Conversation

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Rembrandt — 1641 (détails d'une oeuvre)

Une conversation est échange de propos entre deux personnes ou plus.

Littérature[modifier]

Écrit intime[modifier]

Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986[modifier]

Janvier (1932)

Je ne peux rien avaler en sa présence. Extérieurement, je suis calme, avec cette placidité orientale si trompeuse. Elle boit et elle fume. En un sens, elle est complètement folle, sujette à des peurs et des passions incontrôlées. Sa conversation, essentiellement inconsciente, serait très révélatrice pour un analyste, mais je suis incapable d'analyse. Ce sont surtout des mensonges. Pour elle, tout ce qu'elle imagine devient réalité. Mais que construit-elle avec tant de soin ? Essaie-t-elle de gonfler, de fortifier, de glorifier sa personnalité ? Dans la douce chaleur de mon admiration, elle s'épanouit.


Août (1932)

Nos conversations sont merveilleuses, du théâtre à deux, non des duels, mais de fulgurantes illuminations de chacun. Je peux servir de déclencheur à certaines de ses pensées encore imprécises. Il élargit ma propre pensée. Je le fais prendre feu. Il me change en eau. Il y a un mouvement constant entre nous. Et il s'accroche. Il me tient en main comme une proie.


Roman[modifier]

==== Gabriele d'Annunzio

Il parlait avec un fluide abandon, car il voyait l’esprit de la femme attentive se faire concave comme un calice pour recevoir cette onde et voulait le remplir jusqu’au bord. Une félicité spirituelle de plus en plus limpide se répandait en lui, jointe à une conscience vague de l’action mystérieuse par où son intelligence se préparait à l’effort prochain. De temps à autre, comme dans un éclair, tandis qu’il se penchait vers cette amie seule et entendait la rame mesurer le silence du large estuaire, il entrevoyait l’image de la foule aux visages innombrables, pressée dans la salle profonde ; et un tremblement rapide lui agitait le cœur.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 14

Charles Robert Maturin, Melmoth — L'homme errant, 1820[modifier]

Je faisais seul de longues promenades dans le jardin du couvent. J'inventais des conversations imaginaires. Les pensionnaires me regardaient et, conformément à leurs instructions, ils se disaient entre eux : « Il médite sur sa vocation. Il supplie que la grâce vienne l'illuminer. Ne le troublons pas. »
Je ne jugeai pas convenable de les détromper mais je méditais avec une horreur accrue sur un système qui poussait aussi précocement à l'hypocrisie et faisait si tôt éclore, parmi la jeunesse conventuelle, l'un des derniers vices de la vie.


Renée Dunan, La Culotte en jersey de soi, 1923[modifier]

Les femmes ont la langueur qui menace et le fléchissement qui vainc. Les jambes lisses et glacées de soies claires, trépidantes ou croisées, voluptueuses ou rigides donnent à la conversation amusée et cynique leur discrète salacité, courbes turgides des mollets affilés descendant aux chevilles étroites ; carresses des jarrets entrelacés, plénitude d'une chaire ambrée transparente sous le lacis sérique.


André Breton, L'Amour fou, 1937[modifier]

La conversation qui, tant que ma trop belle interlocutrice est demeurée assise en face de moi, glissait sans obstacle d'un sujet à l'autre, n'effleure plus maintenant que le masque des choses. Je me sens avec effroi la conduire à sombrer malgré moi dans l'artificiel. J'en suis réduit à m'arrêter de temps à autre pour immobiliser devant moi le visage que je ne puis supporter plus longtemps de voir s'offrir de profil, mais cette démarche enfantine ne me rend, à vrai dire, qu'une très courte assurance. Il me deviendrait peut-être brusquement impossible de faire un pas, sans le secours d'un bras qui vient s'unir à mon bras et me rappeler à la vie réelle en m'éclairant délicieusement de sa pression le contour d'un sein.


Citations[modifier]

Il faut faire (…) attention au moment où la conversation peut cesser de plaire, et comme on a pris son temps pour la commencer, le prendre pour la finir.

  • Traité des devoirs (44 av. J.C.), Cicéron (trad. Gallon La-Bastide), éd. Victor Lecou, 1850, p. 112


Le silence et la modestie sont qualités très commodes à la conversation.


Le premier mérite auprès des dames c'est d'aimer ; le second est d'entrer dans les confidences de leurs inclinations ; le troisième, de faire valoir ingénieusement tout ce qu'elles ont d'aimable. […] Dans leur conversation songez bien à ne les tenir jamais indifférentes : leur âme est ennemie de cette langueur.

  • « A M. le Maréchal de Créqui » (1671), dans Oeuvres mêlées de Saint Evremond, Saint-Evremond, éd. Les Grands Classiques Illustrés, ~1935?, p. 286


Bien écouter et bien répondre est une des plus grandes perfections que l'on puisse avoir dans la conversation.


Une des choses qui font que l'on trouve si peu de gens qui paraissent raisonnables et agréables dans la conversation, c'est qu'il n'y a presque personne qui ne pense plutôt à ce qu'il veut dire qu'à répondre précisément à ce qu'on lui dit. Les plus habiles et les plus complaisants se contentent de montrer seulement une mine attentive, au même temps que l'on voit dans leurs yeux et dans leur esprit un égarement pour ce qu'on leur dit, et une précipitation pour retourner à ce qu'ils veulent dire.


Il devient réellement insupportable de converser avec des hommes qui n’ont, dans le cerveau, que des cases où tout est pris, et où rien d’extérieur ne peut entrer. Ayons le cœur et l’esprit hospitaliers.


L’attention de celui qui écoute sert d’accompagnement, dans la musique du discours.


Il faut savoir entrer dans les idées des autres et savoir en sortir, comme il faut savoir sortir des siennes et y rentrer.


Une conversation ingénieuse avec un homme est un unisson ; avec une femme, c’est une harmonie, un concert. Vous sortez satisfait de l’une ; vous sortez de l’autre enchanté.


Une conversation devrait toucher à tout, mais ne devrait se concentrer sur rien.

  • (en) Conversation should touch everything, but should concetrate itself on nothing
  • (en) The Portable Oscar Wilde, Oscar Wilde (trad. Wikiquote), éd. Penguin, 1981 (ISBN 0140150935), p. 91


Leur conversation était devenue l'un de ces échanges fous et elliptiques qui s'épanouissent entre deux personnes en train de flirter dans une soirée, une série d'énigmes, de coq-à-l'âne et d'assauts de mots d'esprit. Le truc consiste à ne rien livrer de soi, de façon aussi élégante et aussi détournée que possible, à faire rire son interlocuteur, à se montrer subtil.

  • Leviathan, Paul Auster (trad. Christine Le Boeuf), éd. Le livre de Poche, 1993, p. 151


Lorsque nous croyons que notre interlocuteur nous écoute, en fait, il est peut-être tout simplement en train de réfléchir à ce qu’il va dire ensuite.

  • Jeux de mains, Ruth Rendell (trad. Isabelle Tripault), éd. Calmann-Lévy, 1999, p. 249


Mon Dieu! Le langage est une forme de communication! La conversation n'est pas qu'un simple échange de feux croisés où l'on canarde et où l'on se fait canarder! Où il faut plonger à plat ventre pour sauver sa peau et ne penser qu'à tuer! Les mots ne sont pas seulement des bombes et des balles, - non, ce sont des petits cadeaux, chargés de signification!

  • A propos de sa première fin de semaine au sein d'une famille goy.
  • Portnoy et son complexe, Philip Roth, éd. folio, 1973, p. 320


Un débit moyen agréable pour la conversation est de 130 mots par minute... Sur 100% du message que nous espérons faire passer, nous n'en formulons que 80%. Notre interlocuteur n'en entend que 60%, n'en comprend que 40% et n'est capable d'en restituer que 20%.

  • (fr) Comment plaire en 3 minutes en tête à tête, au travail, en groupe (2005), Patricia Delahaie, éd. Leduc.s Editions, 2008 (ISBN 9762848990408), p. 129