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Gibran Khalil Gibran

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Gibran Khalil Gibran (6 janvier 1883, Bcharré, Liban10 avril 1931, New York, États-Unis) est un poète et peintre célèbre pour son livre Le Prophète. Parue en 1923, cette œuvre aborde les questions et les problèmes que pose la vie et y répond par la poésie. Bien qu'il n'ait eu le même écho, Les Ailes brisées est un incontournable au Moyen-Orient. Si d'aucuns y voient le premier roman de langue arabe, sa facture rappelle davantage celle de la poésie.

Les Ailes brisées (Al-Ajniha al-Mutakassira, 1912)[modifier]

Khalil Gibran en 1898
Khalil Gibran - Autoportrait avec muse (1911)
Le garçon sensible qui ressent beaucoup les choses mais les connaît peu est la plus misérable des créatures sous le soleil car son esprit demeure tiraillé par deux forces contradictoires considérables : une force invisible qui le propulse dans les nuages et lui montre, au-delà des rêves embrumés, la beauté des êtres ; une force visible qui l'enchaîne à la terre, obscurcit de poussière son discernement et le laisse désemparé et apeuré dans les plus sombres des ténèbres.
  • Les Ailes brisées, Khalil Gibran (trad. Joël Colin), éd. Sindbad-Actes Sud, coll. « Les littératures contemporaines : La bibliothèque arabe », 2001, chap. La mélancolie muette, p. 16


Les personnes âgées aiment à revenir en pensées au temps de leur jeunesse comme l'étranger nostalgique aime à revenir au pays natal ; elles sont enclines à conter leurs histoires d'enfance comme le poète incline à réciter ses vers les plus éloquents ; elles vivent par l'esprit dans un passé révolu car le présent passe à leur côté sans qu'elles puissent le retenir cependant que le futur apparaît à leurs yeux orné des brumes du déclin et des ténèbres de la tombe.
  • Les Ailes brisées, Khalil Gibran (trad. Joël Colin), éd. Sindbad-Actes Sud, coll. « Les littératures contemporaines : La bibliothèque arabe », 2001, chap. La main du destin, p. 20-21


La jeunesse a des ailes dont les plumes sont faites de poésie et les nerfs d'illusions, des ailes qui élèvent les jeunes gens au-delà des nuages […] d'où ils écoutent la vie chanter la Gloire et la Magnificence. Mais ces ailes poétiques ont tôt fait d'être déchirées dans la tourmente de la vie et de s'abattre sur le monde de la réalité.
  • Les Ailes brisées, Khalil Gibran (trad. Joël Colin), éd. Sindbad-Actes Sud, coll. « Les littératures contemporaines : La bibliothèque arabe », 2001, chap. À la porte du sanctuaire, p. 26


[L']âme qui est purifiée par le feu et lavée par les larmes est au-dessus de ce que les gens appellent le vice et la honte : elle s'affranchit de la servitude des lois que les traditions ont établies pour réglementer les émotions du cœur et elle se tient la tête haute face aux trônes des Dieux.
  • Les Ailes brisées, Khalil Gibran (trad. Joël Colin), éd. Sindbad-Actes Sud, coll. « Les littératures contemporaines : La bibliothèque arabe », 2001, chap. Entre Astarté et le Christ, p. 81


Le Prophète (The Prophet, 1923)[modifier]

 Après plusieurs ébauches écrites en arabe dans sa jeunesse mais non publiées et aujourd'hui perdues[1], Khalil Gibran écrit et publie directement en anglais en 1923 à New-York (où il réside depuis 1910[2],[3]) ce qui sera son livre le plus connu : The Prophet, chez Alfred A. Knopf éditeur[4],[5].

Fac-simile du dessin de Khalil Gibran en frontispice de l'édition de 1971 en anglais : The Prophet, portrait d'Almustafa (le héros) un peu à la façon du “Saint Suaire de Turin”, ou encore version “voile de Véronique” et “Sainte Face”, miracles “acheiropoïètes” dans la foi chrétienne auxquels ce dessin fait probablement allusion ; ce qui est plus net sur le fichier d'origine de l'édition de 1926 en anglais chez Knopf éditeur, à voir ici : [6]).

Au sujet de l'Amour[modifier]

Alors al-Mitra dit : « ― Parle-nous de l’Amour ».
« ― Quand l’amour vous fait signe, suivez-le.
Bien que ses chemins soient raides et ardus.
Et quand il vous enveloppe de ses ailes, cédez- lui.
Même si l’épée cachée dans ses pennes vous blesse.
Et quand il vous parle, croyez en lui.
Même si sa voix brise vos rêves comme le vent du nord dévastant un jardin.

Car si l’amour vous couronne, il vous crucifie aussi.
Et s’il est pour votre croissance, il est aussi pour votre élagage.
De même qu’il s’élève à votre hauteur pour caresser vos plus tendres branches frémissant dans le soleil,
Il descend jusqu’à vos racines et les secoue de leur adhérence à la terre.

[...] Tout cela, l’amour vous le fait subir afin que vous connaissiez les secrets de votre cœur et, au travers de cette connaissance, deveniez fragment du cœur de la Vie.

Mais si, pusillanimes, vous ne recherchiez que la paix de l’amour et sa volupté
Mieux vaudrait pour vous couvrir votre nudité et sortir de l’aire de l’amour,
Pour pénétrer dans le monde sans saisons en lequel vous rirez, mais pas de tout votre rire, et pleurerez, mais pas de toutes vos larmes.

[...] L’amour ne donne que de lui-même et ne prend que de lui-même.
L’amour ne possède pas et ne saurait être possédé.
Car l’amour suffit à l’amour.

Lorsque vous aimez, vous ne devriez pas dire : « Dieu est dans mon cœur », mais plutôt : « Je suis dans le cœur de Dieu. »
Et ne croyez pas qu’il vous appartienne de diriger le cours de l’amour, car c’est l’amour, s’il vous en juge dignes, qui dirigera le vôtre. [...] »
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Anne Wade Minkowski, préface : Adonis), éd. Gallimard/Folio (rééd.), 1992/2017  (ISBN 978-2-0727-2272-1), p. 33, 34


Au sujet du Mariage[modifier]

Al-Mitra reprit la parole. Elle demanda : « ― Maître, que dire du Mariage ? »
Il répondit :
« ― Ensemble êtes-vous nés et ensemble resterez-vous pour toujours.
Quand les blanches ailes de la mort éparpilleront vos jours, vous serez ensemble.
Oui, vous serez ensemble dans la mémoire silencieuse de Dieu.
Mais qu’il y ait des espaces dans votre entente.
Que les vents des cieux puissent danser entre vous. Aimez-vous, l’un l’autre, mais ne faites pas de l’amour un carcan :
Qu’il soit plutôt mer mouvante entre les rives de vos âmes. [...] »
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Anne Wade Minkowski, préface : Adonis), éd. Gallimard/Folio (rééd.), 1992/2017  (ISBN 978-2-0727-2272-1), p. 36


« […] Que chacun de vous emplisse la coupe de l'autre, mais ne buvez pas à la même coupe.
Et que chacun donne à l'autre de son pain, mais ne mangez pas du même pain.
Chantez et dansez ensemble et réjouissez-vous, mais que chacun de vous soit seul.
De même que sont isolées les cordes du luth alors qu'elles vibrent du même air. […] Et tenez-vous ensemble, mais pas trop proches non plus :
Car les piliers du temple se tiennent à distance,[6]
Et le chêne et le cyprès ne croissent pas à l’ombre l’un de l’autre ».


Au sujet des Enfants[modifier]

Et une femme qui portait un enfant dans les bras[7] dit : « — Parlez-nous des Enfants ».
Et il dit :
« ― Vos enfants ne sont pas vos enfants.
Ils sont les fils et les filles de l’appel de la Vie à elle-même[8].
Ils viennent à travers vous mais non de vous.
Et bien qu’ils soient avec vous, ils ne vous appartiennent pas[9].

Vous pouvez leur donner votre amour mais non point vos pensées,
Car ils ont leurs propres pensées.
Vous pouvez accueillir leurs corps mais pas leurs âmes,
Car leurs âmes habitent la maison de demain, que vous ne pouvez visiter, pas même dans vos rêves.
Vous pouvez vous efforcer d’être comme eux, mais ne tentez pas de les faire comme vous.
Car la vie ne va pas en arrière, ni ne s’attarde avec hier.

