Diable
Ce que l'on nomme diable est une créature infernale, incarnation du mal dans un grand nombre de religions ou croyances.
Cinéma [modifier]
Christopher McQuarrie, Usual Suspects, 1995 [modifier]
Verbal Kint : Le coup le plus rusé que le diable ait jamais réussi, ça a été de faire croire à tout le monde qu'il n'existait pas.
Littérature [modifier]
Biographie [modifier]
André Maurois, Lélia ou la vie de George Sand, 1952 [modifier]
Prosper Mérimée, grand ami de Sainte-Beuve, était, comme Henri Beyle, un de ces sentimentaux blessés dès l'enfance dont le diable fait ses Don Juan. Il se plaisait à parler de l'amour en technicien, avec une crudité de carabin. Cela lui valut des succès au foyer de l'Opéra et dans quelques boudoirs. Rencontrant cette jolie femme, bizarre, disponible, intelligente et célèbre, il entreprit d'ajouter un scalp à son collier.
- Le biographe André Maurois à propos de George Sand.
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Lélia ou la vie de George Sand (1952), André Maurois, éd. Le Livre de Poche, 2004 (ISBN 2-253-10923-1), chap. V. George Sand, IV. Nouveau amis. — Lélia, p. 219
Critique [modifier]
Annie Le Brun, Les châteaux de la subversion, 1982 [modifier]
Castanier est un maudit économique comme on est aujourd'hui licencié économique. Balzac ne cherche d'ailleurs pas à nous tromper sur ce point : « Castanier n'avait pas, comme son maître, l'inextinguible puissance de haïr et de mal faire ; il se sentait démon, mais démon à venir, tandis que Satan est démon pour l'éternité. » D'où la constante maladresse de Balzac à nous raconter l'histoire de ce démon intérimaire, coincé entre l'absolu et ses colonnes de chiffres. Melmoth réconcilié, c'est Satan chez les ronds-de-cuir, pris au piège de leur manque d'envergure. Tragédie à rebours : rien n'est plus dérisoire que d'avoir de grands moyens pour de petits besoins. Nous voilà bien loin du combat du ciel et de l'enfer. Ce n'est pas Dieu, comme le suggère Balzac, qui a ici raison de Satan, mais la médiocrité du monde comme il va, du monde réel.
La situation est d'ailleurs aussi inconfortable pour l'auteur que pour son héros. Empêché par son projet réconciliateur de faire au satanisme la partie belle, c'est-à-dire de se laisser gagner par la démesure nécessaire à une telle évocation du mal, Balzac se trouve également incapable de s'emparer de la quotidienneté avec cette brutalité avide qui lui permet souvent de sertir les êtres et les choses d'un bref éclat d'éternité.
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Les châteaux de la subversion, Annie Le Brun, éd. Garnier Frères, coll. Folio Essais, 1982 (ISBN 2-07-032341-2), partie I, « Melmoth réconcilié » ou le prix d'une entrée dans l'histoire, p. 27
Écrit intime [modifier]
Paul Klee, Journal, 1957 [modifier]
Les singes au parc de la villa Borghèse ! Adorable. Je n'en excepte que le babouin, trop au-dessous du zéro moral. L'existence la plus sinistre qui se puisse voir jamais. Et nonobstant terriblement humain. Plus affreux que le diable même, mais étroitement apparenté à lui, engendré par lui d'une sorcière rabougrie. O forêt vierge du Nord. O Blocksberg. Il n'est pas à sa place dans Rome.
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Journal (1957), Paul Klee, éd. Grasset, coll. Les Cahiers Rouges, 1959 (ISBN 978-2-246-27913-6), Journal II, p. 106
Essai [modifier]
Henri Heine, De l'Allemagne, 1855 [modifier]
Le diable est froid, même comme amoureux, mais il n'est pas laid, car il peut prendre telle forme qu'il lui plaît.
