Épopée de Soundiata

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L’épopée de Soundiata (ou Soundjata, ou Sun-Diata) est un poème épique en langue mandingue, relatant la fondation de l'Empire du Mali par le roi Soundiata Keïta au XIIIe siècle. Fondée sur cette base historique à laquelle elle ajoute des éléments merveilleux, l'épopée a été transmise par tradition orale depuis lors, dans de nombreuses versions et dans plusieurs autres langues d'Afrique de l'Ouest. Elle s'est ensuite diffusée plus largement dans le monde au cours du XXe siècle, à la faveur notamment des premières traductions en français et en anglais. C'est l'une des épopées orales africaines les mieux connues. De nombreuses versions en ont été publiées, transcrites des performances de plusieurs griots.

Soundiata ou l'épopée mandingue (D. T. Niane et M. Kouyaté)[modifier]

Écoutez l'Histoire du fils du Buffle, du fils du Lion. Je vais vous parler de Maghan Sondjata [sic, c'est une variante du nom], de Mari-Djata, de Sogolon-Djata, de Naré Maghan Djata ; l'homme aux noms multiples contre qui les sortilèges n'ont rien pu.
  • Soundiata ou l'épopée mandingue, Djibril Tamsir Niane (d'après le griot Mamadou Kouyaté), éd. Présence africaine, 1960, p. 10-11


O roi, le monde est plein de mystère, tout est caché, on ne connaît que ce que l'on voit. Le fromager sort d'un grain minuscule, celui qui défie les tempêtes ne pèse dans son germe pas plus qu'un grain de riz ; les royaumes sont comme les arbres, les uns seront fromagers, les autres resteront nains et le fromager puissant les couvrira de son ombre.
  • Propos du devin qui prescrit ensuite à Maghan Kon Fatta son union avec Sogolon Keita.
  • Soundiata ou l'épopée mandingue, Djibril Tamsir Niane (d'après le griot Mamadou Kouyaté), éd. Présence africaine, 1960, p. 18-19


J'aime mieux un fils qui marche sur ses deux jambes qu'un lion qui se traîne par terre.
  • Sassouma Bérété à son fils, en une allusion méchante à la paralysie des jambes dont souffre alors le jeune Soundiata.
  • Soundiata ou l'épopée mandingue, Djibril Tamsir Niane (d'après le griot Mamadou Kouyaté), éd. Présence africaine, 1960, p. 10-11


Prends ton arc, Simbon,
Prends ton arc et allons-y.
Prends ton arc Sogolon Djata.

  • Version courte de l'hymne à l'arc entonné par Balla Fasséké, le griot personnel de Soundiata Keita, lorsque celui-ci se met debout pour la première fois.
  • Soundiata ou l'épopée mandingue, Djibril Tamsir Niane (d'après le griot Mamadou Kouyaté), éd. Présence africaine, 1960, p. 46


Le voilà, Soumaoro Kanté.
Je te salue, toi qui t'assieds sur la peau des rois.
Je te salue, Simbon à la flèche mortelle.
Je te salue, ô toi qui portes des habits de peau humaine.

  • Hymne improvisé par Balla Fasséké lorsqu'il s'infiltre dans la chambre de Soumaoro Kanté et y est surpris par celui-ci.
  • Soundiata ou l'épopée mandingue, Djibril Tamsir Niane (d'après le griot Mamadou Kouyaté), éd. Présence africaine, 1960, p. 76


Si petite que soit une forêt, on y trouvera toujours suffisamment de fibres pour lier un homme.
  • Réponse de Soundiata à son frère Manding Bory qui s'inquiétait du petit nombre de leurs troupes face à l'armée de Soumaoro.
  • Soundiata ou l'épopée mandingue, Djibril Tamsir Niane (d'après le griot Mamadou Kouyaté), éd. Présence africaine, 1960, p. 91


Wassa... Wassa... Ayé !
  • Acclamations de l'armée, signifiant « Joie », devant un exploit du général Fran Kamara qui fend un caïlcédrat d'un seul coup de sabre.
  • Soundiata ou l'épopée mandingue, Djibril Tamsir Niane (d'après le griot Mamadou Kouyaté), éd. Présence africaine, 1960, p. 109


Niama, Niama, Niama,
Toi, tu sers d'abri à tout.
Tout, sous toi vient chercher refuge.
Et toi, Niama,
Rien ne te sert d'abri.
Dieu seul te protège.

