Marc Fumaroli

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Marc Fumaroli (né à Marseille le 10 juin 1932) est un professeur des universités, historien, essayiste et académicien français spécialiste du XVIIe siècle.

Citations de Marc Fumaroli[modifier]

L'État culturel, essai sur une religion moderne, 1992[modifier]

Dans l'acception actuelle, éléphantiasique, que lui donne le décret du 10 mai 1982, le mot « culture » fait partie de ce vocabulaire étrange, inquiétant, envahissant, qui a introduit une sorte de fonction dévorante dans notre langue, et dont la boulimie sémantique est inépuisable. A un degré de voracité un peu moindre, le mot « intellectuel » appartient à cette même famille de mutants langagiers. Dès que l'on a adopté ce vocable, on est sans défense contre les équivoques et les amalgames les plus confondants de la pensée.
  • L'État culturel, essai sur une religion moderne, Marc Fumaroli, éd. Éditions de Fallois, 1992  (ISBN 2-253-06081-X), p. 225


Quand l'Europe parlait français, 2001[modifier]

Ce livre n'a pas la moindre prétention de théoriser, ni de défendre une thèse quelconque. Il m'a conduit cependant, au fur et à mesure qu'il s'est déployé, à mieux prendre conscience de l'obstacle qui empêche les Français d'aujourd'hui de comprendre quels sont les vrais atouts de leur propre langue, qu'ils parlent encore, mais distraitement et qu'ils n'osent plus aimer.
  • Quand l'Europe parlait français, Marc Fumaroli, éd. Éditions de Fallois, 2001  (ISBN 2-253-15418-0), p. 24


Qu'on le veuille ou non, au XXIe siècle comme au XVIIIe siècle, quiconque de part le monde veut secouer la chape de plomb du conformisme et de la communication de masse, quiconque découvre qu'il veut avant de mourir prendre part à une conversation civilisée, imagine sur cette terre de nostra conversatio quae est in coelis, se met au français, et certainement pas au français dont se contentent les consommateurs du système de communication néo-français et que les publicitaires se sont mis eux-mêmes à dédaigner en lui préférant l'anglais.
  • Quand l'Europe parlait français, Marc Fumaroli, éd. Éditions de Fallois, 2001  (ISBN 2-253-15418-0), p. 26


C'est dans cette minorité clandestine mondiale, et non plus dans la minorité visible, splendidement meublée, mais circonscrite à quelques capitales, du banquet des Lumières, que réside aujourd'hui, à l'insu des statisticiens, des linguistes et des programmateurs de « novlangues », à l'insu de la plupart des Français, la vie et l'avenir de leur idiome irremplaçable au titre de langue littéraire et de langue de la « bonne compagnie ». Le français, langue moderne de la clandestinité de l'esprit ?
  • Quand l'Europe parlait français, Marc Fumaroli, éd. Éditions de Fallois, 2001  (ISBN 2-253-15418-0), p. 27


Chateaubriand, Poésie et Terreur, 2003[modifier]

Pour chateaubriand en effet, comme pour Tocqueville, la France de 1789 avait à bon droit rompu avec l'absolutisme royal, par un fatal accident elle était allée jusqu'à rompre avec les mœurs aimables et avec l'esprit que l'absolutisme n'avait pu ni assombrir ni émousser.
  • Chateaubriand, Poésie et Terreur, Marc Fumaroli, éd. Éditions de Fallois, 2003  (ISBN 2-87706-483-2), p. 11


Historien et orateur, le Chateaubriand de la Restauration a cherché, par son action et sa parole, à réussir un tour de force à contre-courant de la réaction absolutiste, comme de l'égalitarisme jacobin : rendre à la nation la « portion nécessaire de sa subsistance » dont la terreur avait voulu l’amputer et « guérir la blessure » qui avait été ainsi faite à la liberté. C'était l'occasion à ne pas manquer, et qui ne se reproduirait jamais. Le rétablissement en France, « cœur de l'Europe », d'une continuité entre mémoire et avenir aurait pu réparer la déchirure de 1792 et épargner au monde les cahots de régimes successifs, discontinus, éphémères et stériles. Il a échoué.
  • Chateaubriand, Poésie et Terreur, Marc Fumaroli, éd. Éditions de Fallois, 2003  (ISBN 2-87706-483-2), p. 12


Faute d'avoir pu greffer « l'esprit et les grandes qualités de l'aristocratie », et avant tout la passion de la liberté, sur les aspirations en principe généreuses de la France de 1789, le dernier Chateaubriand s'est voulu le génie-mère des « poètes maudits ».
  • Chateaubriand, Poésie et Terreur, Marc Fumaroli, éd. Éditions de Fallois, 2003  (ISBN 2-87706-483-2), p. 12


Citations sur Marc Fumaroli[modifier]

Marc Fumaroli m'apparaît comme un continuateur de la grande tradition des Braudel, Lévi-Strauss, des Jacqueline de Romilly, et comme l'incarnation de ce qu'il était convenu d'appeler jadis la culture française. D'une curiosité sans bornes, d'une érudition époustouflante, il sait tout de Pereisc, de Nicolas de Cues, des jésuites, de Mme Vigée-Lebrun ou de Mme de Duras. Il a tout lu et tout compris, ses livres sont devenus des classiques, sa conversation et un bonheur.
  • Je dirai malgré tout que cette vie fut belle, Jean d'Ormesson, éd. Gallimard, 2016  (ISBN 978-2-07-017829-2), p. 281


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