Ferhat Abbas

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Ferhat Abbas.

Ferhat Abbas (1899 - 1985), de son vrai nom Ferhat Mekki Abbas, était un homme politique algérien, leader nationaliste et membre du FLN durant la guerre d'indépendance de l'Algérie. Premier président du Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA) de 1958 à 1961, il est élu, après l'indépendance du pays, président de l'Assemblée nationale constituante devenant ainsi le premier Chef d'État de la République algérienne démocratique et populaire.

Autopsie d'une guerre, 1980[modifier]

L'Algérie, pays mal aimé, ballotté par le vent des passions humaines, fut meurtrie, appauvrie, mutilée. Après le drame de la guerre, les musulmans connaîtront celui du vide et de la solitude. La communauté française, à cause des erreurs qu'elle a commises, s'est exilée de l'autre côté de la Méditerranée. Malgré l'accueil de la France, ces Français pleurent le pays qui les a vu naître. Les Algériens, de leur côté, pleurent un grand nombre d'entre eux. D'autres cadres sont venus de toute l'Europe. Ces cadres ne valent pas ceux que l'Algérie a perdus. L'Algérie est un vaste pays où beaucoup de choses restent à faire. Tous ses enfants y avaient leur place. La République algérienne, édifiée par les uns et les autres, pouvait dans les meilleures conditions, multiplier les richesses du pays, assurer son développement et sa prospérité et guérir ses blessures. Ces Français qui avaient grandi au milieu de nous et qui étaient aussi Algériens que nous, étaient un maillon qui rattachait notre pays à la civilisation et à la technique française. Nous, Musulmans, étions un autre maillon qui liait ce même pays à l'Orient et à l'Afrique. Nos chances de succès étaient doubles.
  • Autopsie d'une guerre: l'aurore (1980), Ferhat Abbas, éd. Garnier, 1980, p. 325


L'Entente franco-musulmane, 1936[modifier]

Nous sommes les fils d'un monde nouveau, né de l'esprit et de l'effort français.
  • Ferhat Abbas, 23 février 1936, journal L'Entente, dans Les drames de la décolonisation, 1900-1975, paru Éditions Roblot, 1975, p.77, Jean Bonnet.


Si j'avais découvert la nation algérienne je serais nationaliste et je ne rougirais pas comme d'un crime. Les hommes morts pour l'idéal patriotique sont journellement honorés et respectés. Ma vie ne vaut pas plus que la leur. Et cependant je ne mourrai pas pour la patrie algérienne parce que cette patrie n'existe pas. Je ne l'ai pas découverte. J'ai interrogé les vivants et les morts; j'ai visité les cimetières : personne ne m'en a parlé. On ne bâtit pas sur du vent.[...] Nous avons, une fois pour toutes, écarté les nuées et les chimères pour lier définitivement notre avenir à celui de l’œuvre française dans ce pays.
  • Ferhat Abbas, 23 février 1936, journal L'Entente, dans L'Afrique du Nord en marche, paru Éditions Julliard, 1972, p.123, Charles-André Julien.


Le jeune Algérien : de la colonie vers la province, 1930[modifier]

C'est bien la pensée française qui est à la base de notre vie morale. A l'empirisme du patrimoine laissé par nos parents et la tradition, l'âme des écrivains français est venue apporter une explication, si j'ose dire, scientifique et rationnelle.
  • Le jeune Algérien : de la colonie vers la province, suivi de Rapport au maréchal Pétain (avril 1941) (1930), Ferhat Abbas, éd. Garnier, 1981, p. 109


On a modernisé l'Algérie. [...] Les résultats satisferaient les plus difficiles. On n'a omis qu'une chose essentielle : moderniser ses habitants. Et on est arrivé ainsi à un anachronisme frappant. Sur une terre européenne, aux cadres européens, vivent six millions d'orientaux.
  • Rapport au maréchal Pétain (avril 1941).
  • Le jeune Algérien : de la colonie vers la province, suivi de Rapport au maréchal Pétain (avril 1941) (1930), Ferhat Abbas, éd. Garnier, 1981, p. 177


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