Chimamanda Ngozi Adichie

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Chimamanda Ngozi Adichie en 2020.

Chimamanda Ngozi Adichie, née le 15 septembre 1977 à Enugu au Nigeria, est une femme de lettres et militante féministe nigériane.

Citations[modifier]

L'Autre moitié du soleil, 2006[modifier]

« Il y a deux réponses aux choses qu’on t’enseignera sur notre pays : la vraie réponse et celle que tu donnes à l’école pour passer. Tu dois lire des livres et apprendre les deux réponses. Je te donnerai des livres, d’excellents livres. » Master s’interrompît pour boire une gorgée de thé. « On t’enseignera qu’un blanc du nom de Mungo Park a découvert le fleuve Niger. C’est n’importe quoi. Notre peuple pêchait dans le Niger bien avant la naissance du grand-père de Mungo Park. Mais le jour de ton examen, écris que c’est Mungo Park. »
  • L’Autre moitié du soleil (2006), Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Sylvie Schneiter et Mona de Pracontal), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2017  (ISBN 978-2-07-272247-9), chap. 1, p. 28


Votre vie vous appartient, à vous et à vous seul.»
  • L’Autre moitié du soleil (2006), Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Sylvie Schneiter et Mona de Pracontal), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2017  (ISBN 978-2-07-272247-9), chap. 1, p. 283


C'était l'amour : une série de coïncidences qui ont pris de l'importance et sont devenues des miracles.»
  • L’Autre moitié du soleil (2006), Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Sylvie Schneiter et Mona de Pracontal), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2017  (ISBN 978-2-07-272247-9), chap. 1, p. 135


Vous ne pouvez pas écrire un scénario dans votre esprit et vous forcer à le suivre. Vous devez vous laisser aller.»
  • L’Autre moitié du soleil (2006), Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Sylvie Schneiter et Mona de Pracontal), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2017  (ISBN 978-2-07-272247-9), chap. 1, p. 210


Le danger de l’histoire unique, 2009[modifier]

 Texte d’une conférence donnée en 2009 (voir « The danger of a single story », sur ted.com).

Le pouvoir est la capacité non pas seulement de raconter l’histoire de quelqu’un d’autre, mais d’en faire l’histoire de référence de cette personne. Le poète palestinien Mourid al-Barghouti écrit que, si l’on veut déposséder un peuple, la façon la plus simple de procéder est de raconter son histoire, et de le faire en commençant par le « deuxièmement. » Commencez par les flèches des Américains autochtones plutôt que par l’arrivée des Britanniques, et vous aurez une histoire entièrement différente. Commencez par la faillite des états africains plutôt que par le découpage colonial de l’Afrique, et vous aurez une histoire entièrement différente.
  • Nous sommes tous des féministes, suivi de Le danger de l'histoire unique, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Gallimard, coll. « Folio 2 euros », 2020  (ISBN 978-2-07-288650-8), p. 65


L’histoire unique crée des stéréotypes, et le problème des stéréotypes n’est pas qu’ils sont inexacts, c’est qu’ils sont incomplets. Ils font qu’une histoire devient la seule histoire.
  • Nous sommes tous des féministes, suivi de Le danger de l'histoire unique, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Gallimard, coll. « Folio 2 euros », 2020  (ISBN 978-2-07-288650-8), p. 67-68


Les histoires comptent. La multitude des histoires compte. Des histoires ont été utilisées pour déposséder et pour calomnier, mais des histoires peuvent aussi servir à reprendre du pouvoir et à humaniser. Des histoires peuvent briser la dignité d’un peuple, mais des histoires peuvent aussi restaurer cette dignité brisée.
  • Nous sommes tous des féministes, suivi de Le danger de l'histoire unique, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Gallimard, coll. « Folio 2 euros », 2020  (ISBN 978-2-07-288650-8), p. 72


Lorsque nous rejetons l’histoire unique, lorsque nous nous rendons compte qu’il n’y a jamais une histoire unique pour un lieu donné, quel qu’il soit, nous reconquérons une sorte de paradis.
  • Nous sommes tous des féministes, suivi de Le danger de l'histoire unique, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Gallimard, coll. « Folio 2 euros », 2020  (ISBN 978-2-07-288650-8), p. 73


Nous sommes tous des féministes, 2014[modifier]

 Texte remanié d’une conférence donnée en 2012 (voir « We should all be feminists », sur ted.com).

C’est alors qu’un de mes proches amis m’a fait remarquer que me présenter comme féministe était synonyme de haine des hommes. J’ai donc décidé d’être désormais une Féministe Africaine Heureuse qui ne déteste pas les hommes, qui aime mettre du brillant à lèvres et des talons hauts pour son plaisir, non pour séduire les hommes. Trêve d’ironie, cela montre à quel point le terme féministe est chargé de connotations lourdes et négatives. On déteste les hommes, on déteste les soutiens-gorges, on déteste la culture africaine, on estime que les femmes devraient toujours être aux manettes, on ne se maquille pas, on ne s'épile pas, on est toujours en colère, on n'a aucun sens de l'humour, on ne met pas de déodorant.
  • Nous sommes tous des féministes, suivi de Le danger de l'histoire unique, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Gallimard, coll. « Folio 2 euros », 2020  (ISBN 978-2-07-288650-8), p. 20


Il y a un peu plus de femmes que d’hommes dans le monde – elles constituent cinquante-deux pour cent de la population mondiale –, pourtant les hommes occupent la plupart des postes importants ou prestigieux. Feu Wangari Maathai, lauréate kenyane du prix Nobel de la paix, l’a résumé par une formule aussi simple que percutante : « Plus on s’élève dans l’échelle sociale, moins il y a de femmes. »
  • Nous sommes tous des féministes, suivi de Le danger de l'histoire unique, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Gallimard, coll. « Folio 2 euros », 2020  (ISBN 978-2-07-288650-8), p. 25


Nous passons un temps fou à apprendre à nos filles à se préoccuper de l'opinion que les garçons ont d'elles. Mais le contraire n'est pas vrai. Nous n'apprenons pas à nos fils à se soucier d'être aimables. Nous passons un temps fou à répéter à nos filles qu'elles ne peuvent être en colère, ni agressives, ni dures, ce qui est déjà assez grave en soi, sauf que nous prenons le contre-pied et félicitons ou excusons les garçons qui, eux, ne s'en privent pas.
  • Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Folio, 2016, p. 30-31


Notre société conditionne une femme à vivre comme un échec d'être toujours célibataire à un certain âge.
  • Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Folio, 2016, p. 35


Beaucoup parmi nous sont persuadées que moins une femme est féminine, plus elle jouiera de considération. L'idée que ce qu'il porte déterminera l'opinion qu'on a de lui n'effleure pas un homme qui se rend à une réunion professionnelle, alors qu'une femme se posera toujours la question.
  • Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Folio, 2016, p. 42


Une conversation sur la question du genre n’est jamais facile. Cela gêne ou même agace les gens. Hommes et femmes sont tout aussi hostiles au sujet, quand ils ne s’empressent pas de récuser les problèmes de discrimination sexiste. Parce que la remise en cause d’un statu quo n’est jamais chose aisée.
  • Nous sommes tous des féministes, suivi de Le danger de l'histoire unique, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Gallimard, coll. « Folio 2 euros », 2020  (ISBN 978-2-07-288650-8), p. 44-45


La culture ne crée par les gens. Les gens créent la culture.
  • Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Folio, 2016, p. 49


Plus on monte, moins il y a de femmes..
  • Nous sommes tous des féministes, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal et Sylvie Schneiter), éd. Folio, 2016, p. 11


Notes sur le chagrin, 2021[modifier]

Le chagrin est un enseignement cruel. On apprend combien le processus du deuil peut être brutal, combien il peut être lourd de colère. On apprend combien les condoléances peuvent paraître creuses. On apprend combien le chagrin est question de langue, l’échec de la langue et la tentative de s’y raccrocher.
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 15