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De l'Allemagne, Henri Heine, éd. Michel Lévy, 1855, t. 2, p. 106
Nouvelle [modifier]
Guy de Maupassant, Le Horla, 1887 [modifier]
J'entrai dans ce gigantesque bijou de granit, aussi léger qu'une dentelle, couvert de tours, de sveltes clochetons, où montent des escaliers tordus, et qui lancent dans le ciel bleu des jours, dans le ciel noir des nuits, leurs têtes bizarres hérissées de chimères, de diables, de bêtes fantastiques, de fleurs monstrueuses, et reliés l'un à l'autre par de fines arches ouvragées.
- Description de l'abbaye d'Avranches.
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« Le Horla » (1887), Guy de Maupassant, dans Le Horla (suivi de L'héritage) (2003), éd. Librio, coll. Imaginaire (ISBN 2-290-33477-4), p. 13 (texte intégral sur Wikisource)
Renée Vivien, La Dame à la Louve, 1904 [modifier]
La Dame à la Louve, très calme, regardait les flots blancs… Oh ! plus blancs que la neige au crépuscule ! Et, assise sur son derrière, Helga hurlait comme une chienne. Elle hurlait lamentablement, comme une chienne à la lune… Elle comprenait…
Je ne sais pourquoi ces hurlements me glacèrent plus encore que le bruit du vent et des flots… Elle hurlait à la mort, cette sacrée louve du diable ! Je voulus l’assommer pour la faire taire, et je cherchai une planche, un espar, une barre de fer, quelque chose enfin pour l’abattre sur le pont… Je ne trouvai rien…
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La Dame à la Louve, Renée Vivien, éd. Alphonse Lemaire, 1904, La Dame à la louve, p. 18
Prose poétique [modifier]
Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris, 1869 [modifier]
La plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas !
- La phrase complète est la suivante : « Mes chers frères, n'oubliez jamais, quand vous entendrez vanter le progrès des lumières, que la plus belle des ruses du Diable est de vous persuader qu'il n'existe pas ! » (les guillemets figurent dans le poème). Une formule similaire est adoptée par le personnage de Verbal Kint (Kevin Spacey) dans le film Usual Suspects (1995) [voir ci-dessous].
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Le Spleen de Paris (Petits Poèmes en prose) (1862), Charles Baudelaire, éd. Librairie générale française, 2003, p. 150 (texte intégral sur Wikisource)
Citation choisie citation du jour pour le 2 décembre 2011.
René Char, Fureur et mystère, 1948 [modifier]
Feuillets d'Hypnos
La contre-terreur c'est ce vallon que peu à peu le brouillard comble, c'est le fugace bruissement des feuilles comme un essaim de fusées engourdies, c'est cette pesanteur bien répartie, c'est cette circulation ouatée d'animaux et d'insectes tirant mille traits sur l'écorce tendre de la nuit, c'est cette graine de luzerne sur la fossette d'un visage caressé, c'est cet incendie de la lune qui ne sera jamais un incendie, c'est un lendemain minuscule dont les intentions nous sont inconnues, c'est un buste aux couleurs vives qui s'est plié en souriant, c'est l'ombre, à quelques pas, d'un bref compagnon accroupi qui pense que le cuir de sa ceinture va céder... Qu'importent alors l'heure et le lieu où le diable nous a fixé rendez-vous !
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Fureur et mystère (1948), René Char, éd. Gallimard, coll. Poésie, 1962 (ISBN 2-07-030065-X), partie FEUILLETS D'HYPNOS (1943-1944), p. 123
Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961 [modifier]
Dolman se lassa de son image aqueuse et ordonna à nouveau la mise en route de la communauté. Les villageois ensablés arrachèrent leurs enfants aux cocotiers et repartirent en se lamentant sur les chemins de la forêt. Dolman était lourd d'angoisse. Il retrouva sa hutte et ses vieilles habitudes sans plaisir. L'insatisfaction usait ses méninges, et un désir galopant gonflait ses poumons comme un caillot de sang. La mort acheta un billet de loterie en son nom.