Vous êtes les arcs par qui vos enfants, comme des flèches vivantes, sont projetés.
L’Archer voit le but sur le chemin de l’infini, et Il vous tend de Sa puissance pour que Ses flèches puissent voler vite et loin[10].
Que votre tension par la main de l’Archer soit pour la joie ;
Car de même qu’Il aime la flèche qui vole, Il aime l’arc qui est stable. »


Au sujet du Don[modifier]

Un homme riche dit alors : « — Parle-nous du Don ».
Il répondit :
« Vous donnez peu lorsque vous ne donnez que de vos biens.
C’est en donnant de vous-mêmes que vous donnez véritablement.
En effet, que sont vos biens sinon des choses que vous gardez et défendez par crainte d’en avoir besoin demain ?
[...] Et qu’est la peur du besoin, sinon le besoin lui-même ?
La peur de la soif, alors que vos puits sont remplis, n’est-elle pas la soif inextinguible ?
Certains donnent peu de l’abondance qu’ils possèdent. Ils le donnent pour faire parler d’eux, et ce souhait inavoué rend leurs dons impurs.
D’autres possèdent peu mais le donnent totalement.
Ce sont ceux qui croient en la vie et en sa munificence, et leurs coffres ne sont jamais vides.
D’autres encore donnent avec joie, et cette joie est leur récompense.
Et il y a ceux qui donnent avec peine, et cette peine est leur baptême.

[...] Il est bien de donner lorsqu’on vous en fait la demande, mais il est préférable de donner sans qu’on vous ait sollicité et parce que vous en avez compris l’urgence.
Pour celui qui est généreux, rechercher l’être qui acceptera de recevoir est une joie plus grande que celle de donner.
Voudriez-vous garder quoi que ce soit ?
Tous vos biens seront un jour distribués.

[...] Les arbres de vos vergers ne tiennent pas tel discours, ni les troupeaux de vos pâturages.
Ils donnent afin de vivre, car receler c’est périr.

[...] Veillez d’abord à être vous-mêmes dignes de donner et d’être les instruments par lesquels passe le don.
En vérité, c’est la vie qui donne à la vie, tandis que vous, qui vous estimez donateurs, n’êtes que témoins.

Vous qui recevez — et tous vous recevez — n’assumez pas le poids de la gratitude, afin de ne pas ployer et de ne pas faire ployer le donateur sous un joug.
Dressez-vous plutôt à l’unisson avec lui et prenez appui sur ses dons comme sur des ailes.
Car être trop soucieux de votre dette serait douter de sa générosité, qui a pour mère la terre au cœur prodigue et pour père : Dieu ».
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Anne Wade Minkowski, préface : Adonis), éd. Gallimard/Folio (rééd.), 1992/2017  (ISBN 978-2-0727-2272-1), p. 40 à 42


Au sujet de la Joie et la Tristesse[modifier]

Une femme dit alors : « — Parle-nous de la Joie et de la Tristesse. »
Il répondit :
« — Votre joie est votre tristesse sans masque.
Et le même puits d’où jaillit votre rire a souvent été rempli de vos larmes.
Comment en serait-il autrement ?
Plus profonde est l’entaille découpée en vous par votre tristesse, plus grande est la joie que vous pouvez abriter.
La coupe qui contient votre vin n’est-elle pas celle que le potier flambait dans son four ?
Le luth qui console votre esprit n’est-il pas du même bois que celui creusé par les couteaux ? [...] »
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Anne Wade Minkowski, préface : Adonis), éd. Gallimard/Folio (rééd.), 1992/2017  (ISBN 978-2-0727-2272-1), p. 49


« [...] Moi je vous dis : les deux ne sont pas séparables.
Elles arrivent ensemble, et, quand l'une d'elles s'installe seule à votre table, souvenez-vous que l'autre dort dans votre lit. » [...]
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Salah Stétié), éd. La renaissance du livre, 2002  (ISBN 2-8046-0633-3), p. 34


Au sujet du Vêtement[modifier]

Un tisserand dit : « — Parle-nous du Vêtement. »
Il répondit :
« — Vos habits voilent beaucoup de votre beauté, mais ils ne cachent pas toute disgrâce ». [...]
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Salah Stétié), éd. La renaissance du livre, 2002  (ISBN 2-8046-0633-3), p. 39


« [...] Bien qu’en eux vous recherchiez la liberté de votre intimité, il se peut que vous y trouviez aussi un harnais et une chaîne.
C’est la peau plus nue et moins parée que je voudrais vous voir aller à la rencontre du soleil et du vent.
Car le souffle vital est dans le rayonnement du soleil et la main de la vie est dans le vent.

[...] N’oubliez pas que la pudeur est un bouclier contre le regard des impurs.
Quand les impurs auront disparu, que sera la pudeur sinon une entrave et une corruption de l’esprit ?
Et n’oubliez pas non plus que la terre aime sentir la caresse de vos pieds nus et que les vents rêvent de jouer avec votre chevelure. »
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Anne Wade Minkowski, préface : Adonis), éd. Gallimard/Folio (rééd.), 1992/2017  (ISBN 978-2-0727-2272-1), p. 55 - 56


Au sujet de la Liberté[modifier]

Un orateur dit : « — Parle-nous de la Liberté ».
Il répondit :
« — Aux portes de la ville et auprès de vos foyers, je vous ai vus prosternés dans l’adoration de votre liberté,
Comme des esclaves s’humiliant devant un tyran et le louant cependant qu’il les massacre.
Oui, dans le bosquet du temple et à l’ombre de la citadelle, j’ai vu les plus libres d’entre vous porter leur liberté comme un joug et des menottes.
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Anne Wade Minkowski, préface : Adonis), éd. Gallimard/Folio (rééd.), 1992/2017  (ISBN 978-2-0727-2272-1), p. 66
En moi le cœur se mit à saigner, car vous ne sauriez être libres tant que votre désir de la liberté n'est pas pour vous un aiguillon et tant que vous parlez d'elle comme d'un but et d'un accomplissement [...] ».
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Salah Stétié), éd. La renaissance du livre, 2002  (ISBN 2-8046-0633-3), p. 51


Au sujet de la Douleur[modifier]

Une femme dit : « — Parle-nous de la Douleur ».
Il répondit :
« — Votre douleur est ce par quoi se brise la coquille de votre entendement.
Et comme il faut que le noyau du fruit se rompe pour que le cœur du fruit s'offre au soleil, ainsi vous faut-il connaître la douleur.
  • Au sujet de la douleur
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Salah Stétié), éd. La renaissance du livre, 2002  (ISBN 2-8046-0633-3), p. 57
Si vous saviez garder votre cœur émerveillé devant les miracles quotidiens de votre vie, votre douleur ne vous paraîtrait pas moins merveilleuse que votre joie ;
Vous accepteriez les saisons de votre cœur, comme vous avez toujours accepté les saisons qui passent sur vos champs,
Et vous veilleriez avec sérénité durant les hivers de vos chagrins.
Une grande part de votre douleur a été choisie par vous.
C’est la potion amère avec quoi le médecin en vous guérit votre moi malade.
Faites confiance, alors, au médecin, et buvez son remède calmement et en silence.
Car sa main, si lourde et rude soit-elle, est guidée par la tendre main de l’Invisible.
Et la coupe qu’il vous tend, bien qu’elle brûle vos lèvres, a été façonnée d’une argile que le Potier a imprégnée de Ses larmes sacrées ».
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Anne Wade Minkowski, préface : Adonis), éd. Gallimard/Folio (rééd.), 1992/2017  (ISBN 978-2-0727-2272-1), p. 71 - 72


Au sujet de l’Enseignement[modifier]

Puis un maître dit : « — Parle-nous de l’Enseignement ».
Il répondit :
« — Personne ne peut vous apprendre quoi que ce soit qui ne repose déjà au fond d’un demi-sommeil dans l’aube de votre connaissance.
Le maître qui marche parmi ses disciples, à l’ombre du temple, ne donne pas de sa sagesse, mais plutôt de sa foi et de sa capacité d’amour.
S’il est vraiment sage, il ne vous invite pas à entrer dans la demeure de sa sagesse. Il vous conduit jusqu’au seuil de votre esprit. [...]
Car la vision d’un être ne prête pas ses ailes à d’autres,
De même que chacun de vous se tient seul dans la connaissance de Dieu, chacun de vous doit demeurer seul dans sa connaissance de Dieu et dans son entendement de la terre. »
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Anne Wade Minkowski, préface : Adonis), éd. Gallimard/Folio (rééd.), 1992/2017  (ISBN 978-2-0727-2272-1), p. 75


Au sujet de la Parole[modifier]

Un lettré demanda : « — Que nous diras-tu de la Parole ».
Il répondit ainsi :
« — C'est quand vous n'êtes pas en paix avec vos pensées que vous vous mettez à parler ;
Et quand il vous devient pénible d'habiter la solitude de votre cœur
alors vous vous mettez à vivre sur vos lèvres,
et votre voix n'est plus que divertissement et jeu.
Et, dans bien de vos propos, la pensée gît quasi assassinée.
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Salah Stétié), éd. La renaissance du livre, 2002  (ISBN 2-8046-0633-3), p. 68


Car la pensée est oiseau d’espace qui dans la cage des mots peut déployer ses ailes, mais non s’envoler ».

« [...] Enfin il y a ceux qui possèdent la vérité intérieurement mais ne l’expriment pas avec des mots.
C’est en leur sein que l’esprit réside, dans un silence cadencé.

Lorsque vous rencontrez votre ami au bord de la route ou sur la place du marché, laissez l’esprit en vous remuer vos lèvres et diriger votre langue.
Laissez la voix cachée en votre voix murmurer à l’oreille de son oreille ;
Car son âme retiendra la vérité de votre cœur comme on se souvient du goût du vin,
Quand la couleur est oubliée et que la coupe n’existe plus ».
  • Le Prophète, Khalil Gibran (trad. Anne Wade Minkowski, préface : Adonis), éd. Gallimard/Folio (rééd.), 1992/2017  (ISBN 978-2-0727-2272-1), p. 79 - 80


Le sable et l'écume - Un livre d'aphorismes (Sand and Foam, A Book of Aphorisms, 1926)[modifier]

Le souvenir est une forme de rencontre. L'oubli est une forme de liberté.
  • Le sable et l'écume - Un livre d'aphorismes, Khalil Gibran (trad. Thierry Gillybœuf), éd. Mille et une nuits, 2001  (ISBN 978-2-842-05549-3), p. 11


Combien noble est celui qui ne veut être ni maitre ni esclave.

ou

Le véritable grand homme est celui qui ne domine personne et qui n'est dominé par personne.
  • Le sable et l'écume - Un livre d'aphorismes, Khalil Gibran (trad. Thierry Gillybœuf), éd. Mille et une nuits, 2001  (ISBN 978-2-842-05549-3), p. 51


Il est deux êtres en chaque homme ; l'un est éveillé dans l'obscurité, l'autre est endormi dans la lumière.
  • Le sable et l'écume - Un livre d'aphorismes, Khalil Gibran (trad. Thierry Gillybœuf), éd. Mille et une nuits, 2001  (ISBN 978-2-842-05549-3), p. 56


Le désir est la moitié de la vie ; l’indifférence est la moitié de la mort.
  • Le sable et l'écume - Un livre d'aphorismes, Khalil Gibran (trad. Thierry Gillybœuf), éd. Mille et une nuits, 2001  (ISBN 978-2-842-05549-3), p. 62


L'art est un pas de la nature vers l'Infini.
  • Le sable et l'écume - Un livre d'aphorismes, Khalil Gibran (trad. Thierry Gillybœuf), éd. Mille et une nuits, 2001  (ISBN 978-2-842-05549-3), p. 71


Si tu ne comprends pas ton ami en toutes circonstances, jamais tu ne le comprendras.


Bien sûr que cette guerre était juste, protesta une femme. Mon fils y est tombé.


Notes et références[modifier]

  1. Khalil Gibran / Anne Wade Minkowski (trad. Anne Wade Minkowski), Le Prophète, postface : « Un autre Gibran », Gallimard, 1992 (ISBN 9782072722721), p. 115 .
  2. Khalil Gibran / Anne Wade Minkowski (trad. Anne Wade Minkowski), Le Prophète, postface : « Vie de Khalil Gibran », Gallimard, 1992 (ISBN 9782072722721), p. 119 .
  3. Khalil Gibran / Thierry Gillybœuf (trad. Thierry Gillybœuf), Jésus, Fils de l'Homme, postface : « L'Évangile selon Gibran » - Vie de Khalil Gibran, Librairie Arthème Fayard, coll. « Mille et une nuits », 2008 (ISBN 978-2-75550-050-9), p. 189 .
  4. Khalil Gibran / Anne Wade Minkowski (trad. Anne Wade Minkowski), Le Prophète, postface : « Orientation bibliographique », Gallimard, 1992 (ISBN 9782072722721), p. 121 .
  5. Voir aussi la biographie en anglais de Khalil Gibran par (en) Dania Saadi, « A Biography of Gibran », sur archive.wikiwix.com, (consulté le 16 juin 2024).
  6. (Le Prophète - Au sujet du mariage), texte original en anglais de ces deux versets : « And stand together yet not too near together:// For the pillars of the temple stand apart ». En anglais le verbe to stand, employé intransitivement, peut avoir un sens descriptif d'état ou de localisation : « être, se tenir, rester », ou un sens plus actif et métaphorique : « se lever, se dresser, s'élever ». La traduction alternative d'Anne Wade Minkowski (voir ci-dessus) choisit plutôt cette acception qui suppose que les conjoints — ou les piliers de la métaphore — se tiennent à distance mais s'aident mutuellement à soutenir le toit, et s'élèvent séparément mais aussi l'un par l'autre : « Et dressez-vous ensemble, mais pas trop près l’un de l’autre : // Car les piliers du temple se dressent séparément. »
  7. (Le Prophète - Au sujet des enfants), texte original en anglais de ce passage : « And a woman who held a babe against her bosom » ; traduction alternative plus proche : « Et une femme qui tenait sur son sein un enfant », par Antoine Ghattas Karan aux Éditions Thierry Magnier. Ou encore plus proche : « Une femme qui tenait un nouveau-né contre son sein », par Anne Wade Minkowski chez Gallimard, voir ci-dessus.
  8. (Le Prophète - Au sujet des enfants) : dans le texte de la version originale en anglais, les quatre premiers versets sont les suivants : « Your children are not your children. // They are the sons and daughters of Life’s longing for itself. // They come through you but not from you, // And though they are with you yet they belong not to you. » Les deux premiers sont parfois traduits, au plus près du texte original, par exemple par Antoine Ghattas Karan ([1]) ainsi : « Vos enfants ne sont pas vos enfants. // Ils sont les fils et filles (de l'appel) de la nostalgie de la Vie pour elle-même », ce qui modifie la perspective : « nostalgie » implique passé et tendresse, « appel » sous-entend tension vers l'avenir (cumuler les deux est intéressant) : de même que la vie est à la fois hérédité et mutation, transmission/combinaison unique et modification/adaptation du génome — avant nous et plus loin que nous —, héritage et projection...
  9. (Le Prophète - Au sujet des enfants), traduction alternative de Rania Mansour et Cécile Brunet-Mansour pour les quatre premiers versets : « Vos enfants ne sont pas vos enfants. Ils sont les fils et les filles de la Vie qui soupire après elle-même. Ils passent par vous mais ne viennent pas de vous. Et bien qu'ils soient avec vous, ils ne sont pas à vous. » “Soupirer” ici cumule les effets rétro-actifs et projectifs des traductions précédentes, impliquant à la fois nostalgie et désir, regret et élan amoureux. Tirée de l'édition préfacée par Jean-Pierre Dahdah : Les plus beaux textes de Khalil Gibran, J'ai lu, 2021, 640 p. (ISBN 978-2290257272 et 978-2290257272) , citation reprise en 4e de couverture.
  10. (Le Prophète - Au sujet des enfants), texte original en anglais de ce passage : « The Archer sees the mark upon the path of the infinite, and He bends you with His might that His arrows may go swift and far » ; traduction alternative par Antoine Ghattas Karan ([2]) : « L'Archer voit la cible sur le parcours (/la Voie) de l'infini, et Il vous tend, de toute Sa force, afin que Ses flèches partent légères et lointaines » ; traduction alternative par Anne Wade Minkowski (voir références ci-dessus) : « L’Archer vise la cible sur la trajectoire de l’infini, et II vous courbe de toutes ses forces afin que les flèches soient rapides et leur portée lointaine ».
  11. Le Prophète, pages 19 et 20 :
    • Voir par exemple une traduction alternative par Antoine Ghattas Karan aux Éditions Thierry Magnier ici : [3].
    • Voir sur Internet Archive le fac-simile de cette page de l'édition en français (traduction par Camille Aboussouan) et reproduite ici : [4] (p. 19-20).
    • Voir sur Wikisource le fac-simile et la version numérique de l'édition originale en anglais (1926, chez Knopf éditeur) des deux pages de cette citation ici : [5].
    • Voir enfin le texte intégral de l'ouvrage en version originale anglaise ici : The Prophet.