Alfred Sisley

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Alfred Sisley vers 1897.

Alfred Sisley , né le 30 octobre 1839 à Paris et mort le 29 janvier 1899 à Moret-sur-Loing, est un peintre anglais, ayant principalement vécu et travaillé en France, représentatif du mouvement impressionniste.

Citations d'Alfred Sisley[modifier]

L’intérêt dans une toile, vous le savez, est multiple. Le sujet, le motif, doit toujours être rendu d’une façon simple, compréhensible, saisissante pour le spectateur. Celui-ci doit être amené – par l’élimination des détails superflus – à suivre le chemin que le peintre lui indique et voir tout d’abord ce qui a empoigné l’exécutant. Il y a toujours dans une toile un coin aimé. C'est un des charmes de Corot et aussi de Jongkind.
  • (fr) « Lettre à Adolphe Tavernier », Sisley (Janvier 1892), dans Alfred Sisley, Gustave Geffroy, François Blondel, Théodore Duret, éd. VisiMuZ Éditions, 2016, p. xxix


Il faut que les objets soient rendus avec leur texture propre, il faut encore et surtout qu'ils soient enveloppés de lumière, comme ils le sont dans la nature. Voilà le progrès à faire. C'est le ciel qui doit être le moyen. Le ciel ne peut pas n'être qu'un fond. Il contribue, au contraire, non seulement à donner de la profondeur par ses plans (car le ciel a des plans comme les terrains), il donne aussi le mouvement par sa forme, par son arrangement en rapport avec l'effet ou la composition du tableau. En est-il de plus magnifique et de plus mouvementé que celui qui se reproduit fréquemment en été, je veux parler du ciel bleu avec les beaux nuages baladeurs ? Quel mouvement, quelle allure, n'est-ce pas ? Il fait l'effet de la vague quand on est en mer, il exalte, il entraîne. Un autre ciel, celui-là plus tard, le soir. Les nuages s'allongent, prennent souvent la forme de sillages, de remous qui semblent immobilisés au milieu de l'atmosphère, et peu à peu disparaissent, absorbés par le soleil couchant. Celui-là est plus tendre, plus mélancolique ; il a le charme des choses qui s'en vont – et je l'aime particulièrement. Mais je ne veux pas vous raconter tous les ciels chers aux peintres, je ne vous parle ici que de ceux que je préfère entre tous.
  • (fr) « Lettre à Adolphe Tavernier », Sisley (Janvier 1892), dans Alfred Sisley, François Daulte, éd. Fratelli Fabbri Editori, 1974, p. 58


Après le sujet, une des qualités les plus intéressantes du paysage est le mouvement, la vie. C'est aussi une des plus difficiles à réaliser. Donner la vie à une œuvre d'art est certes une condition indispensable pour l'artiste digne de ce nom. C'est l'émotion de l'exécutant qui donne la vie et c'est cette émotion qui éveille celle du spectateur.
  • (fr) « Lettre à Adolphe Tavernier », Sisley (Janvier 1892), dans Alfred Sisley, Gustave Geffroy, François Blondel, Théodore Duret, éd. VisiMuZ Éditions, 2016, p. xxix


Citation à propos d'Alfred Sisley[modifier]

L’arbre est pour lui l’un des facteurs prépondérants pour exprimer la vie. L’eau aide à exprimer la vie dans l’étendue, l’arbre l’exprime dans le temps. Dans ses toiles, Sisley, pas plus que Corot, ne fait le portrait d’un arbre ; pourtant il les connaît tous ; il les a tous étudiés ; il en fait l’anatomie ; mais ce qu’il nous donne, ce sont des harmonies d’arbres dans la nature ; ce sont des éléments essentiellement variés où s’inscrivent les saisons et les heures, avec le chromatisme spécial de frondaisons.
  • « Préface au catalogue de l’Exposition A. Sisley, galerie Georges Petit, Paris, du 5 au 28 février 1897 », Léon Roger-Milès, Galerie Georges Petit, 1897, p. 17-20


