Tanella Boni
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Tanella Boni, née en à Abidjan (Côte d'Ivoire), est une écrivaine et universitaire ivoirienne.
Citations
[modifier]Une vie de crabe, 1990
[modifier]D'un grain de riz poussent des feuilles vertes et des racines, à moins qu'il ne soit précuit ou décortiqué.
- Une vie de crabe, Tanella Boni, éd. NEAS, 1990 (ISBN 2-7236-0437-3), p. 31
Les femmes ne prennent jamais conscience de leur propre destin. Une main invisible les guide toujours, dans le droit chemin. Puis les abandonne si elles se montrent quelque peu rebelles.
- Une vie de crabe, Tanella Boni, éd. NEAS, 1990 (ISBN 2-7236-0437-3), p. 63
La nuit est le seul moment de la journée où l'on est tout entier à soi et pour soi.
- Une vie de crabe, Tanella Boni, éd. NEAS, 1990 (ISBN 2-7236-0437-3), p. 66
La fin du désir, c'est la mort de l'amour. La fin de la pluie, c'est la mort de la vie.
- Une vie de crabe, Tanella Boni, éd. NEAS, 1990 (ISBN 2-7236-0437-3), p. 97
Tout le bonheur est dans la discrétion.
- Une vie de crabe, Tanella Boni, éd. NEAS, 1990 (ISBN 2-7236-0437-3), p. 81
Au fond, toutes les histoires politiques commencent et se terminent toujours de la même manière, par l'apprentissage de la parole guerrière.
- Une vie de crabe, Tanella Boni, éd. NEAS, 1990 (ISBN 2-7236-0437-3), p. 132
Les baigneurs du lac Rose, 1995
[modifier]Il faut vivre maintenant ou jamais.
- Les baigneurs du lac Rose, Tanella Boni, éd. Nouvelles Editions Ivoiriennes, 1995 (ISBN 2-84261-335-X), p. 171
La lutte sur tous les fronts est la seule chose au monde pour laquelle l’on peut mourir au la tête haute.
- Les baigneurs du lac Rose, Tanella Boni, éd. Nouvelles Editions Ivoiriennes, 1995 (ISBN 2-84261-335-X), p. 121
Au fond, toutes les histoires politiques commencent et se terminent toujours de la même manière, par l'apprentissage de la parole guerrière.
- Les baigneurs du lac Rose, Tanella Boni, éd. Nouvelles Editions Ivoiriennes, 1995 (ISBN 2-84261-335-X), p. 132
Parler est un acte tellement précieux, comme serrer la main à quelqu’un.
- Les baigneurs du lac Rose, Tanella Boni, éd. Nouvelles Editions Ivoiriennes, 1995 (ISBN 2-84261-335-X), p. 194
Comment regarder le passé
Riche d'instants de vie
Et arpenter les rives abyssales
De l'avenir qui porte des oeillères
Tel est le dilemme du jour mon frère du silence.
- Les baigneurs du lac Rose, Tanella Boni, éd. Nouvelles Editions Ivoiriennes, 1995 (ISBN 2-84261-335-X), p. 87
Il n’y a pas de parole heureuse, 1997
[modifier]Chaque jour l’espérance, 2002
[modifier]Matins de couvre-feu, 2005
[modifier]Que vivent les femmes d’Afrique ?, 2008
[modifier]La diversité du monde : réflexions sur l'écriture et les questions de notre temps, 2010
[modifier]
Il y a ceux qui, depuis toujours, n'arrivent pas à choisir entre Césaire et Senghor. Il y a ceux qui le placent sur un piédestal comme un Dieu parmi les hommes. Il y a, et ils sont nombreux, ceux qui se défendent d'être "senghoriens" mais ne tarissent pas d'éloges à l'égard de l'homme illustre. Voilà comment nous nous déplaçons à l'ombre de Senghor. Pour ou contre Senghor, l'ombre plane toujours. Et puis, combien de pères fondateurs, en Afrique, ont-ils marqué leur pays et leur peuple du sceau de la pensée, des arts et lettres, de la culture en général ?
- « Senghor, le siècle avait six ans… », Africultures, 2002 [texte intégral].
- « Senghor, le siècle avait six ans… », dans La diversité du monde : réflexions sur l'écriture et les questions de notre temps, Tanella Boni, éd. L’Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-10348-1), partie Escales littéraires et artistiques, p. 190
Les mots accompagnent les pas des poètes : ombres, échos, voix, armes, traces… Les mots – cri, chant ou murmure – dessinent des rêves, écrivent des tourbillons qui donnent du souffle aux poètes. Comme la flamme éclaire l'éveil, les mots maintiennent les poètes en vie – même quand ils sont morts. Voilà pourquoi la poésie croît avec le souffle, la respiration, l'évident "bonheur de respirer" dont parle Bachelard. Chaque poète est sans doute en voyage(s), à sa manière. "Chaque poète nous doit donc son invitation au voyage".
- « Voyages en poésie », Africultures, no64 « Traces noires de l'Histoire en Occident », 2005 [texte intégral, lien DOI].
- « Voyages en poésie », dans La diversité du monde : réflexions sur l'écriture et les questions de notre temps, Tanella Boni, éd. L’Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-10348-1), partie Escales littéraires et artistiques, p. 203
La journée du 8 mars doit être l'occasion, pour nous, de rappeler nos paroles et nos rêves, nos mémoires, l'essentiel recherché : être au monde, sortir du silence, prendre la parole par la venue à l'écriture. De temps en temps, on aurait aimé que nous, femmes si multiples, soyons magnifiées aussi par nos mots, par l'art qui nous habite, là où nous donnons le meilleur de nous-mêmes en ouvrant la porte du monde. Parfois, le chemin tracé par nos voix n'est ni vu, ni entendu quand il emprunte les méandres si difficiles de la poésie. Car venir au monde par la parole poétique est un autre engagement que nous avons envie de tenir, partout où nous habitons et quels que soient nos combats singuliers. Pendant des siècles et quelles que furent les cultures en présence, nous avons été pensées comme des êtres du dedans, du foyer, de la maison. Et si nous étions aussi des êtres sortant de tout enclos, de tout rond, de tout carré ? Insaisissables sommes-nous, sur les chemins périlleux du voyage, quand le monde est en nous et que nous l'habitons aussi par mots, images, rythmes et musiques appartenant à chacune de nous.
- « Voyages en poésie 2 : Sortir du silence », Africultures, no74-75 « Féminisme(s) en Afrique et dans la Diaspora », 2008 [texte intégral, lien DOI].
- « Voyages en poésie 2 : Sortir du silence », dans La diversité du monde : réflexions sur l'écriture et les questions de notre temps, Tanella Boni, éd. L’Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-10348-1), partie Escales littéraires et artistiques, p. 230

"En Afrique, quand un ancien meurt, c'est une bibliothèque qui brûle". Ici, on ne peut paraphraser cette formule d'Amadou Hampâté Bâ. Il n'y a pas de bibliothèque qui brûle. Césaire voulait que l'on crée. Il souhaitait que l'on écrive. Il a écrit et laissé des traces et celles-ci ne brûleront pas parce qu'elles germeront dans nos mémoires et nous nous en souviendrons par images, par mots, par citations entières. Citer Césaire ne sera pas du luxe, ne fera pas partie de cette manière d'être précieux qui consiste à citer un grand auteur à chaque réflexion, à chaque minute, parce qu'on a envie de se faire voir, de montrer sa science infuse.
- « Césaire, créateur et passeur de mots », Africultures, no73 « Festivals et biennales d'Afrique : machine ou utopie ? », 2008 [texte intégral, lien DOI].
