Traité d'athéologie

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Le Traité d'athéologie est un ouvrage français écrit par Michel Onfray, et publié en 2005 aux éditions Grasset.

Citations[modifier]

Lutte entre Jacob et l'ange Peniel (Genèse 32, 25-32)

Que cet aspirant bienheureux partage la même religion que les pilotes du 11 Septembre peut paraître bien singulier ! L'un porte le poids d'un chacal malencontreusement [écrasé] ; les autres jouissent d'avoir anéanti un maximum d'innocents. Le premier pense que le Paradis lui sera difficile d'accès pour avoir transformé en charogne un charognard ; les seconds imaginent que la béatitude leur revient de fait pour avoir réduit en poussière la vie de milliers d'individus - dont des musulmans... Le même livre justifie pourtant ces deux hommes évoluant chacun aux antipodes de l'humanité : l'un tend vers la sainteté, les autres réalisent la barbarie.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Grasset, 2005  (ISBN 2-246-64801-7), p. 21


J’ai souvent vu Dieu dans mon existence. Là, dans ce désert mauritanien [...], dans un sanctuaire consacré à Ganesh ; dans la synagogue du quartier du ghetto, à Venise [...] ; à Palerme, au couvent des Capucins [...]

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Grasset, 2005  (ISBN 2-246-64801-7), p. 21


La création d’arrière-mondes ne serait pas bien grave si elle ne se payait du prix fort : l’oubli du réel, donc la coupable négligence du seul monde qui soit.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Grasset, 2005  (ISBN 2-246-64801-7), p. 23


Quand la croyance fâche avec l’immanence, donc soi, l’athéisme réconcilie avec la terre, l’autre nom de la vie.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Grasset, 2005  (ISBN 2-246-64801-7), p. 23


Plutôt la foi qui apaise que la raison qui soucie – même au prix d’un perpétuel infantilisme mental : voilà une opération de passe-passe métaphysique à un coût monstrueux !

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Grasset, 2005  (ISBN 2-246-64801-7), p. 27


Pas de haine pour l’agenouillé, mais une certitude de ne jamais pactiser avec ceux qui les invitent à cette position humiliante et les y entretiennent.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Grasset, 2005  (ISBN 2-246-64801-7), p. 27


Tant que la religion reste une affaire entre soi et soi, après tout, il s'agit seulement de névroses, psychoses et autres affaires privées. On a les perversions qu'on peut, tant qu'elles ne mettent pas en danger ou en péril la vie d'autrui...

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 29


L'athéisme n'est pas une thérapie mais une santé mentale recouvrée.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 30


Dieu est mort ? Cela reste à voir… Pareille bonne nouvelle aurait produit des effets solaires dont on attend toujours, et en vain, la moindre preuve.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Grasset, 2005  (ISBN 2-246-64801-7), p. 37


Le silence de Dieu permet le bavardage de ses ministres qui usent et abusent de l'épithète : quiconque ne croit pas à Dieu, donc à eux, devient immédiatement un athée. Donc le pire des hommes : l'immoraliste, le détestable, l'immonde, l'incarnation du mal. Difficile dès lors de se dire athée. [...] On est dit tel, et toujours dans la perspective insultante d'une autorité soucieuse de bannir, mettre à l'écart et condamner.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 44


Ludwig Feuerbach propose une explication de ce qu'est Dieu : les hommes créent Dieu à leur image inversée (...) Je suis mortel. Dieu est immortel ; je suis fini ? Dieu est infini ; je suis limité ? Dieu est illimité ; je ne sais pas tout ? Dieu est omniscient ; je ne peux pas tout ? Dieu est omnipotent ; je ne suis pas doué du talent d'ubiquité ? Dieu est omniprésent ; je suis créé ? Dieu est incréé ; Je suis faible ? Dieu est la Toute-puissance ; Je suis sur terre ? Dieu est au ciel ; je suis imparfait ? Dieu est parfait ; je ne suis rien ? Dieu est tout, etc.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 62


L'enseignement du fait religieux réintroduit le loup dans la bergerie : ce que les prêtres ne peuvent plus commettre ouvertement ils pourraient désormais le faire en douce, en enseignant les fables de l'Ancien et du Nouveau Testament, celles du Coran, et des Hadiths sous prétexte de permettre aux scolaires d'accéder plus facilement à Marc Chagall, à la Divine Comédie, à la Chapelle Sixtine ou à la musique de Ziryab...

