Laurent Deshayes

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Laurent Deshayes est docteur en histoire contemporaine et spécialiste de l'histoire du Tibet et du bouddhisme tibétain. Il effectue des traductions d'ouvrages en tibétain littéraire. Il a été professeur d'histoire au lycée Saint-Joseph de Sarlat en Dordogne.

Citations concernant le Tibet[modifier]

Il est tentant de partir de la situation actuelle des Tibétains, dramatique à bien des égards, pour lire l'histoire de leur pays. Il ne suffit pas cependant d'être une victime aujourd'hui pour blanchir le passé, ni d'avoir pour chef de l'État exilé un apôtre de la paix pour présumer de la probité de la structure religieuse et politique du Tibet d'autrefois
  • Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, éd. Fayard, 1997, p. 15


La plus grande partie de la population était composée d'agriculteurs et asservie soit aux seigneuries laïques, soit aux lignées religieuses. L'État était en principe le propriétaire du sol, mais il n'administrait directement qu'environ un tiers des terres, le reste incombant aux seigneurs auxquels des fiefs avaient été octroyés. Sauf exception particulière, tous les sujets devaient payer un tribut (kral) versé soit en récolte, soit en monnaie. Tous devaient aussi se plier à la corvée, laquelle pouvait prendre plusieurs formes : travail de la terre seigneuriale, portage, réparation de la demeure noble....Les serfs tiraient leur subsistance de lots inaliénables et indivisibles, cédés par le seigneur, qu'ils se transmettaient héréditairement, et pour lesquels, ils recevaient les semences. Lorsque ces parcelles libres étaient de qualité, leurs revenus étaient suffisants pour leur permettre de posséder un cheptel et même de louer d'autres parcelles au seigneurs
  • Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, éd. Fayard, 1997, p. 37


Malgré tout, c'est dans l'indifférence internationale que le pays a été envahi et soumis par la nouvelle Chine communiste de Mao Tse Toung, dès 1950. Il ne reste du Tibet que quelques lambeaux de son passé religieux, une langue dont les subtilités littéraires se perdent, une culture étouffée par une volonté politique, un territoire morcelé. Surtout peut-être, l'envahisseur est devenu un occupant omniprésent ; Lhassa et la plupart des villes sont très majoritairement peuplées de Chinois. Quant aux Tibétains, héritiers d'un empire glorieux et d'une culture religieuse qui marqua profondément l'Asie continentale, ils survivent…
  • Tibet, toit du monde, juillet 2000, Laurent Deshayes, éd. Fayard, juillet 2000, p. 1


Durant les années 1990 et depuis lors, la situation n'a guère évolué favorablement. La Région autonome du Tibet, du moins les grandes villes [...] est de plus en plus sinisée démographiquement et culturellement. Économiquement, le sous-sol est largement exploité – pétrole, or… – les forêts sont surexploitées, au détriment d'une biodiversité déjà très fragile mais à l'avantage des grandes sociétés forestières chinoises. Militairement, le haut plateau occupe une place fondamentale dans la stratégie chinoise en lui offrant un fantastique terre-plein dominant le sous-continent indien. Politiquement, avec des va-et-vient entre apparente tolérance et vagues de répression, la chape reste pesante. [...] Religieusement, la pratique populaire est toujours sous un étroit contrôle, et la vie monastique est rendue très difficile par une politique de quota et par un contrôle sévère des moines, qui peuvent être expulsés ou incarcérés au moindre doute quant à leur fidélité à la Chine communiste


La question tibétaine ne trouvera de solution que si la Chine reconnait les principes démocratiques, les droits de l'homme et les liberté fondamentales. [...] Beaucoup de Tibétains ne revendiquent pas le retour à l'indépendance du Tibet, en partie à cause du problème que soulèverait le délimitation des frontières et sont favorables à un système fédéral, qu'ils jugent plus réaliste, à condition qu'une latitude suffisante soit laissée aux gouvernement des États fédérés
  • Histoire du Tibet, Laurent Deshayes, éd. Fayard, 1997, p. 374 et 375