Inceste

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L'Inceste est le fait d'avoir des rapports sexuels au sein de la famille.

Psychanalyse[modifier]

Dominique Klopfert, Inceste maternel, inceste meurtrier: à corps et sans cris, 2010[modifier]

Selon G. Bonnet, la pédophilie perverse n'est pas rare chez les femmes, qu'elle soit active ou complice de celle d'un homme. (...) P. Van Meerbeck constate en effet que bien souvent les femmes et les mères sont souvent supposées "forcement bonnes" et hors d'atteinte quand à d'éventuelles remises en questions ou accusations. Or la mère de famille est dit-il, en citant Tony Duvert, "profondément pédophile", abusant de l'attachement de l'enfant dans des gestes dits tendres, caressants et attentionnés, mais bien trop. (...) Caroline Eliacheff parle aussi de "pédophilie féminine, beaucoup moins visible", que celle de l'homme et pour P.Denis "la pédophilie maternelle est un fait". Les témoignages rapportés par A. Poiret et le développement de sites internet où des femmes "défendent leur droit à leur préférence sexuelle pour des enfants impubères" semblent en témoigner.
  • Inceste maternel, inceste meurtrier: à corps et sans cris, Dominique Klopfert, éd. L'Harmattan, 2010  (ISBN 978-2-296-11865-2), p. 367


Philosophie[modifier]

Jean-Jacques Rousseau, Essai sur l'origine des langues, 1781[modifier]

Ceux qui ne regardent pas la loi qui abolit l'usage d'épouser sa sœur, regardent que par la liaison qu'elle forme entre les familles n'en voient pas le coté le plus important. Dans la familiarité que le commerce domestique établit nécessairement entre les deux sexes du moment qu'une si sainte loi cesserait de parler au cœur et d'en imposer aux sens, il n'y aurait plus d'honneté parmi les hommes et les plus effroyables mœurs causeraient bientôt la destruction du genre humain.
  • Essai sur l'origine des langues, Jean-Jacques Rousseau, éd. ., 1781, p. 407


Claude Lévi-Strauss, Les Structures élémentaires de la parenté, 1949[modifier]

La vie sexuelle […] exprime au plus haut point la nature animale de l'homme, et elle atteste au sein même de l'humanité, la survivance la plus caractéristique des instincts ; en second lieu, ses fins ont, doublement, à nouveau transcendantes : elles visent à satisfaire, soit des désirs individuels dont on sait suffisamment qu'ils sont parmi les moins respectueux des conventions sociales, soit des tendances spécifiques qui dépassent également, bien que dans un autre sens, les fins propres de la société. Notons, cependant, que si la réglementation des rapports entre les sexes constitue un débordement de la culture sur la nature, d'une autre façon la vie sexuelle est, au sein de la nature, une amorce de la vie sociale : car, parmi tous les instincts, l'instinct sexuel est le seul qui, pour se définir, ait besoin de la stimulation d'autrui. Nous devrons revenir sur ce dernier point ; il ne fournit pas un passage, lui-même naturel, entre la nature et la culture, ce qui serait inconcevable, mais il explique une des raisons pour lesquelles c'est sur le terrain de la vie sexuelle, de préférence à tout autre, que le passage entre les deux ordres peut et doit nécessairement s'opérer. Règle qui étreint ce qui, dans la société, lui est le plus étranger ; mais, en même temps, règle sociale qui retient, dans la nature, ce qui est susceptible de la dépasser ; la prohibition de l'inceste est, à la fois, au seuil de la culture, dans la culture, et, en un sens, […] la culture elle-même.
  • Les Structures élémentaires de la parenté, Claude Lévi-Strauss, éd. Presses universitaires de France, 1949, p. 13-14


La prohibition de l'inceste n'est, ni purement d'origine culturelle, ni purement d'origine naturelle ; et elle n'est pas, non plus, un dosage d'éléments composites empruntés partiellement à la nature et partiellement à la culture. Elle constitue la démarche fondamentale grâce à laquelle, par laquelle, mais surtout en laquelle, s'accomplit le passage de la nature à la culture. En un sens, elle appartient à la nature, car elle est une condition générale de la culture, et par conséquent il ne faut pas s'étonner de la voir tenir de la nature son caractère formel, c'est-à-dire l'universalité. Mais en un sens aussi, elle est déjà la culture, agissant et imposant sa règle au sein de phénomènes qui ne dépendent point, d'abord d'elle. Nous avons été amené à poser le problème de l'inceste à propos de la relation entre l'existence biologique et l'existence sociale de l'homme, et nous avons constaté aussitôt que la prohibition ne relève exactement, ni de l'une, ni de l'autre. Nous nous proposons, dans ce travail, de fournir la solution de cette anomalie, en montrant que la prohibition de l'inceste constitue précisément le lien qui les unit l'une à l'autre. Mais cette union n'est ni statique ni arbitraire et, au moment où elle s'établit, la situation totale s'en trouve complètement modifiée. En effet, c'est moins une union qu'une transformation ou un passage : avant elle, la culture n'est pas encore donnée ; avec elle, la nature cesse d'exister, chez l'homme, comme un règne souverain. La prohibition de l'inceste est le processus par lequel la nature se dépasse elle-même ; elle allume l'étincelle sous l'action de laquelle une structure d'un nouveau type, et plus complexe, se forme, et se superpose, en les intégrant, aux structures plus simples de la vie psychique, comme ces dernières se superposent, en les intégrant, aux structures, plus simples qu'elles-mêmes, de la vie animale. Elle opère, et par elle-même constitue, l'avènement d'un ordre nouveau.
  • Les Structures élémentaires de la parenté, Claude Lévi-Strauss, éd. Presses universitaires de France, 1949, p. 28-29


Considérée comme interdiction, la prohibition de l'inceste se borne à affirmer, dans un domaine essentiel à la survie du groupe, la prééminence du social sur le naturel, du collectif sur l'individuel, de l'organisation sur l'arbitraire. Mais même à ce point de l'analyse, la règle en apparence négative a déjà engendré sa converse : car toute interdiction est en même temps, et sous un autre rapport, une prescription. [...] [...] l'aspect négatif n'est que l'aspect fruste de la prohibition. Le groupe au sein duquel le mariage est interdit évoque aussitôt la notion d'un autre groupe, […] au sein duquel le mariage est, selon les cas, simplement possible, ou inévitable ; la prohibition de l'usage sexuel de la fille ou de la sœur contraint à donner en mariage la fille ou la sœur à un autre homme, et, en même temps, elle crée un droit sur la fille ou la sœur de cet autre homme. Ainsi, toutes les stipulations [3] négatives de la prohibition ont-elles une contrepartie positive. La défense équivaut à une obligation ; et la renonciation ouvre la voie à une revendication. [...] La prohibition de l'inceste n'est pas seulement [...] une interdiction : en même temps quelle défend, elle ordonne. La prohibition de l'inceste, comme l'exogamie [4] qui est son expression sociale élargie, est une règle de réciprocité. La femme qu'on se refuse, et qu'on vous refuse, est par cela même offerte. À qui est-elle offerte ? Tantôt à un groupe défini par les institutions, tantôt a une collectivité indéterminée et toujours ouverte, limitée seulement par l'exclusion des proches, comme c'est le cas dans notre société. [...] c'est qu'à partir du moment où je m'interdis l'usage d'une femme, qui devient ainsi disponible pour un autre homme, il y a, quelque part, un homme qui renonce à une femme qui devient, de ce fait, disponible pour moi. Le contenu de la prohibition n'est pas épuisé dans le fait de la prohibition ; celle-ci n'est instaurée que pour garantir et fonder, directement ou indirectement, immédiatement ou médiatement, un échange.
  • Les Structures élémentaires de la parenté, Claude Lévi-Strauss, éd. Presses universitaires de France, 1949, p. 56-65


