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Elisabeth Kübler-Ross

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.

Elisabeth Kübler-Ross (1926–2004) est une psychiatre helvético-américaine, pionnière de l'approche des soins palliatifs pour les personnes en fin de vie.

Elle est connue pour sa description des stades émotionnels par lesquels passe une personne qui apprend sa mort prochaine (modèle Kübler-Ross).

Citations

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Life Lessons, 2000

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Il y a plusieurs années, à la faculté de médecine de l’université de Chicago, j’ai eu la chance d’être élu « professeur préféré ». C’était l’un des plus grands honneurs que nous, professeurs, pouvions recevoir ; nous souhaitions tous être reconnus par nos étudiants. Le jour où l’on a annoncé que j’avais remporté ce titre, tout le monde s’est montré aimable à mon égard, comme d’habitude. Mais personne ne m’a dit un mot à propos de cette distinction. J’ai senti qu’il y avait quelque chose derrière leurs sourires, quelque chose qu’ils ne disaient pas. Vers la fin de cette journée, j’ai reçu à mon bureau un magnifique bouquet de fleurs envoyé par l’un de mes collègues, un pédopsychiatre. La carte disait : « Je suis mort de jalousie, mais félicitations quand même. » Dès cet instant, j’ai su que je pouvais faire confiance à cet homme. Je l’aimais pour son authenticité, pour sa sincérité. J’avais toujours le sentiment de savoir où il en était et je me sentais en sécurité à ses côtés, car il se montrait tel qu’il était vraiment.
  • (en) Years ago, at the University of Chicago Medical School, I was fortunate to be selected as "favorite professor." This was one of the biggest honors we professors could receive; we all wanted to be recognized by our students. The day it was announced that I had won, everyone acted nicely toward me, as they usually did. But no one said anything to me about the award. I sensed something behind their smiles, something they weren't saying. Toward the end of that day a gorgeous flower arrangement arrived at my office from one of my colleagues, a child psychiatrist. The card read, "Jealous as hell, congratulations anyway." From that moment on I knew I could trust that man. I loved him for being so real, so authentic. I would always feel that I knew where he stood and feel safe around him, because he showed his true self.
À plusieurs reprises, lorsque nous avons demandé à des gens s’ils souhaitaient être amoureux, nous avons été surpris par leurs réponses immédiates et catégoriques : « Oui, pour toujours ! » ou « Non, jamais ! L’amour, ça veut dire abandonner ma carrière, me sacrifier et toujours faire plaisir à quelqu’un d’autre » La première réponse est touchante, même si elle est peut-être irréaliste, mais la seconde est tout aussi troublante. Un « sacrifice énorme » est-il vraiment la définition de l’amour ? Ou est-ce ce que ces personnes ont appris sur l’amour lorsqu’elles étaient jeunes ? Si nous considérons que l’amour est d’une complexité douloureuse, nous devons nous demander pourquoi. [...] Si nous pensons que l’amour est synonyme de maltraitance, c’est probablement parce que nous avons été témoins de relations abusives. [...] Si nous pensons que l’amour consiste à prendre soin de quelqu’un avec tendresse, c’est probablement parce que nous avons été témoins de relations empreintes d’amour et d’attention.
  • (en) Several times, when asking people if they want to be in love, we have been surprised by the instant, emphatic replies: "Yes, forever!" or "No, never! Love means giving up my career, sacrificing myself, and always pleasing another person." The first response is sweet, if possibly unrealistic, but the second is equally disturbing. Is "tremendous sacrifice" really the definition of love? Or is this what these people learned about love when they were young? [...] If we see love as being painfully complicated, we must examine why. [...] If we think love means abuse, we probably saw abusive relationships. [...] If we think love means caring for someone lovingly, we probably saw loving, caring relationships.
Malheureusement pour certains - pour trop de gens -, ce que nous considérons comme de l’amour n’est souvent en réalité que du contrôle ou de la manipulation, voire parfois de la haine. Mais nous ne sommes pas condamnés à rester éternellement prisonniers de la folie engendrée par des définitions erronées. Nous pouvons redéfinir l’amour à notre manière, nous pouvons créer les relations que nous souhaitons avoir. Malheureusement, nous ne le faisons pas souvent. [...] Une fois que nous cessons d’essayer de les changer [les relations], nous pouvons ressentir la puissance de l’amour, sans illusions. Vous n’avez pas besoin de tout planifier, de vous battre, de lutter, de manipuler ou de contrôler. Finies les pensées du genre « J’ai peur que s’il ne le contrôle pas, il ne le fera pas » ou « Elle ne deviendra pas celle que je veux qu’elle soit si je ne change pas les choses ». Nous devons apprendre à partager nos vérités les uns avec les autres.
  • (en) Unfortunately for some - for too many - what we think of as love is often really control or manipulation, and sometimes even hate. But we needn't be stuck forever in the craziness created by unhappy definitions. We can redefine love for ourselves, we can create the relationships we wish to have. Unfortunately, we don't often do so. [...] Once we let go of trying to change them [the relationships], we can feel the power of love, without illusions. You don't have to plan, fight, struggle, manipulate, and control. No more "I'm afraid if I don't control him, he won't do it" or "She won't be who I want her to be if I don't change things." We must learn to share our truths with one another.
Lorsque nous abandonnons nos projections sur l’avenir et nos illusions quant à la façon dont les choses devraient se passer, ainsi que nos stratégies et nos projets, l’amour prend vie de lui-même. Il va là où il veut aller, et non là où nous essayons de le diriger. De toute façon, nous n’avons jamais vraiment réussi à diriger l’amour. Lorsque nous lâchons prise, l’amour peut nous emmener vers des horizons merveilleux et tendres que nous n’aurions jamais pu imaginer pour nous-mêmes.
  • (en) When we let go of the future pictures and illusions of how things should look, of our strategies and agendas, love takes on a life of its own. It goes where it wants to go, as opposed to where we try to direct it. We were never really successful in directing love, anyway. When we let go, love can take us to some wonderful and tender places we could never have imagined for ourselves.
Une fois que nous parvenons à reconnaître qu’ils sont humains, nous pouvons commencer à leur pardonner en prenant conscience de notre colère. Nous devons libérer cette énergie bloquée en criant dans un oreiller, en confiant à un ami à quel point nous sommes en colère, en hurlant ou en faisant tout ce qu’il faut pour l’évacuer. Ensuite, bien souvent, nous découvrirons la tristesse, la douleur, la haine et la souffrance qui se cachaient derrière la colère. Lorsque cela arrive, nous devons nous autoriser à ressentir ces émotions. Vient alors la partie la plus difficile : lâcher prise sur ces émotions. C'est en leur [aux gens] pardonnant que nous trouverons la liberté. [...] Ce qui compte pour nous, c'est notre tranquillité d'esprit, notre bonheur.
  • (en) Once we can acknowledge they are human, we can begin to forgive them by becoming aware of our anger. We must get that blocked energy out by yelling into a pillow, telling a friend how angry we are, screaming, or doing whatever else it takes to let it out. Then, often, we will find the sadness, pain, hate, and hurt that was underneath the anger. When we do, we must let ourselves feel these feelings. Next comes the hardest part: letting those feelings go. [...] In letting them [the people] off the hook we will find freedom. [...] Our business is our peace of mind, our happiness.
Observez vos habitudes. Demandez-vous quels comportements vous apportent du bonheur, et lesquels vous plongent dans le désespoir. Apportez des changements, tant sur le plan intérieur qu’extérieur. Est-ce que la jalousie vous rend heureux ? Est-ce que crier sur quelqu’un ou le rabaisser vous fait du bien à long terme ? Lorsque vous éprouvez de la gratitude, comment vous sentez-vous ? Lorsque vous faites un geste de gentillesse envers quelqu’un, vous sentez-vous heureux ?

Si vous vous retrouvez coincé dans les embouteillages, au lieu de râler, regardez autour de vous et constatez que tout le monde est dans le même cas. Pensez à ce que ressentent les autres. Efforcez-vous d'être bienveillant envers eux.

  • (en) Look at your patterns. Ask yourself which behaviors bring you to happiness, which deliver you to despair. Make changes, internally and externally. Does feeling jealous bring you happiness? Does yelling at someone or really zinging him make you feel good for long? When you are thankful, how do you feel? When you perform a kind gesture for someone, do you feel happy? If you find yourself in traffic, rather than cursing, look around and see that everyone is in the same boat. Think about how others feel. Practice being kind to others.

À propos d'Elisabeth Kübler-Ross

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Elisabeth Kübler-Ross a défini les cinq stades de la résignation au chagrin et à la tragédie comme étant le déni, la colère, le marchandage, la dépression et l'acceptation, et elle les a appliqués avec succès à des formes variées de pertes personnelles graves : mort d'un proche, fin de carrière soudaine et ainsi de suite. Plusieurs penseurs, notamment James Howard Kunstler et John Michael Greer, ont souligné que le modèle de Kübler-Ross reflète aussi, de façon effroyablement précise, le processus par lequel la société , dans son ensemble (ou du moins ses parties informées et pensantes), se réconcilie avec l'inévitabilité d'un avenir discontinu, avec des institutions et des systèmes vitaux minés par une combinaison d'épuisement des ressources, de changement climatique catastrophique et d'impuissance politique.
  • (fr) Les cinq stades de l'effondrement : guide du survivant (2013), Dmitry Orlov (trad. Tancrède Bastié), éd. Le retour aux sources, 2016  (ISBN 978-2-35512-067-1), p. 26