Bibliothèque d'Alexandrie

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Évocation de la bibliothèque d'Alexandrie sur une gravure du XIXe siècle.

La bibliothèque d'Alexandrie, fondée à Alexandrie, en Égypte, en 288 avalant notre ère et définitivement détruite au plus tard entre -48 et 642, était la plus célèbre bibliothèque de l'Antiquité et réunissait les ouvrages les plus importants de l'époque.

Antonin Artaud[modifier]

On peut brûler la bibliothèque d’Alexandrie. Au-dessus et en dehors des papyrus, il y a des forces : on nous enlèvera pour quelque temps la faculté de retrouver ces forces, on ne supprimera pas leur énergie. Et il est bon que de trop grandes facilités disparaissent et que des formes tombent en oubli, et la culture sans espace ni temps et que détient notre capacité nerveuse reparaîtra avec une énergie accrue. Et il est juste que de temps en temps des cataclysmes se produisent qui nous incitent à en revenir à la nature, c’est-à-dire à retrouver la vie. Le vieux totémisme des bêtes, des pierres, des objets chargés de foudre, des costumes bestialement imprégnés, tout ce qui sert en un mot à capter, à diriger, et à dériver des forces, est pour nous une chose morte, dont nous ne savons plus tirer qu’un profit artistique et statique, un profit de jouisseur et non un profit d’acteur.
  • Le Théâtre et son double, Antonin Artaud, éd. Gallimard, 1938, Préface, p. 10


Pierre Benoit[modifier]

C’est ainsi qu’Antinéa, fille de Neptune, compte au nombre de ses aïeules l’immortelle reine d’Égypte. C’est ainsi que, par ses droits d’héritage, les vestiges de la bibliothèque de Carthage, enrichis des vestiges de la bibliothèque d’Alexandrie, se trouvent actuellement sous vos yeux.
  • Dans le roman d'aventure de Pierre Benoit, Antinéa, souveraine du royaume souterrain de l'Atlantide, a préservé les plus précieux ouvrages de la bibliothèque.
  • L'Atlantide, Pierre Benoit, éd. Albin Michel, 1920, chapitre IX, p. 153


Diderot[modifier]

Quel avantage n’aurait-ce pas été pour nos pères et pour nous, si les travaux des peuples anciens, des Égyptiens, des Chaldéens, des Grecs, des Romains, etc., avaient été transmis dans un ouvrage Encyclopédique, qui eût exposé en même temps les vrais principes de leurs langues ! Faisons donc pour les siècles à venir ce que nous regrettons que les siècles passés n’aient pas fait pour le nôtre. Nous osons dire que si les anciens eussent exécuté une Encyclopédie comme ils ont exécuté tant de grandes choses, et que ce manuscrit se fût échappé seul de la fameuse bibliothèque d’Alexandrie, il eût été capable de nous consoler de la perte des autres.
  • Prospectus présentant le projet de l’Encyclopédie raisonnée des arts et des sciences.
  • Œuvres complètes de Diderot., Diderot, éd. Garnier (texte établi par J. Assézat et M. Tourneux), 1875-1877, tome XIII. Prospectus, p. 139-140


Gérard de Nerval[modifier]

Il existe chez nous un préjugé qui présente les nations orientales comme ennemies des tableaux et des statues. C’est là une vieille récrimination bonne à ranger près de celle qui attribue au lieutenant d’Omar la destruction de la bibliothèque d’Alexandrie, laquelle, bien longtemps auparavant, avait été dispersée après l’incendie et le ravage du Sérapéon.
  • Voyage en Orient.
  • Œuvres complètes de Gérard de Nerval, Gérard de Nerval, éd. Calmann-Lévy, 1884, tome III. Voyage en Orient, appendice XIII. Les arts à Constantinople et chez les Orientaux, p. 303


La célèbre bibliothèque d’Alexandrie n’était ouverte qu’aux savants ou aux poëtes connus par des ouvrages d’un mérite quelconque. Mais aussi l’hospitalité y était complète, et ceux qui venaient y consulter les auteurs étaient logés et nourris gratuitement pendant tout le temps qu’il leur plaisait d’y séjourner.
  • Les Filles du feu, Gérard de Nerval, éd. Michel Lévy frères, 1856, Angélique. Première lettre., p. 8-9


Et à ce propos, — permettez à un voyageur qui en a foulé les débris et interrogé les souvenirs, de venger la mémoire de l’illustre calife Omar de cet éternel incendie de la bibliothèque d’Alexandrie, qu’on lui reproche communément. Omar n’a jamais mis le pied à Alexandrie, — quoi qu’en aient dit bien des académiciens. Il n’a pas même eu d’ordres à envoyer sur ce point à son lieutenant Amrou. — La bibliothèque d’Alexandrie et le Serapéon, ou maison de secours, qui en faisait partie, avaient été brûlés et détruits au quatrième siècle par les chrétiens, — qui, en outre, massacrèrent dans les rues la célèbre Hypatie, philosophe pythagoricienne. Ce sont là, sans doute, des excès qu’on ne peut reprocher à la religion, — mais il est bon de laver du reproche d’ignorance ces malheureux Arabes dont les traductions nous ont conservé les merveilles de la philosophie, de la médecine et des sciences grecques, en y ajoutant leurs propres travaux, — qui sans cesse perçaient de vifs rayons la brume obstinée des époques féodales.
  • Les Filles du feu, Gérard de Nerval, éd. Michel Lévy frères, 1856, Angélique. Première lettre., p. 9


George Sand[modifier]

Et quant à moi, vous savez que j’ai un profond respect pour les illettrés. Je me prosterne devant les grands écrivains et devant les grands poëtes ; et pourtant il est des jours où, à l’aspect de certaines âmes naïves et saintement ignorantes, je brûlerais volontiers la bibliothèque d’Alexandrie.
  • Lettres d'un voyageur, George Sand, éd. Michel Lévy frères, coll. « Œuvres complètes de George Sand », 1869 (première édition 1837), Lettre VII, p. 204


Jules Verne[modifier]

Mon oncle avait levé ses grands bras vers l’épaisse voûte qui nous servait de ciel. Sa bouche ouverte démesurément, ses yeux fulgurants sous la lentille de ses lunettes, sa tête remuant de haut en bas, de gauche à droite, toute sa posture enfin dénotait un étonnement sans borne. Il se trouvait devant une inappréciable collection de Leptotherium, de Mericotherium, de Lophodions, d’Anaplotherium, de Megatherium, de Mastodontes, de Protopithèques, de Ptérodactyles, de tous les monstres antédiluviens entassés pour sa satisfaction personnelle. Qu’on se figure un bibliomane passionné transporté tout à coup dans cette fameuse bibliothèque d’Alexandrie brûlée par Omar et qu’un miracle aurait fait renaître de ses cendres ! Tel était mon oncle le professeur Lidenbrock.
  • Voyage au centre de la Terre, Jules Verne, éd. Hetzel, 1867, chapitre XXXVI, p. 180


Voltaire[modifier]

Il y a sans doute plus de vérité dans deux pages de l’Encyclopédie, concernant la physique, que dans toute la bibliothèque d’Alexandrie, dont pourtant on regrette la perte.
  • Article "Axe".
  • Dictionnaire philosophique, Voltaire, éd. Garnier, 1878, Tome XVII, article "Axe" (de la Terre)., p. 509


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