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Arthur C. Clarke

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Sir Arthur C. Clarke en 2005 dans sa maison du Sri Lanka.

Arthur Charles Clarke (16 décembre 1917 - 19 mars 2008) était un scientifique et un écrivain de science-fiction britannique.

Ils ont dit

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On a tendance à nous confondre parce que nous sommes tous deux des auteurs de textes cérébraux où les concepts scientifiques comptent plus que l'action proprement dite.
  • Moi, Asimov (1994), Isaac Asimov (trad. Hélène Collon), éd. Folio, coll. « S.F », 2004  (ISBN 2-07-031302-6), p. 164


Citations de ses romans

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Voir le recueil de citations : 2001 : l'odyssée de l'espace (livre)


Il se réveilla vraiment, et vit que sa main gauche flottait à quelques centimètres de ses yeux. Étrange. Les lignes de sa main faisaient un dessin presque identique à la carte d'Europe ! Mais Mère Nature, avec son sens de l'économie, ne cesse de se répéter à des échelles immensément différentes, comme le tourbillon de la crème dans le café, les traînées de nuages dans un cyclone et les bras d'une nébuleuse spirale.


Seul son bras droit s'engourdissait de plus en plus, écrasé par le corps de Xénia. Il réussit péniblement à le dégager, un acte familier qui raviva une culpabilité passagère. En sentant la circulation revenir dans ses muscles, Floyd se rappela une phrase célèbre attribuée à au moins une douzaine d'astronautes : « On a beaucoup exagéré le plaisir et la difficulté du sexe en apesanteur. » [...] Le temps semblait s'écouler plus lentement, et il cessa bientôt de consulter sa montre, ne pouvant croire à ce qu'elle indiquait. Les chiffres changeaient si lentement qu'il pouvait presque s'imaginer pris dans une sorte de dilatation spatio-temporelle. Alors il se passa quelque chose d'encore moins croyable. Il en fut d'abord amusé, puis légèrement indigné. Xénia s'était endormie, sinon tout à fait dans ses bras, du moins tout contre lui. C'était une réaction naturelle, après une tension épuisante, et la sagesse du corps était venue à son secours. En même temps, Floyd fut plongé dans une somnolence quasiment post-coïtale, comme si cette rencontre l'avait lui aussi épuisé – émotionnellement. Il dut faire des efforts pour ne pas s'endormir. ... Et soudain, il tombait... tombait... tombait... tout était fini. Le vaisseau était de nouveau dans l'espace, dans son élément. Xénia et lui flottaient séparément. Ils ne seraient plus jamais aussi proches, mais ils ressentiraient toujours une tendresse particulière l'un pour l'autre, et nul ne pourrait la partager.


Te souviens-tu que je t'ai fait lire Le seigneur des anneaux, pendant cette conférence à Oxford, quand nous étions jeunes ? Eh bien, Io, c'est Mordor. Relis la troisième partie. Il y a un passage sur “les fleuves de roche en fusion qui serpentent... jusqu'à se refroidir et se figer comme les formes distordues de dragons vomis par la terre torturée”. C'est une description parfaite. Comment Tolkien a-t-il pu le savoir, un quart de siècle avant les premières photos d'Io ? Parle moi encore de la nature imitant l'art.


[Curnow, au moment d'entrer dans l'épave du Discovery, répondant à Braïlovski qui craint que l'odeur fétide provienne de cadavres humains.] Je vois ce que tu veux dire. Mais tu te laisses emporter par ton imagination. Je te parie à dix contre un que cette odeur vient de la cuisine. De la viande qui a dû pourrir avant que le vaisseau ne se refroidisse. Et Bowman devait être trop occupé pour faire le ménage. J'ai connu des appartements de célibataires qui sentaient plus mauvais que ça.


