Les Misérables

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Les Misérables est un roman de Victor Hugo paru en 1862.

Citations[modifier]

Tome I : Fantine[modifier]

Ce tout petit changement avait été une révolution.


Dans les premiers temps, quand on le vit commencer, les bonnes âmes dirent : C'est un gaillard qui veut s'enrichir. Quand on le vit enrichir le pays avant de s'enrichir lui-même, les mêmes bonnes âmes dirent : C'est un ambitieux.[…]
Ceux qui avaient déclaré ce nouveau venu « un ambitieux », saisirent avec transport cette occasion que tous les hommes souhaitent de s'écrier : « Là ! qu'est-ce que nous avions dit ? ». […]. Quelques jours après, la nomination parut dans le Moniteur. Le lendemain, le père Madeleine refusa. […].
Nouvelle rumeur dans la petite ville. Eh bien ! c'est la croix qu'il voulait ! Le père Madeleine refusa la croix. […]
Décidément cet homme était une énigme. Les bonnes âmes se tirèrent d'affaire en disant : Après tout, c'est une espèce d'aventurier. […]
Quand on l'avait vu gagner de l'argent, on avait dit : c'est un marchand. Quand on l'avait vu semer son argent, on avait dit : c'est un ambitieux. Quand on l'avait vu repousser les honneurs, on avait dit : c'est un aventurier. Quand on le vit repousser le monde, on dit : c'est une brute. […].
Ce fut là la troisième phase de son ascension. Le père Madeleine était devenu monsieur Madeleine, monsieur Madeleine devint monsieur le maire.


Les livres sont des amis froids et sûrs.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Quantin, 1882, t. I (« Fantine »), chap. III (« Sommes déposées chez Laffitte »), livre V (« La descente »), p. 294 (texte intégral sur Wikisource)


L'œil de l'esprit ne peut trouver nulle part plus d'éblouissements ni plus de ténèbres que dans l'homme ; il ne peut se fixer sur aucune chose qui soit plus redoutable, plus compliquée, plus mystérieuse et plus infinie. Il y a un spectacle plus grand que la mer, c'est le ciel ; il y a un spectacle plus grand que le ciel, c'est l'intérieur de l'âme.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Lacroix, 1866, t. I (« Fantine »), chap. III (« Une tempête sous un crâne »), livre VII (« L'affaire Champmathieu »), p. 122 (texte intégral sur Wikisource)


La conscience, c'est le chaos des chimères, des convoitises et des tentations, la fournaise des rêves, l'antre des idées dont on a honte ; c'est le pandémonium des sophismes, c'est le champ de bataille des passions.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Lacroix, 1866, t. I (« Fantine »), chap. III (« Une tempête sous un crâne »), livre VII (« L'affaire Champmathieu »), p. 123 (texte intégral sur Wikisource)


Voyager, c'est naître et mourir à chaque instant.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Quantin, 1882, t. I (« Fantine »), chap. V (« Bâtons dans les roues »), livre VII (« L'affaire Champmathieu »), p. 441 (texte intégral sur Wikisource)

Tome II : Cosette[modifier]

Cosette, illustration pour Les Misérables par Émile Bayard.

Penser, voilà le triomphe vrai de l’âme.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Quantin, 1882, t. II (« Cosette »), chap. VI (« Bonté absolue de la prière »), livre VII (« Parenthèse »), p. 387 (texte intégral sur Wikisource)


Nous sommes pour la religion contre les religions.


Tome III : Marius[modifier]

La vie, le malheur, l'isolement, l'abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros ; héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres.