- « Césaire, créateur et passeur de mots », dans La diversité du monde : réflexions sur l'écriture et les questions de notre temps, Tanella Boni, éd. L’Harmattan, 2010 (ISBN 978-2-296-10348-1), partie Escales littéraires et artistiques, p. 235
Jusqu'au souvenir de ton visage, 2010
[modifier]Là où il fait si clair en moi, 2017
[modifier]Autres publications
[modifier](...) l’imagerie populaire, en Afrique ou ailleurs, imagine tout clandestin comme un humain vivant caché, dissimulant ses faits et gestes, inexistant dans l’espace public. Cette image mérite d’être nuancée. Car si le clandestin n’est pas reconnu légalement dans le cadre d’un État, il se donne le droit de vivre dans toutes les marges de la société et parfois au gré des intempéries.
- « L’Afrique des clandestins », Tanella Boni, Social Science Information, vol. 47 nº 4, 2008, p. 684 (lire en ligne)
L'aptitude à s'exprimer par l'art est propre à toute culture. Cependant, si cette aptitude nous rattache à une commune humanité, la manière de prendre part à la pratique artistique, à la consommation, à la circulation, et à la reconnaissance des productions artistiques et des expressions culturelles, n'est pas la même d'un pays à l'autre, ni d'un continent à l'autre, encore moins des centres de décision, de partage, jusqu'aux marges du monde.
- « Écrire dans l’urgence ou le partage inégal du sensible », Tanella Boni, Museum International, vol. 61 nº 4, 2009, p. 44 (lire en ligne)
En Afrique de l’ouest, la solidarité entre humains et non-humains fait partie d’un imaginaire largement partagé. On conçoit aisément que la préservation de la dignité humaine passe par la prise en compte d’un environnement naturel dans lequel chaque vivant ou chaque élément trouve sa place.
- « Qu’est-ce qu’une vie digne ? », Tanella Boni, Diogène, nº 253, 2016, p. 118 (lire en ligne)
L’art ne raisonne pas. Il relève de l’émotion, de la sensibilité, de l’imagination. L’expérience artistique ne renvoie ni à l’argumentation, ni à la vérification, ni à la preuve, puisqu’il ne s’agit pas de connaissance scientifique. Et pourtant, par des voies qui lui sont propres, en dehors des sentiers battus des sciences, l’art joue un rôle primordial dans la formation de l’individu : il transmet la connaissance du monde et des valeurs humaines indispensables pour s’ouvrir à l’Autre. La création artistique établit ainsi des liens très forts entre les humains, par-delà les langues, les croyances et les cultures.
- « Le Poète au cœur de la cité », Tanella Boni, Le Courrier de l'UNESCO, juillet-septembre 2017, p. 46 (lire en ligne)
Entretiens
[modifier]- « Dans le labyrinthe de Tanella Boni », Madeleine Borgamano, Notre Librairie, nº 87. Littérature de Côte d’Ivoire. 2, Ecrire aujourd’hui, 1987, p. (lire en ligne)
- Cette source est trop vague : les champs page doivent être renseignés. Si des références précises ne sont pas données, la citation devra être retirée de la page.
Je suis à la croisée entre la poésie et le roman. Mon roman recèle de la poésie et mes poèmes sont de petits romans. Il m'est difficile de tracer une ligne de démarcation nette entre ces deux genres car je me sens à l'aise aussi bien quand j'exprime mon lyrisme que lorsque j'écris de la prose. Il est certain que je n'abandonnerai pas la poésie. Elle m'a aidé dans l'évolution de mon caractère et a déterminé ma personnalité. La poésie est la parole primordiale, la façon d'exprimer les émotions fortes, tout ce qui est instantané.
