Or

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L'or est un élément chimique de symbole Au et de numéro atomique 79. C’est un métal ductile, malléable, précieux et inoxydable.

Littérature[modifier]

Écrit intime[modifier]

Anaïs Nin, Henry et June — Les cahiers secrets, 1986[modifier]

Décembre (1931)

Elle me dit, tout en me fixant : « Je croyais que vos yeux étaient bleus. Ils sont étranges et beaux — gris et or, avec ces longs cils noirs. »


Manifeste[modifier]

Les surréalistes, La Révolution surréaliste n°1, 1924[modifier]

Le surréalisme ouvre les portes du rêve à tous ceux pour qui la nuit est avare. Le surréalisme est le carrefour des enchantements du sommeil, de l'alcool, du tabac, de l'éther, de l'opium, de la cocaïne, de la morphine ; mais il est aussi le briseur de chaînes ; nous ne dormons pas, nous ne buvons pas, nous ne fumons pas, nous ne prisons pas, nous ne nous piquons pas et nous rêvons, et la rapidité des aiguilles des lampes introduit dans nos cerveaux la merveilleuse éponge défleurie de l'or.

  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. Découverte Gallimard Littérature, 2000 (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Préface à La Révolution surréaliste, n°1, 1924, p. 169


Nouvelle[modifier]

Poésie[modifier]

Prose poétique[modifier]

Robert Desnos, Deuil pour deuil, 1924[modifier]

J'ai vu de loin s'avancer les belles millionnaires avec leur caravane de chameaux galonnés porteurs d'or. Je les ai attendues, impassible et tourmenté. Avant même de m'atteindre, elles se transformèrent en petites vieilles poussiéreuses et les chameliers en ganaches.


André Breton, Poisson soluble, 1924[modifier]

Sur le bord des nuages se tient une femme, sur le bord des îles une femme se tient comme sur les hauts murs décorés de vigne étincelante le raisin mûrit, à belles grappes dorées et noires.


Je suis dépossédé des racines de l'or, assurément, mais je tiens les fils de la tempête et je garde les cachets de cire du crime.


Louis Aragon, Le Paysan de Paris, 1926[modifier]

La nuit a des sifflets et des lacs de lueurs. Elle pend comme un fruit au littoral terrestre, comme un quartier de boeuf au poing d'or des cités. Ce cadavre palpitant a dénoué sa chevelure sur le monde, et dans ce faisceau, le dernier, le fantôme incertain des libertés se réfugie, épuise au bord des rues éclairées par le sens social son désir insensé de plein air et de péril.

  • Les surréalistes — Une génération entre le rêve et l'action (1991), Jean-Luc Rispail, éd. Gallimard, coll. Découverte Gallimard Littérature, 2000 (ISBN 2-07-053140-6), chap. Témoignages et documents, Louis Aragon, Le Paysan de Paris, 1926, p. 163


Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927[modifier]

Un jour, il avait jonché la promenade des Anglais d’une multitude de camélias et d’anémones auxquelles se mêlaient des algues rares recueillies à grands frais dans les profondes fosses des mers équatoriales et des arbres entiers de corail blanc, une autre fois il avait distribué par millier des pièces étranges d’une monnaie d’or inconnue, à l’avers de laquelle un signe inquiétant était gravé ; au revers de laquelle resplendissait le chiffre 43 que nul n’avait pu expliquer.


Roman[modifier]

Marie d'Agoult, Nélida, 1866[modifier]

Ce soir-là, ses salons en stuc blanc chargé d'or étaient éclairés avec plus de splendeur que de coutume ; des multitudes de girandoles en cristal de roche à facettes étincelantes, se répétant à l'infini dans des panneaux de glace, jetaient une vive lumière sur les draperies de damas aux tons éclatants. Des pyramides de cactus, qui ouvraient leurs corolles ardentes dans cette chaude atmosphère, ajoutaient encore à l'éblouissement de l'oeil. Un orchestre puissant faisait retentir d'une musique provocante ces espaces sonores où les femmes aux courtes tuniques, aux cheveux parfumés, ruisselants de pierreries, les bras nus, les épaules nues, arrivaient une à une et se prenaient la main, comme des fées qui se rassemblent pour un joyeux sortilège.