Ma colère m’effraie, ma peur m’effraie, et quelque part là-dedans il y a de la honte, aussi - pourquoi tant de rage et de frayeur en moi ? J’ai peur de me coucher et de me réveiller, peur de demain et de tous les lendemains suivants. Je demeure stupéfaite, incrédule, que le facteur passe comme d’habitude, que des gens m’invitent à parler à tel ou tel endroit, que des alertes d’information surgissent régulièrement sur l’écran de mon téléphone. Comment le monde peut-il continuer à tourner, à inspirer et expirer sans rien de changé, alors que dans mon âme c’est une déroute permanente ?
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 22-23


Je suis dépouillée à tout jamais de ma méfiance envers les superlatifs : le 10 juin 2020 a été la pire journée de ma vie. La pire journée d’une vie est une chose qui existe bel et bien et s’il te plaît, cher univers, j’aimerais que rien ne la surpasse jamais.
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 29


Aujourd’hui je tressaille en repensant aux paroles que j’ai adressées par le passé à des amis en deuil. « Cherche la paix dans tes souvenirs », avais-je coutume de dire. Être si brutalement privé d’amour, qui plus est quand on ne s’y attend pas, et s’entendre dire de se tourner vers ses souvenirs. Loin de soulager, mes souvenirs me donnent des élancements aussi douloureux qu’éloquents : « Voici ce que tu n’auras jamais plus. »
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 38-39


Le chagrin n’est pas vaporeux ; il a du corps, il est oppressant, c’est chose opaque. Son poids est plus lourd le matin, après le sommeil : un cœur de plomb, une réalité obstinée qui refuse de bouger.
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 41


« Cet homme n’est pas un bon professeur, a-t-il dit, pas parce qu’il ne savait pas résoudre le problème, mais parce qu’il n’a pas dit qu’il ne savait pas. » Est-ce pour cela que je suis devenue quelqu’un qui a assez confiance en soi pour dire « je ne sais pas » quand je ne sais pas ? Mon père m’a appris qu’on a jamais fini d’apprendre.
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 52


Les premiers mots de ma mère, quand Okey est entré dans sa chambre dans la nuit du 10 juin, qu’il a allumé la lumière et l’a prévenue, ce furent How can?, tournure nigériane qui signifie « Comment ça se peut, c’est impossible, ça ne se peut pas. » Puis elle a ajouté les mots qui se sont gravés au fer rouge dans nos cœurs, pendant ce Zoom : « Mais il ne m’a rien dit. » Parce qu’il lui aurait dit. Ils étaient comme ça. S’il avait été sur le point de nous quitter pour toujours, il lui aurait dit, donc le fait qu’il ne lui ait pas dit signifiait que ça ne pouvait être vrai.
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 55


« Jamais » est entré dans ma vie pour y rester. « Jamais » semble si injustement punitif. Pour le restant de mes jours, je vivrai en tendant les mains vers des choses qui ne sont plus là.
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 66


J’ai besoin de temps. Pour le moment, j’ai envie de sobriété. Un ami m’envoie une phrase de mon roman : « Le chagrin était la célébration de l’amour, ceux qui pouvaient ressentir un véritable chagrin avaient la chance d’avoir aimé. » Comme c’est étrange que la lecture de mes propres mots me cause une douleur si exquise.
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 78


Peu importe que je veuille être changée ou non, car je suis changée. Une nouvelle voix s’extrait de mon écriture, pleine de la proximité avec la mort que je ressens, de la conscience de ma propre mortalité, si finement tissée, si aiguë. Une urgence nouvelle. Une impermanence dans l’air. Je dois écrire tout maintenant, car qui sait de combien de temps je dispose ?
  • Notes sur le chagrin, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, 2021  (ISBN 978-2-07-294392-8), p. 98


L'hibiscus pourpre, 2016[modifier]

J'ai été souillé par l'échec.
  • L'hibiscus pourpre, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046881-2), p. 39


Papa s'est assis à la table et a versé son thé du service à thé en porcelaine avec des fleurs roses sur les bords. J'ai attendu qu'il nous demande, à Jaja et à moi, de prendre une gorgée, comme il le faisait toujours. Une gorgée d'amour, comme il l'appelait, parce qu'on partageait les petites choses qu'on aimait avec les gens qu'on aimait.
  • L'hibiscus pourpre, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046881-2), p. 08


