Maurice Benhamou

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Maurice Benhamou, né le 15 janvier 1929 à Casablanca et mort le 12 décembre 2019 à Neuilly-sur-Seine, est un poète et critique d'art français.

La couleur tensive, 2003[modifier]

Aller au-devant de l’espace plastique, c’est regarder le tableau en amant et non plus en professeur ou en savant.
  • La couleur tensive, Maurice Benhamou, éd. Cadex, 2003  (ISBN 2-913388-43-4), p. 36


Le visible et l’imprévisible, 2006[modifier]

Comment dès lors rejoindre la peinture au-delà du tableau ? Il faut partir d’autre chose que ce que nous y voyons. Il faut partir de ce que nous vivons. Du vertige que nous éprouvons devant certaines peintures. Des manifestations physiques de notre émotion. Quand nous frissonnons, que nous ne savons plus où nous sommes, nous sommes au cœur de l’espace plastique. « Ni espace réel ni espace imaginaire, cet espace n’a pas d’équivalent repérable », disait le peintre Jean Degottex. Le véritable but du peintre, et au fond le seul, est de parvenir à faire éprouver l’espace plastique de son tableau.
  • Le visible et l’imprévisible, Maurice Benhamou, éd. L’Harmattan, 2006  (ISBN 2-296-00123-8), chap. L’espace plastique, I, p. 9


La tensivité d’une couleur donne accès à l’au-delà de cette couleur, son énergie, son invisibilité, son mystère qui sont aussi ceux de la lumière. Mais ce rayonnement de la couleur qui s’exerce non seulement en surface mais aussi en volume, c’est-à-dire à la rencontre du regardeur, cette vibration, cet insaisissable bougé au cœur de la couleur, procurent en ce même regardeur un léger vertige qui l’entraîne vers l’espace plastique. Kandinsky dit très bien la quête de cet espace par les moyens de la couleur : «  J’ai cherché pendant des années la possibilité de permettre au spectateur de déambuler dans la peinture, le forçant à s’oublier lui-même pour se perdre dans la peinture. »
  • Le visible et l’imprévisible, Maurice Benhamou, éd. L’Harmattan, 2006  (ISBN 2-296-00123-8), chap. L’espace plastique, II, p. 19


Comme Mallarmé par l’azur, Jean Degottex fut hanté par le bleu. Une phrase était épinglée dans son atelier de Gordes : « Le bleu n’est pas une couleur, c’est une aventure intérieure ».
  • Le visible et l’imprévisible, Maurice Benhamou, éd. L’Harmattan, 2006  (ISBN 2-296-00123-8), chap. Quatre peintres de la couleur tensive, p. 22


Le 25 février 1970, à l’aube Mark Rothko se tranche les veines dans son atelier. Ce geste surprend à peine tant il ressemble à celui qui se produisait chaque jour en ce lieu depuis plus de vingt ans, le geste de peindre. Simplement, cette fois-ci, Rothko s’en est pris à son propre corps et non à la toile. Ou bien il ne lui a plus été possible de distinguer son corps de la toile tant ils sont devenus intimes. Et il a changé d’outil…
  • Le visible et l’imprévisible, Maurice Benhamou, éd. L’Harmattan, 2006  (ISBN 2-296-00123-8), chap. Mark Rothko - Une peinture d’apocalypse, p. 28


Par des moyens subtils et paradoxaux, l’art d’Anna Mark parvient à insuffler une vie de chair et de sang dans ce que fut l’abstraction géométrique. Comme « l’angelot maudit » d’Arthur Rimbaud, la géométrie d’Anne Mark nous arrive en titubant. Les figures sont instables. On attendait ici une ligne droite, c’est une oblique déroutante.
  • Le visible et l’imprévisible, Maurice Benhamou, éd. L’Harmattan, 2006  (ISBN 2-296-00123-8), chap. Anna Mark - Une géométrie existentielle, p. 40


Anna Mark n’a pas voulu nous offrir l’illusion d’une beauté exacte et cohérente. Elle a préféré nous donner la vérité d’un vertige.
  • Le visible et l’imprévisible, Maurice Benhamou, éd. L’Harmattan, 2006  (ISBN 2-296-00123-8), chap. Anna Mark - Une géométrie existentielle, p. 42


En toute peinture il y a certes quelque chose d’incommunicable qui se dégage d’un ensemble de rapports de formes et de couleurs, un vertige que je nomme espace plastique bien qu’il ne soit nullement spatial. Et de cela nul ne peut parler.
  • Le visible et l’imprévisible, Maurice Benhamou, éd. L’Harmattan, 2006  (ISBN 2-296-00123-8), chap. Max Wechsler, p. 43


Le Ring.jpg
En art, la simplicité n’est pas un point de départ mais un point d’aboutissement. Pourtant la complexité continue à nourrir l’évidence du simple anneau de fer (de 12 mètres de diamètre) que constitue le « Ring » du sculpteur Albert Hirsch. Cette forme fermée, achevée, va créer une œuvre ouverte, inachevable, cette structure rigide un dispositif souple, disponible. Une belle œuvre d’art à toujours une dimension éthique. Le Ring nous dit ce qu’aucune sculpture ne nous avait dit avant elle : « Asseyons-nous ensemble ».
  • Le visible et l’imprévisible, Maurice Benhamou, éd. L’Harmattan, 2006  (ISBN 2-296-00123-8), chap. Albert Hirsch, p. 98


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