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Sony Labou Tansi

Une page de Wikiquote, le recueil des citations libres.

Sony Labou Tansi est le nom de plume de Marcel Ntsoni, né à Kimwenza (ex Congo belge) en et mort à Brazzaville (République du Congo) le . Romancier, poète, et dramaturge, il est l’auteur d’une douzaine de pièces de théâtre et de six romans dont La Vie et demie et Les Sept Solitudes de Lorsa Lopez.

Citations

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La vie et demie, 1979

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Moi qui vous parle de l'absurdité de l'absurde, moi qui inaugure l'absurdité du désespoir – d'où voulez-vous que je parle sinon du dehors ? A une époque où l'homme est plus que jamais résolu à tuer la vie, comment voulez-vous que je parle sinon en chair-mots-de-passe ?


Des amis m'ont dit : « Je ne saurai jamais pourquoi j'écris. » Moi par contre je sais : j'écris pour qu'il fasse peur en moi.


Une nation n'a pas de parents, pour la simple raison qu'elle doit naître tout les jours. La nation doit naître de chacun de nous, autrement pourquoi voulez vous que ça soit une nation ? La nation ne peut pas venir des illusions de deux ou trois individus, quelque soit la bonne volonte de ceux-ci.


L'état honteux, 1981

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il y avait sur le grand plat les deux jambes et la tête de Maman Nationale, les jambes étaient croisées et dans les orbites étaient enfoncés deux gros poivres rouges et sur un morceau de carton écrit à l’encre rouge, on lisait : « Qui se sert de sa hernie périra par sa hernie ! » Lopez regarda les morceaux et pleura- C’est honteux la mort..


Puis vint ce jour honteux, matin de la nation où il invite mes collègues et tous les Européens de maman, […] il invita le pape et consorts, […] il les servait en murmurant cette chose qu’ils n’entendaient pas ou que certains entendaient sans comprendre : prenez et mangez, ceci est Vauban .»


L’Anté-peuple, 1983

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Quand une femme est belle et que vous refusiez de la trouver belle — dites-vous qu’il y a une anguille sous cœur.


L’homme n’est pas beau que lorsqu’il connaît le prix du choix.


Les hommes, tous les hommes, finissent par tomber dans le piège de la beauté.


Ce n’est pas le nombre de mouches qui fait la quantité du caca.


Tant qu’on respire, on est vivant.


L’homme vient au monde pour aimer et passer : aimer tout en passant.


C’est les lâches qui prennent la mort pour une solution.


Nous sommes au pays de la lutte. Il faut oser vaincre. Il faut oser marcher. Ou crever.


Au monde, nous y venons, parfois ensemble, mais chacun a son chemin.


Qui mange matin évite de bâiller à l’enterrement.


Parfois la plus grande chose qu’on puisse faire au monde passe par sa propre peau.


Ce monde-ci est fou. Il n’y a que les papiers qui raisonnent, qui pensent, qui respirent.


Le pouvoir absolu assure absolument le déséquilibre social.


Le ciel, c’est sans doute loin, très loin. Mais l’enfer, au moins l’enfer, si nous marchons encore, nous l’atteindrons.


C’est quand les hommes descendent très bas qu’on a vraiment besoin de Dieu.


Les Sept solitudes de Lorsa Lopez, 1985

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L'art c'est la force de faire dire à la réalité ce qu'elle n'aurait pu dire par ses propres moyens ou, en tout cas, ce qu'elle risquait de passer volontairement sous silence. Dans ce livre, j'exige un autre centre du monde, d'autres excuses de nommer, d'autres manières de respirer… parce que être poète, de nos jours, c'est vouloir de toutes ses forces, de toute son âme et de toute sa chair, face aux fusils, face à l'argent qui lui aussi devient un fusil, et surtout face à la vérité reçue sur laquelle nous, poètes, avons une autorisation de pisser, qu'aucun visage de la réalité humaine ne soit poussé sous le silence de l'Histoire.
  • Les Sept solitudes de Lorsa Lopez, Sony Labou Tansi, éd. Seuil, coll. « Points », 1994  (ISBN 2-02-022689-8), partie Avertissement, p. 11


Le Commencement des douleurs, 1995

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Notre seule notoriété au long des siècles, nous la devions aux orgies et aux bouffes, aux bacchanales monstres et daupagies invétérées.


Poèmes

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Entretiens

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La réalité est qu’en Afrique, les langues au pouvoir ont peur des langues non au pouvoir, c’est-à-dire de celles de la majorité bâillonnée […]. La langue fait peur quand elle est parlée par des gens à qui la parole est refusée.
  • Locataires de la même maison, entretien avec Michèle Zalessky, Sony Labou Tansi, éd. Diagonales n° 9, 1981, p. 4-5


Citations sur

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Tanella Boni

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Voir le recueil de citations : Tanella Boni

Kossi Efoui

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Voir le recueil de citations : Kossi Efoui

Véronique Tadjo

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Voir le recueil de citations : Véronique Tadjo

Voir aussi

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