C'est alors que le Diable intervint. Ne pouvant accepter l'évasion d'une de ses créatures, il quitta sa tour de silence et accourut, détermine à enfermer Dolman dans les perspectives toujours changeantes d'une souffrance sans issue. On pense bien qu'il ne pouvait permettre l'anéantissement de la fange, il en avait trop besoin pour consolider son règne. Il retroussa donc ses babines et se prépara à la lutte. Il ne laissa rien au hasard car l'imprévu est père du rire et le rire libère, allège et arrache le guidon des pattes démoniaques.
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 50
Dolman soulageait la détresse de son âme dans une petite cuvette de terre cuite quand il sentit une brûlure à l'épaule. « Ne pleurez plus, je suis là », dit l'Atroce en s'asseyant. Dans son émoi, Dolman heurta la cuvette contre le pot à eau, mais le Grand Profanateur le toisait sans méchanceté. L'homme eut envie de glisser à terre comme une feuille et de se laisser manger la face par l'Innombrable qu'il ne connaissait pas, ne voyait pas, mais qu'il savait tapi dans l'ombre comme un spasme dans l'émonctoire d'une femme, prêt à le briser dans un pansement de glace. Il jeta de nouvelles bûches sur le feu. « Quitte ce coin aux tentures tiquetées d’horreur », dit Dolman d'une voix gutturale. Il avait peur, et malgré lui ses lèvres proférèrent des ignominies, puis impudique, il se dévêtit en un clin d'oeil et eut envie d'enjamber la face invisible. Il savait, en effet, qu'il devait essayer de chasser la Bête avant que le levain de l'ordure ne monte dans sa gorge et l'étouffe ; mais il était la proie d'une étrange exaltation qui l'empêchait de prendre le moindre parti. “ Je suis trop grand pour que vos yeux puissent me flairer », dit la Bête, dont l'haleine avait un goût de girofle ; « vous ne pourrez jamais vous fixer en moi, le semeur démentiel, mon oméga avalerait votre cervelet d'oiseau avant que ne soit consommé le plus petit sacrilège ». « Le Diable ? » hasarda Dolman. « Lui-même. Le Noir. Celui qui rutile dans la pénombre. Le tabernacle exécré du Vénéneux. »
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 50
Dolman retroussa ses manches de sédentaire et mania son totem aux éclats obsédants. Il voulait se protéger, créer une diversion, fuir. « Je ne suis pas vendeur », dit-il. Le Diable se frotta les mains avec du jus d'absinthe pour éviter le réchauffement trop subit de ses sens et profita du silence pour échapper aux conventions. « Je ne vous veux aucun mal pour le moment », dit-il en insinuant sa main entre celles de Dolman, le long du bois glissant de l'objet que celui-ci tenait entre ses genoux pliés. « Je vous donnerai mon totem, ma virilité, en échange d’un seul regard sur votre secret », dit l'homme en enfonçant l'objet dans la paille saturée d'humidité fétide. La Bête grogna et retira sa main. « Je suis le vide. le brouhaha des impressions neuves cesse en ma présence ; je bannis la routine, le fracas saccadé de la vie tombe et moud à vide sur les frontières de mon silence. Que voulez-vous de mieux ? ».
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 51
Dolman restait craintif dans le noir. « Je veux vous connaître, faire partie de votre peau ». Il s'obstinait malgré sa frayeur. « Je vous donnerai mes biens, ma hutte, mes entrailles fertiles, ma plage ; j’offre ma haine en échange d’un seul rayon de participation ». « Vous m’appartenez. Je suis près de vous », dit l'Affreux, dans un chuchotement de malaise, « touchez moi, sentez ma sueur de musc sur vos vêtements ». Il coula ses doigts le long de Dolman, et une fumée de houille et de satisfaction épicée de pus irrita les sens de sa victime. Dolman se savait maladroit mais, comme il aimait la clarté dans ses fréquentations, il ne pouvait s'empêcher de se plaindre. L'Horreur soufflait comme un phoque. Dolman se cacha le visage dans le pli de l'aine. L'heure se raidissait sur son socle. L'homme reprit sauvagement : « Un seul regard sans réticence ni recul dans vos yeux hagards, un instant de bonheur avant de disparaître ».
