Suzanne Citron

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Suzanne Citron (1922-2018) est une historienne française.

Citations[modifier]

Le Mythe national, 1987[modifier]

Charles Martel devrait prioritairement faire l’objet d’une mise au point, pour les raisons déjà invoquées de son importance symbolique et de son rôle dans l’inconscient des pulsions racistes anti-arabes et dans l’illusion d’une supériorité de la « civilisation catholique et blanche ». Le contexte géo-politique de l’événement de « Poitiers » est indispensable à comprendre si l’on veut dissiper l’illusion qu’aux VIIe et VIIIe siècles « notre pays » existait déjà et que « Charles Martel a sauvé la France » !
  • Le Mythe national, Suzanne Citron, éd. Éditions ouvrières, 1987, p. 185


L’Histoire de France autrement, 1992[modifier]

L’histoire de France traditionnelle nous a masqué le caractère « multinational » du royaume de France. Le mythe des ancêtres Gaulois revenait à dire que tous les Français avaient la même origine par le biais d’un ancien peuple, parlant une même langue, ayant les mêmes coutumes. On gommait ainsi plus de mille ans de brassages ethnique, culturel et politique !
  • L’Histoire de France autrement, Suzanne Citron, éd. Éditions de l’Atelier, 1992, p. 63


Articles[modifier]

Il faut réinventer l’identité française par référence à :
  • une nation non plus gauloise, homogène et passéiste, mais plurielle, métissée et ouverte sur l’avenir ;
  • une République plus fraternelle, capable de reconnaître et de valoriser l’unité sociale et la dignité de tous les travaux et métiers propres et sales, manuels et intellectuels, nécessaires, indispensables à l’Être-ensemble de notre société.
  • « Histoire de France : crise de l’identité nationale », Suzanne Citron, Dialogues Politiques, nº 2, Janvier 2003, p. 15

  • Inventée pour et transmise par l’école de la IIIe République, notre histoire multiculturelle et poly-ethnique doit être réécrite dans la France d’aujourd’hui, une France post-vichyste, post-coloniale, amarrée au char de l’Europe, insérée dans la complexité du monde du XXIe siècle.
    • « Dénationaliser l’histoire de France », Suzanne Citron, Libération, jeudi 30 décembre 2004, p. 10 (lire en ligne)


    L’école gratuite, obligatoire et laïque a fait croire aux Français qu’ils descendent des Gaulois. Le Petit Lavisse, le manuel phare de la 3e République, commençait ainsi :

       « Autrefois, notre pays s’appelait la Gaule et ses habitants, les Gaulois. »
    […]
    Cette lecture du passé français à travers la grille d’une Gaule qui préfigurerait la ‘nation’ est obsolète et non sans effets pervers. D’une part elle conditionne spatialement le passé autour du seul Hexagone, excluant de ce passé tout ce qui géographiquement lui est extérieur, comme les Antilles ou même la Corse.
    Elle confère à la durée de la présence sur le sol hexagonal présumé ‘gaulois’ une vertu quasi-magique au nom d’une antériorité généalogique qui serait synonyme de supériorité.
    D’autre part, et c’est le plus grave, l’idée d’une souche gauloise ethnicise fantasmatiquement la ‘véritable’ nation et nie la diversité raciale et culturelle qui a constamment accompagné la création historique de la France.
    […]
    L’histoire de la France ‘Gaule’ et d’un peuple français d’origine ‘gauloise’ fabriquée au XIXe siècle correspond à la vision des fondateurs de la République et garantit à leurs yeux l’unité et l’indivisibilité nationale.
    […]

    Mais cette histoire de la France ‘Gaule’ est aujourd’hui obsolète pour décrypter une identité française aux multiples racines post-coloniales et mondiales.
    • « “Nos ancêtres les Gaulois” : ils sont fous ces historiens ! », Suzanne Citron, rue89.com, 23 juin 2008 (lire en ligne)


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