René Barjavel

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René Barjavel est un écrivain et journaliste français né le 24 janvier 1911 à Nyons (Drôme) et décédé le 24 novembre 1985 à Paris.

Romans[modifier]

Le diable l'emporte, 1948[modifier]

Je le répète : j'avais les moyens de donner à l'humanité la chance de se survivre. J'ai mis ces moyens en œuvre. Saurez-vous profiter de cette chance et qu'en ferez-vous ? C'est votre affaire, ce n'est plus la mienne. Et je dois dire que cela m'est égal...
  • Le diable l'emporte, René Barjavel, éd. Denoël, coll. « Présence du futur », 1959  (ISBN 2-207-30033-1), partie Première partie, p. 70


Je te regarde, et quand je ne te regarde pas je pense à toi, et quand je ne pense pas à toi, je suis morte...
  • Le diable l'emporte, René Barjavel, éd. Denoël, coll. « Présence du futur », 1959  (ISBN 2-207-30033-1), partie Deuxième partie, p. 164


— C'est diabolique, murmura Hono.
— Laissez donc le diable tranquille, dit M. Gé, l'homme suffit...
  • Le diable l'emporte, René Barjavel, éd. Denoël, coll. « Présence du futur », 1959  (ISBN 2-207-30033-1), partie Troisième partie, p. 183


Il cherchait d'où lui venait cette tranquilité et il comprit qu'elle provenait de la certitude que le monde entier périrait en même temps que lui. D'où il conclut que la peur de la mort est un réflexe de protestation contre l'injustice. Mourir en sachant que d'autres vont continuer à respirer, jouir, souffrir, voilà qui est insupportable. Si tout le monde y passe, alors il n'y a plus rien à dire.
  • Le diable l'emporte, René Barjavel, éd. Denoël, coll. « Présence du futur », 1959  (ISBN 2-207-30033-1), partie Troisième partie, p. 213


Eût-elle vécu milles années, elle n'avait plus rien de semblable à connaître.
  • Le diable l'emporte, René Barjavel, éd. Denoël, coll. « Présence du futur », 1959  (ISBN 2-207-30033-1), partie Troisième partie, p. 214


Elle poussa de joie et de douleur le dernier cri de vie de la Terre, et il sut, avant de devenir torche, qu'il avait trouvé, et que le diable l'avait eu.
  • Le diable l'emporte, René Barjavel, éd. Denoël, coll. « Présence du futur », 1959  (ISBN 2-207-30033-1), partie Troisième partie, p. 238


La Nuit des temps, 1968[modifier]

Sous cette brume empoisonnée par leurs fatigues d'hier, des millions d'hommes s'éveillent, déjà exténués d'aujourd'hui.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 10
Pendant ces quelques secondes, il n'y aurait pas eu assez d'horreur dans le monde pour emplir ton cœur.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 15


Te montrer à l'univers, le temps d'un éclair, puis m'enfermer avec toi, seul, et te regarder pendant l'éternité.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 83


Elle va mourir parce que nous ne la comprenons pas. Elle meurt de faim, et nous la laissons mourir parce que nous ne la comprenons pas quand elle nous dit avec quoi nous pourrions la nourrir.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 137


Il est difficile de donner un exemple de la différence entre la langue-lui et la langue-elle, puisque les deux termes équivalents ne peuvent être traduits que par le même mot. L'homme dirait : « qu'il faudra sans épines », la femme dirait : « pétales du soleil couchant », et l'un et l'autre comprendraient qu'il s'agit de la rose.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 147


Et nous savons déjà au moins une chose, c'est que l'homme est merveilleux, et que les hommes sont pitoyables, et que chacun de notre côté, dans notre morceau de connaissance et dans notre nationalisme misérable, c'est pour les hommes que nous travaillons.


J'ai fait venir des roses.
Tu as cru que cela aussi nous le mangions...
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 203


Un adulte n'est qu'un enfant qui a commencé à pourrir.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 213


Vivre les malheurs d'avances, c'est les subir deux fois.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la Cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2266152424), p. 295


Rien qu'une nuit... Et quand tu te réveilleras, je serais mort depuis si longtemps que tu n'auras plus de peine.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 323


J'aurais pu crier la vérité, crier le nom de Païkan, tu aurais su avant de mourir qu'il était près de toi, que vous mouriez ensemble comme tu l'avais souhaité. Mais quels regrets atroces, alors que vous pouviez vivre.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 383


Le sérum universel apporté par le sang d'Eléa avait guéri sa chair pendant que le poison en retirait la vie.
  • La Nuit des temps, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1968  (ISBN 2-266-02303-9), p. 389


Le Grand Secret, 1973[modifier]

Je t'écris cette lettre et je vais la brûler pour que tu la reçoives à travers les distances et les murailles.
  • Le Grand Secret, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1973  (ISBN 2-266-02304-7), partie I - Comme une jeanne d'autrefois, p. 87


J'ai acquis l'immortalité. Et elle est contagieuse.
  • Le Grand Secret, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1973  (ISBN 2-266-02304-7), partie I - Comme une jeanne d'autrefois, p. 149


Pour les hommes du monde, le lendemain est un jour d'espoir et de crainte : demain, je n'aurais plus mal, demain il faudra payer, demain le soleil peut-être, ou demain l'hiver...
Pour les habitants de l'Ile la crainte a disparu. Demain personne ne manquera de rien, personne n'aura un jour de plus.
  • Le Grand Secret, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1973  (ISBN 2-266-02304-7), partie III - Comme le paradis, p. 163


Dans notre paradis, aucun fruit ne peut naître. Mais nos fleurs sont immortelles.
  • Le Grand Secret, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1973  (ISBN 2-266-02304-7), partie III - Comme le paradis, p. 176


Mais parce que personne n'est obligé à rien, chacun se sent obligé envers tous.
  • Le Grand Secret, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1973  (ISBN 2-266-02304-7), partie III - Comme le paradis, p. 203


Les Dames à la licorne, 1974[modifier]

Le temps s'enfuit que si on lui court après.
— La licorne, dit-il, n'accepte que ce qui est parfait. Les habitudes, les petites indifférences, les humeurs, les joies pas tout à fait réussies, l'indulgence, tout ce qui fait finalement la vie d'un couple, et la rend possible, cela la blesse et la fait saigner. Les femmes aussi, parfois. La licorne s'en va, les femmes restent.
  • Les Dames à la licorne, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1974  (ISBN 2-266-00024-1), p. 17


L'acharnement du malheur eut raison de l'acharnement du courage.
  • Les Dames à la licorne, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1974  (ISBN 2-266-00024-1), p. 72


Toi qui es la lune et le vent
Tu me donnes ta lumière
Tes yeux caressent mes yeux
Et sans toi le souffle me manque
Et je meurs...
Mais si je ferme mes bras
Tu glisses et fuis, tu n'es plus là
Je ne peux saisir ta lumière
Elle est sur moi et loin de moi
Tu me regardes et peu t'importe
Qui je suis...
  • Les Dames à la licorne, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1974  (ISBN 2-266-00024-1), p. 2332-233


Méfie-toi toujours des imbéciles, ils sont plus dangereux que les loups.
  • Les Dames à la licorne, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1974  (ISBN 2-266-00024-1), p. 2332-233


La charrette bleue, 1980[modifier]

Car, partout où il n'y avait personne, j'étais chez moi. La solitude était mon domicile, que je transportais autours de moi comme l'escargot sa coquille.


J'ai beaucoup appris. Je continue. Je n'en sais guère plus.


Une rose au paradis, 1981[modifier]

Il valait mieux se conduire comme un troupeau de brebis que comme un tas de cailloux. Et qui sait ? Pourquoi pas ? peut-être quelqu'un, là-haut, entendrait leurs bêlements et interviendrait...
  • Une rose au paradis, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1981  (ISBN 2-266-03258-5), p. 57


Les hommes d'État n'ont ni le temps ni l'habitude de prévoir. Ils vivent au jour le jour, tous les événements les surprennent, et les problèmes qu'ils s'efforcent de résoudre sont ceux de la veille ou de l'avant veille, qu'ils n'ont d'ailleurs pas encore compris.
  • Une rose au paradis, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1981  (ISBN 2-266-03258-5), p. 84


L'imagination, c'est de la mémoire passée à la moulinette et reconstituée en puzzles différents. Un être humain qui aurait été élevé uniquement dans du rouge, derrière des vitres rouges, ne pourrait jamais imaginer le bleu.
  • Une rose au paradis, René Barjavel, éd. Presses de la cité, coll. « Pocket », 1981  (ISBN 2-266-03258-5), p. 91


Essais[modifier]

La Faim du tigre, 1966[modifier]

Tout être vivant normalement constitué n'est qu'un organe de reproduction.
  • La Faim du tigre (1966), René Barjavel, éd. Denoël, 1972, p. 14


L'homme se plaît à penser qu'il est un être total, indépendant, qui sait ce qu'il fait et fait ce qu'il veut, dans le cadre des lois et des usages. En réalité, son existence individuelle n'est qu'une illusion destinée à lui donner, pendant le temps utile à l'espèce, le goût de la vie, afin qu'il la conserve et la transmette.
  • La Faim du tigre (1966), René Barjavel, éd. Denoël, 1972, p. 15


Les individus vivants, milliards d'hommes de mouches ou de pissenlits, ne sont que des véhicules. La vie se fait porter par eux à travers le temps et l'espace.
  • La Faim du tigre (1966), René Barjavel, éd. Denoël, 1972, p. 28


Un dé à coudre empli de tourbillons de rien : c'est l'humanité.
  • La Faim du tigre (1966), René Barjavel, éd. Denoël, 1972, p. 72


Tant qu'on a essayé de combattre la peste avec des mots latins, elle a tranquillement dévoré l'humanité.
  • La Faim du tigre (1966), René Barjavel, éd. Denoël, 1972, p. 132


Comme la mort, la guerre est un phénomène biologique.
  • La Faim du tigre (1966), René Barjavel, éd. Denoël, 1972, p. 133


Si Dieu avait eu besoin d'être adoré, il n'eût créé que des chiens. Le chien est bien plus apte que l'homme à l'amour.
  • La Faim du tigre (1966), René Barjavel, éd. Denoël, 1972, p. 142


Si Dieu est partout, la porte qui s'ouvre sur lui est partout. La rose, le petit chat, les étoiles du matin. Mais la porte la plus proche de l'homme, c'est l'homme.
  • La Faim du tigre (1966), René Barjavel, éd. Denoël, 1972, p. 175


Les routes vers Dieu sont perdues. Dieu n'est plus accessible qu'aux aventuriers.
  • La Faim du tigre (1966), René Barjavel, éd. Denoël, 1972, p. 178


Demain le paradis, 1985[modifier]

La découverte de corps célestes se déplaçant à une vitesse supérieure à celle de la lumière ne pourra que rassurer notre esprit logique ; en effet, la vitesse est un rapport entre l'espace et le temps. Et comme ces derniers n'ont pas de limite, on comprend mal pourquoi la vitesse en aurait.
  • « Demain le paradis », René Barjavel, Orbs, l'autre Planète, nº 0, 2013  (ISBN 978-2-9544008-0-8), p. 45


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