmes comme le disait Junger, l’homme se résume au cœur qu’il porte en lui. Parce qu’il s’établit au dessus des jeux de l’intelligence, l’impératif du cœur prime alors celui de la raison.

  • Le Cœur Rebelle (1994), Dominique Venner, éd. Pierre-Guillaume De Roux, 2014  (ISBN 978-2-36371-098-7), p. 198


Histoire et tradition des Européens : 30 000 ans d'identité, 2002[ред.]

Notre monde ne sera pas sauvé par des savants aveugles ou des érudits blasés. Il sera sauvé par des poètes et des combattants, par ceux qui auront forgé l'« épée magique » dont parlait Ernst Jünger, l'épée spirituelle qui fait pâlir les monstres et les tyrans. Notre monde sera sauvé par les veilleurs postés aux frontières du royaume et du temps.
  • Paragraphe de conclusion du chapitre 1, titré « Aux frontières du royaume et du temps »


Ce n'est pas dans la mollesse, mais dans la fermeté de l'esprit et la résolution du cœur que sera engendré notre avenir.


Chaque peuple porte une tradition, un royaume intérieur, un murmure des temps anciens et du futur.


Figure lointaine à nos yeux que celle du chevalier. Et pourtant figure intacte, ayant triomphé des injures des hommes et du temps, préservée par les cheminements secrets de la nostalgie.


Avec le feu de la volonté, l'idée courtoise de l'amour, la quête de la sagesse et le sens tragique de la destinée, l'un des traits natifs de l'Europe est l'harmonie entre le clan, la citée et la libre individualité, affirmée déjà au temps de la féodalité achéenne.


Vivre selon notre tradition, c’est se conformer à l’idéal qu’elle incarne, cultiver l’excellence par rapport à sa nature, retrouver ses racines, transmettre l’héritage, être solidaire des siens.


Avant 1945, dans toutes les nations européennes, on honorait encore les symboles militaire et l’héroïsme du combattant. Même en France, malgré les conséquences multiples de la Révolution, l’officier de réserve bénéficiait d’un statut moral privilégié, au même titre que le propriétaire terrien, alors que cette grâce était refusée aux professions du commerce et de la finance. Faute de recul et de vision historique, on ne mesure pas encore l’ampleur de ce qui a été détruit.


Accepter le destin d'un cœur ferme n'est pas une vertu, c'est être un homme selon Homère, tout simplement.


À l’époque romaine archaïque, la devotio était une sorte de suicide accompli pour le salut de la patrie, un serment par lequel un général s’offrait en sacrifice aux dieux en échange de la victoire.


Un certain héritage historique, la fortune et la virtù sont les trois déterminants majeurs que l’on peut voir à l’œuvre derrière tous les grands évènements de l’histoire.
  • La « virtù des acteurs [de l’histoire] » est définie par l’auteur quelques lignes plus haut dans l’ouvrage : « leurs aptitudes dans l’action et leur capacité à saisir la chance. »


L’histoire est créatrice de sens. À l’éphémère de la condition humaine, elle oppose le sentiment d’éternité des générations et des traditions. En sauvant de l’oubli le souvenir des pères, elle engage l’avenir. Elle accomplit un désir de postérité inhérent aux hommes, le désir de survivre à sa propre mort. Ce désir a pour objet la mémoire des générations futures. C’est en espérant y laisser une trace que l’on s’efforce de forger l’avenir. Avec la perpétuation d’une lignée, cela fut l’un des moyens conçus par nos ancêtres pour échapper au sentiment de leur propre finitude.


De grands efforts ont été faits pour briser le fil du temps et sa cohérence, pour interdire aux européens de retrouver dans leurs ancêtres leur propre image, pour leur dérober leur passé et faire en sorte qu’il leur devienne étranger. De tels efforts ont des précédents. Du Haut Moyen Âge à la Renaissance, de nombreux siècles ont été soumis à une ablation de la mémoire et à une réécriture totale de l’histoire. En dépit des efforts déployés, cette entreprise a finalement échoué. Celle, purement négative, conduite depuis la deuxième partie du XXe siècle, durera beaucoup moins. Venant d’horizons inattendus, les résistances sont nombreuses. Comme dans le conte de la Belle au bois dormant, la mémoire endormie se réveillera. Elle se réveillera sous l’ardeur de l’amour que nous lui porterons.


