Vies parallèles des hommes illustres

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Les Vies parallèles des hommes illustres ou Vies parallèles (grec ancien : Βίοι Παράλληλοι / Bíoi Parállêloi) forment l'œuvre la plus connue de Plutarque, composée entre 100 et 120. Il s'agit d'une série de biographies d'hommes illustres du monde gréco-romain, organisées par paires, chaque paire mettant en parallèle un Grec et un Romain.

Citations[modifier]

Vie de Thésée[modifier]

Thésée vainqueur du Minotaure, tableau de Charles Edouard Chaise (1791).
Quand les historiens représentent la terre, Sossius Sénécion, ils relèguent aux extrémités de leurs cartes les pays qui échappent à leur connaissance, et ils inscrivent à côté de certains : "au-delà, sables arides, pleins de bêtes féroces", ou : "marais ténébreux", ou : "froid de Scythie", ou : "mer prise par les glaces". Je pourrais à leur exemple, dans la rédaction de ces Vies parallèles, après avoir parcouru les temps accessibles à la vraisemblance, que peut explorer une enquête historique fondée sur des faits, dire à juste titre des époques antérieures : "Au-delà, c'est le pays des monstres et des tragédies, habité par les poètes et les mythographes ; on n'y rencontre plus ni preuve, ni certitude".
  • (grc) Ὥσπερ ἐν ταῖς γεωγραφίαις, ὦ Σόσσιε Σενεκίων, οἱ ἱστορικοὶ τὰ διαφεύγοντα τὴν γνῶσιν αὐτῶν τοῖς ἐσχάτοις μέρεσι τῶν πινάκων πιεζοῦντες, αἰτίας παραγράφουσιν ὅτι "τὰ δ´ ἐπέκεινα θῖνες ἄνυδροι καὶ θηριώδεις", ἢ "πηλὸς ἀιδνής", ἢ "Σκυθικὸν κρύος", ἢ "πέλαγος πεπηγός", οὕτως ἐμοὶ περὶ τὴν τῶν βίων τῶν παραλλήλων γραφὴν τὸν ἐφικτὸν εἰκότι λόγῳ καὶ βάσιμον ἱστορίᾳ πραγμάτων ἐχομένῃ χρόνον διελθόντι, περὶ τῶν ἀνωτέρω καλῶς εἶχεν εἰπεῖν· "τὰ δ´ ἐπέκεινα τερατώδη καὶ τραγικά, ποιηταὶ καὶ μυθογράφοι νέμονται, καὶ οὐκέτ´ ἔχει πίστιν οὐδὲ σαφήνειαν."
  • « Thésée », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, I, 1-3, p. 61


Je souhaite que la légende épurée par la raison, se soumette à elle et prenne l'aspect de l'histoire. Mais si parfois, dans son orgueil, elle ne se soucie guère d'être crédible et refuse de s'accorder avec la vraisemblance, je solliciterai l'indulgence des lecteurs, et les prierai d'accueillir de bonne grâce ces vieux récits.
  • (grc) εἴη μὲν οὖν ἡμῖν ἐκκαθαιρόμενον λόγῳ τὸ μυθῶδες ὑπακοῦσαι καὶ λαβεῖν ἱστορίας ὄψιν· ὅπου δ´ ἂν αὐθαδῶς τοῦ πιθανοῦ περιφρονῇ καὶ μὴ δέχηται τὴν πρὸς τὸ εἰκὸς μεῖξιν, εὐγνωμόνων ἀκροατῶν δεησόμεθα καὶ πρᾴως τὴν ἀρχαιολογίαν προσδεχομένων.
  • « Thésée », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, I, 5, p. 61