Gabriele D'Annunzio, Le Feu, 1900[modifier]

— Perdita, — dit le poète qui, à voir ainsi tout s’animer autour de lui selon sa pensée, sentait courir par tout son être une sorte de félicité intellectuelle, — ne vous semble-t-il pas que nous suivons le convoi de l’Été, de la Saison morte ? Elle gît dans la barque funèbre, vêtue d’or comme une dogaresse, comme une Loredana, une Morosina ou une Soranza du siècle vermeil ; et son cortège la conduit vers l’île de Murano, où quelque maître du feu l’enfermera dans un coffre de verre opalin, afin que, submergée au fond de la lagune, elle puisse du moins, à travers ses paupières diaphanes, contempler les souples jeux des algues, avec l’illusion d’avoir toujours autour de son corps la vie de sa chevelure voluptueuse, en attendant que le Soleil la rappelle.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 5


Il y avait dans l’air comme un reflet épars du faste d’autrefois, et leurs yeux le percevaient de la même façon que, en contemplant les palais noircis par les siècles, ils avaient, dans l’harmonie des marbres durables, retrouvé la note éteinte de l’or.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. I. L'épiphanie du feu, p. 21


La Foscarina regarda la rieuse avec étonnement, car elle l’avait oubliée ; et cette femme, assise là sur ce banc de pierre jauni par les lichens, avec ces mains tordues, avec cette scintillation d’or et d’ivoire entre les lèvres minces, avec ces petits yeux glauques sous les paupières flasques, avec cette voix enrouée et ce rire clair, la fit penser à une de ces vieilles fées palmipèdes qui vont par la forêt suivies d’un crapaud obéissant.

  • Le Feu, Gabriele D'Annunzio, éd. La Revue de Paris, 1900, chap. II. L'empire du silence, p. 733


James Joyce, Ulysse, 1922[modifier]

Oui, Bronze proche et Or lointaine entendaient l'acier proche, les sabots sonner loin, entendaient les sabots d'acier sondesabots sondacier.


Or, contraste non enchanteur, contraste non enchanteur désenchanteur, la pénombre abyssale fraîche et lisse, vert de mer, eau de Nil.


André Pieyre de Mandiargues, La Marge, 1967[modifier]

L'arc est un passage voûté dont le sombre crépi assez bien s'accorde à des relents d'urine qui font la suggestion de l'entrée d'une vespasienne à l'usage de géants. Tout au moins la voûte et l'odeur ont-elles pour Sigismond le caractère de ce qui est romain, et qui se trouve à Nîmes autant que dans la cité couleur d'or et de bran où il fut avec Sergine au mois de mai, guère plus tard qu'à présent, dans l'année qui suivit la naissance du petit Elie. Rome est partout dans les villes du Midi, quoique le denier Vespasien ne soit plus payé par personne. Sergine, un oeillet sous les narines un peu busquées qu'elle remuait avec des manières de pouliche, accélérait le pas aux endroits où vraiment le marbre sentait trop, car la puanteur du marbre où l'ammoniaque au soleil s'évapore est le plus intolérable défaut des lieux sublimes. Sans tant de nervosité, Sigismond de même accélère. Le quartier de ruelles, où par la voie de l'arc il est venu de la Rambla, n'est pas aussi peuplé que les environs de son hôtel, les lumières n'y sont pas aussi vives, les bars n'y ont pas de si tapageuses musiques, et lui-même, en épiant entre les rideaux d'une cafétéria le jeu muet des serveuses, éprouve un sentiment de gêne que la persistance de la mauvaise odeur ne suffit pas à expliquer. Devant lui se rétrécit la calle Arco del Teatro. A droite, au premier coin, il préfère tourner dans Lancaster, large tranchée sinistre au milieu de laquelle sur de gros pavés joints de poussière et d'ordure il chemine, méprisant le trottoir plus disjoint, négligeant un bar assez louche qui à la mode anglaise se réclame de pirates. Point de passants là. Il est, pour un moment, à l'obscur.


