L'Incorrigible

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L'Incorrigible est un film de Philippe de Broca, sorti sur les écrans en 1975. Les dialogues sont de Michel Audiard.

Dialogues remarquables[modifier]

Victor Vauthier : Eh ben faites pas cette tête-là, chef…

Le gardien de la prison de la Santé : On savait bien qu'vous partiriez un jour, mais on s'disait : y f'ra p't-êt' une bêtise, y butera un gardien, et puis voilà, le jour où ça arrive, ça fait mal…

Victor Vauthier : Vous avez raison, le plus dur, c'est pour ceux qui restent.
  • Scène d'ouverture du film, lorsque Victor Vauthier est libéré après trois mois de prison.


Freddy : Y'a p't-être une belle affaire. J'connais un mec qui cherche un bateau. Tu pourrais p't-être lui vendre le tien.

Victor Vauthier : Mais j'n'ai pas de bateau, moi…

Freddy : B'en, c'est pour ça que c'est une belle affaire !.
  • Appel téléphonique de Victor Vauthier sortant juste de prison à son ami Freddy pour que ce-dernier lui trouve des fonds.


Victor Vauthier : Hélène. Toi. Toi ici !

Hélène : Beh oui !
Victor Vauthier : Et avec ton tailleur bleu. Tu penses à tout.
Hélène : Non. pas à tout. Je ne pensais pas te trouver dans ma baignoire.
Victor Vauthier : J'en avais besoin. Dur, très dur ! Cinq heures d'avion, six heures de chameau, huit heures de train, j'arrive d'Addis-Abeba !
Hélène : Je sais ton avocat m'a prévenu. Au fait, tu as reçu mes colis ?
Victor Vauthier : Oui, j'te remercie. Mais, vois-tu, l'homme ne vit pas uniquement de conserves ! Durant ces trois mois, j'ai longuement réfléchi.
Hélène : Et ça a donné quoi ?
Victor Vauthier : Je me suis dit : Victor qu'as tu fais de ta jeunesse ? Après quelles chimères cours-tu ? À vouloir saisir l'insaisissable, ne risques-tu pas de perdre l'essentiel ? Jetteras-tu enfin l'ancre, vieux coureur de savane ? Dis-donc, qu'est-ce que c'est que ces fringues ?
Hélène : Si ce sont les tiennes que tu cherches, elles sont dans ta valise.

Victor Vauthier : J'ai compris. Va, cheminot, chemine le ventre creux.
  • Hélène, une ancienne maitresse, surprend Victor dans la baignoire de son hôtel particulier Avenue Foch qu'il compte d'ailleurs utiliser pour arnaquer un couple d'ambassadeurs américains


Victor Vauthier : Je te remercie, tu aurais pu venir me chercher !

Camille : J'absoudrais un étranger de me sortir un tel sophisme… mais toi ! Toi, le compagnon de l'ermite, le témoin du sage ! Toi qui aurais pu être mon disciple si tu n'étais pas que fantasme et courant d'air…
Victor Vauthier : J'ai rencontré Freddy !

Camille : Freddy ! (ricanement) Freddy, Mauricette, Totor, Juju… Tes relations sont à l'image de ta vie : navrantes et vaines ! Voilà vingt ans que tu te gaspilles entre les hippodromes et les alcôves ! Tu abolis le temps. Faut s'emmerder Victor si on veut faire durer le temps. Moi je peux me regarder des heures dans la glace. Je dégage un ennui épouvantable ! Le teint cireux, les dents jaunes, l'œil glauque… Ajoute à ça des bourdonnements d'oreille et un grand chagrin d'amour, crois-moi ça fait les heures longues ! Toi tu n'oses même pas te regarder puisque tu es gai ! Donc frivole ! Donc inconséquent ! Victor, tu es une bulle. Ta vie court comme une eau vive ! Faut dire que la mienne fuit comme un vieux robinet.


Victor Vauthier : Moi aussi, j'ai longtemps été seul. J'ai eu une jeunesse atroce dont j'aime mieux pas parler. Un père alcoolique, maman usée par les lessives. Je la revois dans la forêt couverte de givre, ramassant du bois mort, moi accroché à ses haillons.

Marie-Charlotte Pontalec : Vous étiez combien, chez vous ?
Victor Vauthier : Hôff… Au moins quinze.
Marie-Charlotte Pontalec : Quinze ?!…
Victor Vauthier : Et puis alors des hommes ont commencé à défiler à la maison. Des militaires, surtout. Faut dire que maman était très belle. Vous l'auriez vue sur le grand escalier du vestibule, avec son boa autour du cou, en plumes de paon…
Marie-Charlotte Pontalec : Ah. Pour ramasser du bois, c'est pratique, ça…

Victor Vauthier : Non, alors si vous m'interrompez tout l'temps, moi j'perds le fil.
  • Début de la scène de va-et-vient de Victor entre le Petit Savarin, où il déjeune avec Marie-Charlotte Pontalec, déléguée permanente d'assistance post-pénale nommée par le juge d'application des peines, et les salons huppés du Prince de Galles, où il tente simultanément d'escroquer des hommes politiques africains.