Tout n'est pas également bon dans les envois de M. Sisley ; mais il en est un, La Seine à Port-Marly, qui est l'absolue réalisation des ambitions de l'école dans le paysage. Je ne sais pas de tableau dans le passé ni dans le présent qui donne d'une façon si complète, si parfaite, la sensation physique de l'atmosphère, du « plein-air ». Voilà donc une acquisition toute nouvelle en peinture, et dont il importe de prendre note.
  • « À côté du Salon », Ernest Chesneau, Paris-Journal, 7 mai 1874, p. 2


Cette année, M. Sisley a plus de toiles que l'année dernière. Son charmant talent ne s'est cependant pas prodigué : dix toiles au plus. Dans toutes on retrouve le même goût, la même finesse, la même tranquillité, son grand paysage: un chemin après la pluie avec les grands arbres d'où l'eau dégoutte, les pavés mouillés, des flaques d'eau dans lesquelles le ciel vient se refléter, est plein d'une poésie charmante. Quelques temps gris, légers, des paysages ensoleillés, un effet de neige très harmonieux, complètent l'exposition de M. Sisley.
  • (fr) « « L'Exposition des impressionnistes », L'Impressionniste, n° 2 », Georges Rivière (14 avril 1877), dans Alfred Sisley, François Daulte, éd. Fratelli Fabbri Editori, 1974, p. 43


Sisley, dit-on, est fort gravement malade. Celui-là est un bel et grand artiste, je suis d'avis que c'est un maître égal aux plus grands. J'ai revu des œuvres de lui d'une ampleur et d'une beauté rares, entre autres une Inondation qui est un chef-d'œuvre.
  • (fr) « Lettre à Lucien Pissarro », Pissarro (22 janvier 1899), dans Alfred Sisley, Gustave Geffroy, François Blondel, Théodore Duret, éd. VisiMuZ Éditions, 2016, p. vi


Dans le petit groupe laborieux et insouciant, épris de lumière, que forment à Fontainebleau Monet, Renoir, Sisley, Bazille, il représente la gaieté, l’entrain, la fantaisie. Renoir se souvient et nous a souvent parlé de l’intrépide bonne humeur de Sisley, à cette époque exempte d’argent et de mélancolie ... Il [Sisley] me conta un jour que nous devisions de choses d’art, que dans sa jeunesse il avait fréquenté les « Concerts populaires », les concerts Pasdeloup, et qu’une des choses qui l’avaient le plus frappé, qui lui avaient procuré un ravissement ineffaçable, c’était le « trio » du scherzo dans le Septuor de Beethoven. « Cette phrase si gaie, si chantante, si entraînante, me disait-il, il me semble que, depuis la première fois que je l'ai entendue, elle fait partie de moi-même, tant elle répond à tout ce que j'ai toujours été au fond. Je la chante sans cesse. Je me la fredonne en travaillant. Elle ne m'a jamais abandonné...»
  • (fr) « Catalogue de tableaux, études, pastels / par Alfred Sisley et de tableaux, aquarelles, pastels et dessins offerts à ses enfants... Vente... Galerie Georges Petit le 1er mai 1899 / [Préfaces de Gustave Geffroy et d'Arsène Alexandre] », Arsène Alexandre (1899), dans Alfred Sisley, Gustave Geffroy, François Blondel, Théodore Duret, éd. VisiMuZ Éditions, 2016, p. 12


On a pu dire, lors de la dispersion de la collection de mon ami A. de Saint- Albin, que c'était là le dernier « nid » des Corots. On en pourrait dire autant des toiles d'aujourd'hui, car du millier et demi de peintures dues au magistral pinceau de Sisley, presque toutes sont maintenant classées dans des musées ou dans des collections particulières très fermées. Et puisque le grand nom de Corot est venu sous ma plume, pourquoi ne pas écrire que Sisley nous apparaît —avec un apport nouveau bien entendu— comme le digne héritier de ce beau maître, en ces toiles exquises où la force le dispute à la grâce, la poésie à la distinction de la facture, surtout dans cette période de 1872 à 1876, où il produisit des chefs-d'œuvre ?
  • « Préface au catalogue L'Atelier Sisley, vente du 2 au 4 décembre 1907, », Adolphe Tavernier, Paris, Bernheim-Jeune, 1907, p. 3-4 (lire en ligne)


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