Thomas Szasz

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Thomas Szasz (2010).

Thomas Szasz (1920-2012) est un psychiatre hongrois. Il est l'un des penseurs de l'antipsychiatrie.

Le Mythe de la maladie mentale , 1961[modifier]

Le fait que l'on utilise l'énergie atomique à des fins guerrières ne transforme pas les conflits internationaux en problèmes de physique ; de même, le fait que le comportement humain utilise le cerveau ne transforment pas les conflits moraux et personnels en problèmes de médecine.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 48


Le sentiment de la honte est étroitement lié à ce que les autres pensent de nous.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 70


En fait, dans une certaine mesure, toute douleur constitue un signe iconique de tout autre. De même que dans l'image représentant un œuf, nous reconnaissons tous les œufs que nous ayons jamais vu, toute douleur dont nous faisons l'expérience est partiellement constituée de toutes les douleurs que nous ayons jamais ressenties.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 127


Ce dont il faut se rappeler, c'est que plus l'image qu'une personne a d'elle-même est abîmée et vulnérable, plus son besoin de la sauvegarder et de la renforcer sera grand.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 153


Raisons et causes opèrent, pour ainsi dire, dans un champs éthiquement neutre, tandis que les motifs et les justifications sont utilisés dans un contexte qui entretient plus ou moins explicitement des considérations éthiques.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 165


Le but implicite de la communication est d'obtenir une aide.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 174


Dans une relation fort-faible, seul le membre faible de la pair a besoin de craindre de susciter l'envie de son partenaire ; le fort n'éprouve pas en effet de crainte analogue, car il sait que le faible est sans pouvoir pour agir de manière aussi destructrice à son égard.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 184


La manière la plus simple pour l'opprimé d'améliorer son sort, c'est presque toujours de changer le règles du jeu de la vie en établissant de nouvelles règles qui lui sont favorables.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 189


Plus l'écart entre les prescriptions morales et le comportement social réel est grand, plus se fait sentir le besoin de sacrifier des boucs émissaires afin de maintenir le mythe social selon lequel l'homme vit selon les éthiques qu'il professe officiellement.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 196


Il suffit pour réussir dans le jeu de la vie de "jouer un rôle" et d'obtenir l'approbation sociale pour ce rôle.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 236


C'est ce qu'une personne à appris qui détermine ce qu'elle estime digne d'être réalisé ou de devenir le but de son existence.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 246


Un homme complètement dénué d'espoir est une impossibilité psychologique, tout comme un homme n'ayant aucun but.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 259


On a l'habitude de définir la psychiatrie comme une spécialité médicale qui s'intéresse à l'étude, au diagnostic et au traitement de la maladie mentale. Cette définition est fallacieuse et fausse. La maladie mentale est un mythe. Les psychiatres ne s'intéressent pas plus à la maladie mentale qu'à son traitement. Dans la pratique, ils ont affaire à des problèmes personnels, sociaux et éthique de l'existence.
  • Le Mythe de la maladie mentale, Thomas Szasz (trad. Denise Berger), éd. Payot, 1977, p. 265


Idéologie et Folie, 1970[modifier]

L'oppresseur dispose d'une rhétorique justificative par laquelle il cache sous une fausse représentation ses buts véritables et les méthodes qu'il emploie pour les atteindre.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 13


La psychiatrie est liée de manière beaucoup plus intime à la morale que ne l'est la médecine en général.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 29


Les hommes désirent la liberté, mais en même temps, ils la craignent.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 42


Le langage à trois fonctions principales : transmettre une information, induire un état et pousser à l'action.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 67


La classification est un acte social. La classification des individus ou des groupes requiert la participation de trois types de personnes au moins : le classificateur, l'objet classifié et un public qui accepte ou qui rejette telle ou telle classification.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 72


Quand des individus veulent en exclure d'autres de leur milieu, ils leur appliquent des étiquettes infamantes.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 75


Être humain, c'est avant tout un concept moral et psychologique.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 118


La collectivisation de l'homme, par des moyens politiques ou psychiatriques, équivaut toujours à ceux-ci : les individus transformés en chose peuvent être contrôlés et manipulés par une élite technocratique.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 189


Ceux qui sont habitués à être surveillés vivent comme s'ils étaient sur une scène ; ils ont appris à se cacher sous un masque impersonnel. Seuls, sans public, sans surveillance, ils se rencontrent eux-mêmes, et, ayant rencontrés un fantôme, ils sont terrifiés.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 200


Il n'y a pas d'action visant à atteindre un but, il n'y a que des comportements déterminés par des causes.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, Pierre Sullivan, p. 239


Ce n'est donc pas que les diagnostics psychiatriques soient dépourvus de sens ; ce qui est grave, c'est qu'ils peuvent être utilisés et ils le sont souvent comme des assommoirs sémantiques : briser la respectabilité et la dignité d'un individu le détruit tout aussi efficacement, sinon plus, que de briser sa nuque.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 252


Tout individu est "quelqu'un". Il ne peut demeurer non classé. L'individu éclectique dans ses choix et dans sa conduite, impossible à ranger dans les cases de la société, devient un objet de soupçon et de méfiance.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 254


Tout jugement est sujet à l'erreur.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 259


La médecine est une science naturelle. La psychiatrie est une science morale.
  • Idéologie et Folie, Thomas Szasz (trad. Pierre Sullivan), éd. PUF, 1976, p. 286