Rien ne serait donc plus faux que de réduire la famille à son fondement naturel. Ni l'instinct de procréation, ni l'instinct maternel, ni les liens affectifs entre mari et femme, et entre père et enfants, ni la combinaison de tous ces facteurs ne l'expliquent. Si importants qu'ils soient, ces éléments ne pourraient à eux seuls donner naissance à une famille, et cela pour une raison très simple : dans toutes les sociétés humaines, la création d'une nouvelle famille a pour condition absolue l'existence préalable de deux autres familles, prêtes à fournir qui un homme, qui une femme, du mariage desquels naîtra une troisième famille, et ainsi de suite indéfiniment. En d'autres termes, ce qui différencie l'homme de l'animal, c'est que, dans l'humanité, une famille ne saurait exister s'il n'y avait d'abord une société : pluralité de familles qui reconnaissent l'existence de liens autres que la consanguinité, et que le procès naturel de la filiation ne peut suivre son cours qu'intégré au procès social de l'alliance. Comment les hommes en sont-ils venus à reconnaître cette dépendance sociale de l'ordre naturel, nous l'ignorerons probablement toujours. Rien ne permet de supposer que l'humanité, quand elle émergea de la condition animale, n'était pas dotée au départ d'une forme d'organisation sociale qui, dans ses lignes fondamentales, ne différait guère de celles qu'elle a connues plus tard. En vérité, on aurait du mal à concevoir ce que put être une organisation sociale élémentaire sans lui donner pour assise la prohibition de l'inceste. Car celle-ci opère seule une refonte des conditions biologiques de l'accouplement et de la procréation. Elle ne permet aux familles de se perpétuer qu'enserrées dans un réseau artificiel d'interdits et d'obligations. C'est là seulement qu'on peut situer le passage de la nature à la culture, de la condition animale à la condition humaine, et c'est par là seulement qu'on peut saisir leur articulation.
  • Les Structures élémentaires de la parenté, Claude Lévi-Strauss, éd. Presses universitaires de France, 1949, p. 83


Michel Foucault, Les Anormaux, 1975[modifier]

Le couplage anthropophagie-inceste, les deux grandes consommations interdites, me paraît caractéristique de cette première présentation du monstre sur l'horizon de la pratique, de la pensée et de l'imagination juridique de la fin du XVIIIe siècle. Avec ceci : c'est que dans cette première figure du monstre, Marie-Antoinette, la figure de la débauche, de la débauche sexuelle et, en particulier, de l'inceste, me paraît être le thème dominant. Mais, en face du monstre royal et à la même époque, dans la littérature adverse, c'est-à-dire dans la littérature anti-jacobine, contre-révolutionnaire, vous allez trouver l'autre grande figure du monstre qui rompt le pacte social par la révolte. En tant que révolutionnaire et non plus en tant que roi, le peuple va être précisément l'image inversée du monarque sanguinaire. Il va être la hyène qui s'attaque au corps social. Et vous avez, dans la littérature monarchiste, catholique, etc., anglaise aussi, de l'époque de la Révolution, une sorte d'image inversée de cette Marie-Antoinette que représentaient les pamphlets jacobins et révolutionnaires.
  • Les Anormaux, Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. « Hautes Études », 1999  (ISBN 2-02-030798-7), Cours du 29 janvier 1975, p. 91


[...] la grille d'intelligibilité qui a été posée par Freud à la névrose est celle de l'inceste. Inceste : crime des rois, crime du trop de pouvoir, crime d'Œdipe et de sa famille. C'est l'intelligibilité de la névrose. Après a suivi la grille d'intelligibilité de la psychose, avec Melanie Klein. Grille d'intelligibilité qui s'est formée à partir de quoi ? Du problème de la dévoration, de l'introjection des bons et des mauvais objets, du cannibalisme non plus crime des rois, mais crime des affamés.
  • Les Anormaux, Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. « Hautes Études », 1999  (ISBN 2-02-030798-7), Cours du 29 janvier 1975, p. 96


