Corps expéditionnaire français en Italie

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Mont Cassin

Le corps expéditionnaire français (CEF), commandé par le général Juin, est un ensemble de quatre divisions militaires constituées en grande partie de soldats issus de l'Armée d'Afrique, qui de novembre 1943 à juillet 1944, ont contribué à repousser les forces de l'Allemagne Nazie en Italie. Le CEF s'est particulièrement illustré au cours de la bataille du Monte Cassino lors de la percée de la ligne Gustave en mai 1944 qui permit aux Alliés de reprendre leur progression vers Rome, interrompue depuis janvier 1944. Ses effectifs étaient de 112 000 hommes.

Général Jean Delaunay[modifier]

Pour trop de nos contemporains, les campagnes de Tunisie et d'Italie restent des inconnues, éclipsées qu'elles ont été par les récits de la Résistance et de la Déportation et l'épopée de la 2e D.B. Juin n'a pas, comme Leclerc, une rue dans toutes nos villes. Et pourtant ses soldats ont contribué à la Libération, sur le plan stratégique en perçant le redoutable front défensif allemand d'Italie, et sur le plan moral, en montrant aux Alliés et au monde que l'armée française était redevenue crédible.
Le courage des poilus de 14-18 reste un symbole du courage militaire mais il a été rejoint par celui des combattants d'Italie. Ces derniers avaient en effet à vaincre trois adversaires à la fois : un hiver rigoureux à des altitudes élévées, un terrain très accidenté et un ennemi très aguerri après quatre ans de campagne incessantes et victorieuses, supérieurement armé et terriblement pugnace.
Les engagés algériens et marocains constituaient l'essentiel des troupes du Corps Expéditionnaire Français d'Italie. Ils ont fait la preuve de leur bravoure et de leur fidélité à la France [...].
Il en résulte que nous avons une immense dette de reconnaissance à la fois vis-à-vis de ces soldats maghrébins et de leurs descendants, et vis-à-vis de leurs chefs.

  • De Sétif à Marseille, par Cassino : Carnets de guerre de Jean Lapouge, sous-lieutenant au 7e RTA, Jean Lapouge, éd. Anovi, 2006, préface du général Jean Delaunay, ancien Chef d'état-major de l'armée de terre française de 1980 à 1983, p. 9


Pierre Montagnon[modifier]

Les tirailleurs de la 3e DIA, la division des trois croissants, écriront sur les pentes des Apennins quelques-unes des plus belles pages d'héroïsme de l'histoire de l'armée française. Ces enfants de la vieille Numidie que leur chef, le général de Montsabert, qualifie de par leur origine d'héritiers de la IIIe Augusta enlèveront le Monna Casale (1395 mètres), le Monna Acqua Fondata (1325 mètres), s'accrochent au Belvédère avant de forcer la ligne Gustav et de marcher sur Rome.


Anthony Clayton[modifier]

Les tirailleurs nord-africains, combattent avec le même acharnement et la même détermination, et parfois la même dévotion fanatique que leurs prédécesseurs de 1870 et 1914-1918.

  • Histoire de l'Armée française en Afrique (1988), Anthony Clayton, éd. Albin Michel, 1994, p. 182


Mark Wayne Clark[modifier]

Je perds [...] l'appui infiniment précieux de quatre des plus belles divisions ayant jamais combattu [...]. Pour moi, cela a été une source profonde de satisfaction que de constater combien la part vitale prise par les troupes françaises de la Ve Armée pendant toute notre campagne d'Italie contre l'ennemi commun a été universellement reconnue. Pendant ces longs mois, j'ai eu le réel privilège d'être moi-même témoin des preuves les plus éclatantes que les soldats français, héritiers des plus belles traditions de l'Armée française, nous ont apportées. Néanmoins, non satisfaits de ceux-ci, vous et tous les vôtres avez ajouté un nouveau chapitre d'épopée à l'histoire de France [...]. L'allant et le mépris complet du danger constamment démontrés par le C.E.F. sans exception, ainsi que les hautes qualités militaires professionnelles de l'officier français, ont suscité l'admiration de vos Alliés et la crainte chez l'ennemi.

  • Extrait de la lettre du général Clark, commandant la Ve Armée anglo-américaine en Italie au général Juin commandant le C.E.F suite au retrait de ce dernier en juillet 1944
  • Mémoires du général Juin, général Juin, éd. Fayard, 1959, vol. 1, p. 355


C'est pour moi un plaisir tout particulier de vous féliciter des succès remarquables remportés sous votre commandement car, en saluant les Goums, je salue la renaissance de la France.


En dépit de la résistance grandissante de l'ennemi, la 2e Division marocaine a percé la ligne Gustave ligne en moins de deux jours de combats. Les 48 heures qui ont suivi sur le front français ont été décisives. Les goumiers armés de leurs couteaux se répandaient dans les collines, surtout à la nuit tombée, et toute les forces du général Juin ont fait preuve, heure après heure, d'une agressivité à laquelle les Allemands ne purent résister. Cerasola, San Giorgio, le mont d'Oro, Ausonia et Esperia ont été prises au cours de l'une des plus brillantes et audacieuses avancés de la guerre en Italie ... Pour cette performance, qui devait être une des clés du succès de la route vers Rome, je serai un éternel admirateur du général Juin et de son magnifique Corps expéditionnaire.

  • (en) In spite of the stiffening enemy resistance, the 2nd Moroccan Division penetrated the Gustave Line in less than two day’s fighting. The next 48 hours on the French front were decisive. The knife-wielding Goumiers swarmed over the hills, particularly at night, and General Juin’s entire force showed an aggressiveness hour after hour that the Germans could not withstand. Cerasola, San Giorgio, Mt. D’Oro, Ausonia and Esperia were seized in one of the most brilliant and daring advances of the war in Italy...For this performance, which was to be a key to the success of the entire drive on Rome, I shall always be a grateful admirer of General Juin and his magnificent FEC.
  • Calculated risk, général Clark (trad. Wikiquote), éd. Harper, 1950, p. 348


Alphonse Juin[modifier]

Je ne cache pas, en effet, qu'il y ait dans les annales de l'armée française, au cours de toute son histoire, de faits d'armes plus éclatants, ni plus sillonnés d'éclairs que celui accompli par le 4e tunisiens au Belvédère. Le nom est aujourd'hui inscrit en lettres d'or sur son glorieux drapeau et il est déjà passé dans la légende comme un autre Sidi Brahim, mais un Sidi Brahim s'achevant en victoire.


Le Garigliano est une grande victoire... La France le saura, un jour. Elle comprendra.

  • Déclaration du général Juin à ses officiers le soir de son départ d'Italie le 3 août 1944
  • Le Maréchal Juin: duc du Garigliano, René Chambe, éd. Presse de la cité, 1968, p. 18


Harold Alexander[modifier]

La France peut à juste titre être fière de la bravoure de ses enfants du Corps expéditionnaire français.

  • Mémoires du général Juin, général Juin, éd. Fayard, 1959, vol. 1, p. 354


Vos avances sur un terrain des plus difficiles, contre un adversaire décidé et opiniâtre, furent dignes des plus beaux éloges, et la manière dont toutes ces opérations ont été menées est dans la ligne des plus belles traditions des armées françaises.

  • Remarque du général Alexander au général Juin sur les troupes du Corps expéditionnaire français
  • L'armée de la victoire: De Naples à l'île d'Elbe, 1943-44, Paul Gaujac, éd. Charles-Lavauzelle, 1985, p. 73


Charles de Gaulle[modifier]

Le Corps expéditionnaire comprenait des troupes de premier ordre, aptes par excellence à la guerre de montagne. En particulier, la 4e Division et les tabors marocains étaient capables de passer partout et le général Juin le savait mieux que personne.

  • Mémoires de guerre. L'unité. 1942-1944, Charles de Gaulle, éd. Plon, 1960, vol. 2, p. 130


Le 4e régiment de tirailleurs tunisiens accomplit un des faits d'armes les plus brillants de la guerre au prix de pertes énormes.

