Ma vie pour la France

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Ma vie pour la France est une autobiographie du Général Marcel Bigeard publiée immédiatement après sa mort, en 2010.

Citations[modifier]

J'ai dit un jour que j'avais toujours trouvé plus facile d'affronter mes ennemis en guerre que ma mère quand j'étais môme.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. I (« Il y a si longtemps »), p. 17


L'école fonctionnait mieux dans ce temps-là. Avec un certificat d'étude, on savait au moins lire, écrire et compter, ce qui n'est pas toujours le cas aujourd'hui pour les élèves des collèges et lycées.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. I (« Il y a si longtemps »)), p. 18


Quatre-vingts ans plus tard, j'avais toujours mes comptes à la même banque, dans la même agence et cela jusqu'à mes derniers jours. Quel client peut se vanter d'être plus fidèle que moi?
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. I (« Il y a si longtemps »), p. 19


Mais j'ai toujours pensé qu'on réussit mieux par le travail et par l'effort qu'en râlant et en faisant porter toutes les difficultés et les fautes sur les autres.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. I (« Il y a si longtemps »), p. 20


Je découvrais la caserne, un immense bâtiment gris et froid. Le dortoir, vingt-quatre lits, des couvertures et des draps rugueux
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. I (« Il y a si longtemps »), p. 21


À ce moment-là, j'étais fou de joie de quitter l'armée. Par la suite, je compris combien cette famille savait former les hommes, je compris combien se frotter à la discipline, obéir, donne aux jeunes le sens d'une valeur essentielle : le respect.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. I (« Il y a si longtemps »), p. 24


Dès qu'on vous donne un but, une raison d'agir, les choses deviennent beaucoup plus faciles et acceptables. J'ai l'impression que c'est ce qui manque dans la vie de tant de jeunes aujourd'hui: avoir un but, un idéal.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. II (« Ma Grande Guerre »), p. 28


Le 10 mai 1940, l'armée de Hitler envahit la France, contournant la ligne Maginot, fonçant à travers les Ardennes. En quelques heures, nos divisions sont écrasées, c'est le désastre le plus total. Aujourd'hui encore, cette défaite éclair semble incroyable. Bien sûr, l'armée avait des faiblesses, l'état-major manquait de discernement, et notre état d'impréparation nous a cruellement affaiblis. Toutes les belles théories de ces états-majors, faisant la guerre depuis leurs bureaux, ont été balayées en quelques heures. La réalité est impitoyable.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. II (« Ma Grande Guerre »), p. 32


Nous patrouillons dans les villages, fouillons les planques d'armes dans les rizières. Résultats décevants malgré le bourrage de mou du haut commandement. Aucun village ne nous résiste, parce que l'ennemi a fui à notre approche et revient après notre départ. En fait, nous brassons de l'air. Pas ainsi qu'il faut s'y prendre. Nous ne sommes plus en guerre contre l'armée allemande mais face à une guérilla mobile, insaisissable. Je connais ces méthodes, je les ai pratiquées moi-même en Algérie.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. II (« L'Indochine »), p. 99


En Indochine, ça se passe mal. Les Français mènent une guerre classique alors qu'il faudrait des troupes antiguérilla, bien renseignées, souples, mobiles, connaissant le terrain. Les politiques tergiversent, comme d'habitude. Ils n'ont rien compris à la situation.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. IX (« Deuxième séjour. Le Pays Thaï »), p. 109


Dans une guerre de ce type, s'il s'agit de garder une présence française dans un pays lointain, il faut se battre sans états d'âme et avec les moyens appropriés, sinon il n'y a qu'à s'en aller.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. IX (« Deuxième séjour. Le Pays Thaï »), p. 109


Des mois durant, nous arpentons les rizières et les diguettes dans le froid de l'hivers tonkinois, traquant un ennemi insaisissable que le commandement s'obstine à défier avec ses gros bataillons, ses blindés et ses canons.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. IX (« Deuxième séjour. Le Pays Thaï »), p. 113


[...] ne jamais dire : En avant!, mais Suivez-moi!
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. IX (« Deuxième séjour. Le Pays Thaï »), p. 118


Dans l'armée, comme trop souvent ailleurs en France, on ne tient pas compte de la compétence des gens ni de leurs états de service. Pour passer au grade supérieur il faut des diplômes et je n'ai que mon certificat d'études. Je n'ai pas fait Saint-Cyr ni l'École de guerre.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. IX (« Deuxième séjour. Le Pays Thaï »), p. 121


Mes retours auprès d'elle sont malheureusement de courte durée. Ça ne les rend que plus intenses.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. IX (« Deuxième séjour. Le Pays Thaï »), p. 123


On envoie en catastrophe le 3eBCCP sur That Khê pour aider les quelques survivants. Ils seront à leur tour massacrés. Je pense à mes anciens lieutenants, tous ces types sacrifiés, morts pour rien, engloutis dans une opération mal préparée par des officiers incompétents.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. IX (« Deuxième séjour. Le Pays Thaï »), p. 124


Giap est un grand général et aussi un idéologue. Tous ses soldats sont prêts à se sacrifier pour la grandeur du communisme. Chez nous, seul les bataillons d'élite comme les paras peuvent se mesurer à eux. Mais c'est l'exception. Dans l'ensemble, c'est l'idéal qui fait défaut. Et sans idéal, on ne gagne pas une guerre.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XII (« Nasan »), p. 147


