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Corinne ou l'Italie

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Corinne ou l'Italie est un roman de l'écrivaine française Germaine de Staël paru en 1807. Il relate une histoire d'amour entre une poétesse italienne, Corinne, et Lord Oswald Nelvil, un noble anglais. Le roman contient de nombreuses informations et réflexions au sujet de l'Italie, de son histoire, de sa culture et des mœurs de ses habitants. Influencé par la pensée des Lumières, le roman s'inscrit également dans le courant du romantisme français.

Citations

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Oswald lord Nelvil, pair d'Écosse, partit d'Édimbourg pour se rendre en Italie pendant l'hiver de 1794 à 1795. Il avait une figure noble et belle, beaucoup d'esprit, un grand nom, une fortune indépendante ; mais sa santé était altérée par un profond sentiment de peine, et les médecins, craignant que sa poitrine ne fût attaquée, lui avaient ordonné l'air du midi.
  • Incipit du roman.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre premier, chapitre premier, p. 27


Il entendit résonner les cloches de nombreuses églises de la ville ; des coups de canon, de distance en distance, annonçaient quelque grande solennité : il demanda quelle en était la cause ; on lui répondit qu'on devait couronner le matin même, au Capitole, la femme la plus célèbre de l'Italie, Corinne, poëte, écrivain, improvisatrice, et l'une des plus belles personnes de Rome.
  • Première mention de Corinne dans le roman.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre II, chapitre premier, p. 49


Ils étaient des amis qui voyageaient ensemble ; ils commençaient à dire nous. Ah ! qu'il est touchant, ce nous prononcé par l'amour ! Quelle déclaration il contient, timidement et cependant vivement exprimée !
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre IV, chapitre 4, p. 107


On ne peut faire un pas dans Rome sans rapprocher le présent du passé, et les différents passés entre eux. Mais on apprend à se calmer sur les évènements de son temps en voyant l'éternelle mobilité de l'histoire des hommes ; et l'on a comme une sorte de honte de s'agiter, en présence de tant de siècles, qui tous ont renversé l'ouvrage de leurs prédécesseurs.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre IV, chapitre 5, p. 121


À côté des sept collines, ou sur leur penchant, ou sur leur sommet, on voit s'élever une multitude de clochers, des obélisques, la colonne Trajane, la colonne Antonine, la tour de Conti, d'où l'on prétend que Néron contempla l'incendie de Rome, et la coupole de Saint-Pierre, qui domine encore sur tout ce qui domine. Il semble que l'air soit peuplé par tous ces monuments qui se prolongent vers le ciel, et qu'une ville aérienne plane avec majesté sur la ville de la terre.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre IV, chapitre 5, p. 122


L'imagination tient de plus près qu'on ne croit à la morale ; il ne faut pas l'offenser.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre V, chapitre 1, p. 129


Cet obélisque est encore couvert des hiéroglyphes qui gardent leur secret depuis tant de siècles, et défient jusqu'à ce jour les plus savantes recherches. Les Indiens, les Égyptiens, l'antiquité de l'antiquité nous seraient peut-être révélés par ces signes.
  • Évocation d'un obélisque égyptien apporté à Rome dans l'Antiquité et dont les hiéroglyphes, à l'époque de la parution du roman, n'avaient pas encore été déchiffrés grâce aux travaux de Champollion.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre V, chapitre 3, p. 138


Cicéron dit : Nous sommes entourés des vestiges de l'histoire. S'il le disait alors, que dirons-nous maintenant !
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre V, chapitre 3, p. 138-139


La littérature de chaque pays découvre, à qui sait la connaître, une nouvelle sphère d'idées. C'est Charles-Quint lui-même qui a dit q’un homme qui sait quatre langues vaut quatre hommes. Si ce grand génie politique en jugeait ainsi pour les affaires, combien cela n'est-il pas plus vrai pour les lettres ?
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre VII, chapitre 1, p. 177


Quelque distingué que soit un homme, peut-être ne jouit-il jamais sans mélange de la supériorité d'une femme ; s'il l'aime, son cœur s'en inquiète ; s'il ne l'aime pas, son amour-propre s'en offense.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre VII, chapitre 3, p. 192


Portrait de Madame de Staël en Corinne, par Élisabeth Vigée Le Brun (vers 1808-1809). Musée d'art et d'histoire de Genève.
Ah ! sans doute, c'est par l'amour que l'éternité peut être comprise ; il confond toutes les notions du temps ; il efface les idées de commencement et de fin ; on croit avoir toujours aimé l'objet qu'on aime, tant il est difficile de concevoir qu'on ait pu vivre sans lui. Plus la séparation est affreuse, moins elle paraît vraisemblable ; elle devient, comme la mort, une crainte dont on parle plus qu'on n'y croit, un avenir qui semble impossible, alors même qu'on le sait inévitable.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre VIII, chapitre 2, p. 215


