Ray Bradbury

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Ray Bradbury en 1975

Ray Douglas Bradbury (22 août 19205 juin 2012) est un écrivain de science-fiction américain.

Citations de ses œuvres[modifier]

Chroniques martiennes, 1950[modifier]

L'été de la fusée. Les gens se penchaient hors de leurs vérandas ruisselantes pour contempler le ciel rougeoyant. Sur sa rampe de lancement, la fusée crachait des nuages de flammes roses et une chaleur d'étuve. Dressée dans cette froide matinée d'hiver, elle donnait vie à l'été à chaque souffle de ses puissantes tuyères. La fusée commandait au climat, faisant régner un court moment l'été sur le pays.
  • (en) Rocket summer. People leaned from their dripping porches and watched the reddening sky. The rocket lay on the launching field, blowing out pink clouds of fire and oven heat. The rocket stood in the cold winter morning, making summer with every breath of its mighty exhausts. The rocket made climates, and summer lay for a brief moment upon the land...
  • Chroniques martiennes (1950), Ray Bradbury (trad. Jacques Chambon et Henri Robillot), éd. Denoël, coll. « Présence du futur », 1997  (ISBN 2-07-041573-2), partie Janvier 1999. L'été de la fusée, p. 19-20


Ils habitaient une maison toute en colonnes de cristal sur la planète Mars, au bord d'une mer vide, et chaque matin on pouvait voir Mrs. K déguster les fruits d'or qui poussaient sur les murs de cristal, ou nettoyer la maison avec des poignées de poudre magnétique qui, après avoir attiré toute la saleté, s'envolait dans le vent brûlant.
  • (en) They had a house of crystal pillars on the planet Mars by the edge of an empty sea, and every morning you could see Mrs. K eating the golden fruits that grew from the crystal walls, or cleaning the house with handfuls of magnetic dust which, taking all dirt with it, blew away on the hot wind.
  • Chroniques martiennes (1950), Ray Bradbury (trad. Jacques Chambon et Henri Robillot), éd. Denoël, coll. « Présence du futur », 1997  (ISBN 2-07-041573-2), partie Février 2030. Ylla, p. 21


Elle ne s'intéressait point à l'échiquier d'ivoire des cités mortes qui glissait en contrebas, ni aux anciens canaux remplis de vide et de rêves. Ils survolaient des fleurs et des lacs asséchés comme une ombre lunaire, comme une torche ardente.
  • (en) She didn't watch the dead, ancient bone-chess cities slide under, or the old canals filled with emptiness and dreams. Past dry rivers and dry lakes, they flew, like a shadow of the moon, like a torch burning.
  • Chroniques martiennes (1950), Ray Bradbury (trad. Jacques Chambon et Henri Robillot), éd. Denoël, coll. « Présence du futur », 1997  (ISBN 2-07-041573-2), partie Février 2030. Ylla, p. 27-28


Fahrenheit 451, 1953[modifier]

Voir le recueil de citations : Fahrenheit 451
Des fois, je les écoute dans le métro. Ou aux distributeurs de rafraichissement. Et vous savez quoi ? Les gens ne parlent de rien. Non, non, de rien. Ils citent toute une ribambelle de voitures, de vêtements ou de piscines et disent : "Super!" Mais ils disent tous la même chose et personne n'est jamais d'un avis différent. Et la plupart du temps, dans les cafés, ils se font raconter les mêmes histoires drôles par les joke-boxes, ou regardent défiler les motifs colorés sur les murs musicaux, des motifs abstraits, de simples taches de couleurs. Et les musées, y êtes vous jamais allé ? Rien que de l'abstrait. C'est tout ce qu'il y a aujourd'hui. Mon oncle dit que c'était différent autrefois. Jadis, il y avait des tableaux qui exprimaient des choses ou même représentaient des gens.
  • Fahrenheit 451 (1953), Ray Bradbury (trad. Jacques Chambon et Henri Robillot), éd. Gallimard, coll. « Folio SF », 2000  (ISBN 2-07-041573-2), partie Le Foyer et la Salamandre, p. 60


Si vous ne voulez pas qu'un homme se rende malheureux avec la politique, n'allez pas lui casser la tête en lui proposant deux points de vue sur une question ; proposez-lui-en un seul. Mieux encore, ne lui en proposez aucun. Qu'il oublie jusqu'à l'existence de la guerre. […] La paix, Montag. Proposez des concours où l'on gagne en se souvenant des paroles de quelque chanson populaire, du nom de la capitale de tel ou tel État ou de la quantité de maïs récoltée dans l'Iowa l'année précédente. Bourrez les gens de données incombustibles, gorgez-les de “faits”, qu'ils se sentent gavés, mais absolument “brillants” côté information. Ils auront alors l'impression de penser, ils auront le sentiment du mouvement tout en faisant du sur-place. […] Ne les engagez pas sur des terrains glissants comme la philosophie ou la sociologie pour relier les choses entre elles. C'est la porte ouverte à la mélancolie. Tout homme capable de démonter un télécran mural et de le remonter, et la plupart des hommes en sont aujourd'hui capables, est plus heureux que celui qui essaie de jouer de la règle à calcul, de mesurer, de mettre l'univers en équations, ce qui ne peut se faire sans que l'homme se sente solitaire et ravalé au rang de bête.
  • Fahrenheit 451 (1953), Ray Bradbury (trad. Jacques Chambon et Henri Robillot), éd. Gallimard, coll. « Folio SF », 2000  (ISBN 2-07-041573-2), partie Le Foyer et la Salamandre, p. 90


[…] Montag allait et venait, s'accroupissait et lisait et relisait dix fois la même page à voix haute.
   « “On ne peut dire à quel moment précis naît l'amitié. Si l'on remplit un récipient goutte à goutte, il finit par y en avoir une qui le fait déborder ; ainsi, lorsque se succèdent les gentillesses, il finit par y en avoir une qui fait déborder le cœur.” »
  • Fahrenheit 451 (1953), Ray Bradbury (trad. Jacques Chambon et Henri Robillot), éd. Gallimard, coll. « Folio SF », 2000  (ISBN 2-07-041573-2), partie Le Tamis et le Sable, p. 101


[…] poésie égale larmes, poésie égale suicide, pleurs et gémissements, sentiments pénibles, poésie égale souffrance ; […]
  • Fahrenheit 451 (1953), Ray Bradbury (trad. Jacques Chambon et Henri Robillot), éd. Gallimard, coll. « Folio SF », 2000  (ISBN 2-07-041573-2), partie Le Tamis et le Sable, p. 137


Entretiens[modifier]

Je ne suis pas un écrivain de science-fiction. Je n'ai écrit qu'un livre qui soit de la science-fiction, et c'est Farenheit 451. Tous les autres sont de la fantasy.
- Quelle est la différence pour vous ?
- Les fantasy sont des choses qui ne peuvent pas se produire, tandis que la science-fiction évoque des événements qui peuvent se produire.

  • (en)

    I'm not a science-fiction writer. I've only written one book that's science fiction, and that's Fahrenheit 451. All the others are fantasy.
    - What's the distinction for you?
    - Fantasies are things that can't happen, and science fiction is about things that can happen.


Signature

Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :