Stalker

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Stalker (Сталкер) est un film russe réalisé par Andreï Tarkovski, sorti en 1979.

La maison du Stalker[modifier]

Elle (la femme du Stalker) : Je ne te laisserai pas partir !
Le Stalker : Lâche-moi, je te dis !
Elle (la femme du Stalker) : Eh bien, fiche le camp ! Et puisses-tu rester là-bas à pourrir ! Maudit soit le jour où je t'ai rencontré ! Ordure ! Dieu lui-même t'a maudit en te donnant un gosse comme ça ! Et moi il m'a maudite à cause de toi, salaud ! Ordure !

  • Alexandre Kaïdanovski, Alisa Freindlich, Stalker (1979), écrit par Andreï Tarkovski


La pièce avec le téléphone[modifier]

L'écrivain : Qu'avez-vous manigancé, Professeur ?
Le professeur : Mais vous imaginez ce qui arrivera quand tout le monde croira à l'existence de cette chambre ? Quand ils se précipiteront tous ici . Ce n'est qu'une question de temps, savez-vous ? Si ce n'est pas aujourd'hui, ce sera demain... et pas par dizaines, par milliers ! Tous ces empereurs avortés, ces grands inquisiteurs, ces führers, tous grand bienfaiteurs du genre humain ! Ils accourront non en quête de fortune ou d'inspiration, mais pour refaire le monde !...
le Stalker : Non, non. Je ne prendrai jamais personne de cette sorte. Je comprends bien !

  • Alexandre Kaïdanovski, Anatoli Solonitsyne, Nikolaï Grinko, Stalker (1979), écrit par Andreï Tarkovski


L'écrivain : Allez donc, laissez tomber ! Un individu ne peut pas nourrir une haine ou un amour tels qu'ils s'étendent sur l'humanité entière ! Désirer de l'argent, une gonzesse, à la rigueur une vengeance — puisse mon chef passer sous une voiture —, passe encore, mais le pouvoir sur le monde ! Une société juste ! Le royaume de Dieu sur la terre ! Ce n'est plus un désir, c'est une idéologie, une action, une conception. Une pitié inconsciente n'est pas encore en mesure de se réaliser. Pas plus qu'un désir instinctif ordinaire.
le Stalker : Bien sûr ! Le bonheur, c'est quelque chose de très personnel. Il ne peut y avoir de bonheur sur le malheur des autres...

  • Alexandre Kaïdanovski, Anatoli Solonitsyne, Stalker (1979), écrit par Andreï Tarkovski


La chambre[modifier]

L'écrivain : Voyez-moi ça ! Sale putois puant... espèce de rat servile... Ah, assez, tiens-toi tranquille !
Le Stalker : Pourquoi ? Réfléchissez... Pourquoi vous en prendre à moi ?... C'est lui qui veut détruire tout cela... Votre espoir qu'il veut anéantir...
Le Stalker : Il ne restait plus rien d'autre aux hommes sur cette terre !... C'est l'unique endroit, comprenez-vous, où l'on peut encore venir quand on a plus rien à espérer... Vous y êtes bien venus, vous !... Pourquoi voudriez-vous anéantir... la foi !

  • Alexandre Kaïdanovski, Anatoli Solonitsyne, Stalker (1979), écrit par Andreï Tarkovski


Le professeur : Alors, je n'y comprend plus rien. Qui a besoin en ce cas de venir ici ?...
Le Stalker : Comment est-il dit déjà ?... Je ne me rappelle plus...« Et il a donné à mon cœur mission d'étudier et d'éprouver par la sagesse tout ce qui se fait sur la terre : Dieu a confié cette pénible besogne aux fils de l'homme, afin qu'ils s'exercent. »

  • Alexandre Kaïdanovski, Nikolaï Grinko, Stalker (1979), écrit par Andreï Tarkovski


Le bar[modifier]

Elle (la femme du Stalker) : Lui, à l'époque, s'est simplement approché de moi, il m'a dit : « Suis-moi ! », et je l'ai suivi. Et je ne l'ai jamais regretté. Jamais ! j'ai connu de mauvais jours, j'ai connu la peur, j'ai connu la honte. Et malgré tout je n'ai jamais eu de regrets et je n'ai jamais envié personne, simplement le destin est comme ça, et nous sommes tels que nous sommes. Et si notre vie avait été exempte de malheurs, elle n'aurait pas pour autant été meilleure. Elle aurait été pire. Parce qu'il n'y aurait pas eu non plus de bonheur, il n'y aurait pas eu d'espoir. Voilà. Et maintenant, il est temps qu'on parte. Ouistiti est fatiguée.
Le Stalker : Ce sont mes amis... Bref, je n'irai plus jamais là-bas.

  • Alexandre Kaïdanovski, Alisa Freindlich, Stalker (1979), écrit par Andreï Tarkovski


Citations du réalisateur[modifier]

Quel est donc le thème central de Stalker ? D'une manière générale, c'est celui de la dignité de l'homme et de l'homme qui souffre de son manque de dignité.


L'arrivée de la femme du Stalker dans le bistrot où tous les trois se reposent, place l'Écrivain et le Savant devant un phénomène pour eux aussi énigmatique qu'incompréhensible. Ils voient devant eux une femme qui a dû souffrir d'innombrables malheurs à cause de son mari, qui a accouché d'un enfant malade, et qui continue pourtant à l'aimer de la même inconscience et abnégation que dans sa jeunesse. Son amour et sa dévotion sont ce dernier miracle qui peut s'opposer à l'incroyance, au cynisme, au vide intérieur du monde moderne dont l'Écrivain et le Savant sont eux-mêmes les victimes.


On m'a souvent demandé ce que signifiait la Zone, ce qu'elle symbolisait, et on m'avançait les suppositions les plus invraisemblables. Je deviens fou de rage et de désespoir quand j'entends ce genre de questions. La Zone ne symbolise rien, pas plus d'ailleurs que quoi que ce soit dans mes films. La Zone, c'est la Zone. La Zone, c'est la vie. Et l'homme qui passe à travers se brise ou tient bon. Tout dépend du sentiment qu'il a de sa propre dignité, et de sa capacité à discerner l'essentiel de ce qui ne l'est pas.


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