Satire[modifier]

Nicolas Boileau, Satires, 1668[modifier]

L’or, même à la laideur, donne un teint de beauté.


Média[modifier]

Presse[modifier]

Julie Dubois/François Rousseau, Les nanotechnologies, comment décider par temps de brouillard, 2009[modifier]

Les particules d'or changent de couleur avec leur diamètre à cause de l'effet plasmon : rouge à 5 nm, elles virent au vert à 50 nm avant de retrouver la couleur jaune de l'or massif à 100 nm.

  • « Les nanotechnologies, comment décider par temps de brouillard », Julie Dubois et François Rousseau, La gazette de la société et des techniques (ISSN 1621-2231), nº 52, mai 2009, p. 1

Philippe Herlin, L'or, un placement d'avenir, 2012[modifier]

La monnaie romaine a circulé 1300 ans à travers l'Europe, jusqu'au XIIIe siècle, toujours avec un poids et une pureté inchangées.


L'or est rare, malléable, inaltérable, portable (contrairement à l'argent, il prend une place limitée) et facile à reconnaître par son éclat et sa densité (19,3 fois plus lourd que l'eau).


La France a vendu 500 tonnes d'or entre 2004 et 2006, faisant tomber ses réserves sous les 3000 tonnes [...] A contre courant, la Banque de France a encore vendu 56 tonnes d'or en avril 2010.


Sur les 166000 tonnes d'or disponibles dans le monde, GFMS estime en 2010 que la moitié se trouve sous forme de bijoux ; 30000 tonnes dans des mains privées, 28000 tonnes dans les banques centrales et 20000 tonnes dans les produits électroniques.


Depuis l'antiquité jusqu'au XIXe siècle, un gramme d'or valait 15 grammes d'argent (1/15).

  • Comme l'argent est devenu une matière première consommée par l'industrie, le rapport est aujourd'hui d'1/50. Le stock officiel d'argent dans le monde détenu sur les marchés comme le COMEX représente moins d'une année de transaction (p.36).


515 millions de pièces ont été frappées au cours des cent douze ans d'existence du Napoléon. Propriété des familles françaises, ces 3000 tonnes d'or représentent 120 milliards d'euros en 2011.


En situation normale, la "théorie du portefeuille" considère qu'il faut mettre entre 5 et 20% de son épargne en or. Mais cette recommandation est fausse en période de crise car il faut alors privilégier les actifs réels par rapport aux actifs papier.


Par un décret publié le 5 avril 1933, Franklin Roosvelt rendit illégale la possession d'or : les citoyens américains devaient revendre leurs pièces et lingots aux banques fédérales de réserve sous peine d'emprisonnement ! Tout cet or se trouve maintenant à Fort Knox. Cette interdiction ne sera levée qu'en 1975.


L'or est l'équivalent de la liberté d'expression ; c'est la possibilité de dire "je ne crois pas vraiment à votre monnaie numérique".


Tant que les banques centrales monétiseront les dettes des états en maintenant les taux d'intérêt à zéro ou presque, la monnaie perdra de la valeur et l'or montera.


Si on lui permettait simplement de circuler à nouveau en supprimant les taxes pesant sur lui, l'or physique pourrait contribuer à limiter la crise monétaire mondiale.

  • En France, l'achat anonyme jusqu'à 3000 euros a été interdit par la loi du 29 juillet 2011 : la taxe sur l'or physique est de 8% à la vente (p.107) et de 32,5% sur la plus-value (p.95) ; elle s'élève à 20% au Royaume Uni (p.114).


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