Traité des solitudes

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Traité des solitudes est une œuvre philosophique de Nicolas Grimaldi parue en 2003.

Citations[modifier]

Ambivalence de la solitude[modifier]

La plus constante de nos occupations ne serait pas de fuir la solitude si la solitude n'était notre plus originaire et plus constante expérience.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 7

L’originaire solitude[modifier]

[…] le propre de ce monde que je me représente est d’être devant moi, extérieur à moi. En ne pouvant me le représenter que hors de moi, comment pourrais-je ne m’éprouver pas toujours hors de lui.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 31


Puisque je ne suis pas ce que je suis vu, ceux qui me voient ne me voient donc jamais. Ma solitude est alors une seule et même chose avec ma clandestinité.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 37


Non seulement mon corps me cache, mais il suggère même de moi une image qui m'insulte.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 37


Solitude de l’âme[modifier]

Quoi qu'il ait jamais accompli, [l'homme] aurait toujours pu accomplir autre chose. Les virtualités qui étaient en lui, il ne les aura jamais toutes développées ni actualisées. Toujours continue-t-il donc de sentir en lui et comme en souffrance une infinité de capacités inemployées comme autant d'existences possibles et qu'il n'aura pas vécues. Toujours s'éprouve-t-il par conséquent comme l'unique survivant de tant d'autres vies possibles qu'il a laissé mourir en lui.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 54


Entre l'intention qui nous anime et celle que nos gestes laissent supposer, il y a toujours un hiatus que rien ne peut combler. En même temps que notre relation à autrui, c'est le sens même de notre existence qui en est aussi faussé. Aussi ne pouvons-nous vivre que sous le signe de la présomption ou du malentendu. Rendant toute relation à autrui aussi incertaine que problématique, rien que ce hiatus suffit à nous en retrancher, et à nous enclore dans la solitude de notre intériorité.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 60


Solitude de l’attente[modifier]

Désirer sans même pouvoir imaginer ce qu'on pourrait bien désirer, attendre sans avoir rien à attendre, tel est l'ennui.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 67


Comme ce qui nous unit à l'avenir nous désunit du présent, l'imagination par chacun de ce qu'il attend le sépare donc secrètement de tous ceux qui, eux-mêmes, attendent autre chose. […] chacun porte en soi sa propre attente comme un monde solitaire et clos, auquel les autres peuvent d'autant moins participer que ce monde est seulement imaginaire. Aussi ne peut-il y avoir d'union entre les hommes qu'autant qu'il peut y avoir de communion ; et la seule communion consiste dans la communauté de leur attente […]
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 75


[…] nous sentons l'urgence de tout ce que nous vivons sur fond de notre propre mort.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 77


Le sujet : une crise d’identité[modifier]

[…] chacun s'éprouve d'autant plus profondément uni à lui-même qu'il se sent plus nécessairement uni à tous les autres. Être soi, alors, c'est savoir qu'on est en même temps tous les autres.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 103


La conscience que j'ai de moi comme individu vivant et comme sujet de ma représentation est […] absolument irréductible à l'idée plus ou moins fruste que les autres forment de moi comme objet de leur représentation.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 115


Les paradoxes du moi[modifier]

Le moi comme médium[modifier]

Si original, si inventif, si novateur soit-il, chaque moi est la confluence et comme la concrétion d’une infinité d’autres.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 188


Comme un rayonnement[modifier]

L’imminence de la mort nous révèle […] avec une fulgurante évidence que nous avons perdu notre vie à vouloir la sauver. Sur le point de nous résorber et de nous effacer en elle, la vie nous montre alors que c’est l’unique souci de notre image qui faisait notre solitude, que c’est la passion de notre moi qui inspirait ce souci, et que ce moi n’était guère plus que l’obsession d’un fantasme.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 211


Aimés ou détestés, nous ne le sommes que par malentendu.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 213


Parce que nous ne sommes qu’une médiation à travers laquelle s’accomplit tout ce qui nous précède et se prépare tout ce qui nous suit, nous découvrons l’inconsistance ontologique et presque l’insignifiance de notre ego.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 216


En comprenant que notre nature est celle d’un flux ou d’un rayonnement, nous ne pouvons plus être avares de nous-mêmes.
  • Traité des solitudes, Nicolas Grimaldi, éd. PUF, 2003  (ISBN 2-13-053793-6), p. 216