Il me semble que le monstre humain, que la nouvelle économie du pouvoir de punir a commencé à dessiner au XVIIIe siècle, est une figure où se combinent fondamentalement ces deux grands thèmes de l'inceste des rois et du cannibalisme des affamés. Ce sont ces deux thèmes, formés à la fin du XVIIIe siècle dans le nouveau régime de l'économie des punitions et dans le contexte particulier de la Révolution française, avec les deux grandes formes de hors-la-loi selon la pensée bourgeoise et la politique bourgeoise, c'est-à-dire le souverain despotique et le peuple révolté ; ce sont ces deux figures-là que vous voyez maintenant parcourir le champ de l'anomalie. Les deux grands monstres qui veillent sur le domaine de l'anomalie et qui ne sont pas encore endormis — l'ethnologie et la psychanalyse en font foi — sont les deux grands sujets de la consommation interdite : le roi incestueux et le peuple cannibale.
  • Les Anormaux, Michel Foucault, éd. Gallimard Le Seuil, coll. « Hautes Études », 1999  (ISBN 2-02-030798-7), Cours du 29 janvier 1975, p. 97


Littérature[modifier]

Saint John-Perse, Correspondance, à Paul Claudel, 1949[modifier]

L'art même n'est, à mon sens, qu'inceste entre l'instinct et la volonté.
  • Correspondance, à Paul Claudel, Saint John-Perse, éd. Cahiers de la NRF, coll. « . », 1949, p. 13


Marguerite Duras, Les yeux verts, 1980[modifier]

L'amour entre l'homme et l'enfant restera impuni, la mort y a mis fin. JE crois absolument à cet amour.
  • Les yeux verts, Marguerite Duras, éd. Éditions Les Cahiers du cinéma, coll. « . », Octobre 1980, p. 97


Oui, ce livre est l'histoire d'un amour non avoué entre des gens qui sont empêchés de dire qu'ils s'aiment par une force qu'ils ignorent. Et qui s'aiment. Ce n'est pas clair. çà ne peut pas se déclarer. çà fuit tout le temps. C'est impuissant. Et pourtant c'est là. Dans une confusion qu'ils ont en commun qui leur est personnelle et qui est l'identité de leur sentiment.
  • Les yeux verts, Marguerite Duras, éd. Éditions Les Cahiers du cinéma, coll. « . », Octobre 1980, p. 97


Je pense souvent à cette image que je suis seule à voir encore et dont je n'ai jamais parlé. Elle est toujours là dans le même silence, émerveillante. C'est entre toutes celle qui me plaît de moi-même, celle où je me reconnais, où je m'enchante.
  • Les yeux verts, Marguerite Duras, éd. Éditions Les Cahiers du cinéma, coll. « . », Octobre 1980, p. 8


Marc-Édouard Nabe, J'enfonce le clou, 2004[modifier]

La pédophilie n'est que le cache-sexe de l'inceste.
  • J'enfonce le clou, Marc-Édouard Nabe, éd. Éditions du Rocher, coll. « . », 2004, p. 305


Christine Angot, Une semaine de vacances, 2012[modifier]

Il est assis sur la lunette en bois blanc des toilettes, la porte est restée entrouverte, il bande. Riant à l’intérieur de lui-même, il sort de son papier une tranche de jambon blanc qu’ils ont achetée à la supérette du village, et la place sur son sexe. Elle est dans le couloir, elle sort de la salle de bain, elle marche, elle prend la direction de la chambre pour aller s’habiller, il l’appelle, lui dit de pousser la porte. - Tu as pris ton petit déjeuner ce matin ? Tu n’as pas faim ? Tu ne veux pas un peu de jambon ?
  • Une semaine de vacances, Christine Angot, éd. Flammarion, coll. « . », 2012, p. 13


Ce livre va être pris comme une merde de témoignage. Le Codec, Le Touquet, la sodomisation, la voiture, le sucer pieds nus dans la voiture, lui manger des clémentines sur la queue, tendue, le voir aux toilettes, l'entendre pousser sa crotter, les pharaons d’Égypte, Champollion, le jour où on n'est pas allés à Carcassonne. Je vais essayer dans cet ordre.
  • L'inceste, Christine Angot, éd. Stock, coll. « . », 1999, p. 13


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