  • Version courte d'un des plus fameux hymnes à Soundiata composés par Balla Fasséké (note 4 p. 137 de l'édition citée).
  • Soundiata ou l'épopée mandingue, Djibril Tamsir Niane (d'après le griot Mamadou Kouyaté), éd. Présence africaine, 1960, p. 137


La Grande geste du Mali (W. Kamissoko et Y. T. Cissé)[modifier]

Kani Simbo [Héros de chasse animé de beaucoup d'amour],
Kani Niokon Simbo [Compagnon du héros de l'amour],
Lafolo Simbo [Premier héros de chasse],
Lawalé Simbo [Héros de chasse des temps anciens],
Djata l'exilé,
Djata le perclus des jambes,
Djata le vainqueur irréprochable :
Si le Manden devenait prospère,
Que Dieu te donne de nombreux descendants ;
Si le Manden périclitait,
Que Dieu te donne de nombreux descendants ;
Toi qui es issu de Toûbi Lawali [le converti à l'islam des temps anciens],
De Lawali Bourama [Bourama l'ancien],
De Fara-Koro Maghan Kègni [Maghan le beau sous le rocher],
A Konkannya.
Le Djata dont il est ici question
Est celui qui a œuvré tant pour la grandeur du Manden.

  • (mlq)

    Kani Sinbo,
    Kani Nyòkòn Sinbo,
    Lafòlò Sinbo,
    Lawale Sinbo ;
    Dyata ni tunka,
    Dyata ni namata,
    Dyata dyatabaga dyagashibali :
    Mande ma na diya
    Ala n'i mamadenni ;
    Manden ma na goya,
    Ala n'i mamadenni ;
    Ka fara Tuubi Lawali la,
    Ka fara Lawali Burama la,
    Ka fara Fara-Kòrò Makan Kènyi na,
    Konkannya ;
    Dyata le ko ye nin ni,
    Min nòò baara kè.

  • Panégyrique historique de Soundiata Keita en tant qu'ancêtre des Massalens.
  • (mlq) La Grande Geste du Mali., Youssouf Tata Cissé et Wâ Kamissoko (trad. Youssouf Tata Cissé), éd. Karthala - ARSAN, 2000 (2e éd.), t. 1 (Des origines à la fondation de l'Empire), chapitre 1, p. 42-43


Vous avez entendu parler du buffle du Dô ! Mes petits-fils, c'est moi le buffle du Dô ; oui, c'est moi le buffle du Dô. Or, sous ma forme animale, personne ne détient le pouvoir de me tuer ; ce pouvoir ne réside que dans mes mains, à moi, précisément parce que je suis le buffle du Dô. Cependant, je vais me livrer à vous, en vous offrant la possibilité de me ravir mon âme ; sinon le pouvoir de me tuer ne réside dans les mains de personne, car je suis le buffle du Dô. En effet, moi, buffle du Dô, aucune balle ne saurait me tuer ; moi, buffle du Dô, aucune balle pour buffle ne saurait me tuer ; moi, buffle du Dô, aucune pierre latéritique ne saurait me tuer ; moi, buffle du Dô, aucune balle en cuivre rouge ne saurait me tuer ; moi, buffle du Dô, aucune pierre taillée ne saurait me tuer ; d'autant que le pouvoir de me tuer — elle leva haut son fuseau et le montra aux deux chasseurs — le pouvoir de me tuer réside dans l'arme merveilleuse que voici.
  • (mlq) A ko n'i ka mè ko Doo-sigi, a ko n'mòden, a ko ne lee Doo-sigi ri ; ne lee Doo-sigi ri. Ne dun, n'sabatu tè mòkò bolo ; ne sabaku bè n'yèrè de bolo. Nga n'ye n'yèrè d'aw ma ; n'ye n'nin minèli sarati, n'ye o di aw ma ; n'o tè, ne sabaku tè mòkò bolo : ne de ye Doo-sigi ye. Ne, nèkè-den-kisè tè n'faka ; ne, sigi-nèkè tè n'faka ; ne, fuga bèrè tè n'faka ; ne, danya tè n'faka ; ne, laba-den tè n'faka ; ne sabatu (a y'a ka dyènè kala kòròta, k'a yira ay la) a ko ne sabaku bè fèn min na, a k'o ye nin ni.
  • Dô-Kamissa, qui n'est autre que le buffle du Dô, révèle aux deux chasseurs Dan Massa Woulani (autrement dit Tiramakhan Traore) et Dan Massa Woulamba la manière dont ils pourront s'y prendre pour la tuer.
  • (mlq) La Grande Geste du Mali., Youssouf Tata Cissé et Wâ Kamissoko (trad. Youssouf Tata Cissé), éd. Karthala - ARSAN, 2000 (2e éd.), t. 1 (Des origines à la fondation de l'Empire), chapitre 1, p. 60-63


Bibliographie[modifier]

  • Youssouf Tata Cissé, Wa Kamissoko, La Grande Geste du Mali. Des origines à la fondation de l'Empire, Paris, Karthala, 1988, 2e édition 2007. (Édition bilingue malinké-français.)
  • Youssouf Tata Cissé, Wa Kamissoko, Soundjata, la gloire du Mali (La Grande Geste du Mali, tome 2), Paris, Karthala, « Homme et Société : Histoire et géographie », 1991, 2e édition 2009. (Traduction française seule.)
  • Djibril Tamsir Niane, Soundjata ou l'épopée mandingue, Présence africaine, Paris, 1960. (Adaptation française seule.)

Liens externes[modifier]

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