Mais depuis longtemps, semble-t-il, la gloire des exploits d'Héraclès avait enflammé, en secret, le cœur de Thésée. Il faisait du héros le plus grand cas ; il écoutait avec avidité ceux qui le lui dépeignaient, surtout ceux qui l'avaient vu, ceux qui avaient été témoins de ses actions et de ses paroles. Il était alors, c'est évident, dans un état d'esprit tout à fait semblable à celui de Thémistocle, bien longtemps après, quand il déclarait que le trophée de Miltiade l'empêchait de dormir. De même, Thésée, dans son admiration pour les exploits d'Héraclès, rêvait la nuit de ses actes héroïques, et le jour se laissait emporter et aiguillonner par l'émulation, à l'idée d'en faire autant.
  • (grc) τὸν δὲ πάλαι μὲν ὡς ἔοικε λεληθότως διέκαιεν ἡ δόξα τῆς Ἡρακλέους ἀρετῆς, καὶ πλεῖστον ἐκείνου λόγον εἶχε, καὶ προθυμότατος ἀκροατὴς ἐγίνετο τῶν διηγουμένων ἐκεῖνον οἷος εἴη, μάλιστα δὲ τῶν αὐτὸν ἑωρακότων καὶ πράττοντι καὶ λέγοντι προστετυχηκότων· (9) τότε δὲ παντάπασιν ἦν φανερὸς πεπονθὼς ὅπερ ὕστερον χρόνοις πολλοῖς Θεμιστοκλῆς ἔπαθε καὶ εἶπεν, ὡς καθεύδειν αὐτὸν οὐκ ἐῴη τὸ Μιλτιάδου τρόπαιον· οὕτως ἐκείνῳ τοῦ Ἡρακλέους θαυμάζοντι τὴν ἀρετὴν καὶ νύκτωρ ὄνειρος ἦσαν αἱ πράξεις, καὶ μεθ´ ἡμέραν ἐξῆγεν αὐτὸν ὁ ζῆλος καὶ ἀνηρέθιζε, ταὐτὰ πράττειν διανοούμενον.
  • « Thésée », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, VI, 8-9, p. 65


Vie de Romulus[modifier]

Leur mode de vie et leurs activités étaient ceux d'hommes libres et, à leur idée, ce qui convenait à un homme libre, ce n'était pas de rester oisif ou de se reposer ; il fallait exercer son corps, chasser, courir, repousser les brigands, capturer les voleurs et défendre les opprimés contre la violence.
  • (grc) ἐχρῶντο δὲ διαίταις καὶ διατριβαῖς ἐλευθερίοις, οὐ τὴν σχολὴν ἐλευθέριον ἡγούμενοι καὶ τὴν ἀπονίαν, ἀλλὰ γυμνάσια καὶ θήρας καὶ δρόμους καὶ τὸ λῃστὰς ἀλέξασθαι καὶ κλῶπας ἑλεῖν καὶ βίας ἐξελέοθαι τοὺς ἀδικουμένους. ἦσαν δὴ διὰ ταῦτα περιβόητοι.
  • Au sujet de Romulus et de Rémus dans leur jeunesse.
  • « Romulus », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, VI, 5, p. 93


Ensuite, il ne put lui non plus échapper à ce qui advient à tant d'hommes, ou plutôt à tous ceux, sauf de très rares exceptions, qui se sont élevés, par de grands succès inattendus, au faîte du pouvoir. Enorgueilli par sa réussite et plein d'une morgue insupportable, il perdit ses manières démocratiques, et adopta, à la place, celles d'un monarque, irritant et affligeant tout le monde, en raison d'abord du faste extérieur dont il s'entourait.
  • (grc) εἶθ´ ὃ πολλοί, μᾶλλον δὲ πλὴν ὀλίγων πάσχουσι πάντες οἱ μεγάλαις καὶ παραλόγοις ἀρθέντες εὐτυχίαις εἰς δύναμιν καὶ ὄγκον, οὐδ´ αὐτὸς διέφυγε παθεῖν, ἀλλ´ ἐκτεθαρρηκὼς τοῖς πράγμασι καὶ βαρυτέρῳ φρονήματι χρώμενος, ἐξίστατο τοῦ δημοτικοῦ, καὶ παρήλλαττεν εἰς μοναρχίαν ἐπαχθῆ καὶ λυποῦσαν ἀπὸ τοῦ σχήματος πρῶτον ᾧ κατεσχημάτιζεν ἑαυτόν.
  • « Romulus », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XXVI, 1, p. 115