[Peu après son réveil, HAL s'adresse au Dr. Chandra son concepteur.] « Où sont Frank et Dave ? Qui sont ces gens ? Vous êtes le seul que je puisse identifier, mais j'estime qu'il y a une probabilité de soixante-cinq pour cent pour que l'homme placé derrière vous soit le Dr Heywood Floyd. » Se rappelant à temps les ordres de Chandra, Floyd se retint de féliciter HAL. Dix ans plus tard, soixante-cinq pour cent n'était pas si mal. Beaucoup d'êtres humains n'auraient pas fait aussi bien.


L'esprit humain possède une stupéfiante faculté d'adaptation, et au bout d'un certain temps l'incroyable devient banal.


[L'esprit de David Bowman, ou son fantôme, désormais transmué en “enfant des étoiles”, a visité comme en service commandé le mémorial Leakey dans la gorge d'Olduvaï, berceau de l'humanité.] Pourtant les crânes célèbres, conservés comme les joyaux de la couronne dans leur vitrine, faisaient lever d'étranges échos dans sa mémoire, une excitations dont il ne voyait pas la raison. Il avait un sentiment de déjà vu intense, comme si l'endroit devait lui être familier – mais quelque chose n'allait pas. C'était comme de retrouver une maison qu'on a quittée depuis de nombreuses années pour découvrir que le mobilier a été changé, les cloisons déplacées, l'escalier lui-même reconstruit.


Ils avaient été fascinés, et même profondément émus, d'assister à la renaissance progressive de sa personnalité – HAL avait commencé par être un enfant au cerveau endommagé, il était devenu un adolescent perplexe, et finalement un adulte légèrement condescendant. Floyd savait que de telles étiquettes anthropomorphiques étaient tout à fait trompeuses, mais il ne pouvait s'empêcher de les utiliser. Et il avait parfois l'impression que toute cette situation était étrangement familière. Combien n'avait-il pas vu de vidéodrames où des adolescents à problèmes étaient remis dans le droit chemin par de sagaces descendants du légendaire Sigmund Freud ! C'était en gros la même histoire qui se répétait à l'ombre de Jupiter.


Ce fut un parfait exemple de rétroaction positive dans une bobine amplificatrice. Deux secondes plus tard, ils étaient pris d'un fou rire. La crise était passée. De plus, ils avaient fait le premier pas vers une véritable amitié. Ils avaient échangé leurs points faibles.


MAINTENANT VOUS COMMENCEZ À COMPRENDRE. C'était le premier message qu'il recevait. Bien que la voix fût lointaine, comme si elle lui parvenait à travers un nuage, elle s'adressait à lui, indubitablement. Avant qu'il ait pu poser une des myriades de questions qui lui traversèrent l'esprit, il sentit la présence s'éloigner et se retrouva de nouveau seul. Mais seulement pour un instant. D'autres pensées s'approchèrent, plus près encore et, pour la première fois, il se rendit compte qu'il était contrôlé et manipulé par plus d'une entité. Il se trouvait en fait pris dans toute une hiérarchie d'intelligences dont certaines étaient assez voisines de son propre niveau primitif pour servir d'interprètes. À moins que ce ne fussent différents aspects d'un être unique. Ou que cette distinction ne soit parfaitement dénuée de sens.


Walter était le parfait exemple de l'ingénieur compétent, à l'esprit pratique, se méfiant des intuitions brillantes et des raccourcis technologiques. Personne ne l'aurait considéré comme un génie, et parfois il faut du génie pour voir ce qui vous crève les yeux.


« Mise à feu dans cinq minutes. » Étrange, pensa Floyd, comme les mots survivent aux technologies qui leur ont donné naissance. Il n'y avait que les fusées chimiques à être mises à feu. Même si l'hydrogène d'un réacteur nucléaire ou en fusion entrait en contact avec de l'oxygène, il serait beaucoup trop chaud pour brûler. À de telles températures, tous les éléments composés étaient réduits à leurs molécules originelles. Son esprit vagabondait, cherchant d'autres exemples. Les gens – surtout les gens âgés – parlaient encore de mettre une pellicule dans une caméra, ou de l'essence dans une voiture. Même la phrase « couper la bande » s'entendait quelquefois dans les studios d'enregistrement, ayant survécu à deux générations de technologies désuètes.


