Accords d'Évian

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Les Accords d'Évian sont le résultat de négociations entre les représentants de la France et du Gouvernement provisoire de la République algérienne formé par le Front de libération nationale (FLN) durant la guerre d'Algérie. Ces accords sont signés le 18 mars 1962 à Évian et se traduisent immédiatement par un cessez-le-feu applicable sur tout le territoire algérien dès le lendemain.

Robert Abdesselam[modifier]

Ils sont inhumains, déshonorants et indignes de notre pays.
  • Propos du député Robert Abdesselam, au nom du groupe parlementaire "Unité de la République" , sur les Accords d'Évian signés en mars 1962
  • Les souffrances secrètes des Français d'Algérie: histoire d'un scandale, Raphaël Delpard, éd. Lafon, 2007, p. 258


Maurice Allais[modifier]

Réalisons-nous bien ce que nous allons faire ? Nous appartenons à une grande nation, qui se dit civilisée, que beaucoup encore dans le monde considèrent comme telle. N'apercevons-nous pas cependant que nous sommes en train de commettre quelque chose d'horrible, d'irréparable ?... Ce qui est aujourd'hui en cause, c'est réellement et tout simplement la vie de dizaine de milliers d'hommes... Il est non seulement inhumain, mais insensé, pour le Pouvoir de livrer dans de telles conditions le groupe minoritaire désarmé à la merci du groupe majoritaire supérieurement armé... C'est là une décision barbare qui restera longtemps au cours des siècles qui vont suivre comme un opprobre ineffaçable pour notre pays...C'est une hypocrisie odieuse que de parler, dans de telles conditions, d'autodétermination et de garanties... La politique qui, implacablement, est mise en œuvre, constitue un crime contre l'humanité. Personnellement, et quels qu'en soient les risques, ma conscience me dicte de protester contre ce crime. Tout n'est qu'ignominie et déshonneur.
  • Maurice Allais en mai 1962 à propos des Accords d'Évian signés en mars 1962
  • L'Algérie d'Evian (1962), Maurice Allais, éd. Jeune Pied-Noir, 1999, Mai 1962, p. 48


En fait, l'intégration totale de l'Algérie dans le cadre français de Dunkerke à Tamanrasset était irréaliste, et à vrai dire impossible. Incontestablement l'Algérie devait être rendue indépendante. Mais pour être réellement démocratique et conforme à nos idéaux, une telle indépendance impliquait alors soit un système fédéral, soit à défaut une partition.
  • L'Algérie d'Evian (1962), Maurice Allais, éd. Jeune Pied-Noir, 1999, Les harkis, un impérieux devoir de mémoire dans la 2e édition de 1999, p. 32


Saïd Boualam[modifier]

Venant après le traité de Versailles qui avait rendu deux départements à la France, les Accords d'Evian qui lui en ont perdu quinze, apprendront aux générations futures que l'Armée française victorieuse a livré le territoire qu'elle était chargée de défendre. [...] ces accords qui sont une félonie et une faute. Une félonie car ils livrent à l'arbitraire et aux tueurs plusieurs millions d'hommes sans défense parmi lesquelles des centaines de milliers d'anciens combattants qui ont défendu, tant en 1914-1918 qu'en 1939-1945, l'intégrité du territoire métropolitain, une félonie parce qu'ils livrent une population à la famine et à la misère. Une faute parce qu'ils officialisent aux yeux du monde l'avènement d'une poignée de tueurs et qu'ils sont pour l'Occident et la civilisation l'acte politique le plus grave depuis Yalta.
  • Mon pays la France (1963), Saïd Boualam, éd. Pocket, 1973, p. 206

Maurice Faivre[modifier]

Cette histoire de 130 années, ou combattants français et musulmans ont combattu côte à côte pour la défense des valeurs de liberté et de démocratie, s'est achevée dans la guerre civile et le sang, contrairement à ce qui s'est passé en Tunisie et au Maroc. Les accords d'Evian, qui devaient consacrer la coopération de nos deux peuples, n'ont été qu'une paix ratée. En livrant l'Algérie à la domination d'un parti totalitaire, dont les responsables se battaient "au couteau" pour accaparer richesses et pouvoir, la France a condamné les adeptes des valeurs républicaines au massacre et à l'exil, et conduit le peuple algérien, non à la liberté, mais à l'oppression et à la misère, suivies de la révolte, de l'intolérance et du retour à l'obscurantisme. Notre responsabilité de Français dans la situation dramatique de l'Algérie de 1995 est donc grande.
  • Les combattants musulmans de la Guerre d'Algérie, Maurice Faivre, éd. L'Harmattan, 1995, p. 231


Edgar Faure [modifier]

La seconde blessure de la décolonisation, pour nous peut-être la plus grave, c’est le sentiment de l’injustice. Nous avons l’impression que nous sommes trahis et reniés, que nous sommes victimes d’une ingratitude parce que nous avons apporté beaucoup de bien.
  • Déclaration d'Edgar Faure au Sénat, lors de la séance du 21 mars 1962 à propos du cessez-le-feu.


Bernard Lafay[modifier]

L’Algérie indépendante que l’on nous prépare, sera ce que veulent qu’elle soit, à l’intérieur comme à l’extérieur, les révolutionnaires que nous constituons aujourd’hui de nos propres mains, en Gouvernement de quinze départements français arrachés à la République. Quinze départements français et ses millions d’hommes et de femmes qui croyaient à nos promesses, à qui celui qui les livre avait dit qu'ils étaient Français pour toujours, des millions d’Algériens parmi les plus humbles que notre armée s’était engagée, d’honneur, à ne jamais abandonner.
  • Déclaration de Bernard Lafay, sénateur de Paris, au Sénat, lors de la séance du 21 mars 1962 à propos du cessez-le-feu.


Jacques de Maupeou[modifier]

Je veux exprimer aux Français d'Algérie, pieds-noirs et musulmans, qui veulent rester français, l'assurance que beaucoup de Français de ce côté-ci de la Méditerranée leur envoient dans ces jours d'angoisse le témoignage de leur sympathie fraternelle. [...] Leur combat est le combat de la résistance francaise, combat sacré qui n’a d’autre but que de redonner à la France son vrai visage et son integrité.
  • Déclaration de Jacques de Maupeou, sénateur de la Vendée, au Sénat, lors de la séance du 21 mars 1962 à propos du cessez-le-feu.


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