Le choc de l'histoire, 2011[ред.]

Concernant les Européens, tout montre selon moi qu'ils seront contraints d'affronter à l'avenir des défis immenses et des catastrophes redoutables qui ne sont pas seulement celles de l'immigration. Dans ces épreuves, l'occasion leur sera donnée de renaître et de se retrouver eux-mêmes. Je crois aux qualités spécifiques des Européens qui sont provisoirement en dormition. Je crois à leur individualité agissante, à leur inventivité et au réveil de leur énergie. Le réveil viendra. Quand ? je l'ignore. Mais de ce réveil je ne doute pas.
  • Le choc de l'histoire, Dominique Venner, éd. Via Romana, 2011, p. 34


Chaque civilisation a sa vérité et ses dieux, tous respectables pour autant qu'ils ne nous menacent pas. Chaque civilisation apporte ses réponses, sans lesquelles les individus, hommes ou femmes, privés d'identité et de modèles, sont précipités dans un trouble sans fond. Comme les plantes, les hommes ne peuvent se passer de racines. Il appartient à chacun de retrouver les siennes.
  • Le choc de l'histoire, Dominique Venner, éd. Via Romana, 2011, p. 101


Un modèle ne procède pas par imitation servile. Il offre des principes vivants qui l'inspiraient. Quand on vit dans la compagnie de personnages qui ont de la noblesse, si l'on n'a pas l'âme basse, on en reçoit une impulsion. C'est de cette façon qu'Homère nous a légué nos principes de vie : la nature comme socle, l'excellence comme but, la beauté comme horizon.
  • Le choc de l'histoire, Dominique Venner, éd. Via Romana, 2011, p. 153


Un samouraï d'Occident : Le Bréviaire des insoumis, 2013[ред.]

Exister c'est combattre ce qui me nie. Être un insoumis ne consiste pas à collectionner des livres impies, à rêver de complots fantasmagoriques ou de maquis dans les Carpates. Cela signifie être à soi-même sa propre norme par fidélité à une norme supérieure. S'en tenir à soi devant le néant. Veiller à ne jamais guérir de sa jeunesse. Préférer se mettre le monde à dos que se mettre à plat ventre. Dans les revers, ne jamais se poser la question de l'inutilité de la lutte. On agit parce qu'il serait indigne de baisser les bras, et mieux vaut périr en combattant que se rendre.
  • Un samouraï d'Occident : Le Bréviaire des insoumis, Dominique Venner, éd. Éditions Pierre-Guillaume De Roux, 2013, p. 28


Nous avons la santé et le confort comme jamais, des savoirs, des connaissances et des libertés sans équivalent. Et pourtant rôde en Europe le sentiment d'un déclin voilé, une sorte de nihilisme flasque perceptible dans ce qui tient lieu de littérature ou d'art officiel. La beauté a déserté nos vies pour s'enfermer dans les musées. Nos rues les plus belles sont noyées dans un grouillement de foules hagardes et bigarrées. Pourquoi la laideur a-t-elle remplacé la beauté ? Pourquoi ce désert de culture et d'identité au milieu d'une colossale et très inégale prospérité ? Pourquoi l'argent est-il devenu le seul étalon, nous écrasant sous sa vulgarité et sa puissance masquée ?
  • Un samouraï d'Occident : Le Bréviaire des insoumis, Dominique Venner, éd. Éditions Pierre-Guillaume De Roux, 2013, p. 59


Durant la longue période féodale, du XIIè au XIXè siècle, à la différence de l'Europe, le Japon des shoguns a vécu fermé aux étrangers, se désintéressant volontairement du monde extérieur, se concentrant sur lui-même.
  • Un samouraï d'Occident : Le Bréviaire des insoumis, Dominique Venner, éd. Éditions Pierre-Guillaume De Roux, 2013, chap. 3 « Un détour par le Japon », p. 97


Divers[ред.]

