Virginité

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
VirginitéGuillaume Seignac


Nina Bouraoui[modifier]

Comble du paradoxe, elle sera tout près de moi la nuit de mes noces sanglantes. Auteur du terrible complot, elle attendra, anxieuse, derrière la porte de la chambre nuptiale le déchirement honorifique qui ne flattera que son orgueil de mère. Elle guettera mes moindres soupirs, mes moindres soubresauts, puis tambourinera à la porte, trop impatiente de brandir le drap taché : signe infaillible de ma parfaite éducation. Et les youyous de la famille se mêleront aux cris de joie d'une mère confiant sa progéniture à un inconnu.
  • Une jeune musulmane, sévèrement surveillée comme le veut la tradition, imagine sa mère au soir de son mariage arrangé
  • La voyeuse interdite, Nina Bouraoui, éd. Gallimard, coll. « NRF », 1991  (ISBN 9 782070 721689), p. 25


Giacomo Casanova[modifier]

[L]es vierges commençaient à m’alarmer. J’y voyais trop de besogne…
  • Histoire de ma vie, Giacomo Casanova, éd. Robert Laffont, 1993, p. 97


Apprenez que ce qui m’intéresse est le visage, et que le pucelage d’une fille laide est une corvée pour mon drôle de goût.
  • (fr) À Pulavie une paysanne qui venait dans ma chambre me plut, et elle s’enfuit en criant un matin que j’ai tenté de faire quelque chose avec elle : le concierge accourut, me demandant froidement pourquoi je n’allais pas par les voies directes, si la paysanne me plaisait.
    — Quelles sont ces voies directes ?
    — Parler à son père, qui est ici, et lui demander à l’amiable s’il veut vous vendre son pucelage.
    — Je ne parle pas polonais, finissez cette affaire vous-même.
    — Avec plaisir. Lui donnerez-vous cinquante florins ?
    — Vous badinez. Si elle est pucelle, et douce comme un mouton, je lui en donnerai cent.
    La chose fut faite le même jour après souper. Après, elle s’est sauvée comme une voleuse. J’ai su que son père avait été obligé de la battre pour se faire obéir. Le lendemain on vint m’en offrir plusieurs sans même me les faire voir.
    — Mais où est donc la fille ? disais-je au concierge.
    — À quoi sert la voir au visage, quand on vous assure qu’elle est pucelle ?
    — Apprenez que ce qui m’intéresse est le visage, et que le pucelage d’une fille laide est une corvée pour mon drôle de goût.
  • Pulavie : petite ville de Pologne, à 70 km de Varsovie, sur la Vistule.
  • Histoire de ma vie, Giacomo Casanova, éd. Robert Laffont, coll. « Bouquins », 1993, t. III, vol. 10, chap. VIII, p. 478


René Char[modifier]

Feuillets d'Hypnos

L'acte est vierge, même répété.
  • Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1962  (ISBN 2-07-030065-X), partie FEUILLETS D'HYPNOS (1943-1944), p. 98


Théophile Gautier[modifier]

Il n'y a rien au monde qui coure plus vite qu'une virginité qui s'en va et qu'une illusion qui s'envole.

  • Préface à Mademoiselle de Maupin, Théophile Gautier, éd. Gallimard, 1973, p. 40


Mary Esther Harding[modifier]

Le terme « virginité » se rapporte à une qualité, un état subjectif, une attitude psychologique, et non à un fait physiologique ou objectif. Appliqué à la Vierge Marie ou aux déesses vierges des autres religions, il ne sert pas à définir une situation réelle, puisque la réalité de vierge demeure, de manière inexplicable, en dépit des expériences sexuelles, des grossesses et des années qui passent.
Briffault nous offre une explication psychologique de cette énigme « le mot vierge, écrit-il, désigne dans son sens primitif, la célibataire et implique une signification exactement contraire à celle que nous lui donnons maintenant [...].»
Chez les Esquimaux, la déesse Mère a ce même caractère de virginité au sens ancien du terme. Les Esquimaux l'appellent : « Celle qui ne veut pas de mari. »

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2001  (ISBN 2-228-89431-1), chap. VII. La lune mère, p. 168


Dans notre système patriarcal occidental, la jeune fille non mariée appartient à son père, mais en des temps plus reculés, et comme c'est encore le cas dans certaines communautés primitives, elle était sa propre maîtresse jusqu'à son mariage. Le droit de disposer de soi-même jusqu'à ce qu'on se marie fait partie du concept primitif de la liberté. Une protection générale est accordée aux jeunes filles dans les sociétés primitives, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la tribu [...]. Cette liberté d'action implique le droit de refuser les privautés aussi bien que celui de les accepter. Une fille appartient à elle-même tant qu'elle est vierge, célibataire, et l'on ne peut l'obliger ni à conserver sa chasteté ni à consentir à une étreinte non désirée. En tant que vierge elle n'appartient qu'à elle-même, elle est une.
  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2001  (ISBN 2-228-89431-1), chap. VII. La lune mère, p. 170


[Gauguin] raconte avec quelle facilité une femme se donnait à un étranger si elle se sentait attirée par lui, mais qu'elle ne se livrait pas à l'homme avec qui elle avait des rapports sexuels mais à son propre instinct, de sorte que, même après cet acte, elle continuait à être une. Elle ne dépendait pas de l'homme, elle ne s'accrochait pas à lui et n'exigeait pas que la liaison devint permanente. Elle était encore sa propre maîtresse, une vierge au sens originel et ancien du terme.

  • Les Mystères de la femme (1953), Mary Esther Harding (trad. Eveline Mahyère), éd. Payot & Rivages, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2001  (ISBN 2-228-89431-1), chap. VII. La lune mère, p. 171


Madonna[modifier]

J'ai toujours considéré la perte de ma virginité comme une promotion.
  • (en) I always thought of losing my virginity as a career move.
  • Madonna interdite, Christopher Andersen (trad. Annick Sinet), éd. Robert Laffont, 1992  (ISBN 2-221-07301-0), p. 290


Renée Vivien[modifier]

Elle ne craignait point la Mort aux yeux chastes, aux mains graves, elle ne craignait que l’Amour qui ravage l’esprit et la chair. Blanche comme l’écume sur le gris des rochers, elle songeait que les Dieux cléments, en la livrant virginale à la Mort virginale, lui épargnaient les rancœurs et les souillures de l’implacable Érôs.
  • La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, Blanche comme l'Ecume, p. 206





Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :