Soleil couchant

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Littérature[modifier]

Critique[modifier]

René Crevel, La Période des sommeils, 1932[modifier]

J’aimerais pouvoir écrire ces souvenirs en lettres phosphorescentes. Si je les écris malgré tout, c’est parce qu’à cet instant, avenue de l’Opéra, le soleil couchant a baigné les visages avec assez de soufre pour les rendre jaunes, d’un jaune insupportable, en même temps que devient bleu, d’un bleu intolérable, le chapeau melon, initialement noir, d’un promeneur un peu bizarre.
  • « La Période des sommeils », René Crevel, This Quarter vol. 5, nº 1, Septembre 1932, p. 1


Prose poétique[modifier]

Richard Huelsenbeck, Une visite de Cabaret Dada, 1920[modifier]

Mesdames et Messieurs c'était tout simplement subjuguant, fascinant. Le prêtre souleva sa poitrine de papier mâché et ses yeux dirigés le long d'une ficelle étincelaient. Sa voix était comme le tonnerre qui monte des arrosoirs lorsque le soleil couchant les éclaire. Il portait une barbe dans laquelle les jeunes souris se disaient « bonne nuit », et les trains-express attendaient au bord de l'abîme de son cou.
  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. « Découverte Gallimard Littérature », 2000  (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Richard Huelsenbeck, Der Dada 3, 1920, p. 136


Roman[modifier]

Octavio Paz, Liberté sur parole, 1958[modifier]

Note risquée

Te voici déjà parmi les transparences ; multiplié, ton panache ondoie profusément cygne noyé dans sa propre blancheur. Tu te places sur la cime et cloues ton étincelle. Puis, t'inclinant, tu baises les lèvres gercées du cratère. L'heure est venue d'exploser, sans laisser d'autre trace qu'une longue cicatrice dans le ciel. Tu traverses les galeries des sons et disparais dans un cortège de cuivres.
  • Liberté sur parole (1958), Octavio Paz (trad. Jean-Clarence Lambert), éd. Gallimard, coll. « Poésie », 1966  (ISBN 2-07-031789-7), partie II. AIGLE OU SOLEIL ? (1949-1950), Aigle ou Soleil ? — Note risquée, p. 96


René Barjavel, La Nuit des temps, 1968[modifier]

Il est difficile de donner un exemple de la différence entre la langue-lui et la langue-elle, puisque les deux termes équivalents ne peuvent être traduits que par le même mot. L'homme dirait : « qu'il faudra sans épines », la femme dirait : « pétales du soleil couchant », et l'un et l'autre comprendraient qu'il s'agit de la rose.