Celui qui relâche son autorité ou la durcit n'est plus ni un roi ni un chef ; il devient soit un démagogue soit un despote, et inspire à ses sujets la haine ou le mépris. Cependant, le premier de ces défauts est dû, semble-t-il, à la modération et à l'humanité, tandis que l'autre provient de l'égoïsme et de la dureté.
  • (grc) δεῖ γὰρ τὸν ἄρχοντα σῴζειν πρῶτον αὐτὴν τὴν ἀρχήν· σῴζεται δ´ οὐχ ἧττον ἀπεχομένη τοῦ μὴ προσήκοντος ἢ περιεχομένη τοῦ προσήκοντος. ὁ δ´ ἐνδιδοὺς ἢ ἐπιτείνων οὐ μένει βασιλεὺς οὐδ´ ἄρχων, ἀλλ´ ἢ δημαγωγὸς ἢ δεσπότης γιγνόμενος, ἐμποιεῖ τὸ μισεῖν ἢ καταφρονεῖν τοῖς ἀρχομένοις. οὐ μὴν ἀλλ´ ἐκεῖνο μὲν ἐπιεικείας δοκεῖ καὶ φιλανθρωπίας εἶναι, τοῦτο δὲ φιλαυτίας ἁμάρτημα καὶ χαλεπότητος.
  • « Comparaison de Thésée et de Romulus », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XXXI, 3, p. 123


Vie d'Alcibiade[modifier]

Alcibiade surpris par Socrate dans la maison d'une courtisane, tableau de Jean Charles Nicaise Perrin, XVIIIe-XIXe s.
Un jour, comme il était déjà sorti de l'enfance, Alcibiade aborda un maître d'école, et lui demanda un livre d'Homère. L'autre ayant répondu qu'il ne possédait rien d'Homère, Alcibiade lui lança un coup de poing, puis continua sa route. Un autre maître ayant déclaré qu'il possédait un Homère corrigé de sa main : "Et après cela, s'écria Alcibiade, tu enseignes encore à lire et à écrire, toi qui es capable de corriger Homère ? Tu devrais former les jeunes gens."
  • (grc) Τὴν δὲ παιδικὴν ἡλικίαν παραλλάσσων ἐπέστη γραμματοδιδασκαλείῳ καὶ βιβλίον ᾔτησεν Ὁμηρικόν. εἰπόντος δὲ τοῦ διδασκάλου μηδὲν ἔχειν Ὁμήρου, κονδύλῳ καθικόμενος αὐτοῦ παρῆλθεν. (2) ἑτέρου δὲ φήσαντος ἔχειν Ὅμηρον ὑφ´ ἑαυτοῦ διωρθωμένον, "εἶτα" ἔφη "γράμματα διδάσκεις Ὅμηρον ἐπανορθοῦν ἱκανὸς ὤν, οὐχὶ τοὺς νέους παιδεύεις;"
  • « Alcibiade », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, VII, 1-2, p. 393-394


Un jour, voulant rencontrer Périclès, il se présenta chez lui, mais on lui dit qu'il était occupé, parce qu'il examinait comment il allait rendre ses comptes aux Athéniens. Alors Alcibiade, en s'en allant : "Ne ferait-il pas mieux d'examiner comment ne pas les rendre ?"
  • (grc) Περικλεῖ δὲ βουλόμενος ἐντυχεῖν, ἐπὶ θύρας ἦλθεν αὐτοῦ. πυθόμενος δὲ μὴ σχολάζειν, ἀλλὰ σκοπεῖν καθ´ ἑαυτὸν ὅπως ἀποδώσει λόγον Ἀθηναίοις, ἀπιὼν ὁ Ἀλκιβιάδης, "εἶτα" ἔφη "βέλτιον οὐκ ἦν σκοπεῖν αὐτὸν ὅπως οὐκ ἀποδώσει;"
  • « Alcibiade », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, VII, 3, p. 394