Nous menons une guerre presque oubliée, voir honteuse. On ne remporte pas un combats d'une telle envergure seulement avec des armes sophistiquées: on le fait avec son cœur, sa volonté, sa foi.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XII (« Nasan »), p. 148


Le haut commandement pavoise. Il pense que les Viets sont K.O. Notre hiérarchie ne doute de rien, n'a rien vu, nos chefs vivent dans une totale inconscience.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XIII (« Nasan »), p. 158


Pourtant, ce ne sont pas les volontaires qui manquent. Des héros anonymes, tous prêts à faire un dernier saut, même pour rien, pour l'honneur.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XIV (« La bataille des cinq collines »), p. 172


Je pense souvent à ces hommes morts debout, fauchés en plein combat, en pleine jeunesse, sans avoir connu la déchéance ni la vieillesse.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XIV (« La bataille des cinq collines »), p. 1173


Nous avons tenu accrochés à notre espoir, mais aucun secours n'est arrivé.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XIV (« La bataille des cinq collines »), p. 176


Non, tout est fini. Mon bataillon est anéanti. J'ai cru un moment que j'allais reprendre l'avantage, que j'allais être à nouveau le seigneur de ce pays, comme il y a huit ans et ça se termine par une branlée monumentale. L'armée française, forte de ses hommes, de ses armes, de ses bataillons d'élite, a été vaincue par ces petits Tonkinois qu'on prenait pour des amateurs. Leur ardeur, leur résistance, leur foi, leur fanatisme sont venus à bout de l'une des meilleures armées du monde, l'une des mieux équipées. À bout surtout de l'orgueil, de l'incompétence, de l'inconscience des politiques et des généraux. Encore quelques coups de feu, pour la gloire et c'est fini.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XIV (« La bataille des cinq collines »), p. 179


Les soldats Viet-minh étaient des types estimables, fanatisés peut-être, mais des combattants hors pair, préférant se faire tuer sur place plutôt que de reculer.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XVI (« Retour en Indochine »), p. 195


Retrouver des combattants comme lui, même si on était les uns face aux autres, c'est formidable. On a failli crever ensemble: cela crée un respect mutuel.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XVI (« Retour en Indochine »), p. 196


En haut lieu, des officiers pensent qu'il suffit d'hommes bien armés pour avancer comme un rouleau compresseur, mener une guerre ouverte à l'ennemi, alors qu'il faut opposer à la guérilla une contre-guérilla et devenir Fellagha à notre tour, tout comme en Indochine je devenais Viet contre les Viets.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XVIII (« L'Algérie »), p. 205


De l'Indochine à l'Algérie, pas de changement: toujours des officiers incompétents qui arrivent sur le terrain avec des idées toutes faites.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XVIII (« L'Algérie »), p. 207


Cette Légion d'Honneur, c'est moi qui la porterai, mais ce sont mes paras qui l'ont gagnée.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XVIII (« L'Algérie »), p. 228


La guerre n'est pas belle, l'humanité ne l'est pas non plus.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XX (« Retour au Djebel »), p. 255


[L]e sort de ces musulmans engagés aux côtés de l'armée française reste une tache très noire dans l'histoire de notre pays. Ils sont convaincus qu'ils doivent lutter aux côtés d'une nation qui peut leur apporter prospérité et développement. Ils voudraient une Algérie débarrassée du pourvoir dictatorial que le FLN commence à instaurer. Une Algérie débarrassée de la violence, du parti unique, dont la tyrannie se profile si la France quitte le pays. Ils vont payer très cher cette fidélité, pendant la guerre, et au lendemain de l'indépendance algérienne. [...] Avoir abandonné ces hommes dévoués à notre cause est une véritable honte. [...] Toute le monde savait qu'ils seraient massacrés. Personne n'a bougé ! [...] je n'oublie pas le dévouement de ces hommes, tel l'adjudant Zga, prêt à affronter toutes les épreuves avec moi.
  • Ma vie pour la France (2010), Marcel Bigeard, éd. Rocher, 2010, p. 309-310


Je préfère vivre à fond, et tant pis pour ce qui arrivera. C'est l'esprit qui décide, la volonté. Le corps suit, quand il peut. S'il lâche, tant pis. Marche ou crève.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XXIX (« Madascar»), p. 354


Dans le monde politique, le sport favori consiste à se tirer dans les pattes, même si l'on est du même bord. Et surtout si l'on est du même bord.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XXWI (« L'expérience ministérielle »), p. 376


Les attentats du 11 septembre 2001 ont marqué un tournant dans l'histoire des relations entre l'Islam et l'Occident. Ils ont déclenché un sentiment de peur et de crainte à l'égard de l'Islam. À tort, car le véritable Islam n'a rien à voir avec ces fous de Dieu qui massacrent et égorgent les innocents, à commencer par leurs propres frères, pas plus qu'on ne saurait résumer le Catholicisme à l'Inquisition. Et c'est un vieux briscard laïc qui parle !
  • Ma vie pour la France (2010), Marcel Bigeard, éd. Rocher, 2010, p. 494
Je suis là, toujours là, le jour de mes quatre-vingt-quatorze ans, avec la trace, si petite soit-elle, que je laisse sur terre, d'un Bigeard toujours libre et aujourd'hui dans l'au-delà, plus libre que jamais.
  • Ma vie pour la France, Marcel Bigeard, éd. Éditions du Rocher, 2010, chap. XXXVIII (« Toujours libre »), p. 502


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