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 51
« Je veux être père ». C'était dit d'un ton minable et Dolman n'en put croire ses oreilles. « Quoi ? » La voix s'enlisa dans la boue criblée de gousses d'ail et siffla : « Il faut que je sois père, ne serait-ce que d’un pou ». « Laissez-moi réfléchir, dit Dolman à quatre pattes, revenez après la nuit. » La voix se fit pressante : « Gardez-moi près de vous, je suis bien dans cette hutte ». « Non ! », trancha l'homme et le Caressant déguerpit, proférant des injures, mais vaincu pour l'instant. Dolman se coucha, dormit et se réveilla sans avoir trouvé de solution, sans même être en mesure d'y songer. Douze heures plus tard l'Affreux réapparut. Dolman apaisa l'ombre d'un geste accablé. « Je serai votre cygne ». La Bête se dressa. « Retirez votre chemise, vos poils, votre hargne. Chantez les charmes de l’hallucination, les tourbillons de l’oreiller, la poitrine glacée de la nuit. Vous êtes l’épouse terrible attendue depuis toujours ». Dolman, ouvrant la bouche, constata que sa voix était absente. « Je suis perdu, pensa-t-il. Joué. Comment ai-je pu espérer me mesurer avec la Peur ? » Et il rampa vers l'escalier de l'Époux.
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 52
Le Diable enroula les seins bandés d'un tentacule perspicace de douceur et lança sa langue aiguisée par la névrose entre les jambes entortillées. Dolman lissa ses longs cheveux et soupira en constatant que déjà son ventre, charrieur de l'étincelle, puait l'excrément. La Bête caressa les cuisses raides, froissa le visage de sa patte mouillée et dit : « De ma lance trempée d’adrénaline, je palperai ta matrice mouvante de progéniture ; je créerai à mon tour ».
Le Vil s'affala sur le flanc, pâmé et déconfit. « Je vous tiendrai compagnie cette nuit ». Et il s'endormit sans lâcher les pointes sophistiquées des seins de Dolman, qu'il tenait entre ses dents. « Voir ! Savoir ! » Dolman ouvrit les yeux de la dernière chance, rassembla ses membres sans trop se remuer et ralluma le feu. Il approcha son visage empourpré du Poilu. Rien. Il ne comprenait rien, ne voyait rien. « Peut-être ai-je perdu mon don du discernement ? » Il se rua vers la porte et posa ses yeux sur le lac aux purs reflets. Il posséda l'eau glacée, sentit les vagues se muer en pétales d'écume au passage des poissons, entendit les sons fruités des harmonies fluviales résonner dans ses entrailles. C'était fini ; incapable de s'intégrer à la tendre vélocité de l'Ombre, il n'avait plus qu'à mourir. Il ne voyait plus le ciel jaspé de prune et le gigantesque artichaut pelucheux qui poussait sa crête entre les gerbes de l'incendie ne l'intéressait guère. Il n'était rien puisque l'Autre subsistait. « Viens », siffla l'Adorable entre les lèvres du gâchis, et Dolman se rendit à l'appel, larmoyant et détaché. « Soyez heureux », dit le Feu en soulignant de bleu le misérable bosquet où se cabrait un dernier cri. Dolman ouvrit les jambes et sentit jaillir les éclaboussures de lave que précède l'éternuement terminal. « Soyez heureux », répéta l'Ignare quand Dolman expira, « Je serai éternellement présent ». « Vous verrai-je ? » hoqueta l'homme, la tête dans l'au-delà. « Celui qui viendra aura mon visage ». « Le verrai-je ? Le verrai-je ? » L'agonisant jeta un dernier regard circulaire et mourut.