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 68


Enseigner le fait athée supposerait une archéologie du sentiment religieux : la peur, l'incapacité à regarder la mort en face, l'impossible conscience de l'incomplétude et de la finitude chez les hommes, le rôle majeur et moteur de l'angoisse existentielle. La religion, cette création de fiction, appellerait un démontage en bonne et due forme de ces placebos ontologiques - comme en philosophie on aborde la sorcellerie et la folie pour produire une définition de la raison.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 69


L'époque semble athée, mais seulement aux yeux des chrétiens ou des croyants. En fait elle est nihiliste. Les tenants d'hier et d'avant hier ont tout intérêt à faire passer le pire et la négativité contemporaine pour un produit de l'athéisme.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 73


La vieille idée persiste de l'athée immoral, amoral, sans foi ni loi éthique en vertu de quoi "si Dieu n'existe pas, alors tout est permis" (...) L'inverse me semble bien plutôt vrai : "Parce que Dieu existe, alors tout est permis...".

  • Citation prélevée dans les Frères Karamazov de Dostoïevski
  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 73


Trois millénaires témoignent, des premiers textes de l'Ancien Testament à aujourd'hui : l'affirmation d'un Dieu unique, violent, jaloux, querelleur, intolérant, belliqueux, a généré plus de haine, de sang, de morts, de brutalité que de paix...

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 73


La désaffection de la pratique ne témoigne pas du recul de la croyance. Mieux, la corrélation entre la fin de l'un et la disparition de l'autre semble une erreur d'interprétation? On peut même penser que la fin du monopole des professionnels de la religion sur le religieux a libéré l'irrationnel et généré une plus grande profusion de sacré, de religiosité de soumission à la déraison.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 77


Nombre d'individus qui se croient athées professent sans s'en apercevoir une éthique, une pensée, une vision du monde imbibées de judéo-christianisme.


La messe dominicale n'a jamais brillé comme un lieu de réflexion, d'analyse, de culture, de savoir diffusé et échangé, le catéchisme non plus, ni même les autres occasions rituelles et cultuelles des autres religions monothéistes. Mêmes remarques avec les prières au mur des Lamentations ou les cinq occasions quotidiennes des musulmans : on prie, on pratique la réitération des invocations, on exerce sa mémoire, mais pas son intelligence. [...] Psalmodier, réciter, répéter n'est pas penser. Prier non plus. Loin de là

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 86-87


Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l'intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d'un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine des corps, des désirs, des pulsions. En lieu et place de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la foi et la croyance, l'obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion de l'au-delà, l'ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l'épouse et la mère, l'âme et l'esprit. Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré...

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 103


Les monothéismes n’aiment pas l’intelligence, les livres, le savoir, la science. À cela, ils ajoutent une forte détestation pour la matière et le réel, donc toute forme d’immanence.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Grasset, 2005  (ISBN 2-246-64801-7), p. 127

Puisque le fatras biblique suffit à toute science, l'Église passe à côté de toutes les découvertes majeures effectuées pendant les dix siècles où la poussée de l'intelligence est contenue mais pas stoppée par les autorités catholiques, apostoliques et romaines. Le progrès s'effectue grâce à des individus rebelles, des chercheurs déterminés, des scientifiques privilégiant la raison aux croyances de la foi. Mais si l'on examine un peu les réactions de l'Église face aux découvertes scientifiques sur les mille dernières années, on demeure stupéfait des ratages accumulés !

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 129


Étrange comme l'excision - la circoncision féminine, plusieurs langues utilisent le même mot pour les deux mutilations - des petites filles révulse l'Occident, mais ne génère aucune condamnation quand elle est pratiquée sur les petits garçons. Le consensus semble absolu, jusqu'à ce qu'on invite son interlocuteur à réfléchir sur le bien-fondé de cette opération chirurgicale qui consiste à retrancher une partie saine du corps d'un enfant non consentant sans raison médicale - la définition juridique de ...la mutilation. [...] le droit interdit toute intervention chirurgicale sans le motif médical d'une pathologie vraiment fondée.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 149


Dans chacun de ces trois livres fondateurs, les contradictions abondent : à une chose dite correspond presque immédiatement son contraire, un avis triomphe, mais son exact opposé aussi, une valeur est prescrite, son antithèse un peu plus loin.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 208


Hitler - Abu Ali en arabe - aime beaucoup la religion musulmane, virile, guerrière, conquérante et militaire par essence. Et de nombreux fidèles lui rendent sa politesse dans l'histoire : jadis le grand mufti de Jérusalem, mais aussi les militants antisémites et antisionistes de toujours qui recyclent d'anciens nazis aux places les plus élevés des états-majors et des services secrets proche-orientaux après la guerre, qui protègent, dissimulent et entretiennent de nombreux criminels de guerre du IIIe Reich sur leurs territoires - Syrie, Égypte, Arabie Saoudite, Palestine. Sans parler d'un nombre incroyable de conversion d'anciens dignitaires du Reich à la religion du Coran.


Des millions de morts, des millions de morts sur tous les continents, pendant des siècles, au nom de Dieu, la bible dans une main, le glaive dans l'autre : l'Inquisition, la torture, la question; les croisades, les massacres, les pillages, les viols, les pendaisons, les exterminations, les bûchers; la traite des noirs, l'humiliation, l'exploitation, le servage, le commerce des hommes, des femmes et des enfants; les génocides , les ethnocides des conquistadores très chrétiens, certes, mais aussi, récemment, du clergé rwandais aux côtés des exterminateurs hutus; le compagnonnage de route avec tous les fascismes du XXième siècle, Mussolini, Pétain, Hitler, Pinochet, Salazar, les colonels de la Grèce, les dictateurs d'Amérique du Sud; etc... Des millions de morts pour l'amour du prochain.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 235


Le primitif subsiste dans le post-moderne, l’animal persiste en l’homme, la bête demeure dans l’homo sapiens...

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Grasset, 2005  (ISBN 2-246-64801-7), p. 237


L'islam est structurellement archaïque : point par point, il contredit tout ce que la philosophie des Lumières a obtenu depuis le XVIIIe siècle en Europe et qui suppose la condamnation de la superstition, le refus de l'intolérance, l'abolition de la censure, le rejet de la tyrannie, l'opposition à l'absolutisme politique, la fin de toute religion d'État, la proscription de la pensée magique, l'élargissement de toute liberté de pensée et d'expression, la promulgation de l'égalité des droits, la considération que toute loi relève de l'immanence contractuelle, la volonté d'un bonheur social ici et maintenant, l'aspiration à l'universalité du règne de la raison. Autant de refus clairement signifiés à longueur de sourate...

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 269


La laïcité se bat pour permettre à chacun de penser ce qu'il veut, de croire à son dieu, pourvu qu'il n'en fasse pas état publiquement. Mais publiquement, la religion laïcisée du Christ mène le bal. [...] dans le registre de la vie publique, les cadres, les formes, les forces, autant dire l'essentiel - éthique, politique, bio-éthique, droit, politique - demeure judéo-chrétien ! [...] Dépassons donc la laïcité encore trop empreinte de ce qu'elle prétend combattre. [...] Encore un effort, donc, pour déchristianiser l'éthique, la politique et le reste. Mais aussi la laïcité, qui gagnerait à s'émanciper plus encore de la métaphysique judéo-chrétienne, et qui pourrait servir vraiment dans les guerres à venir.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 278-279


A l’heure où se profile un ultime combat – déjà perdu… – pour défendre les valeurs des Lumières contre les propositions magiques, il faut promouvoir une laïcité post-chrétienne, à savoir athée, militante et radicalement opposée à tout choix de société entre le judéo-christianisme occidental et l’islam qui le combat. Ni la Bible, ni le Coran. Aux rabbins, aux prêtres, aux imams, ayatollahs et autres mollahs, je persiste à préférer le philosophe. A toutes ces théologies abracadabrantesques, je préfère en appeler aux pensées alternatives à l’historiographie philosophique dominante : les rieurs, les matérialistes, les radicaux, les cyniques, les hédonistes, les athées, les sensualistes, les voluptueux. Ceux-là savent qu’il n’existe qu’un monde et que toute promotion d’un arrière- monde nous fait perdre l’usage et le bénéfice du seul qui soit. Péché réellement mortel...

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 281


Malek Chebel [...] propose pour accélérer le mouvement [de changement de l'islam], et ne pas attendre dix siècles, un Manifeste pour un islam des Lumières. Vingt-sept propositions pour réformer l'islam. En deux mots : si l'islam n'était pas l'islam il deviendrait nettement plus facile à défendre! Car que serait un islam féministe ? démocratique ? laïc ? individualiste ? égalitaire ? tolérant ? acceptant le jeu ? etc., sinon le contraire de ce qu'il est fondamentalement... Pas besoin, pour défendre ces vertus occidentales, d'en appeler à un livre et une tradition qui les condamnent depuis toujours : l'abandon des références au Coran et aux Hadith paraît bien plus préférable pour réaliser le projet des Lumières de Malek Chabel !

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 309


On connaît les rapports entretenus par le Vatican avec le national-socialisme [...] On connaît moins bien la défense faite par Adolf Hitler de Jésus, du Christ, du christianisme, de l'Église... La lecture de Mon combat suffit pour constater de visu la fascination du Führer pour le Jésus chassant les marchands du Temple et pour l'Église capable d'avoir construit une civilisation européenne, voire planétaire.

  • Traité d'athéologie, Michel Onfray, éd. Livre de Poche, 2006  (ISBN 2-253-11557-6), p. 312


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