Quand Michel-Ange, avec son terrible talent, a voulu peindre ces sujets, il en a presqu'altéré l'esprit, en donnant à ses prophètes une expression redoutable et puissante qui en fait des Jupiter plutôt que des saints. Souvent aussi il se sert, comme Le Dante, des images du paganisme, et mêle la mythologie au christianisme.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre VIII, chapitre 3, p. 224


Si la religion consistait seulement dans la stricte observation de la morale, qu'aurait-elle de plus que la philosophie et la raison ? Et quels sentiments de piété se développeraient-ils en nous, si notre principal but était d'étouffer les sentiments du cœur ?
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre X, chapitre 5, p. 271


Il n'y a que deux classes d'hommes distinctes sur la terre, celle qui sent l'enthousiasme, et celle qui le méprise ; toutes les autres différences sont le travail de la société.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre X, chapitre 5, p. 272


Ils virent ensemble Pompéia, la ruine la plus curieuse de l'Antiquité. A Rome, l'on ne trouve guères que les débris des monuments publics, et ces monuments ne retracent que l'histoire politique des siècles écoulés ; mais à Pompéia c'est la vie privée des anciens qui s'offre à vous telle qu'elle était.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XI, chapitre 4, p. 300


L'antiquité inspire une curiosité insatiable. Les érudits qui s'occupent seulement à recueillir une collection de noms qu'ils appellent l'histoire sont sûrement dépourvus de toute imagination. Mais pénétrer dans le passé, interroger le cœur humain à travers les siècles, saisir un fait par un mot, et le caractère et les mœurs d'une nation par un fait, enfin remonter jusques aux temps les plus reculés, pour tâcher de se figurer comment la terre, dans sa première jeunesse, apparaissait aux regards des hommes, et de quelle manière ils supportaient alors ce don de la vie que la civilisation a tant compliqué maintenant ; c'est un effort continuel de l'imagination, qui devine et découvre les plus beaux secrets que la réflexion et l'étude puissent nous révéler.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XI, chapitre 4, p. 302


Les pressentiments ne sont le plus souvent qu'un jugement sur soi-même qu'on ne s'est pas encore tout-à-fait avoué.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XII, chapitre 1, p. 309


Le génie de l'homme est créateur, quand il sent la nature, imitateur, quand il croit l'inventer.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XIII, chapitre 4, p. 349


Pline étudiait la nature pour mieux admirer l'Italie ; il vantait son pays comme la plus belle des contrées, quand il ne pouvait plus l'honorer à d'autres titres. Cherchant la science comme un guerrier les conquêtes, il partit de ce promontoire même pour observer le Vésuve à travers les flammes, et ces flammes l'ont consumé.
  • Corinne, pendant son improvisation au cap Misène, évoque Pline l'Ancien.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XIII, chapitre 4, p. 350


Les grandes villes seules conviennent aux personnes qui sortent de la règle commune, quand c'est en société qu'elles veulent vivre ; comme la vie y est variée, la nouveauté y plaît ; mais dans les lieux où l'on a pris une assez douce habitude de la monotonie, l'on n'aime pas à s'amuser une fois, pour découvrir que l'on s'ennuie tous les jours.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XIV, chapitre 2, p. 373


Il se passe tant de choses au fond de l'âme, que nous ne pouvons ni prévoir, ni diriger.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XV, chapitre 2, p. 397


L'univers n'a-t-il pas d'autre but que l'homme, et toutes ses merveilles sont-elles là seulement pour se réfléchir dans notre âme ?
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XV, chapitre 4, p. 409


Le talent a besoin d'une indépendance intérieure que l'amour véritable ne permet jamais.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XV, chapitre 9, p. 430


On a si peur de ce qu'on aime quand une fois la confiance est perdue !
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XVII, chapitre 7, p. 493


Machiavel, qui révéla l'art du crime, plutôt en observateur qu'en criminel, mais dont les leçons profitent davantage aux oppresseurs qu'aux opprimés.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XVIII, chapitre 3, p. 516


On a tort cependant de craindre la supériorité de l'esprit et de l'âme : elle est très morale cette supériorité ; car tout comprendre rend très indulgent, et sentir profondément inspire une grande bonté.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XVIII, chapitre 5, p. 520


L'enthousiasme en tout genre est ridicule pour qui ne l'éprouve pas. La poésie, le dévouement, l'amour, la religion, ont la même origine ; et il y a des hommes aux yeux desquels ces sentiments sont de la folie.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XVIII, chapitre 5, p. 523


Les idées nouvelles déplaisent aux personnes âgées ; elles aiment à se persuader que le monde n'a fait que perdre, au lieu d'acquérir depuis qu'elles ont cessé d'être jeunes.
  • Corinne ou l'Italie (1807), Madame de Staël, éd. Gallimard, coll. « Folio Classique », 1985  (ISBN 978-2-07-037632-2), Livre XIX, chapitre 4, p. 545


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