Thomas Guénolé

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Thomas Guénolé, né le 13 septembre 1982 à Paris, est un politologue français.

Citations[modifier]

Les sondages ne servent pas à prédire les résultats d'une élection: c'est marqué sur la notice. Ils sont fiables pour identifier les dynamiques: untel monte, untel descend, untel stagne. Mais ils ne sont absolument pas fiables pour annoncer les futurs scores. Dit autrement, les sondages, ce sont des thermomètres qui peuvent indiquer si le temps se réchauffe ou se refroidit, mais qui ne peuvent pas vous donner la température exacte.

  • « Primaire à gauche : «Un duel entre Valls et Montebourg n'est absolument pas garanti» », propos recueillis par Alexis Feertchak, Le Figaro Vox, 22 décembre 2016 (lire en ligne)


Le «jeune-de-banlieue», c’est l’ogre des temps modernes. Arabe mal rasé de 15-35 ans vêtu d’un survêtement à capuche, il se promène avec un cocktail Molotov dans une main et une kalachnikov dans l’autre. Il fume du shit dans les cages d’ascenseur, il brûle des voitures ; il gagne sa vie grâce à des trafics de toutes sortes et en fraudant les allocations sociales. Sa sexualité consiste à violer les filles en bande dans des caves ; sa spiritualité, à écouter les prêches djihadistes de l’«islam-des-banlieues», dans des caves également. Il hait la France, l’ordre, le drapeau, et bien sûr, il déteste les Français (comprendre : «les Blancs»). Il aime le jihad et l’islamisme. Son rêve : partir en Syrie se battre aux côtés d’Al Qaïda, pour ensuite revenir en France commettre des attentats. Il ne serait donc pas étonnant que bientôt les parents disent à leurs enfants : «si tu n’es pas sage, le jeune-de-banlieue viendra te chercher». Cette description correspond autant aux vrais jeunes des banlieues que le célèbre beauf à béret, avec baguette sous le bras, accordéon et litron de rouge, est représentatif du Français moyen.

  • « Le "jeune-de-banlieue" mange-t-il les enfants ? », Thomas Guénolé, Libération, 13 février 2015 (lire en ligne)


Plus largement, mon livre déconstruit brique par brique l'argumentation destinée à nous vendre la mondialisation actuelle comme étant « heureuse », le meilleur système possible ; alors qu'elle est objectivement malheureuse, c'est-à-dire inéquitable et inhumaine.

  • « La mondialisation malheureuse ou le règne de l'oligarchie », propos recueillis par Alexandre Devecchio, Le Figaro Vox, 14 septembre 2016 (lire en ligne)


D'une part, les politiques économiques que la mondialisation actuelle impose aux pays qu'elle touche consistent surtout à démanteler l'État-providence et à déposséder l'État-actionnaire. Puisque c'est donc un grand bond en arrière de la place de l'État dans l'économie et le social, le préfixe « néo- » est inapproprié. D'autre part, le vrai libéralisme économique est résolument hostile à toute rente de situation, à tout privilège, et à toute entente entre une poignée de grands groupes pour contrôler un marché. Prétendre que cette mondialisation est libérale alors qu'elle fabrique partout de grands oligopoles, c'est donc une usurpation.

  • Propos sur le néo-libéralisme et le libéralisme
  • « La mondialisation malheureuse ou le règne de l'oligarchie », propos recueillis par Alexandre Devecchio, Le Figaro Vox, 14 septembre 2016 (lire en ligne)


Les oligarques sont ces 0.1% qui accumulent une fortune titanesque à force de prédations : par exemple, celle de l'oligarque espagnol Amancio Ortega, propriétaire de Zara, pèse 16 millions de fois la somme annuelle avec laquelle les quelque 3 millions d'Espagnols pauvres doivent survivre. Les ploutocrates sont les 10% les plus riches des différents pays : ils font partie des riches, mais ils sont aux oligarques ce que la petite Mars est à l'immense Jupiter. Les apparatchiks sortent d'un très petit nombre d'écoles véhiculant l'idéologie de la mondialisation malheureuse : Ils sont tantôt cadres dirigeants de grandes firmes mondialisées, tantôt hauts fonctionnaires, et naviguent couramment d'un univers à l'autre. C'est par exemple Mario Draghi, tantôt vice-président de Goldman Sachs pour l'Europe, tantôt président de la Banque centrale européenne.

  • « La mondialisation malheureuse ou le règne de l'oligarchie », propos recueillis par Alexandre Devecchio, Le Figaro Vox, 14 septembre 2016 (lire en ligne)


Vouloir changer ce système n'est donc pas une position particulièrement de droite, de gauche, écologiste, du centre, d'extrême droite ou d'extrême gauche : c'est simplement de la légitime défense. Autrement dit c'est un enjeu transpartisan. La très large majorité de l'humanité étant perdante dans ce système, elle doit s'organiser, à la fois par l'engagement politique, syndical et associatif, pour le remplacer par un système conforme à l'intérêt du plus grand nombre et à la préservation de l'équilibre écosystémique. J'appelle cela : préparer « l'altersystème ».

  • « La mondialisation malheureuse ou le règne de l'oligarchie », propos recueillis par Alexandre Devecchio, Le Figaro Vox, 14 septembre 2016 (lire en ligne)


Je suis convaincu que le basculement de la mondialisation malheureuse à l'altersystème est à la fois possible, souhaitable, et relativement proche. Le point de rupture en sera, je pense, le basculement d'une grande puissance dans l'altersystème, servant d'avant-garde et de point d'appui. Ma seule véritable interrogation est de savoir si l'écroulement du système de la mondialisation malheureuse inclura une transition violente ; par exemple une grande guerre.

  • « La mondialisation malheureuse ou le règne de l'oligarchie », propos recueillis par Alexandre Devecchio, Le Figaro Vox, 14 septembre 2016 (lire en ligne)


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