Escalier
L'escalier est une construction architecturale constituée d'une suite régulière de marches, les degrés, permettant d'accéder à un étage, de passer d'un niveau à un autre en montant et descendant.
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[modifier] Histoire de l'art
[modifier] André Chastel, L'Escalier dans l'architecture de la Renaissance, 1985
Les deux éléments de l'architecture qui ont dépéri avec la civilisation industrielle et ses techniques, sont la cheminée et l'escalier.
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« Un membre privilégié de l'architecture », André Chastel, dans L'Escalier dans l'architecture de la Renaissance, André Chastel, éd. Picard, coll. De Architectura, 1985 (ISBN 2-7084-0129-7), p. 7
Citation choisie citation du jour pour le 16 mars 2011.
[modifier] Littérature
[modifier] Nouvelle
[modifier] Guy de Maupassant, Le Horla, 1887
J'entrai dans ce gigantesque bijou de granit, aussi léger qu'une dentelle, couvert de tours, de sveltes clochetons, où montent des escaliers tordus, et qui lancent dans le ciel bleu des jours, dans le ciel noir des nuits, leurs têtes bizarres hérissées de chimères, de diables, de bêtes fantastiques, de fleurs monstrueuses, et reliés l'un à l'autre par de fines arches ouvragées.
- Description de l'abbaye d'Avranches.
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« Le Horla » (1887), Guy de Maupassant, dans Le Horla (suivi de L'héritage) (2003), éd. Librio, coll. Imaginaire (ISBN 2-290-33477-4), p. 13 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904
La Chasteté paradoxale
Je suivis mon ami chez la proxénète. Au premier coup d’œil, je jugeai que mon ami ne m’avait point sottement vanté la demeure. Nous gravîmes un escalier du plus pur marbre blanc, pareil à un névé. Les ciselures de la rampe de bronze représentaient des Hamadryades frissonnantes inclinées vers les fleuves et les fontaines pour écouter le murmure des Naïades. Des statues solennelles éclairaient la demi-ombre de leurs reflets polis.
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La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, La Chasteté paradoxale, p. 102
[modifier] André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924
Le passage Pommeraye
J'allais probablement toucher la robe de la femme, lui prendre la main, toucher sa chevelure ; j'allais la prendre dans mes bras et découvrir le plus beau secret de Nantes [...]. La porte s'ouvrit avec le déclic bref d'une trappe, et la femme s'engouffra dans un escalier qui montait en colimaçon resserré, où je me jetai après elle le plus vite que je pus. Déjà vacillante à notre première rencontre, la chevelure s'était complètement effondrée au moment du geste qui eût dû me chasser, et elle remplissait le boyau peu large de cet escalier éclairé par le haut, en faisant l'obscurité derrière elle, mais elle répendait aussi une bonne odeur de bête chaude et suante qui me laissait sur ses traces.
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Le Musée noir, André Pieyre de Mandiargues, éd. Gallimard, 1946 (ISBN 2-07-071990-1), Le passage Pommeraye, p. 111
Mouton noir
Il se trouve des passages obscurs que nous connaissons, où l'on se baisse pour entrer ; des escaliers qui tombent comme des bouches d'égout dans un clapotis à l'odeur de terre vieille et de rat. Le seuil en est gardé par des hommes de la police verte, armés de pistolets à crosse de carabine, d'appareils photographiques, de projecteurs au magnésium, et bien peu d'entre les noctambules assemblés devant oseront le franchi au risque de paraître avec leur nom et leur portait sur les listes du catalogue frivole, cet instrument de terreur en dentelle et papier rose. A peine quelques-uns, dont la réputation n'a plus rien à perdre, et nous, qui avons déjà tant fait pour nous déclasser que nous enrageons seulement de n'y être pas encore arrivés — mais peut-être n'avons-nous pas plus d'existence réelle que des ombres, dans ce monde épais où la police n'a jamais daigné s'occuper de nos gestes.
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Le Musée noir, André Pieyre de Mandiargues, éd. Gallimard, 1946 (ISBN 2-07-071990-1), Mouton noir, p. 151
[modifier] Parodie
[modifier] Pierre Louÿs, Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, 1917
Ne pissez pas sur la plus haute marche de l'escalier pour faire des cascades.
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Manuel de civilité pour les petites filles à l'usage des maisons d'éducation, Pierre Louÿs, éd. Allia, 1996 (ISBN 9-782911-188251), p. 22 (texte intégral sur Wikisource)
[modifier] Prose poétique
[modifier] André Breton, Poisson soluble, 1924
Le fantôme entre sur la pointe des pieds. Il inspecte rapidement la tour et descend l'escalier triangulaire.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 1, p. 28
Le grand épauleur de lumières me demandait de lui indiquer la route de l'immortalité. Je lui rappelai la fameuse séance de l'imprimerie, alors que descendant l'escalier de coquillages, j'avais pris l'ignorance par la manche comme une vulgaire petite dactylo.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 5, p. 41
[...] elle mordit avec délices dans les étonnantes stratifications blanches qui restaient à sa disposition, les baguettes de craie, et celles-ci écrivirent le mot amour sur l'ardoise de sa bouche. Elle mangea ainsi un véritable petit château de craie, d'une architecture patiente et folle, après quoi elle jeta sur ses épaules un manteau de petit gris et, s'étant chaussée de deux peaux de souris, elle descendit l'escalier de la liberté, qui conduisait à l'illusion de jamais vu.
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 13, p. 64
Quel vent le pousse, lui que la bougie de sa langue éclaire par les escaliers de l'occasion ?
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Poisson soluble (1924), André Breton, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1996 (ISBN 2-07-032917-8), partie 24, p. 97
[modifier] Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927
La sirène dressa vers l’escalier sa main blanche et palmée :
« Prends garde, Corsaire Sanglot, pillard de méduses, ravageur d’astéries, assassin des requins ! On ne résiste pas impunément à mon regard. »
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La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. L'Imaginaire, 1962 (ISBN 978-2-07-027695-0), VII. Révélation du monde, p. 67
[modifier] Roman
[modifier] Boris Vian, L'écume des jours, 1947
Le tapis de l'escalier, mauve très clair, n'était usé que toutes les trois marches : en effet, Colin descendait quatre à quatre. Il se prit les pieds dans une tringle nickelée et se mélangea à la rampe.
— Ca m'apprendra à dire des conneries.
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L'écume des jours (1947), Boris Vian, éd. Pauvert, 1963 (ISBN 2-7202-1311-02), X., p. 38
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