Gottfried Wilhelm von Leibniz
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Gottfried Wilhelm Leibniz (Leipzig, 1er juillet 1646 - Hanovre, 14 novembre 1716) est un philosophe, scientifique, mathématicien, logicien, diplomate, juriste, bibliothécaire et philologue allemand qui a écrit en latin, allemand et français.
Citations
[modifier]Monadologie, 1714
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La Monade, dont nous parlerons ici, n’est autre chose qu’une substance simple, qui entre dans les composés ; simple, c’est-à-dire sans parties.
- Œuvres philosophiques de Leibniz, Gottfried Wilhelm Leibniz, éd. Paul Janet, 1900, t. premier, chap. La Monadologie, p. 707, vers 1 (texte intégral sur Wikisource)

Il n’y a pas moyen aussi d’expliquer comment une Monade puisse être altérée ou changée dans son intérieur par quelque autre créature, puisqu’on n’y saurait rien transposer, ni concevoir en elle aucun mouvement interne, qui puisse être excité, dirigé, augmenté ou diminué là dedans, comme cela se peut dans les composés, où il y a des changements entre les parties. Les Monades n’ont point de fenêtres, par lesquelles quelque chose y puisse entrer ou sortir. Les accidents ne sauraient se détacher, ni se promener hors des substances, comme faisaient autrefois les espèces sensibles des scolastiques. Ainsi ni substance, ni accident peut entrer de dehors dans une Monade.
- Œuvres philosophiques de Leibniz, Gottfried Wilhelm Leibniz, éd. Paul Janet, 1900, t. premier, chap. La Monadologie, p. 707-708, vers 7 (texte intégral sur Wikisource)

On est obligé d’ailleurs de confesser que la Perception et ce qui en dépend est inexplicable par des raisons mécaniques, c’est-à-dire par les figures et par les mouvements. Et feignant qu’il y ait une machine, dont la structure fasse penser, sentir, avoir perception, on pourra la concevoir agrandie en conservant les mêmes proportions, en sorte qu’on y puisse entrer comme dans un moulin. Et cela posé, on ne trouvera en la visitant au dedans que des pièces qui poussent les unes les autres, et jamais de quoi expliquer une perception. Ainsi c’est dans la substance simple, et non dans le composé, ou dans la machine qu’il la faut chercher. Aussi n’y a-t-il que cela qu’on puisse trouver dans la substance simple, c’est-à-dire, les perceptions et leurs changements. C’est en cela seul aussi que peuvent consister toutes les Actions internes des substances simples.
- Œuvres philosophiques de Leibniz, Gottfried Wilhelm Leibniz, éd. Paul Janet, 1900, t. premier, chap. La Monadologie, p. 709, vers 17 (texte intégral sur Wikisource)
Mais la connaissance des vérités nécessaires et éternelles est ce qui nous distingue des simples animaux et nous fait avoir la Raison et les sciences, en nous élevant à la connaissance de nous-mêmes et de Dieu. Et c’est ce qu’on appelle en nous Âme raisonnable, ou Esprit.
- Œuvres philosophiques de Leibniz, Gottfried Wilhelm Leibniz, éd. Paul Janet, 1900, t. premier, chap. La Monadologie, p. 711, vers 29 (texte intégral sur Wikisource)
Et c’est ainsi que la dernière raison des choses doit être dans une substance nécessaire, dans laquelle le détail des changements ne soit qu’éminemment, comme dans la source, et c’est ce que nous appelons Dieu.
- Œuvres philosophiques de Leibniz, Gottfried Wilhelm Leibniz, éd. Paul Janet, 1900, t. premier, chap. La Monadologie, p. 713, vers 38 (texte intégral sur Wikisource)

Il s’ensuit aussi que les créatures ont leurs perfections de l’influence de Dieu, mais qu’elles ont leurs imperfections de leur nature propre incapable d’être sans bornes. Car c’est en cela qu’elles sont distinguées de Dieu. [...]
- Œuvres philosophiques de Leibniz, Gottfried Wilhelm Leibniz, éd. Paul Janet, 1900, t. premier, chap. La Monadologie, p. 713, vers 42 (texte intégral sur Wikisource)