Alcibiade avait un chien d'une taille et d'une beauté étonnantes, qu'il avait payé soixante-dix mines. Il lui coupa la queue, laquelle était magnifique. Comme ses amis le blâmaient, et lui rapportaient que tous se répandaient en critiques mordantes à propos de ce chien, Alcibiade éclata de rire : "C'est exactement ce que je souhaite. Je veux que les Athéniens parlent de cela ; ainsi, ils ne diront rien de pire sur moi."
  • (grc) Ὄντος δὲ κυνὸς αὐτῷ θαυμαστοῦ τὸ μέγεθος καὶ τὸ εἶδος, ὃν ἑβδομήκοντα μνῶν ἐωνημένος ἐτύγχανεν, ἀπέκοψε τὴν οὐρὰν πάγκαλον οὖσαν. (2) ἐπιτιμώντων δὲ τῶν συνήθων καὶ λεγόντων ὅτι πάντες ἐπὶ τῷ κυνὶ δάκνονται καὶ λοιδοροῦσιν αὐτόν, ἐπιγελάσας· "γίνεται τοίνυν" εἶπεν "ὃ βούλομαι· βούλομαι γὰρ Ἀθηναίους τοῦτο λαλεῖν, ἵνα μή τι χεῖρον περὶ ἐμοῦ λέγωσι."
  • « Alcibiade », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, IX, 1-2, p. 395


On a gardé un discours de Phaiax contre Alcibiade, où il est écrit, entre autres, qu'Alcibiade employait comme s'ils étaient à lui, pour sa vie de tous les jours, beaucoup de vases sacrés en or et en argent qui appartenaient à la cité.
  • (grc) φέρεται δὲ καὶ λόγος τις κατ´ Ἀλκιβιάδου Φαίακος ἐπιγεγραμμένος, ἐν ᾧ μετὰ τῶν ἄλλων γέγραπται καὶ ὅτι τῆς πόλεως πολλὰ πομπεῖα χρυσᾶ καὶ ἀργυρᾶ κεκτημένης, ὁ Ἀλκιβιάδης ἐχρῆτο πᾶσιν αὐτοῖς ὥσπερ ἰδίοις πρὸς τὴν καθ´ ἡμέραν δίαιταν.
  • « Alcibiade », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XIII, 3, p. 397


Vie de Pélopidas[modifier]

"Epaminondas défendant Pélopidas", illustration de William Rainey pour une édition des Vies parallèles adaptées pour la jeunesse par W. H. Weston en 1910..
Dans le danger, on ne se soucie guère des membres de sa tribu ou de sa phratrie, tandis qu'un bataillon qui tire sa cohésion d'une amitié fondée sur l'amour est impossible à rompre et à briser : les uns par tendresse pour leurs éromènes, et les autres par crainte d'être indignes de leurs érastes, tiennent bon face au danger, pour se défendre mutuellement. Et cela n'a rien d'étonnant, s'il est vrai que les hommes font plus grand cas de ceux qu'ils aiment, même quand ils ne sont pas là, que de toute autre personne, même présente.
  • (grc) ὡς φρήτρη φρήτρηφιν ἀρήγῃ, φῦλα δὲ φύλοις, (3) δέον ἐραστὴν παρ' ἐρώμενον τάττειν. φυλέτας μὲν γὰρ φυλετῶν καὶ φρατόρων <φράτορας> οὐ πολὺν λόγον ἔχειν ἐν τοῖς δεινοῖς, τὸ δ' ἐξ ἐρωτικῆς φιλίας συνηρμοσμένον στῖφος ἀδιάλυτον εἶναι καὶ ἄρρηκτον, ὅταν οἱ μὲν ἀγαπῶντες τοὺς ἐρωμένους, οἱ δ' αἰσχυνόμενοι τοὺς ἐρῶντας, (4) ἐμμένωσι τοῖς δεινοῖς ὑπὲρ ἀλλήλων. καὶ τοῦτο θαυμαστὸν οὐκ ἔστιν, εἴγε δὴ καὶ μὴ παρόντας αἰδοῦνται μᾶλλον ἑτέρων παρόντων
  • A sujet du bataillon sacré de Thèbes créé par Pélopidas et composé de trois cents hommes en couples (érastes et éromènes).
  • « Pélopidas », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XVIII, 3, p. 551-552


Ce bataillon demeura invincible, dit-on, jusqu'à la bataille de Chéronée. Après cette bataille, Philippe, qui passait en revue les morts, s'arrêta à l'endroit où gisaient les trois cents. Tous avaient été frappés de face, en armes, par les sarisses, et ils étaient mêlés les uns aux autres. Il fut plein d'admiration, et apprenant que c'était là le bataillon des érastes et des éromènes, il pleura. Puis il s'écria : "Maudits soient ceux qui soupçonnent ces hommes d'avoir pu faire ou subir quoi que ce soit de honteux."
  • (grc) λέγεται δὲ διαμεῖναι μέχρι τῆς ἐν Χαιρωνείᾳ μάχης ἀήττητον· ὡς δὲ μετὰ τὴν μάχην ἐφορῶν τοὺς νεκροὺς ὁ Φίλιππος ἔστη κατὰ τοῦτο τὸ χωρίον, ἐν ᾧ συνετύγχανε κεῖσθαι τοὺς τριακοσίους, ἐναντίους ἀπηντηκότας ταῖς σαρίσαις ἅπαντας ἐν τοῖς (στενοῖς) ὅπλοις καὶ μετ' ἀλλήλων ἀναμεμειγμένους, θαυμάσαντα καὶ πυθόμενον, ὡς ὁ τῶν ἐραστῶν καὶ τῶν ἐρωμένων οὗτος εἴη λόχος, δακρῦσαι καὶ εἰπεῖν· "ἀπόλοιντο κακῶς οἱ τούτους τι ποιεῖν ἢ πάσχειν αἰσχρὸν ὑπονοοῦντες."
  • A sujet du bataillon sacré de Thèbes créé par Pélopidas et composé de trois cents hommes en couples (érastes et éromènes). Le roi mentionné ici est Philippe II de Macédoine.
  • « Pélopidas », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XVIII, 7, p. 551-552


Vie d'Alexandre[modifier]

détail de la mosaïque d'Alexandre de Pompéi représentant Alexandre
Détail de la mosaïque d'Alexandre, musée archéologique national de Naples (Italie).
Olympias, qui recherchait la possession divine avec plus de ferveur que les autres et s'abandonnait à l'enthousiasme avec encore plus de barbarie, traînait avec elle, dans les thiases, de grands serpents apprivoisés qui se glissaient souvent hors du lierre et des corbeilles mystiques, s'enroulaient autour des thyrses et des couronnes que portaient les femmes, et frappaient de terreur les hommes.
  • « Alexandre », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, II, 9, p. 1228


Alors que ses compagnons lui demandaient s'il voulait concourir à Olympie pour l'épreuve du stade, car il était agile, il répondit : "Oui, à condition d'avoir des rois pour adversaires."
  • À propos d'Alexandre le Grand.
  • « Alexandre », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, IV, 10, p. 1230


Mon enfant, cherche un royaume à ta mesure. La Macédoine n'est pas assez grande pour toi.
  • Paroles qu'aurait dites Philippe II de Macédoine à son fils Alexandre quand ce dernier eut réussi à dompter Bucéphale.
  • « Alexandre », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, VI, 8, p. 1232


Il considérait l’Iliade comme le viatique de la vertu militaire et l'appelait ainsi ; il en avait reçu une version corrigée par Aristote, qu'on appelle l'édition "de la Cassette", et, selon Onésicrite, il la gardait toujours sous son oreiller, avec son poignard.
  • « Alexandre », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, VIII, 2, p. 1233


La dispute la plus spectaculaire fut déclenchée par Attale aux noces de Cléopâtre, une jeune fille que Philippe épousait, s'en étant épris en dépit de son âge. Attale, l'oncle de la mariée, qui s'était enivré pendant le banquet, invita les Macédoniens à prier les dieux d'accorder à Philippe et à Cléopâtre un fils légitime qui hériterait de la royauté. Aussitôt Alexandre, furibond, s'écria : "Et moi, mauvaise tête, suis-je donc un bâtard, à ton avis ?", et il lui lança une coupe à la figure. Philippe bondit sur Alexandre, l'épée tirée, mais par bonheur pour tous deux, il glissa, sous l'effet de la colère et du vin, et tomba. Alos Alexandre l'insulta en ces termes : "L'homme que vous voyez, mes amis, s'apprêtait à passer d'Europe en Asie, mais en passant d'un lit à l'autre, il se retrouve par terre !"
  • « Alexandre », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, IX, 6-9, p. 1234-1235


Beaucoup d'hommes politiques et de philosophes vinrent le trouver et le féliciter. Il espérait que Diogène de Sinope, qui vivait à Corinthe, en ferait autant. Comme il ne prêtait pas la moindre attention à Alexandre et restait tranquillement au Crancion, ce fut Alexandre lui-même qui se déplaça. Diogène se trouvait allongé au soleil. En voyant arriver tout le monde, il se redressa un peu et jeta les yeux sur Alexandre. Celui-ci, l'ayant salué, lui adressa la parole le premier pour lui demander s'il avait besoin de quelque chose ; "Écarte-toi un peu du soleil", répondit l'autre. Alexandre en fut profondément frappé, dit-on ; le philosophe le méprisait, mais lui, il admirait son dédain et sa grandeur : alors que ses compagnons, en s'en allant, riaient et se moquaient, il leur dit : "Eh bien moi, si je n'étais pas Alexandre, je serais Diogène !"
  • « Alexandre », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XIV, 2-5, p. 1239


Il prit également la cité de Gordion, qui avait été, disait-on, le séjour de l'antique Midas. Il vit le fameux chariot, dont le timon était attaché par une écorce de cornouiller et écouta, à ce propos, un récit auquel les Barbares ajoutaient foi, selon lequel celui qui déferait le lien deviendrait le roi du monde habité. Selon beaucoup d'auteurs, comme on ne voyait pas les extrémités des liens qui repassaient plusieurs fois les uns dans les autres, en torsades confuses, Alexandre, ne parvenant pas à le dénouer, trancha le nœud avec son épée : une fois qu'il fut coupé, on vit qu'il avait de nombreuses extrémités.
  • Histoire du nœud gordien. Gordion passait pour avoir été le royaume du roi Midas.
  • « Alexandre », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XVIII, 2-3, p. 1242-1243


Il fit de nombreux cadeaux et des envois considérables à sa mère, mais il l'empêcha de s'occuper des affaires ou de la guerre. Quand elle s'en plaignait, il supportait ses récriminations avec douceur. Une fois seulement, comme Antipatros lui avait écrit une longue lettre contre elle, il déclara, après l'avoir lue : "Antipatros ignore qu'une seule larme versée par une mère efface dix mille lettres."
  • Alexandre avait confié la Macédoine à Antipatros, qui rencontrait des désaccords avec Olympias, laquelle intervenait dans les affaires politiques.
  • « Alexandre », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XXXIX, 12-13, p. 1262


Lorsque Poros fut capturé, Alexandre lui demanda comment il fallait le traiter. "En roi", répondit-il.
  • Propos attribués au roi indien Poros après la bataille de l'Hydaspe.
  • « Alexandre », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, LX, 14, p. 1279


Vie de César[modifier]

Marbre représentant César
César (1688-1694, marbre d'après l'antique), jardin des Tuileries, Paris (France).
Tu n'en es plus à miner le terrain, César : ce sont désormais des machines de guerre que tu dresses contre la République !
  • Propos attribués à Lutiatus Catulus après une manœuvre de César pour s'attirer la faveur du peuple.
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, VI, 6, p. 1298


Pendant la traversée des Alpes, dit-on, alors qu'il passait près d'une bourgade barbare qui comptait fort peu d'habitants et qui était très misérable, ses amis se mirent à rire et déclarèrent en plaisantant : "Il y a peut-être, même ici, des disputes pour les charges, des rivalités pour occuper les premiers rangs et des jalousies entre les notables." César répliqua sur un ton très sérieux : "Pour moi, je préfèrerais être le premier personnage ici que le second à Rome !"
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XI, 3-4, p. 1302-1303


De toutes les mesures politiques du consulat de César, celle qui parut la plus honteuse fut l'élection au tribunat de la plèbe de ce même Clodius qui avait outragé son foyer et les Mystères des cérémonies nocturnes.
  • Clodius, agitateur politique au service de Céar, avait été condamné entre autres pour impiété après s'être introduit illégalement dans une cérémonie des Mystères de la Bona Dea réservée aux femmes.
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XIV, 16, p. 1306


On peut comprendre que le danger qu'il courut devant Alésia soit resté célèbre à plus d'un titre : jamais, dans aucun autre combat, il n'eut à déployer autant d'audace et d'habileté.
  • À propos du siège d'Alésia, bataille décisive de la guerre des Gaules.
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XXVII, 5, p. 1317


Le chef suprême de la guerre, Vercingétorix, prit ses plus belles armes, para son cheval et sortit de la ville. Il décrivit un cercle sur sa monture, autour de César, qui était assis, puis sauta à terre, jeta toutes ses armes, s'assit aux pieds de César, et ne bougea plus. Alors César le fit mettre sous bonne garde pour son triomphe.
  • Au sujet de la reddition du chef gaulois Vercingétorix à l'issue du siège d'Alésia.
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XXVII, 9-10, p. 1318


Quand il fut arrivé au bord du cours d'eau, nommé Rubicon, qui marque la frontière entre la Gaule Cisalpine et le reste de l'Italie, il se mit à réfléchir, mesurant mieux, à l'approche du danger, l'audace de son entreprise. Il suspendit sa course. Pendant cette halte, il s'absorba en silence dans de profondes réflexions, passant d'un parti à l'autre, et changeant d'avis à de nombreuses reprises. Il confia même son incertitude aux amis qui l'accompagnaient, notamment à Asinius Pollion. Il calculait tous les maux que le passage de ce cours d'eau allait infliger à l'humanité entière et tout ce qu'en dirait la postérité. Pour finir, dans un mouvement de passion, comme s'il se détournait de la raison pour s'élancer dans l'avenir, il murmura le mot suivant, que prononcent souvent ceux qui tentent une Fortune incertaine et audacieuse : "Que le dé en soit jeté !" Puis il s'empressa de traverser le cours d'eau. Il avança dès lors au pas de course, tomba sur Ariminum avant le jour et s'en empara. La nuit qui avait précédé le passage du Rubicon, il avait eu, dit-on, un songe abominable : il avait rêvé qu'il avait avec sa mère des raports incestueux.
  • Au sujet du passage du Rubicon, coup de force par lequel César sort complètement de la légalité et marche sur Rome pour y prendre le pouvoir. Le rêve incestueux symbolise, selon l'antiquisante Anne-Marie Ozanam (page 1322, note 169), le viol de la patrie que constitue le franchissement du Rubicon.
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, XXXII, 5-9, p. 1322


Il apprit que Domitius avait été battu par Pharnace, fils de Mithridate, et qu'il s'était enfui du Pont avec un petit nombre de soldats, tandis que Pharnace, profitant avec avidité de sa victoire, tenait déjà la Bithynie et la Cappadoce, et convoitait ce qu'on appelle la Petite Arméne, où il soulevait tous les rois et tous les tétrarques. César marcha aussitôt contre lui avec trois légions et engagea une grande bataille près de la cité de Zéla : il le mit en fuite et détruisit entièrement son armée. Pour dépeindre la vivacité et la rapidité de cette bataille, il écrivit à Matius, un de ses amis à Rome, ces trois mots : "Je suis venu, j'ai vu, j'ai vaincu." En latin, ces mots ont la même désinence et sont d'une brièveté frappante.
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, L, 1-4, p. 1335


Les ennemis eurent encore l'avantage dans une autre bataille ; au cours de la mêlée, dit-on, César, voyant fuir le porte-enseigne, le saisit par le cou, le força à se retourner et lui lança : "Voilà où sont les ennemis !"
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, LII, 9, p. 1337


En redressant les statues de Pompée, César a affermi les siennes.
  • Propos prêtés par Plutarque à Cicéron à propos du parti pris de clémence que César adopte vis-à-vis des anciens partisans de son ennemi Pompée après avoir pris le pouvoir à Rome.
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, LVII, 6, p. 1341


Ses amis lui conseillaient de prendre des gardes du corps, et beaucoup se proposaient pour cet office, mais il ne voulut pas en entendre parler et déclara : "Il vaut mieux mourir, ce qui n'arrive qu'une fois, que de craindre sans cesse !"
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, LVII, 7, p. 1341


Il est plus facile, apparemment, de prévoir sa destinée que de l'éviter.
  • « César », dans Vies parallèles, Plutarque (trad. Anne-Marie Ozanam), éd. Gallimard, coll. « Quarto », 2001, LXIII, 1, p. 1347


Liens externes[modifier]

Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :