Virgile

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Publius Vergilius Maro (70-19 av. J.-C.), poète romain auteur de poèmes bucoliques (Les Bucoliques), didactiques (Les Géorgiques) et d'un poème épique (L'Énéide).

Bucoliques[modifier]

Vergilio mosaico de Monno Landesmuseum Trier3000.jpg

Toi, Tityre, étendu sous le couvert d'un large hêtre, tu essaies un air silvestre sur un mince pipeau ; nous autres, nous quittons notre pays et nos chères campagnes ; loin du pays nous sommes exilés ; toi, Tityre, nonchalant sous l'ombrage, tu apprends aux bois à redire le nom de la belle Amaryllis.

  • (la)

    Tityre, tu patulae recubans sous tegmine fagi
    silvestrem tenui musam meditaris avena ;
    nos patriae finis et dulcia linquimus arva ;
    nos patriam fugimus ; tu, Tityre, lentus in umbra,
    formosam resonare doces Amaryllida silvas.

  • Premiers vers de la première Bucolique.
  • (la) Bucoliques, Virgile (trad. Eugène de Saint-Denis), éd. Les Belles Lettres, coll. Classiques en poche, 1997, I, p. 6-7, vers 1-5 (texte intégral sur Wikisource)


Chacun est entraîné par son plaisir.

  • (la)

    trahit sua quemque voluptas.

  • (la) Bucoliques, Virgile (trad. Eugène de Saint-Denis), éd. Les Belles Lettres, coll. Classiques en poche, 1997, II, p. 20-21, vers 65 (texte intégral sur Wikisource)


Muses de Sicile, élevons un peu le sujet de nos chants.

  • (la)

    Sicelides Musae, paulo maiora canamus.

  • Premiers vers de la quatrième Bucolique consacrée à l'annonce d'un nouvel âge d'or.
  • (la) Bucoliques, Virgile (trad. Eugène de Saint-Denis), éd. Les Belles Lettres, coll. Classiques en poche, 1997, IV, p. 20-21, vers 1 (texte intégral sur Wikisource)


Géorgiques[modifier]

Je chante les moissons : je dirai sous quel signe
Il faut ouvrir la terre et marier la vigne ;
Les soins industrieux que l'on doit aux troupeaux ;
Et l'abeille économe, et ses sages travaux.

  • (la)

    Quid faciat laetas segetes, quo sidere terram
    Vertere, Maecenas, ulmisque adjungere vites,
    Conveniat ; quae cura boum, qui cultus habendo
    Sit pecori ; apibus quanta experientia parcis,
    Hinc canere incipiam.

  • Début du premier livre des Géorgiques.
  • (la) Géorgiques, Virgile (trad. Jacques Delille), éd. Gallimard, coll. Folio, 1997, livre I, p. 134-135, vers 1-5 (texte intégral sur Wikisource)


Tant de nos premiers ans l'habitude a de force !

  • (la)

    Adeo in teneris consuescere multum est !

  • À propos des arbres qui portent longtemps sur leur écorce des marques montrant quel côté était exposé au nord et lequel au sud lorsqu'ils étaient jeunes, et cela même lorsqu'on les transplante ailleurs.
  • (la) Géorgiques, Virgile (trad. Jacques Delille), éd. Gallimard, coll. Folio, 1997, livre II, p. 190-191, vers 272 (texte intégral sur Wikisource)


Heureux le sage, instruit des lois de la nature,
Qui dompte et foule aux pieds d'importunes erreurs,
Le sort inexorable et les fausses terreurs :
Qui regarde en pitié les fables du Ténare,
Et s'endort au vain bruit de l'Achéron avare !

  • (la)

    Felix, qui potuit rerum cognoscere causas,
    Atque metus omnes et inexorabile fatum
    Subjecit pedibus, strepitumque Acherontis avari !

  • (la) Géorgiques, Virgile (trad. Jacques Delille), éd. Gallimard, coll. Folio, 1997, livre II, p. 208-209, vers 490-492 (texte intégral sur Wikisource)


Hélas ! nos plus beaux jours s'envolent les premiers :
Un essaim de douleurs bientôt nous environne ;
La vieillesse nous glace et la mort nous moissonne.
Préviens donc leurs ravages, et que dans tes troupeaux
L'hymen forme toujours des nourrissons nouveaux.

  • (la)

    Optima quaeque dies miseris mortalibus aevi
    Prima fugit : subeunt morbi tristisque senectus,
    Et labor, et durae rapit inclementia mortis.
    Semper erunt, quarum mutati corpora malis.
    Semper enim refice ; ac, ne post amissa requiras,
    Anteveni, et sobolem armento sortire quotannis.

  • (la) Géorgiques, Virgile (trad. Jacques Delille), éd. Gallimard, coll. Folio, 1997, livre III, p. 218-219, vers 66-71 (texte intégral sur Wikisource)


Le temps vole, et s'enfuit sans retour.

  • (la)

    Sed fugit interea, fugit irreparabile tempus.

  • Généralement cité sous la forme Tempus fugit.
  • (la) Géorgiques, Virgile (trad. Jacques Delille), éd. Gallimard, coll. Folio, 1997, livre III, p. 234-235, vers 284 (texte intégral sur Wikisource)


D'autres livrent la guerre au frelon dévorant.

  • (la)

    Ignavum fucos pecus a praesepibus arcent.

  • Une traduction plus littérale serait « Elles tiennent hors des ruches le troupeau insolent des frelons ».
  • (la) Géorgiques, Virgile (trad. Jacques Delille), éd. Gallimard, coll. Folio, 1997, livre IV, p. 2366-267, vers 168 (texte intégral sur Wikisource)


Aux petits objets si les grands se comparent

  • (la)

    si parva licet componere magnis

  • Une traduction plus littérale serait « S'il est permis de comparer de petites choses à de grandes choses ».
  • (la) Géorgiques, Virgile (trad. Jacques Delille), éd. Gallimard, coll. Folio, 1997, livre IV, p. 2366-267, vers 176 (texte intégral sur Wikisource)


L’Énéide[modifier]

Je vais chanter la guerre et celui qui, exilé prédestiné (tout a commencé par lui), vint, des parages de Troie, en Italie, à Lavinium, sur le rivage. Lui qui, sur terre et sur mer, fut longtemps le jouet des puissances célestes, à cause de la rancune tenace de la cruelle Junon ; qui eut tant à souffrir de la guerre, pour fonder à ce prix une ville et installer ses Pénates dans le Latium. D'où la nation latine, Albe et ses Anciens, et les murailles de la noble Rome. Muse, dis-m'en les raisons : quelque divinité offensée ? Quelque grief de la reine des dieux, qui aura amené un homme à parcourir un pareil cycle de malheurs, à affronter autant d'épreuves ? De pareilles rancunes en des âmes célestes ?

  • (la)

    Arma virumque cano, Trojae qui primus ab oris
    Italiam fato profugus Lavinjaque venit
    Litora, multum ille et terris jactatus et alto
    Vi Superum, saevae memorem Junonis ob iram,
    Multa quoque et bello passus, dum conderet urbem
    Inferretque deos Latio, genus unde Latinum
    Albanique patres atque altae moenia Romae.
    Musa, mihi causas memora, quo numine laeso,
    Quidve dolens regina deum tot volvere casus
    Insignem pietate virum, tot adire labores
    Impulerit : tantaene animis caelestibus irae ?

  • Prélude et invocation à la Muse aux premiers vers de l'épopée.
  • (la) L'Énéide, Virgile (trad. Paul Veyne), éd. Albin Michel/Les Belles Lettres, 2012, I, p. 23-24, vers 1-11


Dans la fleur de mes ans, à l’ombrage des Hêtres,
Je faisais résonner mes Airs doux et champêtres ;
Depuis abandonnant les Monts et les Forêts,
J’enseignai l’art fécond de la blonde Cérès :
Au Laboureur avare œuvre utile et plaisante ;
Mais j’entonne aujourd’hui la Trompette éclatante.

  • (la)

    Ille ego, qui quondam gracili modulatus avena
    carmen, et egressus silvis vicina coëgi
    ut quamvis avido parerent arva colono,
    gratum opus agricolis, at nunc horrentia Martis

  • Vers parfois ajoutés avant le prélude, mais d'authenticité contestée.


Quoi qu'il en soit, je crains les Danaens même quand ils portent des offrandes.

  • (la) Quicquid est, timeo Danaos et dona ferentes.
  • Laocoon avertissant les Troyens de se méfier du cheval de bois laissé par les Achéens. « Timeo Danaos et dona ferentes » est devenu un proverbe. Voyez sur Wikipédia Timeo Danaos et dona ferentes.
  • (la) L'Énéide, Virgile (trad. Jacques Perret), éd. Gallimard, coll. Folio, 1991, II, p. 79, vers 49


Anna ma sœur, quelles visions nocturnes m'inquiètent et m'effraient ! Quel est ce nouvel hôte entré dans nos demeures !

  • (la)

    Anna soror, quae me suspensam insomnia terrent ! Quis novus hic nostris successit sedibus hospes !

  • Didon, reine de Carthage, avoue à sa sœur son amour naissant pour le prince troyen Énée.
  • (la) L'Énéide, Virgile (trad. Jacques Perret), éd. Gallimard, coll. Folio, 1991, IV, p. 131, vers 9-10


Ils allaient obscurs sous la nuit solitaire parmi l'ombre, à travers les palais vides de Dis et son royaume d'apparences ; ainsi par une lune incertaine, sous une clarté douteuse, on chemine dans les bois quand Jupiter a enfoui le ciel dans l'ombre et que la nuit noire a décoloré les choses.

  • (la)

    Ibant obscuri sola sub nocte per umbram
    Perque domos Ditis vacuas et inania regna :
    Quale per incertam lunam sub luce maligna
    Est iter in silvis, ubi caelum condidit umbra
    Juppiter et rebus nox abstulit atra colorem.

  • Passage fameux du chant VI au cours duquel Énée descend vivant aux Enfers, guidé par la Sibylle de Cumes. Ibant obscuri sola sub nocte est un très fameux exemple d'hypallage.
  • (la) L'Énéide, Virgile (trad. Jacques Perret), éd. Gallimard, coll. Folio, 1991, VI, p. 79, vers 268-272


La Fortune favorise les audacieux.

  • (la) Audentes fortuna juvat.
  • Turnus s'adressant à ses guerriers avant une bataille contre Énée. Le vers a été repris et cité sous différentes variantes (audaces, audaci, etc.).
  • (la) L'Énéide, Virgile (trad. Paul Veyne), éd. Albin Michel/Les Belles Lettres, 2012, X, p. 23-24, vers 320


Bibliographie[modifier]

  • Virgile, Œuvres de Virgile. Texte latin., publiées avec une introduction biographique et littéraire, des notes critiques et explicatives, des gravures, des cartes et un index, par F. Plessis et P. Lejay, Paris, Hachette, Classiques Hachette, 1953.

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