Tome IV : L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis[modifier]

La pensée est le labeur de l’intelligence, la rêverie en est la volupté.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Quantin, 1882, t. IV (« L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis »), chap. I (« Le Champ de l’Alouette »), livre II (« Éponine »), p. 71 (texte intégral sur Wikisource)


Remplacer la pensée par la rêverie, c’est confondre un poison avec une nourriture.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Quantin, 1882, t. IV (« L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis »), chap. I (« Le Champ de l’Alouette »), livre II (« Éponine »), p. 71 (texte intégral sur Wikisource)


L'âme qui aime et qui souffre est à l'état sublime.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Quantin, 1882, t. IV (« L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis »), chap. I (« Le Champ de l’Alouette »), livre II (« Éponine »), p. 72 (texte intégral sur Wikisource)


L’amour, c’est la salutation des anges aux astres.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Quantin, 1882, t. IV (« L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis »), chap. IV (« Un cœur sous une pierre »), livre V (« Dont la fin ne ressemble pas au commencement »), p. 193 (texte intégral sur Wikisource)


Dieu est derrière tout, mais tout cache Dieu.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. J. Hetzel et A. Quantin, 1882, t. IV (« L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis »), chap. IV (« Un cœur sous une pierre »), livre V (« Dont la fin ne ressemble pas au commencement »), p. 193 (texte intégral sur Wikisource)


L'homme n'est pas un cercle à un seul centre ; c'est une ellipse à deux foyers. Les faits sont l'un, les idées sont l'autre.

  • Les Misérables, Victor Hugo, éd. Pagnere, 1862, t. IV (« L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis »), chap. I (« Origine »), livre VII (« L'argot »), p. 386 (texte intégral sur Wikisource)


L’argot n’est autre chose qu’un vestiaire où la langue, ayant quelque mauvaise action à faire, se déguise. Elle s’y revêt de mots masques et de métaphores haillons.


Si la nature s’appelle providence, la société doit s’appeler prévoyance.


Des enfantillages, des redites, des rires pour rien, des inutilités, des niaiseries, tout ce qu'il y a au monde de plus sublime et de plus profond ! les seules choses qui vaillent la peine d'être dites et d'être écoutées ! Ces niaiseries-là, ces pauvretés-là l'homme qui ne les a jamais prononcées, est un imbécile et un méchant homme.


Parfois, insurrection, c'est résurrection.

  • « Les Misérables », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, t. IV (« L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis »), vol. Roman. VIII, chap. II (« Le fond de la question »), livre X (« Le 5 juin 1832 »), p. 405 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)


Il vient une heure où protester ne suffit plus ; après la philosophie il faut l’action ; la vive force achève ce que l’idée a ébauché.

  • « Les Misérables », dans Œuvres complètes de Victor Hugo, Victor Hugo, éd. J. Hetzel, A. Quantin, 1883, t. IV (« L'idylle rue Plumet et l'épopée rue Saint-Denis »), vol. Roman. VIII, chap. III (« L'extrême bord »), livre XIII (« Marius entre dans l'ombre »), p. 532 (voir la fiche de référence de l'œuvre) (texte intégral sur Wikisource)


Les principes ne se morcellent pas, la logique du vrai est rectiligne, le propre de la vérité c'est de manquer de complaisance.


Elle était morte avec cette joie tragique des cœurs jaloux qui entraînent l'être aimé dans leur mort, et qui disent : personne ne l'aura !


Tome V : Jean Valjean[modifier]

La lumière des torches ressemble à la sagesse des lâches; elle éclaire mal, parce qu'elle tremble