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 52
Le Diable attendit, attendit, sauta à pieds joints sur le ventre distendu, ouvrit les mâchoires à l'aide d'un levier, racla la matrice sans être sûr de son emplacement, appela d'une voix rauque et excitée... Rien. Il prit un gant, deux pinces rouillées et un poil de chameau et opéra sur la poussière sans attendre une autopsie. C'est alors qu'au fin fond d'un tiroir il entendit un petit bruit. Il le flatta, le cajola, et finit par l'atteindre. Ainsi naquit la guerre...
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« Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 52
Roman [modifier]
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Nous couvrons notre diable du plus bel ange que nous pouvons trouver.
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« XIIè nouvelle », dans L'Heptaméron (1558), Marguerite de Navarre, éd. Garnier, 1967, p. 96
Alexandre Dumas, Les trois mousquetaires, 1844 [modifier]
Dieu est Dieu, et le monde est le diable. Regretter le monde, c'est regretter le diable ; voilà ma conclusion.
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Les trois mousquetaires, Alexandre Dumas, éd. Dufour et Mulat, 1849, p. 217
Alexandre Dumas, Le Bagnard de l'Opéra, 1868 [modifier]
— Ah çà ! mon cher Olivier, lui dis-je, vous êtes donc un Saint-Georges pour parler comme cela d'avance.
— Non, je tire même assez mal, mais j'ai le poignet solide, et, sur le terrain, un sang-froid de tous les diables ; d'ailleurs, cette fois-ci, j'ai affaire à un lâche.
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Le Bagnard de l'Opéra (1868), Alexandre Dumas, éd. Magnard, coll. Classiques & Contemporains, 2001 (ISBN 978-2-210-75424-9), 4. Préparatifs, p. 41
Pierre Louÿs, Les Aventures du Roi Pausole, 1900 [modifier]
L'eau, d'une gueule de satyre aux oreilles foliesques, tombait dans une cuve naturelle de terre rouge et d'herbes vertes où s'enracinaient des lauriers-roses en touffes compactes. Ce n'était point la vasque moisie et lépreuse de nos jardins où la source inutile vient inonder une terre déjà molle de pluie. C'était une naissance de fleurs dans le sol pourpré du Midi, une fontaine de sève, une urne génitrice d'où la vie ruisselait en verdures mouvantes, et le vieux satyre, fils de Pan, regardait la jeunesse des bois descendre éternellement de ses lèvres.
Au-dessous du mascaron cornu, que la blanche Aline prenait pour le diable, deux nymphes de marbre s'enlaçaient, debout et penchées sur le bassin obscur. A la fin de chaque hiver l'amandier les couvrait de ses petites églantines. L'été, elles prenaient sous le soleil toutes les couleurs de la chair. La nuit elles redevenaient déesses.
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Les Aventures du Roi Pausole (1900), Pierre Louÿs, éd. GF, 2008 (ISBN 978-2-0807-1214-1), partie Livre deuxième, III. Comment le miroir des nymphes devint celui des jeunes filles, p. 131
Dominique Fernandez, Porporino ou les mystères de Naples, 1974 [modifier]
— C'est bien simple, disait Cimarosa, un même endroit ne peut pas être consacré à la fois à Dieu et au Diable. Startuffo, qui a sa boutique au bas de la place, fait de trop bons gâteaux. Dieu s'est déclaré battu. Il a décidé de tourner le dos à son rival, pour ne pas voir mes amis Porporino et Feliciano en jeunes lévites du temple de la gourmandise.
