Ginette Kolinka
Apparence

Ginette Kolinka, née Cherkasky le à Paris, est une survivante du camp de concentration et d'extermination d'Auschwitz-Birkenau et, à partir des années 2000, passeuse de mémoire de la Shoah.
Citations
[modifier]Retour à Brikenau, 2019
[modifier]La dernière fois que je suis retournée à Birkenau, c'était au printemps. Les champs se couvraient de fleurs, l'herbe était verte, le ciel limpide, on pouvait entendre les oiseaux chanter. C'était beau. Comment puis-je employer un mot pareil ? Et pourtant, je l'ai dit ce mot, je l'ai pensé : «C'est beau.» [...] Il ne faut pas retourner à Birkenau au printemps.
- Retour à Birkenau, Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éd. Bernard Grasset, 2019 (ISBN 978-2-246-82070-3), p. 9-10
Moi-même, je le raconte, je le vois, et je me dis ce n'est pas possible d'avoir survécu à ça. Je le vois et je sens. Mais vous, qu'est-ce que vous voyez ? Lorsque je retourne au camp pour accompagner des classes, je veux toujours montrer cet endroit aux élèves. Sinon, on passe devant sans s'y arrêter, ce n'est qu'une salle vide et propre. Pour les guides ça n'a pas grande importance, je crois. Ils ne réalisent pas.
- A propos des toilettes de Birkenau, une seule salle immonde pour toutes les déportées
- Retour à Birkenau, Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éd. Bernard Grasset, 2019 (ISBN 978-2-246-82070-3), p. 22
La première fois que je me suis réveillée à Birkenau, j'ai vu des tas de chiffons aux coins de la baraque. C'était les mortes de la nuit.
- Retour à Birkenau, Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éd. Bernard Grasset, 2019 (ISBN 978-2-246-82070-3), p. 26
[J'ai] récemment réalisé, il y a trois ou quatre ans, que je n'avais aucun souvenir des filles de Birkenau. Pas un visage, pas un prénom. Rien
- Retour à Birkenau, Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éd. Bernard Grasset, 2019 (ISBN 978-2-246-82070-3), p. 33
Perdre le moral c'est précipiter la mort.
- Retour à Birkenau, Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éd. Bernard Grasset, 2019 (ISBN 978-2-246-82070-3), p. 42
Je me souviens juste de l'arrivée. Des groupes de gens devant des bâtiments. Personne ne nous injurie. Personne ne nous frappe. On nous parle gentiment, on nous regarde. Certains ont les yeux brillants de larmes. Depuis combien de temps est-ce qu'on ne nous a pas regardé ?
- Arrivé au camp de Theresienstadt, qui vient d'être libéré par les Russes
- Retour à Birkenau, Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éd. Bernard Grasset, 2019 (ISBN 978-2-246-82070-3), p. 58-59
Je ne parle jamais de ce qui c'est passé là-bas. Comment donner des détails sur ce que vous avez vécu lorsque les vôtres ne sont pas revenus ?
- En 1945
- Retour à Birkenau, Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éd. Bernard Grasset, 2019 (ISBN 978-2-246-82070-3), p. 78
Birkenau, maintenant, c'est un décor. Quelqu'un qui n'en connait pas l'histoire peut ne rien voir. D'ailleurs, quand j'y retourne, je dis toujours aux élèves : « Surtout, fermez les yeux, ne regardez pas ! » Et je leur répète : « Sous chacun de vos pas, il y a un mort. »
- Retour à Birkenau, Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éd. Bernard Grasset, 2019 (ISBN 978-2-246-82070-3), p. 90
Aux élèves, je le répète : c'est la haine qui a fait ça, la haine à l'état pur. Les nazis ont exterminés six millions de Juifs. Souvenez-vous de ce que vous avez trouvé impensable. Si vous entendez vos parents, des proches, des amis, tenir des propos racistes, antisémites, demandez-leur pourquoi. Vous avez le droit de discuter, de les faire changer d'avis, de leur dire qu'ils ont tort. Le font-ils ?
- Retour à Birkenau, Ginette Kolinka avec Marion Ruggieri, éd. Bernard Grasset, 2019 (ISBN 978-2-246-82070-3), p. 95
Citation choisie pour le 4 février 2025.
Entretiens
[modifier]Je parle toujours les yeux fermés, (...). Comme ça, je revois les choses. Si je savais dessiner, je pourrais représenter toutes les scènes qui sont restées dans ma tête.
- « Un apéro avec Ginette Kalinka », Philippe Ridet (propos recueillis par), Le Monde, 31 mars 2019 (lire en ligne)
Je crois qu'elle ne se trouve pas. Là encore je te répèterai que c'est la chance. J'ai vu des personnes très très maigres qui rentraient dans le camps et qui ont survécu. Et d'autres qui étaient sportives, costaud et qui sont mortes très rapidement.
- Réponse à la question : Où avez-vous trouvé la force de résister ?
- Julien Bancilhon (présentateur), Les rencontres du Papotin, Henri Poulain, France TV, 9 mars 2024
Comment peux-tu oublier ? Comment peux-tu leur pardonner ? On tue ton père, on tue ton frère, on tue des bébés… Non. On ne peut pas pardonner. Je ne pardonnerai jamais !
- Julien Bancilhon (présentateur), Les rencontres du Papotin, Henri Poulain, France TV, 9 mars 2024
Il faudrait accepter l’autre, […] il a le droit de vivre comme vous. Le jour où on acceptera que les musulmans, que les catholiques, que les chrétiens, que les athées, que tout ce que vous voulez, soient des humains comme nous et on les acceptera et bien, là voilà ! Je serais heureuse parce que on vivra en paix.
- Réponse à la question : Qu'est-ce qu'il faudrait faire pour que la haine s'arrête ?
- Julien Bancilhon (présentateur), Les rencontres du Papotin, Henri Poulain, France TV, 9 mars 2024
Citations sur
[modifier]Témoigner sans s’effondrer, dire sans se faire plaindre, expliquer sans trembler. C’est la mission de Ginette Kolinka, son emploi du temps qui reste.
- « Un apéro avec Ginette Kalinka », Philippe Ridet (propos recueillis par), Le Monde, 31 mars 2019 (lire en ligne)