Hélène Berr
Apparence
| Cette page est une ébauche. | |
| N'hésitez pas à la modifier en ajoutant des citations admissibles ! |
Hélène Berr, née le à Paris et morte en au camp de concentration de Bergen-Belsen, est une jeune Française juive, autrice d'un journal relatant sa vie de 1942 à 1944, publié pour la première fois en 2008.
Citations
[modifier]
J'ai sonné au 40. Un fox-terrier s'est précipité sur moi en aboyant, la concierge l'a appelé. Elle m'a demandé d'un air méfiant : « Qu'est-ce que c'est ? » J'ai répondu de mon ton le plus naturel : « Est-ce que M. Valéry n'a pas laissé un petit paquet pour moi ? » (Tout de même, de loin, je m'étonnais de mon aplomb, mais de très loin.) La concierge est rentrée dans sa loge: « A quel nom ? - Mademoiselle Berr. » Elle s'est dirigée vers la table. Je savais d'avance qu'il était là. […] Et je suis repartie, ayant juste eu le temps de voir que mon nom était inscrit d'une écriture très nette, à l'encre noire, sur le paquet. Une fois de l'autre côté de la porte, je l'ai défait. Sur la page de garde, il y avait écrit de la même écriture : « Exemplaire de mademoiselle Hélène Berr », et au-dessous : « Au réveil, si douce la lumière, et si beau ce bleu vivant », Paul Valéry. Et la joie m'a inondée, une joie qui venait confirmer ma confiance, qui s'harmonisait avec le joyeux soleil et le ciel bleu tout lavé au-dessus des nuages ouatés. Je suis rentrée à pied, avec un petit sentiment de triomphe à la pensée de ce que les parents diraient, et l'impression qu'au fond l'extraordinaire était le réel.
- 7 avril 1942
- Journal : 1942-1944, Hélène Berr, éd. Points, 2009 (ISBN 978-2-7578-0884-9), p. 17-18
C’est le premier jour où je me sente réellement en vacances. Il fait un temps radieux, très frais après l’orage d’hier. Les oiseaux pépient, un matin comme celui de Paul Valéry. Le premier jour aussi où je vais porter l’étoile jaune. Ce sont les deux aspects de la vie actuelle : la fraîcheur, la beauté, la jeunesse de la vie, incarnée par cette matinée limpide ; la barbarie et le mal, représentés par cette étoile jaune.
- 8 juin 1942.
- Journal : 1942-1944, Hélène Berr, éd. Points, 2009 (ISBN 978-2-7578-0884-9), p. 55
La vie continue à être étrangement sordide et étrangement belle. Il s’y passe maintenant, pour moi, les choses que j’ai crues réservées au monde des romans.
- 15 juin 1942.
- Journal : 1942-1944, Hélène Berr, éd. Points, 2009 (ISBN 978-2-7578-0884-9), p. 65
Je note les faits, hâtivement, pour ne pas les oublier, parce qu’il ne faut pas oublier.
- 18 juillet 1942.
- Journal : 1942-1944, Hélène Berr, éd. Points, 2009 (ISBN 978-2-7578-0884-9), p. 105
J'ai un devoir à accomplir en écrivant, car il faut que les autres sachent. À chaque heure de la journée se répète la douloureuse expérience qui consiste à s'apercevoir que les autres ne savent pas, qu'ils n'imaginent même pas les souffrances d'autres hommes, et le mal que certains infligent à d'autres. Et toujours j'essaie de faire ce pénible effort de raconter. Parce que c'est un devoir, c'est peut-être le seul que je puisse remplir.
- 10 octobre 1943
- Journal : 1942-1944, Hélène Berr, éd. Points, 2009 (ISBN 978-2-7578-0884-9), p. 185