C’est ce qui fait que les esprits sont capables d’entrer dans une manière de société avec Dieu, et qu’il est à leur égard non seulement ce qu’un inventeur est à sa machine (comme Dieu l’est par rapport aux autres créatures), mais encore ce qu’un prince est à ses sujets, et même un père à ses enfants.
- Œuvres philosophiques de Leibniz, Gottfried Wilhelm Leibniz, éd. Paul Janet, 1900, t. premier, chap. La Monadologie, p. 720, vers 84 (texte intégral sur Wikisource)

Cette cité de Dieu, cette monarchie véritablement universelle, est un monde moral, dans le monde naturel, et ce qu’il y a de plus élevé et de plus divin dans les ouvrages de Dieu, et c’est en lui que consiste véritablement la gloire de Dieu, puisqu’il n’y en aurait point si sa grandeur et sa bonté n’étaient pas connues et admirées par les esprits : c’est aussi par rapport à cette cité divine qu’il a proprement de la bonté, au lieu que sa sagesse et sa puissance se montrent partout.
- Leibniz offert ici une base suffisamment rationnel pour Hölderlin's « Car tout est bien » du poème Patmos (Gottfried Wilhelm Leibniz (trad. Joachim Christian Horn), Monadologie / Lehrsätze der Philosophie, WBG Darmstadt 2009, (ISBN 978-3-534-23030-3), p. 171).
- Œuvres philosophiques de Leibniz, Gottfried Wilhelm Leibniz, éd. Paul Janet, 1900, t. premier, chap. La Monadologie, p. 721, vers 86 (texte intégral sur Wikisource)

Enfin sous ce gouvernement parfait il n’y aurait point de bonne action sans récompense, point de mauvaise sans châtiment, et tout doit réussir au bien des bons, c’est-à-dire de ceux qui ne sont point des mécontents dans ce grand état, qui se fient à la providence, après avoir fait leur devoir, et qui aiment et imitent, comme il faut, l’auteur de tout bien, se plaisant dans la considération de ses perfections suivant la nature du pur amour véritable, qui fait prendre plaisir à la félicité de ce qu’on aime. C’est ce qui fait travailler les personnes sages et vertueuses à tout ce qui paraît conforme à la volonté divine présomptive, ou antécédente, et se contenter cependant de ce que Dieu fait arriver effectivement par sa volonté secrète, conséquente et décisive, en reconnaissant que, si nous pouvions entendre assez l’ordre de l’univers, nous trouverions qu’il surpasse tous les souhaits les plus sages, et qu’il est impossible de le rendre meilleur qu’il est, non seulement pour le tout en général, mais encore pour nous-mêmes en particulier, si nous sommes attachés comme il faut à l’auteur du tout, non seulement comme à l’architecte et à la cause efficiente de notre être, mais encore comme à notre Maître et à la cause finale qui doit faire tout le but de notre volonté, et peut seul faire notre bonheur.
- Œuvres philosophiques de Leibniz, Gottfried Wilhelm Leibniz, éd. Paul Janet, 1900, t. premier, chap. La Monadologie, p. 721-722, vers 90 (texte intégral sur Wikisource)
Citations rapportées
[modifier]Nous sommes automates dans les trois quarts de nos actions.
- Des idées qui viennent, Roger-Pol Droit, Dan Sperber, éd. Odile Jacob, 1999, chap. Débat - Des sciences cognitives aux logiciens bouddhistes, p. 30.
La musique est un exercice d’arithmétique secret et toute personne qui s’y adonne ne sait pas qu’il manipule des nombres.
- Lettre à Christian Goldbach, 17 avril 1712. « Musica est exercitium arithmeticae occultum nescientis se numerare animi. »
- La maison des mathématiques, Cédric Villani, Jean-Philippe Uzan et Vincent Moncorgé, éd. Cherche Midi, 2014 (ISBN 978-2-7491-3353-9), chap. Jean-Philippe Uzan, L’univers des mathématiques et les tréfonds du cosmos, p. 35
Citation choisie pour le 14 novembre 2024.
Citations sur
[modifier]La Logique est pour Leibniz la Clef de la Nature.
- L'auteur précise : neque enim aliud est Naturae quam Ars quaedam Magna. (Appendice du De Complexionibus)
- Leibniz : Initiation à sa philosophie, Yvon Belaval, éd. Vrin, coll. « Bibliothèque d'histoire de la philosophie », 2005, chap. IV. l'inititiation à la politique (1666-1672), p. 57.