Comment le peuple juif fut inventé

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Comment le peuple juif fut inventé est un essai publié en 2008 par l'historien (de l'œuvre de Georges Sorel et du cinéma) Shlomo Sand.

Citations[modifier]

L'histoire n'en est pas à une ironie près : il fut un temps en Europe où celui qui affirmait que les juifs, du fait de leur origine, constituaient un peuple étranger était désigné comme antisémite. Aujourd'hui, a contrario, qui ose déclarer que ceux qui sont considérés comme juifs dans le monde ne forment pas un peuple distinct ou une nation en tant que telle se voit immédiatement stigmatisé comme « ennemi d'Israël ».
  • Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand (trad. Sivan Cohen-Wiesenfeld et Levana Frenk), éd. Fayard, 2008, p. 35


Dans un doctorat mené dans le cadre de l'université de Tel-Aviv, Nurit Kirsh a analysé les débuts de la recherche génétique en Israël. Ses conclusions sont catégoriques : la génétique, comme l'archéologie dans les années 1950 en Israël, était une science biaisée entièrement dépendante d'une conception historique nationale qui s'efforçait de trouver une homogénéité biologique au sein des juifs dans le monde. Les généticiens avaient intériorisé le mythe sioniste et, par un processus semi-conscient, cherchaient à lui adapter les résultats de leurs recherches.
  • Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand (trad. Sivan Cohen-Wiesenfeld et Levana Frenk), éd. Fayard, 2008, p. 378


Comme dans le cas de l'anthropologie physique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, qui déversa de douteuses découvertes scientifiques au sujet de la race sur une scène publique réceptive, la génétique moléculaire de la fin du XXe siècle et du début du XXIe alimenta de résultats partiels et de demi-vérités un forum médiatique avide d'identité. Il faut rappeler qu'aucune étude n'a jusqu'ici mis en lumière, sur la base d'un choix aléatoire d'éléments génétiques dont l'origine "ethnique" n'était pas connue d'avance, des caractéristiques uniformes s'appliquant spécifiquement à l'hérédité juive dans son ensemble. De façon générale, l'information sur le mode de sélection des éléments observés est ténue et de nature à éveiller des doutes importants. Ce d'autant plus que les conclusions précipitées sont toujours construites et renforcées au moyen d'une rhétorique historique dénuée de tout lien avec le laboratoire scientifique. En dernière analyse, en dépit de tous les efforts "scientifiques" et coûteux, on ne peut caractériser l'individu juif au moyen d'un critère biologique, quel qu'il soit.
  • Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand (trad. Sivan Cohen-Wiesenfeld et Levana Frenk), éd. Fayard, 2008, p. 387


Cette "science", dans le contexte juif israélien, tout comme les recherches réalisées au service des racistes macédoniens, des membres des Phalanges libanaises, des Lapons du nord de la Scandinavie, etc, ne peut être entièrement délivrée des anciens fantômes d'une conception raciste dangereuse. […] l'idée traditionnelle de la race, qui doit se cacher pour être en accord avec le discours "politiquement correct" universel, continue de diriger le spectacle amusant des chromosomes. Dans un État qui se définit comme juif, mais dans lequel il n'existe aucun signe de reconnaissance culturel permettant de définir un mode de vie juif laïque universel, à l'exception des restes épars et laïcisés d'un folklore religieux l'identité collective a encore besoin de la représentation floue et prometteuse d'une ancienne origine biologique commune. Derrière chacun des actes étatiques en matière de politique identitaire en Israël, on voit encore se profiler la longue ombre noire de l'idée d'un peuplement-race éternel.
  • Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand (trad. Sivan Cohen-Wiesenfeld et Levana Frenk), éd. Fayard, 2008, p. 388


Aucun juif vivant dans une démocratie libérale occidentale ne pourrait aujourd'hui s'accoutumer aux formes de discriminations et d'exclusion vécues par les citoyens palestino-israéliens résidant dans un État qui déclare explicitement ne pas leur appartenir. Les partisans du sionisme parmi les juifs dans le monde, tout comme la plupart des Israéliens eux-mêmes, ne s'en trouvent pas gênés, ou ne souhaitent pas prendre conscience du fait que l'« État juif » ne pourrait être accepté au sein de l'Union européenne, ni même comme État légitime des États-Unis d'Amérique, en raison de la nature non démocratique de ses lois.
  • Comment le peuple juif fut inventé, Shlomo Sand (trad. Sivan Cohen-Wiesenfeld et Levana Frenk), éd. Fayard, 2008, p. 427


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