Le fascisme est né de la première guerre mondiale et de la jeune génération des tranchées qui voulut exercer son droit à commander dans la paix comme elle l'avait fait dans la guerre.
Étrangers à la modération, ils conçoivent la vie politique sous les formes les plus radicales. Découverts dans les tranchées, l'esprit de communauté et la religion de la patrie doivent être transposés dans la paix. Le système libéral, son fractionnement des opinions, des intérêts et des classes, tout cela n'est pour eux que le ferment destructeur de la nation. Leur révolution fera une nation homogène. Elle édifiera de nouvelles hiérarchies étrangères à l'argent, fondées sur le mérite et la compétence. Ce qui a été réussi dans les troupes d'assaut et les tranchées, pourquoi ne pas l'appliquer à l'ensemble de la société?
  • « Le squadrisme et la genèse du fascisme », Dominique Venner, La Nouvelle Revue d'Histoire (ISSN 1764-2019), nº 6, mai-juin 2003, p. 40


[C]’est l’État français qui, par sa politique, ses lois, ses tribunaux, a organisé le « grand remplacement » des populations, nous imposant la préférence immigrée et islamique avec 8 millions d’Arabo-musulmans (en attendant les autres) porteurs d’une autre histoire, d’une autre civilisation et d’un autre avenir (la charia)[...] L’État a toujours été l’acteur acharné du déracinement des Français et de leur transformation en Hexagonaux interchangeables. Il a toujours été l’acteur des ruptures dans la tradition nationale. Voyez la fête du 14 juillet : elle célèbre une répugnante émeute et non un souvenir grandiose d’unité. Voyez le ridicule emblème de la République française : une Marianne de plâtre coiffée d’un bonnet révolutionnaire. Voyez les affreux logos qui ont été imposés pour remplacer les armoiries des régions traditionnelles. Souvenez-vous qu’en 1962, l’État a utilisé toute sa force contre les Français d’Algérie abandonnés à leur malheur.


Exister, c'est se vouer et se dévouer. Mais mourir, c'est parfois une autre façon d'exister. (…) La mort n'est pas seulement le drame que l'on dit, sinon pour ceux qui pleurent sincèrement le disparu. Elle met fin aux maladies cruelles et interrompt le délabrement de la vieillesse, donnant leur place aux nouvelles générations. La mort peut se révéler aussi une libération à l'égard d'un sort devenu insupportable ou déshonorant. Sous sa forme illustrée par les Samouraï et les “vieux Romains”, elle peut constituer la plus forte des protestations contre une indignité autant qu'une provocation à l'espérance.


Citations sur Dominique Venner[ред.]

Lors d'un entretien qu'il m'a accordé naguère, voici comment il se définissait : " Je suis trop consciemment européen pour me sentir en rien fils spirituel d'Abraham ou de Moïse, alors que je me sens pleinement celui d'Homère, d’Épictète ou de la Table Ronde. Cela signifie que je cherche mes repères en moi, au plus près de mes racines et non dans un lointain qui m'est parfaitement étranger. Le sanctuaire où je vais me recueillir n'est pas le désert, mais la forêt profonde et mystérieuse de mes origines. Mon livre sacré n'est pas la Bible, mais l'Iliade, poème fondateur de la psyché occidentale, qui a miraculeusement traversé le temps."


Sans pose ni complexe, Venner rejoint le courant qui, de Balzac à Déon, maintient et restaure un type de posture face à l'adversité, ces auteurs qui savent la prééminence du polemos héraclitéen - le conflit, père de toute chose. Et qui refusent le désespoir, conscients que l'histoire, dont l'ironie est féroce, surprendra toujours les esprits oublieux des traditions ancestrales.


Mohamed Merah obligeant la police à l’abattre, Dominique Venner se suicidant à Notre Dame. Les deux hommes avaient tant de choses en commun ! La haine de la France et de la République, le rejet des mœurs libres du monde occidental, et, sous une forme ou l’autre, l’antisémitisme.


Dominique Venner n’était ni un extrémiste ni un nihiliste et surtout pas un désespéré. Les réflexions sur l’histoire auxquelles il s’était livré pendant si longtemps l’avaient amené, au contraire, à développer un certain optimisme. Ce qu’il retenait de l’histoire c’est qu’elle est imprévisible et qu’elle est toujours ouverte, qu’elle fait les hommes, et que la volonté des hommes la fait également. Dominique Venner récusait toutes les fatalités, toutes les formes de désespoir. Je dirais paradoxalement, parce qu’on ne l’a pas suffisamment remarqué, que son désir de se donner la mort était une façon de protester contre le suicide, une façon de protester contre le suicide de l’Europe auquel il assistait depuis tant de temps.


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