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Porporino ou les mystères de Naples (1974), Dominique Fernandez, éd. Grasset, coll. Les Cahiers Rouges, 1974 (ISBN 978-2-246-01243-6), partie II « Les pauvres de Jésus-Christ », Gourmandise, p. 165
Robertson Davies, Le monde des merveilles, 1975 [modifier]
Le Diable crée et gouverne-t-il ce vaste domaine de misères indéniablement effroyables qui, pour autant que nous puissions en juger, ne sont de la faute de personne ni les conséquences d'un péché ? Les pavillons de cancéreux, les services d'hôpitaux pour enfants déformés ou débiles ? J'ai eu l'occasion de visiter de tels endroits, des asiles de fous en particulier ; je ne crois pas montrer une imagination débridée ni une sensibilité excessive en disant que le mal, là-bas, se manifeste d'une façon palpable, malgré tout ce que l'on peut faire pour l'atténuer.
- De Ramsay, ami calviniste d'Eisengrim.
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Le monde des merveilles (1975), Robertson Davies (trad. Lisa Rosenbaum), éd. Payot, 1999, p. 53
Dieu et le Diable désirent tous deux intervenir dans les affaires humaines ; le Diable choisit toujours bien son moment.
- De Ramsay, ami calviniste d'Eisengrim.
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Le monde des merveilles (1975), Robertson Davies (trad. Lisa Rosenbaum), éd. Payot, 1999, p. 54
Philosophie [modifier]
Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, 1885 [modifier]
Je ne croirais qu'en un dieu qui s'entendrait à danser. Et lorsque je vis mon diable, je le trouvai grave, minutieux, profond, solennel ; c'était l'esprit de pesanteur — par lui toutes choses tombent.
On ne tue pas par la colère, mais on tue par le rire. Allons, tuons l'esprit de pesanteur !
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Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1972 (ISBN 978-2-253-00675-6), partie I, chap. « Lire et écrire », p. 56
Tout comme vos sages illustres ne me parurent, au fond, pas tellement sages, de même j'ai trouvé la méchanceté des hommes inférieure à sa réputation.
Et souvent je me suis demandé en hochant la tête : pourquoi sonner encore, serpents à sonnettes [...] ?
Il faut d'abord que vos chats sauvages soient devenus des tigres et vos crapauds empoisonnés des crocodiles : car à bon chasseur, bonne chasse !
Et en vérité, vous les hommes de bien, vous les justes ! Il y a trop de choses risibles en vous et d'abord votre crainte de ce qui, jusque-là, s'appelait « diable » !
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Ainsi parlait Zarathoustra, Friedrich Nietzsche (trad. Georges-Arthur Goldschmidt), éd. Le Livre de Poche, coll. Les Classiques de Poche, 1979 (ISBN 978-2-253-00675-6), partie II, chap. « Du discernement humain », p. 174
Psychanalyse [modifier]
Ysé Tardan-Masquelier, Jung et la question du sacré, 1992 [modifier]
[...] en médiatisant, non seulement les symboles révèlent, mais ils agissent ; ils unifient ; ils constituent des réponses au conflit intime. Il faudrait ici rappeler que le grec symbolon s'oppose à diabolon qui a donné « diable » en français — « celui qui divise » ou « qui sépare de Dieu ».
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Jung et la question du sacré (1992), Ysé Tardan-Masquelier, éd. Albin Michel, coll. Spiritualités vivantes, 1998 (ISBN 2-226-09581-0), chap. IV. L'épreuve du sens, Unification, p. 144
Psychologie [modifier]
Paul-Claude Racamier, Les Schizophrènes, 1980 [modifier]
Schizogrammes
cathares d'aujourd'hui Si les schizophrènes avaient une religion, ce serait celle des cathares pour qui le monde fut inventé par le Diable.
Est-ce une raison pour les convertir ?
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Les Schizophrènes (1980), Paul-Claude Racamier, éd. Payot & Rivages, coll. Petite bibliothèque Payot, 2001 (ISBN 978-2-228-89427-2), partie Schizogrammes, p. 188
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