Courfeyrac tout à coup aperçut quelqu’un au bas de la barricade, dehors, dans la rue, sous les balles.
Gavroche avait pris un panier à bouteilles, dans le cabaret, était sorti par la coupure, et était paisiblement occupé à vider dans son panier les gibernes pleines de cartouches des gardes nationaux tués sur le talus de la redoute.
– Qu’est-ce que tu fais là ?
– Citoyen, j’emplis mon panier.
– Tu ne vois donc pas la mitraille ?
– Eh bien, il pleut. Après ?
– Rentre !
– Tout à l’heure, fit Gavroche. […].
Au moment où Gavroche débarrassait de ses cartouches un sergent gisant près d’une borne, une balle frappa le cadavre.
– Fichtre ! fit Gavroche. Voilà qu’on me tue mes morts.[…], il chanta :
On est laid à Nanterre,
C’est la faute à Voltaire,
Et bête à Palaiseau,
C’est la faute à Rousseau.
[…] Là une quatrième balle le manqua encore. Gavroche chanta :
Je ne suis pas notaire,
C’est la faute à Voltaire,
Je suis petit oiseau,
C’est la faute à Rousseau.
Une cinquième balle ne réussit qu’à tirer de lui un troisième couplet :
Joie est mon caractère,
C’est la faute à Voltaire,
Misère est mon trousseau,
C’est la faute à Rousseau.
Cela continua ainsi quelque temps. Une balle pourtant, mieux ajustée ou plus traître que les autres, finit par atteindre l’enfant feu follet. […].
Je suis tombé par terre,
C’est la faute à Voltaire,
Le nez dans le ruisseau,
C’est la faute à…
Il n’acheva point. Une seconde balle du même tireur l’arrêta court. Cette fois il s’abattit la face contre le pavé, et ne remua plus. Cette petite grande âme venait de s’envoler.


Quand la campagne de Rome fut ruinée par l’égout romain, Rome épuisa l’Italie, et quand elle eut mis l’Italie dans son cloaque, elle y versa la Sicile, puis la Sardaigne, puis l’Afrique. L’égout de Rome a engouffré le monde. Ce cloaque offrait son engloutissement à la cité et à l’univers. Urbi et orbi . Ville éternelle, égout insondable.


La philosophie est le microscope de la pensée.


L’égout est le vice que la ville a dans le sang.


Le hasard réunissait et semblait confronter lugubrement les trois immobilités tragiques, le cadavre, le spectre, la statue.


Un malfaiteur bienfaisant, un forçat compatissant, doux, secourable, clément, rendant le bien pour le mal, rendant le pardon pour la haine, préférant la pitié à la vengeance, aimant mieux se perdre que de perdre son ennemi, sauvant celui qui l’a frappé, agenouillé sur le haut de la vertu, plus voisin de l’ange que de l’homme !


Être le granit, et douter ! être la statue du châtiment fondue tout d’une pièce dans le moule de la loi, et s’apercevoir subitement qu’on a sous sa mamelle de bronze quelque chose d’absurde et de désobéissant qui ressemble presque à un cœur !


Comment se faisait-il que l'existence de Jean Valjean eût coudoyé si longtemps celle de Cosette? Qu'était-ce que ce sombre jeu de la providence qui avait mis cet enfant en contact avec cet homme? Y a-t-il donc aussi des chaînes à deux forgées là-haut, et Dieu se plaît-il à accoupler l'ange avec le démon? Un crime et une innocence peuvent donc être camarades de chambrée dans le mystérieux bagne des misères? Dans ce défilé de condamnés qu'on appelle la destinée humaine, deux fronts peuvent passer l'un près de l'autre, l'un naïf, l'autre formidable, l'un tout baigné des divines blancheurs de l'aube, l'autre à jamais blêmi par la lueur d'un éternel éclair? Qui avait pu déterminer cet appareillement inexplicable? De quelle façon, par suite de quel prodige, la communauté de vie avait-elle pu s'établir entre cette céleste petite et ce vieux damné ? Qui avait pu lier l'agneau au loup, et, chose plus incompréhensible encore, attacher le loup à l'agneau? Car le loup aimait l'agneau, car l'être farouche adorait l'être faible, car, pendant neuf années, l'ange avait eu pour point d'appui le monstre.


– Ce n'est rien de mourir ; c'est affreux de ne pas vivre.


Cette pierre est toute nue. […]. On n’y lit aucun nom.
Seulement, voilà de cela bien des années déjà, une main y a écrit au crayon ces quatre vers qui sont devenus peu à peu illisibles sous la pluie et la poussière, et qui probablement sont aujourd’hui effacés :
Il dort. Quoique le sort fût pour lui bien étrange,
Il vivait. Il mourut quand il n’eut plus son ange,
La chose simplement d’elle-même arriva,
Comme la nuit se fait lorsque le jour s’en va.


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