- Littérature féminine francophone d'Afrique noire ; suivi d'un dictionnaire des romancières, Pierrette Herzberger-Fofana, éd. L’Harmattan, 2000 (ISBN 2-7384-9905-8), partie Interviews, chap. Tanella Boni (Côte-d’Ivoire), p. 370
- Afrique : paroles d'écrivains, Eloïse Brezault, éd. Mémoire d'encrier, 2010 (ISBN 978-2-923713-20-5), p. 47-61
- « Tanella Boni a son mot à dire. Entretien », Elisabet Sánchez Tocino, Elena Cuasante Fernández, Çédille, nº 26, 2024, p. 163-173 (lire en ligne)
Citations sur
[modifier]Au sujet d'Une vie de crabe
[modifier]Dans Une vie de crabe, Tanella Boni fait varier les points de vue : celui de Niyous, adolescent difficile, en révolte contre le père, alterne avec celui de Léti, jeune ex-femme de ce père, et avec celui du père lui-même. De plus, le récit se fracture souvent pour accueillir des fragments des cahiers de Léti, ou encore des poèmes, des chansons. Tanella Boni n'a pas oublié qu'elle est d'abord poète. Et son roman oscille entre une narration réaliste et des fulgurances poétiques frôlant parfois le surréalisme, par exemple dans le récit des rêves de Léti, ou dans la scène finale, qui tient du fantastique et du délire. Le mélange des voix, des genres, des styles, donne au roman des dimensions multiples et interdit toute réduction.
- « Les femmes et l’écriture-parole », Madeleine Borgamano, Notre Librairie, nº 117. Nouvelles écritures féminines. 1, La parole aux femmes, 1994, p. 90 (lire en ligne)
Dans le panier, des crabes. « Il y en a des mâles et des femelles… On les mélange couramment au fond du même canari… le mélange du mâle et de la femelle a plus de goût, aux dires des cases, des baraques et des palais. » Cette allégorie pittoresque de Tanella Boni pourrait traduire l'attitude des romans de femmes actuels vis-à-vis de la question féminine : elle n'apparaît guère comme séparée, ni peut-être comme séparable.
- « Les femmes et l’écriture-parole », Madeleine Borgamano, Notre Librairie, nº 117. Nouvelles écritures féminines. 1, La parole aux femmes, 1994, p. 92 (lire en ligne)
Sensible à l'évolutive psychologique de la femme en Afrique dans dans son Une vie de Crabe, Tanella Boni s'intéresse à la perception du corps féminin vu de l'intérieur, et sa description en fait un objet d'angoisse. Assujetti à d'innombrables maternités, au travail d'éducation sans cesse recommencé, à l'amour sexuel imposé, le corps féminin qui se flétrit traduit chez la femme l'inquiétude du temps qui passe. Tanella Boni illustre ici l'image de ces femmes qui ne peuvent lutter contre l'implacable dépossession de leur identité physique par le regard des autres. […] La romancière rend compte de cette douleur psychologique d'être femme dans un univers où la « femme est déclarée, d'entrée de jeu, comme une grève : illicite ».
- « Écritures romanesques féminines. L’art et la loi des Pères », Romuald-Blaise Fonkoua, Notre Librairie, nº 117. Nouvelles écritures féminines. 1, La parole aux femmes, 1994, p. 114-115 (lire en ligne)
Cette image de l'amour-passion, interdit, éphémère, courant à sa perte, est centrale dans les romans féminins de ces dernières années. C'est le cas de Une Vie de crabe de Tanella Boni, avec le couple Léti-Niyous, marqué d'interdit de par leur lien de parenté (même si ce lien est artificiel, Léti n'étant que la belle-mère de Niyous), l'inceste n'existant pas vraiment.
- Femmes rebelles : naissance d'un nouveau roman africain au féminin, Odile Marie Cazenave, éd. L'Harmattan, 1996, p. 206 (lire en ligne)
Au sujet de sa poésie
[modifier]Sa poésie est avant tout une vibrante exhortation de la femme à la lutte pour sa dignité. […] La poésie de Tanella Boni est à la fois alerte et sobre dans le style. Pas de constructions formelles savamment élaborées. Le langage est celui de tous les jours. Les images choisies sont simples : femme non-homme, beignet ou peigne. C'est précisément de cette simplicité que la poésie tire la force de son expressivité.
- La littérature ivoirienne, Bruno Gnaoulé-Oupoh, éd. Karthala, 2000 (ISBN 2-865-37841-1), partie Deuxième. L’évolution des genres, chap. 5. La poésie, p. 243-244 (lire en ligne)