Aller au contenu

Tzvetan Todorov

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.
Tzvetan Todorov (3 septembre 2012, Porto Alegre).

Tzvetan Todorov, né le 1er mars 1939 à Sofia en Bulgarie et mort le 7 février 2017 à Paris, est un essayiste et historien français d'origine bulgare.

Citations

[modifier]

Littérature et signification, 1967

[modifier]
Toute œuvre, tout roman raconte, à travers la trame événementielle, l’histoire de sa propre création, sa propre histoire. […] le sens d’une œuvre consiste à se dire, à nous parler de sa propre existence. Ainsi le roman tend à nous amener à lui-même ; et nous pouvons dire qu'il commence en fait là où il se termine ; car l'existence même du roman est le dernier chaînon de son intrigue, et là où finit l’histoire racontée, l’histoire de la vie, là exactement commence l’histoire racontante, l’histoire littéraire.
  • Littérature et signification, Tzvetan Todorov, éd. Larousse, coll. « Langue et langage », 1967, chap. 2. L’histoire du roman et l’histoire dans le roman, p. 49 (lire en ligne)


Introduction à la littérature fantastique, 1970

[modifier]


Dans un monde qui est bien le nôtre, celui que nous connaissons, sans diables, sylphides, ni vampires, se produit un événement qui ne peut s'expliquer par les lois de ce même monde familier. Celui qui perçoit l'événement doit opter pour l'une des deux solutions possibles : ou bien il s'agit d'une illusion des sens, d'un produit de l'imagination et les lois du monde restent alors ce qu'elles sont ; ou bien l'événement a véritablement eu lieu, il est partie intégrante de la réalité, mais alors cette réalité est régie par des lois inconnues de nous. Ou bien le diable est une illusion, un être imaginaire; ou bien il existe réellement, tout comme les autres êtres vivants : avec cette réserve qu'on le rencontre rarement. Le fantastique occupe le temps de cette incertitude; dès qu'on choisit l'une ou l'autre réponse, on quitte le fantastique pour entrer dans un genre voisin, l'étrange ou le merveilleux. Le fantastique, c'est l'hésitation éprouvée par un être qui ne connaît que les lois naturelles, face à un événement en apparence surnaturel.
  • Introduction à la littérature fantastique (1970), Tzvetan Todorov, éd. Le Seuil, coll. « Points », 1976, chap. 2. Définition du fantastique, p. 29 (lire en ligne)


Le fantastique est fondé essentiellement sur une hésitation du lecteur — un lecteur qui s'identifie au personnage principal — quant à la nature d'un événement étrange. Cette hésitation peut se résoudre soit pour ce qu'on admet que l'événement appartient à la réalité; soit pour ce qu'on décide qu'il est le fruit de l'imagination ou le résultat d'une illusion ; autrement dit, on peut décider que l'événement est ou n'est pas.
  • Introduction à la littérature fantastique (1970), Tzvetan Todorov, éd. Le Seuil, coll. « Points », 1976, chap. 10. Littérature et fantastique, p. 165 (lire en ligne)


Nous et les Autres, 1989

[modifier]
Il est très rare que l'ethnie à laquelle appartient l'auteur racialiste ne se trouve pas au sommet de sa hiérarchie.
  • Nous et les Autres, Tzvetan Todorov, éd. Seuil, 1989, p. 137


Le règne de l'égalité chez soi n'empêche pas d'être esclavagiste ou colonialiste à l'extérieur : telle est la logique du patriotisme.
  • Nous et les Autres, Tzvetan Todorov, éd. Seuil, 1989, p. 249


Quel est le défaut inhérent au patriotisme ? C'est que, en préférant une partie de l'humanité au reste, le citoyen transgresse le principe fondamental de la morale, celui de l'universalité : sans le dire ouvertement, il admet que les hommes ne sont pas égaux. […] la vraie morale, la vraie justice, la vraie vertu présupposent l'universalité, et donc l'égalité des droits.
  • Nous et les Autres, Tzvetan Todorov, éd. Seuil, 1989, p. 251


Face à l'extrême, 1991

[modifier]
Mais qu'est-ce que l'héroïsme ? […] Par rapport à la grande antinomie qui sous-tend les conduites humaines, celle de la nécessité et de la liberté, ou encore de la loi impersonnelle et de la volonté individuelle, l'héroïsme est clairement du côté de la liberté et de la volonté. Là où, aux yeux des personnes ordinaires, il s'agit d'une situation ne comportant aucun choix, où l'on doit simplement se plier aux circonstances, le héros, lui, s'insurge contre ces apparences et, par un acte qui sort justement de l'ordinaire, parvient à forcer le destin. Le héros est le contraire du fataliste, il est du côté des révolutionnaires et à l'opposé des conservateurs, puisqu'il n'a aucun respect particulier pour les règles déjà existantes et pense que tout but peut être atteint, pour peu qu'on soit doté d'une volonté suffisamment forte.


