Secret

Citations « Secret » sur Wikiquote, le recueil de citations libre
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Citations[modifier]

Un secret reste un secret jusqu’à ce que vous fassiez promettre à quelqu'un de ne pas le révéler.

  • (en) A secret remains a secret until you make someone promise never to reveal it.
  • Simplement Transcrites. Citations de Fausto Cercignani (titre original: Simply Transcribed. Quotations from Fausto Cercignani), Brian Morris, éd. Lulu Press (Raleigh, NC, USA), http://www.lulu.com/, 2013, p. 17


Littérature[modifier]

Nouvelle[modifier]

André Pieyre de Mandiargues, Le Musée noir, 1924[modifier]

Le passage Pommeraye

J'allais probablement toucher la robe de la femme, lui prendre la main, toucher sa chevelure ; j'allais la prendre dans mes bras et découvrir le plus beau secret de Nantes [...]. La porte s'ouvrit avec le déclic bref d'une trappe, et la femme s'engouffra dans un escalier qui montait en colimaçon resserré, où je me jetai après elle le plus vite que je pus. Déjà vacillante à notre première rencontre, la chevelure s'était complètement effondrée au moment du geste qui eût dû me chasser, et elle remplissait le boyau peu large de cet escalier éclairé par le haut, en faisant l'obscurité derrière elle, mais elle répendait aussi une bonne odeur de bête chaude et suante qui me laissait sur ses traces.


Prose poétique[modifier]

Joyce Mansour, Dolman le maléfique, 1961[modifier]

Le monde s'étalait luxurieusement devant Dolman ; il mangeait à sa faim servi par cent villageois terrifiés ; un bon sommeil réparateur labourait chaque nuit ses paupières : son secret, inconnu de lui-même, est qu'il avait la faculté de posséder tout ce qu'il voyait de l' intérieur.

  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 46


Dolman retroussa ses manches de sédentaire et mania son totem aux éclats obsédants. Il voulait se protéger, créer une diversion, fuir. « Je ne suis pas vendeur », dit-il. Le Diable se frotta les mains avec du jus d'absinthe pour éviter le réchauffement trop subit de ses sens et profita du silence pour échapper aux conventions. « Je ne vous veux aucun mal pour le moment », dit-il en insinuant sa main entre celles de Dolman, le long du bois glissant de l'objet que celui-ci tenait entre ses genoux pliés. « Je vous donnerai mon totem, ma virilité, en échange d’un seul regard sur votre secret », dit l'homme en enfonçant l'objet dans la paille saturée d'humidité fétide. La Bête grogna et retira sa main. « Je suis le vide. le brouhaha des impressions neuves cesse en ma présence ; je bannis la routine, le fracas saccadé de la vie tombe et moud à vide sur les frontières de mon silence. Que voulez-vous de mieux ? ».

  • « Dolman le maléfique », Joyce Mansour, La Brèche, nº 1, Octobre 1961, p. 51


Roman[modifier]

André Breton, L'Amour fou, 1937[modifier]

Boys du sévère, interprètes anonymes, enchaînés et brillants de la revue à grand spectacle qui toute une vie, sans espoir de changement, possédera le théâtre mental, ont toujours évolué mystérieusement pour moi des êtres théoriques, que j'interprète comme des porteurs de clés : ils portent les clés des situations, j'entends par là qu'ils détiennent le secret des attitudes les plus significatives que j'aurai à prendre en présence de tels rares événements qui m'auront poursuivi de leur marque.


Tandis que, comme en rêve, on étale toujours devant nous d'autres parterres, vous vous penchez longuement sur ces fleurs enveloppées d'ombre comme si c'était moins pour les respirer que pour leur ravir leur secret et un tel geste, à lui seul, est la plus émouvante réponse que vous puissiez faire à cette question que je ne vous pose pas. Cette profusion de richesses à nos pieds ne peut manquer de s'interpréter comme un luxe d'avances que me fait à travers elle, plus encore nécessairement à travers vous, la vie. Et d'ailleurs, vous si blonde, physiquement si attirante au crépuscule du matin, c'est trop peu dire qu'ajouter que vous ne faites qu'un avec cet épanouissement même.


Virginia Woolf, Les Vagues, 1952[modifier]

À présent, dit Bernard, rampons sous le baldaquin feuillu des groseilliers, et racontons des histoires. Habitons le monde souterrain. Prenons possession de notre territoire secret, éclairé par les candélabres des groseilles en grappe, rouge vif d'un côté, noires de l'autre.


Psychologie[modifier]

Paul-Claude Racamier, Pensée perverse et décervelage, 1992[modifier]

De la pensée perverse au désordre de pensée

Usant des secrets pour délier les liaisons et briser la chaîne des contacts, [la pensée perverse] ne laisse subsister que des fragments épars, qui ne vont pas ensemble et dont on ne peut donc faire un savoir, si ce n’est au prix d’un énorme travail de reconstruction.

  • Pensée perverse et décervelage, 1992, De la pensée perverse au désordre de pensée, dans [1], paru Trait pour trait Mouvement de travail et de recherche autour de la psychanalyse, Paul-Claude Racamier.