Geneviève de Gaulle-Anthonioz

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Geneviève de Gaulle-Antonioz.

Geneviève de Gaulle-Anthonioz (1920-2002) est une résistante française. Elle milita en faveur des droits de l'Homme et contre la pauvreté.

La Traversée de la nuit, 1998[modifier]

Du fond de l'abîme, moi aussi j'appelle Dieu comme l'ont fait tant d'autres. J'essaie de me remettre à la miséricorde du Père, de m'unir à l'agonie de Jésus au Jardin des Oliviers. Ce n'est même pas un silence qui me répond, mais la misérable rumeur de ma détresse.
  • Geneviève de Gaulle-Anthonioz, La Traversée de la nuit, éd. Le Seuil, 1998, p. 15


Les inégalités de situation dans un camp de concentration étaient considérables. Toutes dépouillées à l'arrivée, n'ayant rien, n'étant rien.
  • Geneviève de Gaulle-Anthonioz, La Traversée de la nuit, éd. Le Seuil, 1998, p. 57


Le Secret de l'espérance, 2001[modifier]

Lorsque, pour la première fois, je suis entrée dans ce grand bidonville, au bout d'un chemin de boue, sans lumière, j'ai pensé au camp, l'autre, celui de Ravensbrück. Bien sûr, il n'y avait pas de miradors, pas de sentinelles SS, pas d'enceinte barbelée et électrifiée, mais ce paysage de toits bas et ondulés d'où montaient quelques fumées grises était un lieu à part, séparé de la vie. Et ses habitants portaient sur leur visage cette marque de détresse que je connaissais bien et qui avait sans doute été la mienne.
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 15-16


Bien entendu, il n’y avait pas de doctrine pour décréter que les très pauvres ne devaient plus être considérés comme des personnes humaines. Et pourtant, ce que je découvrais, chaque jour, dans le camp de Noisy le Grand, puis ailleurs et encore ailleurs…, c’est que, de fait, des hommes, des femmes, des enfants, des familles entières ne pouvaient plus accéder aux droits essentiels. Par exemple, le droit au logement
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 20


Quelle idée saugrenue, entendent souvent dire ces dames, que d'apporter des livres à des gens qui manquent de tout et vivent dans la boue ! À Ravensbrück, nous avions découvert qu'un livre était plus précieux que le pain. De tels rapprochements m'aident à prendre un peu conscience du projet conçu par le père Joseph : ceux que détruit la misère peuvent seuls nous apprendre ce qu'ils voudraient vivre, il faut donc être attentifs à leurs aspirations profondes. « Et si nous n'entendons rien, c'est sans doute que nous ne sommes pas assez près », nous dit-il.
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 25-26


Chaque fois que je vais à Noisy, je ressens la fragilité de cette petite équipe immergée dans ce grand bidonville. « La misère ne se crie pas, dit le père Joseph, elle se découvre. » Quand le premier choc est passé, vient l’indignation. Pourquoi des êtres humains, des familles entières sont-ils ainsi traités ?
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 30


Le logement conditionne tout. Il suffit de regarder et d’écouter pour comprendre que la misère est une chaîne sans fin. Distribuer des soupes et des vêtements ne sert à rien, si on s’en tient là. Les enfants n’en sortiront jamais, c’est ce dont je ne peux prendre mon parti.
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 31


Alors, tant pis pour ceux qui se croient les habiles et les sages, les politiques de tous rangs, les « braves gens » que la misère dérange ! Quant les habitants du « Château de France » nous donnent un tel exemple, on aurait trop honte de se désolidariser de leur combat. C’est ce que se disent sans doute ces premiers volontaires qui s’engagent avec les familles du camp de Noisy. Ils sont de pays, de formation, de culture très divers.
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 35


Il faudrait que nous arrivions à transformer notre regard non seulement sur les pauvres, mais sur notre profession, nos convictions, sur le monde, être petit à petit modifiés. Le refus de la misère peut ressaisir ceux qui sont en quête de quelque chose qui donne un sens à la vie. Le père Joseph, Francine, Bernadette sont des veilleurs d’espérance ; ils vont la chercher chez ces familles qui devraient ne plus en avoir du tout.
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 42


La démarche originale du père Joseph, c’est qu’elle est issue de ceux là mêmes auxquels on dénie toute possibilité de penser et d’agir. Or sans eux, on ne peut changer ni les choses, ni le monde. Il nous faut donc apprendre et réapprendre ce que signifient les mots pour ceux qui sont blessés, et assumer les conséquences de ce qu’on apprend. C’est la justification de l’engagement des volontaires, c’est le mien aussi, puisque j’ai résolu de ne jamais prendre mon parti de la misère.
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 59


Mes premières rencontres avec le père Joseph m’ont fait peu à peu comprendre qu’il ne s’agit pas de parler au nom des pauvres mais qu’ils puissent parler eux-mêmes.
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 89


Car ATD Quart Monde diffère, certes, de la plupart des associations caritatives ; non qu’elles soient inutiles, mais, même si nous nous rejoignons sur le terrain, notre cible est autre. Je note mot pour mot ce que dit le père Joseph : « Nous sommes un mouvement de présence aux hommes… mais de quel type de présence ? Sommes-nous une présence qui bâtit des murs…, des sécurités aux hommes, ou sommes-nous un mouvement qui épouse l’insécurité des hommes et qui la transforme en sécurité ? ».
  • Le Secret de l'espérance, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Fayard / Éditions Quart Monde, 2001, p. 95


Lettres à une amie, 2005[modifier]

Ce qu'il faut mendier, c'est la foi. Je me suis aperçue qu'une grande partie de mes incertitudes venait de ce que je comptais encore sur moi-même, alors que c'est à Dieu qu'il faut vraiment tout remettre.
  • Lettres à une amie. Correspondance spirituelle, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Paroles et Silence, 2005, Lettre du 8 décembre 1974, p. 65


J'ai fini par comprendre que le silence qui enveloppe l'épreuve et qui est si lourd parfois, est le signe de Dieu. La solitude du cœur, le désert sont toujours, n'est-ce pas ? la marque qu'Il veut que nous le regardions Lui seul.
  • Lettres à une amie. Correspondance spirituelle, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Paroles et Silence, 2005, Lettre du 16 mars 1977, p. 86


Notre misère n'importe même plus, mais seulement cet abandon complet et la simplicité, l'humilité qu'il ne faut cesser de mendier les uns pour les autres.
  • Lettres à une amie. Correspondance spirituelle, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Paroles et Silence, 2005, Lettre du 7 mai 1978, p. 94


Dieu ne nous dépouille que pour entendre une fois encore ce « oui » qu’Il ne cessera jamais de nous mendier jusqu’à l’ultime dépouillement de la mort.
  • Lettres à une amie. Correspondance spirituelle, Geneviève de Gaulle-Anthonioz, éd. Paroles et Silence, 2005, Lettre du 10 juillet 1978, p. 95


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