Les Abus de la mémoire, 1995

[modifier]
La vie a perdu contre la mort, mais la mémoire gagne dans son combat contre le néant.
  • Les Abus de la mémoire, Tzvetan Todorov, éd. Arléa, 1995  (ISBN 2-86959-232-9), p. 16


Le Jardin imparfait, 1998

[modifier]
La connaissance du passé satisfait d'abord un besoin humain fondamental, celui de comprendre et d'organiser le monde, de donner un sens au chaos des événements qui s'y succèdent. Nous savons bien, même si nous n'y pensons pas toujours, que nous sommes faits de ce passé ; le rendre intelligible, c'est aussi commencer à nous connaître.
  • Le Jardin imparfait – La pensée humaniste en France, Tzvetan Todorov, éd. Grasset, coll. « Le livre de poche - Biblio essais », 1998  (ISBN 2-253-94297-9), p. 322


Les trois piliers de la morale humaniste sont […] la reconnaissance d'une dignité égale à tous les membres de l'espèce, l'élévation de l'être humain particulier autre que moi en but ultime de mon action, enfin la préférence pour l'acte librement choisi sur celui accompli sous la contrainte.
  • Le Jardin imparfait – La pensée humaniste en France, Tzvetan Todorov, éd. Grasset, coll. « Le livre de poche - Biblio essais », 1998  (ISBN 2-253-94297-9), p. 329


L'entreprise humaniste ne saurait jamais s'arrêter. Elle récuse le rêve d'un paradis sur terre, qui instaurerait l'ordre définitif. Elle envisage les hommes dans leur imperfection actuelle et n'imagine pas que cet état des choses puisse changer ; elle accepte, avec Montaigne, l'idée que leur jardin reste à tout jamais imparfait.
  • Le Jardin imparfait – La pensée humaniste en France, Tzvetan Todorov, éd. Grasset, coll. « Le livre de poche - Biblio essais », 1998  (ISBN 2-253-94297-9), p. 335


Mémoire du mal, tentation du bien, 2000

[modifier]

La Peur des barbares, 2008

[modifier]
[C]e n'est pas parce que leurs ancêtres ont contribué à l'épanouissement culturel européen (ou à celui de leurs pays d'origine) que nous devons respecter aujourd'hui les enfants des immigrés maliens ou marocains, roumains ou turcs; c'est parce qu'ils sont des êtres humains au même titre que les autres. Le respect pour la dignité humaine ne se mérite pas, il est une donnée préalable.
  • La Peur des barbares, Tzvetan Todorov, éd. Robert Laffont, 2008, p. 112


Seuls les États totalitaires rendent obligatoire l'amour de la patrie.
  • La Peur des barbares, Tzvetan Todorov, éd. Robert Laffont, 2008, p. 121


L'Europe a toujours énormément emprunté (et prêté) à ses voisins. Pour ce qui concerne l'apport des populations habitant les rives du sud de la Méditerranée, on peut à peine parler d'extériorité. Les terres d'Afrique du Nord font partie de l'Empire romain, et les Berbères qui les habitent fournissent à ce dernier des empereurs comme, plus tard, des Pères de l'Église. Dans l'Espagne occupée par les Maures s'épanouit une civilisation musulmane tolérante, par l'intermédiaire de laquelle passe aux autres Européens une bonne partie de l'héritage grec classique.
  • La Peur des barbares, Tzvetan Todorov, éd. Robert Laffont, 2008, p. 257


Le choc des civilisations, ce serait : les démocraties occidentales d'un côté, l'Islam de l'autre. Deux mondes, figés dans leurs différences historiques, culturelles, religieuses, et de ce fait voués au conflit. Face à la menace, plus de place pour le dialogue ou pour le mélange. Et pas d'autre alternative que la « fermeté ». Voire la guerre. Par tous les moyens. Peut-on vraiment s'assurer, lorsque l'on raisonne ainsi, que la barbarie et la civilisation continueront de se trouver du côté que l'on croit ? S'il est impératif de défendre la démocratie, il est aussi crucial de ne pas se laisser dominer par la peur et entraîner dans des réactions abusives. Car l'Histoire nous l'enseigne : le remède peut être pire que le mal.
  • La Peur des barbares, Tzvetan Todorov, éd. Robert Laffont, 2008, p. quatrième de couverture


La signature humaine, 2009

[modifier]

Insoumis, 2015

[modifier]

Lire et vivre, 2018

[modifier]

Citations sur

[modifier]

Voir aussi

[modifier]

Vous pouvez également consulter les articles suivants sur les autres projets Wikimédia :