Sofi Oksanen

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Sofia Oksanen (2010).

Sofi Oksanen est une écrivaine et dramaturge finno-estonienne née à Jyväskylä en 1977. Bien qu'elle connaît le succès dès ses débuts en Finlande, c'est avec son troisième roman, Purge, qu'elle fait son entrée sur la scène littéraire mondiale. Tout d'abord pièce de théâtre, c'est toutefois sous la forme narrative que Purge se méritera de nombreux prix internationaux, dont le Prix Femina étranger, le Prix du Livre européen et le Prix du roman Fnac.


Purge (Puhdistus, 2008)[modifier]

Tout est réponse, si seulement on connaissait la question.      — Paul-Eerik Rummo
  • Épigraphe placée en tête de la première partie du roman
  • Purge, Sofi Oksanen (trad. Sébastien Cagnoli), éd. Stock, coll. « La Cosmopolite », 2010, p. 13


— Ma petite fille, dans la terre du désespoir poussent de mauvaises fleurs.
  • Purge, Sofi Oksanen (trad. Sébastien Cagnoli), éd. Stock, coll. « La Cosmopolite », 2010, chap. Les corneilles de la vieille Kreel se taisent, p. 136


Un éclat de rire incrédule se répandit de ville en ville, de village en village. Les slogans Nous nous battons pour la cause du grand Staline et Nous éradiquons l'illettrisme déclenchèrent une immense hilarité, personne ne pouvait nous crier des choses pareilles sans plaisanter ! C'étaient de véritables blagues, les femmes d'officiers qui titubaient en chemise de nuit à frange dans les villages, dans les bals et dans les rues, et puis les soldats de l'armée rouge, qui épluchaient les pommes de terre bouillies avec les ongles, comme s'ils ne savaient pas se servir d'un couteau ! Qui prendrait au sérieux des gens pareils ? Mais ensuite, des gens commencèrent à disparaître, et le rire se fit amer. Des anecdotes commencèrent à circuler comme des prières, lorsque les massacres et les déportations de femmes, d'hommes et d'enfants furent mis en pratique.
  • Purge, Sofi Oksanen (trad. Sébastien Cagnoli), éd. Stock, coll. « La Cosmopolite », 2010, chap. Le tumulte du front se change en parfum de sirop, p. 139


Aliide avait rincé ses cheveux au vinaigre, ils brillaient dans la pénombre, et elle essaya de donner à ses yeux l'air innocent du veau nouveau-né, sans défense et sans repères, de nature à allumer tout de suite chez Martin le désir de lui apprendre à voir, pour que Martin trouve en elle un terrain fertile où semer ses paroles. Martin Truu tomba dans les cils humides du veau, baissa sa large main de leader sur ses reins, il s'étendit sur elle, et il puait.
  • Purge, Sofi Oksanen (trad. Sébastien Cagnoli), éd. Stock, coll. « La Cosmopolite », 2010, chap. Le lit d'Aliide commence à puer l'oignon, p. 177


Elle connaissait ce genre de types. Les types avec ce genre de maintien, qui savent comment on punit une femme, et qui sont venus chercher une femme à punir. Le maintien arrogant de ce genre de types, qui sourient de toutes leurs dents en or, le costume près du corps et les épaulettes tendues, et qui savent que l'autre ne peut s'opposer à rien de ce qu'ils veulent. Le maintien de ce genre de types qui portent ce genre de bottes avec lesquelles on peut écraser n'importe quoi.
  • Purge, Sofi Oksanen (trad. Sébastien Cagnoli), éd. Stock, coll. « La Cosmopolite », 2010, chap. Comment fait-on pour voler dans le noir ?, p. 312