Sergueï Averintsev

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Sergueï Averintsev (à droite) avec le prêtre Gueorgui Kotchetkov (1997).

Sergueï Sergueïevitch Averintsev est un philologue et historien russe né le 10 décembre 1937 à Moscou et mort le 21 février 2004 à Vienne.

Citations[modifier]

Les horreurs décrites par Orwell nous seront, semble-t-il, épargnées. En revanche, nous nous rapprochons des prophéties d’Huxley, ce qui n’est pas bien réjouissant. Notre propre expérience quotidienne nous rend sensibles aux signes annonciateurs du Meilleur des mondes : un hédonisme empreint d’une extrême vulgarité […] ; la disparition complète de la culture de la pudeur ; enfin, une forme absurde de syncrétisme entre les valeurs du capitalisme et celles du marxisme, qui n’a rien à voir avec la tolérance, et moins encore avec une volonté de synthèse, et qui fait des noms de Ford, Freud et Marx, à égalité, des formules incantatoires pour une humanité sans Dieu.
  • « Sergueï S. Averintsev — Pour une culture de la pudeur », interviewer non mentionné, Le Courrier de l’UNESCO (ISSN 0304-3118), nº 7, juillet 1990, p. 4


L’action d’une culture sur une autre n’a, en soi, rien d’une agression ; une culture « pure » serait aussi absurde qu’une suite de mariages incestueux dans la même famille, aboutissant inévitablement à une dégénérescence. L’originalité d’une culture se mesure, entre autres, à son aptitude à assimiler de façon créatrice ce qui lui vient de l’extérieur.
  • « Sergueï S. Averintsev — Pour une culture de la pudeur », interviewer non mentionné, Le Courrier de l’UNESCO (ISSN 0304-3118), nº 7, juillet 1990, p. 6


L’expression « liberté de pensée » recèle un fâcheux pléonasme ; la pensée n’existe que dans la mesure où elle est libre.
  • « Sergueï S. Averintsev — Pour une culture de la pudeur », interviewer non mentionné, Le Courrier de l’UNESCO (ISSN 0304-3118), nº 7, juillet 1990, p. 6


Entre la foi et la pensée, les tâches peuvent se répartir honnêtement : l’une ne saurait remplacer l’autre, puisque la foi, par définition, s’occupe de ce qui est transcendant à la pensée. Tandis que l’idéologie, également par définition, intervient dans ce qui devrait relever de la pensée, parce qu’à la différence de la foi, l’idéologie n’a pas d’objet qui lui soit spécifique, qui lui appartienne en propre, elle est parasite.
  • « Sergueï S. Averintsev — Pour une culture de la pudeur », interviewer non mentionné, Le Courrier de l’UNESCO (ISSN 0304-3118), nº 7, juillet 1990, p. 6


L’Homo technicus neobarbarus, qui est actuellement la race humaine dominante, une race plus portée sur la technique que sur la culture, a tôt fait de transformer la religion en parapsychologie, ou plutôt en parapolitique. Une sorte d’idéologie, en somme.
  • « Sergueï S. Averintsev — Pour une culture de la pudeur », interviewer non mentionné, Le Courrier de l’UNESCO (ISSN 0304-3118), nº 7, juillet 1990, p. 6


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