Les gens ont tout le temps le béguin pour les prêtres , tu sais. C'est excitant d'avoir affaire à Dieu en tant que rival.
  • L'hibiscus pourpre, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Mona de Pracontal), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046881-2), p. 220


Americanah, 2016[modifier]

(..) ...il y avait du ciment dans son âme. Il était là depuis un certain temps, une maladie matinale de fatigue, des désirs informes, de brefs aperçus imaginaires d'autres vies qu'elle pourrait vivre, qui au fil des mois se sont fondus en un mal du pays perçant..
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 12


(...) Sa relation avec lui était comme être content dans une maison mais toujours assis près de la fenêtre à regarder dehors.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 14


Il regardait déjà leur relation à travers la lentille du passé. La capacité de l'amour romantique à muter, la rapidité avec laquelle un être aimé pouvait devenir un étranger, la laissait perplexe. Où est passé l'amour ? Peut-être que le véritable amour était familial, en quelque sorte, lié au sang, puisque l'amour des enfants ne mourait pas comme l'amour romantique.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 314


Pourquoi les gens demandaient-ils "De quoi ça parle ?", comme si un roman ne devait parler que d'une seule chose.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 208


Comme il était facile de mentir à des inconnus, de créer avec des inconnus les versions de nos vies que nous imaginions.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 25


Ils se sont eux-mêmes moqués de l'Afrique, échangeant des histoires absurdes et stupides, et ils se sentaient en sécurité pour se moquer, parce que c'était une moquerie née de la nostalgie, et du désir déchiré de voir un endroit reconstitué.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 153


Son blog marchait bien, avec des milliers de visiteurs uniques chaque mois, et elle gagnait de bons honoraires de conférencière, et elle avait une bourse à Princeton et une relation avec Blaine - "Tu es l'amour absolu de ma vie", avait-il écrit dans sa dernière carte d'anniversaire - et pourtant il y avait un ciment dans son âme. Il était là depuis un certain temps, une maladie matinale de fatigue, des désirs informes, de brefs aperçus imaginaires d'autres vies qu'elle pourrait vivre, qui, au fil des mois, se sont fondus dans un mal du pays perçant.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 12


Il y avait des gens trois fois plus grands qu'elle sur le quai de Trenton et elle regarda avec admiration l'une d'entre elles, une femme portant une jupe très courte. Elle ne pensait rien des jambes fines mises en valeur dans des minijupes - c'était anodin, après tout, d'exhiber des jambes que le monde approuvait - mais l'acte de la grosse femme était une conviction tranquille que l'on ne partage qu'avec soi-même, un sentiment de justesse que les autres ne voyaient pas.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 14


Si vous ne comprenez pas, posez des questions. Si vous n'êtes pas à l'aise pour poser des questions, dites-le et posez-les quand même. Il est facile de savoir si une question vient d'un bon endroit. Ensuite, écoutez encore un peu. Parfois, les gens veulent simplement se sentir écoutés. Nous vous souhaitons de nombreuses possibilités d'amitié, de connexion et de compréhension.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 354


Cher Noir non américain, quand vous faites le choix de venir en Amérique, vous devenez noir. Arrêtez de vous disputer. Arrêtez de dire que je suis Jamaïcain ou Ghanéen. L'Amérique s'en fiche.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 242


Je ne savais pas que j'étais censé avoir des problèmes jusqu'à ce que je vienne en Amérique.
  • Americanah, Chimamanda Ngozi Adichie (trad. Anne Damour), éd. Gallimard, coll. « Folio », 2016  (ISBN 978-2-07-046880-5), p. 136


Autres citations[modifier]

Je me considère comme une conteuse, mais cela ne me dérangerait pas du tout si quelqu'un me considérait comme une écrivaine féministe.. Je suis très féministe dans la façon dont je regarde le monde, et cette vision du monde doit en quelque sorte être une partie de mon travail.
  • (en) I think of myself as a storyteller, but I would not mind at all if someone were to think of me as a feminist writer... I'm very feminist in the way I look at the world, and that world view must somehow be part of my work.
  • « Storyteller », Janell Hobson (trad. Wikiquote), Ms., 2014, p. 26-29


Citations rapportées[modifier]

Citation sur[modifier]

Voir aussi[modifier]

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