Floyd voyait une douzaine de choses qui pouvaient mal tourner, et cela ne le consolait guère de savoir qu'en réalité c'était toujours la treizième qui arrivait.


Ils étaient peut-être en sécurité, mais c'était loin d'être certain. Car, au cours de ces dernières minutes, il comprit que ceux qui le contrôlaient ne savaient pas toujours prédire le résultat ultime de leur jeu avec le cosmos. Ils n'avaient pas encore atteint l'ennui suprême de l'omnipotence absolue : leurs expériences ne réussissaient pas toujours.


Certains dangers sont à ce point spectaculaires, si loin des expériences courantes, que l'esprit refuse d'admettre leur réalité et peut contempler une catastrophe imminente sans l'ombre d'une appréhension. L'homme qui regarde un raz de marée, une avalanche qui descend sur lui, ou le cœur vertigineux d'un cyclone, sans essayer de s'enfuir, n'est pas nécessairement paralysé par la peur ou résigné à un sort inéluctable. Il se peut simplement qu'il ne puisse croire que le message transmis par ses yeux le concerne personnellement. Tout cela arrive à quelqu'un d'autre.


Après l'apparition d'une nouvelle étoile née de l'implosion de Jupiter, nommée Lucifer.] Les paysans, les maires, les fonctionnaires municipaux, les policiers, les marins, presque tous ceux qui travaillaient à l'extérieur firent bon accueil à Lucifer, qui leur rendit la vie plus facile et plus sûre. Mais les amoureux, les criminels, les biologistes et les astronomes ne lui vouèrent que de la haine.


Les préjugés et les tabous liés à la nourriture régissent fortement le comportement humain et la logique s'avère souvent impuissante à les vaincre. Recycler des excréments dans les champs, en plein air, en les purifiant grâce aux rayons du Soleil, passe encore ; mais le faire chez soi, à l'aide de mystérieux appareils électriques, pas question. Pendant des années, les ingénieurs de Fuller argumentèrent en vain :
— Dieu Lui-même serait incapable de voir la différence entre deux atomes de carbone.
Pourtant, la plupart des gens étaient convaincus d'en être capables, eux.


De tous les grands félins, et peut-être de tous les mammifères, le tigre du Bengale est le plus beau.


Les plus célèbres merveilles de Mars étaient tellement gigantesques qu'on ne pouvait les admirer vraiment que de l'espace.


En vérité la permissivité en matière sexuelle, proche de celle de l'Hindouisme, constituait l'une des différences les plus marquantes entre le Chrislamisme et les religions dont il était issu. Il lui dut certainement une grande part de sa popularité, tant était grand le contraste avec le puritanisme islamique et la morale maladive du Christianisme qui empoisonna la vie de milliards d'hommes et aboutit à cette perversion qu'est le célibat.


Jean-Paul IV — […] Voici maintenant venu le temps de reconnaître une faute plus tragique encore. Le refus obstiné de l'Église d'accepter les moyens artificiels de limitation des naissances a gâché des milliards de vies et, ironie du sort, a encouragé les familles trop pauvres pour nourrir les enfants qu'on les obligeait à mettre au monde, à recourir au péché d'avortement.
Cette politique a conduit notre espèce au bord du gouffre. La surpopulation a épuisé les ressources de la planète Terre et pollué tout notre environnement. Dès la fin du XXe siècle, tout le monde avait conscience du drame, mais aucune décision ne fut prise. Certes, on réunit des conférences et on vota d'innombrables résolutions, mais rien de concret, ni d'efficace. […]


Pourquoi mettent-ils en œuvre des accélérations aussi colossales alors qu'ils ont tout l'espace à leur disposition et qu'ils pourraient prendre tout leur temps pour atteindre leur vitesse de croisière ? Ma théorie est la suivante : ils captent d'une façon ou d'une autre l'énergie de champ qui enveloppe les étoiles, ce qui les oblige à effectuer leurs manœuvres de démarrage et d'arrêt à proximité immédiate d'un soleil. Mais tout cela est secondaire...


