L'Usage du monde

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L'Usage du monde est un livre de Nicolas Bouvier, avec des illustrations de Thierry Vernet, paru en 1963.

Citations[modifier]

Quelque chose en vous grandit et détache les amarres, jusqu'au jour où, pas trop sûr de soi, on s'en va pour de bon. Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui-même. On croit qu'on va faire un voyage, mais bientôt c'est le voyage qui vous fait, ou vous défait.
  • L'Usage du monde (1963), Nicolas Bouvier, éd. Payot, 2001, p. 12


Mais le cœur n'y était plus. Pour le courage, on se force, pas pour l'entrain.
  • L'Usage du monde (1963), Nicolas Bouvier, éd. Payot, 2001, p. 23


La vertu d'un voyage, c'est de purger la vie avant de la garnir.
  • L'Usage du monde (1963), Nicolas Bouvier, éd. Payot, 2001, p. 30


Assez d'argent pour vivre neuf semaines. Ce n'est qu'une petite somme mais c'est beaucoup de temps. Nous nous refusons tous les luxes sauf le plus précieux : la lenteur.
  • L'Usage du monde (1963), Nicolas Bouvier, éd. Payot, 2001, p. 56


Au point du jour, nous nous sommes retrouvés à la sortie de la ville avec quantité d'inconnus qui nous connaissaient — c'est ça « être étranger »
  • L'Usage du monde (1963), Nicolas Bouvier, éd. Payot, 2001, p. 70


On voyage pour que les choses surviennent et changent ; sans quoi on resterait chez soi. Et quelque chose avait changé pour lui, qui modifiait ses plans. De toute façon nous n'avions rien promis : d'ailleurs il y a toujours dans les promesses quelque chose de pédant et de mesquin qui nie la croissance, les forces neuves, l'inattendu. Et à cet égard, la ville était une couveuse.
  • L'Usage du monde (1963), Nicolas Bouvier, éd. Payot, 2001, p. 177


J'ai tiré mon bonnet fourré sur les oreilles, mis mes mains entre mes cuisses et fermé les yeux en essayant d'évoquer toutes les chaleurs que j'avais jamais pu donner ou recevoir. Inopérant. Sans doute n'en avais-je pas donné assez.
  • L'Usage du monde (1963), Nicolas Bouvier, éd. Payot, 2001, p. 397


D'accord avec Gorki pour chercher mes universités sur les routes, mais, quand d'aventure on y rencontre un savant véritable, on aurait bien tort de n'en pas profiter. Surtout de celui-là, qui prend toujours la peine de répondre aux questions, d'informer, qui s'anime au point d'avancer sur l'interlocuteur comme s'il voulait le dévorer, et qui a, pour le passé qu'il récupère, cette affection véhémente sans laquelle les historiens sont des greffiers, et la connaissance, impossible.
  • L'Usage du monde (1963), Nicolas Bouvier, éd. Payot, 2001, p. 409