  • Mémoires de guerre. L'unité. 1942-1944, Charles de Gaulle, éd. Plon, 1960, vol. 2, p. 267


Augustin Guillaume[modifier]

Le 4e régiment de tirailleurs tunisiens avait réalisé un des plus hauts faits d'armes de notre histoire militaire en s'emparant du Belvédère.


Je revivais tout ce que nous avions fait ensemble avec ces fameux Tabors nés dans le secret de la montagne berbère : les oppositions qu'il avait fallu si souvent vaincre, les longs chemins parcourus, les nombreux combats, les 1 420 tués, les 6 600 blessés, les 13 143 citations individuelles plus les 17 citations collectives à l'ordre de l'Armée et 9 à l'ordre du Corps d'Armée. Avait-on jamais vu plus riche moisson de sacrifices et de gloire ? La 3e D.I.A. elle aussi, décomptait ses morts : 4 000; ses blessés : 12 000; soit 16 000 hommes hors de combat, plus que son effectif tout entier. A ma Division comme aux Goums, je dis, dans un ordre du jour du 11 mai 1945, ma fierté et ma gratitude.

  • Après la défaite allemande, le général Guillaume se remémore la campagne d'Italie lorsqu'il commandait les Tabors marocains et les campagnes de France et d'Allemagne auxquelles il participa au commandement de la 3e DIA


Albert Kesselring[modifier]

Les Français et surtout les Marocains ont combattu avec furie et exploité chaque succès en concentrant immédiatement toutes les forces disponibles sur les points qui faiblissaient.

  • Le général allemand Kesselring le 19 mai 1944 après la percée de la ligne Gustav par les troupe françaises
  • Souvenirs d'un colonialiste‎, Georges Spillmann, éd. Presses de la cité, 1968, p. 171


Colonel Paul Devautour[modifier]

La France, alors captive et muette, pour qui luttaieint ces volontaires ardents et purs, semble avoir oublié, depuis, la geste chevaleresque de leur campagne d'Italie. Qui a donc pour eux, maintenant une pensée émue et reconnaissante, en traversant la Seine, à Paris, sur le pont de Garigliano, dont le nom a pour fin de perpétuer leur mémoire héroïque

  • L'armée d'Afrique 1830-1862, Robert Huré,Paul Devautour, éd. Lavauzelle, 1979, p. 390


Divers[modifier]

Les Français ont une haine froide, implacable de l'ennemi qui est presque effrayante ; ils sont guidés par un tel désir féroce [...] de regagner leur honneur qu'on sait qu'ils ne seront arrêtés que par la mort, et que, dans la victoire, ils ne montreront aucune merci. [...] Ils avancent si rapidement que les communiqués ne peuvent suivre leur rythme.

  • Remarque d'un correspondant de guerre américain en mai 1944 après la percée de la ligne Gustav par les troupe françaises
  • La France au combat, François Broche, éd. Perrin, 2007, p. 197


Citations militaires[modifier]

Régiment héritier d'un lourd passé de gloire qui [...] s'est montré digne de sa légendaire réputation. Dans une action d'une magnifique audace, a percé, le 25 janvier 1944, la position allemande Gustave assise sur un terrain qui paraissait le rendre imprenable. D'un seul élan, s'est emparé le même jour de la position clé du Belvédère. A poussé ensuite sans répit, pour élargir la brèche malgré de furieuses contre-attaques allemandes incessamment répétées et l'afflux de réserves ennemies. S'est ensuite accroché au terrain avec une énergie farouche, malgré les pertes subies et la fatigue ressentie.[...] S'est emparé de nombreux prisonneirs et d'un matériel important.

  • Sidi Brahim des neiges: sur les traces du 4e Régiment de Tirailleurs Tunisiens, Paul Nicolas, éd. View Design International, 2008, p. 119


Magnifique régiment qui [...] s'est montré digne se son passé légendaire. Le 12 janvier 1944, dans une action hardie et opiniâtre soutenue, s'est emparé du Monna Casale, clé de la position ennemie, âprement défendue par un ennemi qui a lancé trois furieuses contre-attaques sur le premier objectif. S'est ensuite emparé du Passero et a rejeté, le 15 janvier 1944, après un combat sanglant, un adversaire brave et déterminé au-delà du Rapido. Sans se laisser désemparer par la résistance ennemie sur le Carella, a épaulé dès le 27 janvier, le 4e R.T.T sur la position clé du Belvédère, repoussant les furieuses contre-attaques ennemies, s'accrochant avec détermination au terrain conquis et progressant héroïquement avec une énergie farouche malgré les pertes subies et la fatigue d'une bataille de trois semaines dans un pays des plus difficiles. A capturé de nombreux prisonniers et un important matériel.

  • L'armée de la victoire: De Naples à l'île d'Elbe, 1943-44, Paul Gaujac, éd. Charles-Lavauzelle, 1985, p. 49


Pendant trois semaines de luttes et de marches ininterrompues de jour et de nuit, toujours à l'avant-garde du Corps de montagne, a bousculé l'une après l'autre, les troupes d'élites allemandes jetées en toute hâte par l'ennemi pour lui barrer la route. Dans un élan que les obstacles conjugués de l'ennemi et le terrain ne parviennent pas à freiner a atteint et dépassé les objectifs qui lui étaient assignés.[...] A mis hors de combat 1 500 Allemands dont 300 prisonniers, s'emparant d'un armement important, perdant lui-même plus de 400 tués ou blessés. A ajouté ainsi une page glorieuse à l'histoire des goums.

  • Bulletin d'information du Maroc, Résidence générale de France au Maroc, éd. Imprimerie Royale, 1945, p. 64


Régiment Marocain animé d'un esprit offensif et d'un allant remarquable qui [...] a, sans arrêt pendant trois semaines, du 13 mai au 1er juin 1944, en région montagneuse, poursuivi et attaqué un ennemi qui tentait de s'installer défensivement sur des positions successives organisées antérieurement. Grâce à ses manœuvres et malgré les tirs violents d'artillerie et de mortiers a conservé constamment l'ascendant sur l'ennemi; [...] Au cours de cette période, a capturé 233 prisonniers dont 16 officiers, 24 mitrailleuses et 5 canons anti-chars. Reprenant sa marche en avant au nord de Rome, a, à partir du 18 juin, pendant 15 jours, poursuivi et attaqué l'ennemi qui tentait de ralentir notre avance [...] malgré les réactions violentes de l'ennemi. Soutenant ensuite l'action du détachement blindé et attaquant sans répit les nombreuses résistances ennemies, a réussi après plusieurs jours de combat à le chasser de toutes ses positions [...]. A puissamment aidé à la prise de Sienne.

  • L'armée de la victoire: De Naples à l'île d'Elbe, 1943-44, Paul Gaujac, éd. Charles-Lavauzelle, 1985, p. 191


Glorieux Régiment qui, après s'être particulièrement distingué pendant la campagne d'hiver, vient à nouveau de s'imposer à l'admiration de tous au cours de la bataille de Rome. [...] le 3e R.T.A, a, depuis le 14 mai, mené une poursuite ardente soutenue sans relâche, malgré les efforts de l'ennemi. Se lançant au devant des réserves adverses par la brèche de Castelforte, surprend par sa vitesse l'ennemi qui tente de se rétablir [...]. Bousculant les éléments retardataires ennemis couvrant la ligne "Hitler" [...], détruit à bout portant, avec l'appui du 7e Chasseurs, les casemates et tout le système défensif de cette position organisée, le 18 mai [...]. Se précipite dès le 19, à la poursuite de l'ennemi désorganisé [...]. A fait au cours de cette randonnée un très grand nombre de prisonniers et pris un important matériel de toutes sortes. [...] A été de ce fait le premier à porter le drapeau de la France à Rome.

  • L'armée de la victoire: De Naples à l'île d'Elbe, 1943-44, Paul Gaujac, éd. Charles-Lavauzelle, 1985, chap. Le corps expéditionnaire français en Italie, p. 142


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