— C'est une idée cruelle, mais vous devez la regarder en face. Peut-être votre domination s'étendra-t-elle un jour sur les planètes. Mais les étoiles ne sont pas pour l'Homme.


C'est donc la fin de l'homme, songea Jan avec une résignation au-delà de la tristesse. Une fin qu'aucun prophète n'avait jamais annoncée, une fin désavouant aussi bien l'optimisme que le pessimisme.
Et néanmoins appropriée : elle avait la sublime inéluctabilité d'un grandiose chef-d'œuvre. Jan avait eu un fugitif aperçu du cosmos et de sa terrifiante immensité, et il savait désormais que l'homme n'y avait pas sa place. Il comprenait enfin la vanité ultime de l'utopie qui l'avait leurré. Il avait rêvé des étoiles. Or, la route qui conduisait aux étoiles bifurquait et la destination à laquelle menait chacune de ses branches était étrangère aux espoirs comme aux craintes des humains.


Citations de ses nouvelles

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Sur la Lune, bien sûr, la distance ne fait pas disparaitre les détails... il n'existe rien de semblable à cette vapeur presque imperceptible qui adoucit et parfois transforme toutes choses lointaines sur la Terre.
  • « La sentinelle » (1951), Arthur C. Clarke (trad. Paul Hébert), dans Histoires de science-fiction, éd. Livre de Poche, coll. « La grande anthologie de la science-fiction », 1984, p. 12


D'être venu peut-être cent millions d'années trop tard ne me contrariait pas ; c'était déjà bien assez d'être venu, tout simplement.
  • « La sentinelle » (1951), Arthur C. Clarke (trad. Paul Hébert), dans Histoires de science-fiction, éd. Livre de Poche, coll. « La grande anthologie de la science-fiction », 1984, p. 16-17


Je compris alors que je me trouvais devant une chose que rien n'aurait pu égaler dans l'antiquité de ma propre race. Ce n'était pas une bâtisse, mais une machine, qui se défendait au moyen de forces qui défiaient l’Éternité.
  • « La sentinelle » (1951), Arthur C. Clarke (trad. Paul Hébert), dans Histoires de science-fiction, éd. Livre de Poche, coll. « La grande anthologie de la science-fiction », 1984, p. 18


Dans le premier enthousiasme de ma découverte, j'avais admis sans discussion que cette construction cristalline était le fait d'une race appartenant au passé lointain de la Lune, mais soudain et avec une force implacable, je fus persuadé que cette race était tout aussi étrangère à la Lune que moi-même.
  • « La sentinelle » (1951), Arthur C. Clarke (trad. Paul Hébert), dans Histoires de science-fiction, éd. Livre de Poche, coll. « La grande anthologie de la science-fiction », 1984, p. 19


La pyramide trônait sur ce plateau creusé dans la montagne avant que la vie soit née dans les eaux de la Terre.
  • « La sentinelle » (1951), Arthur C. Clarke (trad. Paul Hébert), dans Histoires de science-fiction, éd. Livre de Poche, coll. « La grande anthologie de la science-fiction », 1984, p. 20


C'était un phare qui tout au long des âges avait signalé patiemment que personne ne l'avaient encore découvert.
  • « La sentinelle » (1951), Arthur C. Clarke (trad. Paul Hébert), dans Histoires de science-fiction, éd. Livre de Poche, coll. « La grande anthologie de la science-fiction », 1984, p. 21


Si vous me pardonnez cette plate comparaison, nous avons déclenché l'alerte à l'incendie et nous n'avons plus qu'à attendre les pompiers. Je ne pense d'ailleurs pas que nous ayons longtemps à attendre.
  • « La sentinelle » (1951), Arthur C. Clarke (trad. Paul Hébert), dans Histoires de science-fiction, éd. Livre de Poche, coll. « La grande anthologie de la science-fiction », 1984, p. 22


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