Madame Florinda : Des hommes comme Victor, quand on en trouve un, on le garde. C'est une lanterne magique, Victor. Il ne vous a jamais fait voir la Mosquée Bleue ?

Marie-Charlotte : Où ça ?

Madame Florinda : N'importe où ! Gennevilliers, Malakoff ! Une fois, il m'a fait traverser le Bosphore à Bougival !
  • Victor a emmené Hélène dans un cirque itinérant où il dit avoir passé sa jeunesse. Une fête est donnée. Madame Florinda fait l'éloge de Victor auprès de Marie-Charlotte.


Camille : Je n'demanderais qu'à vous renseigner plus complètement, monsieur l'ministre, mais malheureusement, je n'suis qu'un médiateur. Je suppose que vos experts ont examiné la première livraison, livraison qui vous a été faite gratuitement, si si si si, j'insiste, gratuitement. Une sorte de certificat d'propriété. D'ailleurs, l'authenticité n'fait aucun doute, l'audace de ces jeunes gens non plus. Vous savez combien ils réclament ?

Le ministre : Je n'voudrais pas m'avancer, mais…
Camille : À vrai dire, mes clients souhaiteraient mener l'opération en deux temps. Le deuxième volet s'ra livré contre 500 millions.
Le ministre : 500 millions ?
Camille : 500 millions. Et lorsque notre bonne foi réciproque sera prouvée de part et d'autre, ce dont je n'doute pas un seul instant, monsieur l'ministre, (ricanements), eh bien la dernière partie du tryptique vous s'ra r'mise… contre 500 autres millions.
Le ministre : Mais ça fait un milliard. Vous m'assassinez.
Camille : Eh oui, un milliard, j'n'en ai pas cru mes oreilles. Ah, j'oubliais, en p'tites coupures, ils y tiennent absolument.
Le ministre : Mais il faut qu'j'en réfère à mon collègue des Finances, c'est une somme considérable.
Camille : Oh. En p'tites coupures, monsieur l'ministre.
Le ministre (sourire complice malgré l'éloignement de son interlocuteur) : Ben oui. Oui, je n'dis pas. (se reprenant) Oui, mais enfin quand même…

Camille : Eh bien, j'vous rappelle dans l'courant d'la matinée. Mais tout ça m'semble extrêmement bien parti. À vous entendre, monsieur l'ministre ! (raccroche le téléphone et frappe dans ses mains)
  • Appel téléphonique de Camille Hourtelin, « oncle » et père spirituel de Victor, au ministre des Affaires culturelles, le lendemain du vol du tryptique de Goya.


Camille : (s'adressant à Victor, et parlant de Madame Pontalec) Regarde l'aut' vieille guimbarde. Elle a découvert le Dom Pérignon, et pas n'importe lequel, du « Brut Cordon noir ». Chaque lampée, tu sais combien qu'ça nous coûte ? (désignant à présent Monsieur Pontalec) Et l'autre ? L'aut' vieux croûton qui part travailler son drive, des l'çons à dix mille balles de l'heure. En plus, ça l'met en appétit, y bouffe comme quatre. Tandis qu'quand y s'agit d'nous… Trois fois il a fallu qu'j'demande pour m'acheter des espadrilles. J'ose même plus changer d'cravate…

Marie-Charlotte (surgissant entre Camille et Victor) : Ça tourne, là-d'dans, hein ? (se tournant vers Victor) J'vais m'étendre un peu, tu viens ?
Victor : J'arrive. (Marie-Charlotte s'éloignant)
Camille : Elle te siffle pas encore… ça viendra.
Marie-Charlotte (hélant Victor de loin) : Victor !
Victor (guilleret) : Il arrive, il arrive…
Camille : Elle a capturé un lion, pour en faire une descente de lit. Assassin… ASSASSIN ! Vous aurez la peau du jeune, pas celle du vieux. (se lève sur le coup de la colère) Je m'escapade, je m'éclipse, je m'disperse. (se retournant) Adieu, vautours ! (s'adressant tendrement à son « disciple ») Adieu, Victor…
Marie-Charlotte (hélant Victor d'encore plus loin) : Victor !

Victor (regardant perplexe au fond de son verre) : J'arrive, (se tournant, aux anges, en direction de la chambre) mon cœur.
  • Avant-dernière scène du film, quelque part sous les tropiques, près de la piscine d'un hôtel de luxe, avec la famille Pontalec d'un côté, la tribu de Chatou de l'autre.


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