Salon

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Le mot salon peut désigner une pièce d'une maison, une salle de séjour, un salon évènementiel, un salon littéraire ou un espace informatique dans lequel peuvent discuter les internautes intéressés.

Littérature[modifier]

Prose poétique[modifier]

Robert Desnos, La liberté ou l'amour !, 1927[modifier]

Les poissons sortirent de la rivière, eux, voués depuis des temps et des tempêtes au culte des choses divines et à la symbolique céleste. Pour les mêmes raisons, les palmiers du Jardin d’Acclimatation désertèrent les allées parcourues par l’éléphant pacifique du sommeil enfantin. Il en fut de même pour ceux qui, emprisonnés dans des pots de terre, illustrent le salon des vieilles demoiselles et le péristyle des tripots. Les malheureuses filles entendirent le long craquement des poteries désertées et le rampement des racines sur le parquet ciré, des cercleux regagnant lentement a l’aube leur maison après une nuit de baccarat où les chiffres s’étaient succédé dans le bagne traditionnel, oublièrent leur gain ou leur perte et les suivirent.
  • La liberté ou l'amour ! (1927), Robert Desnos, éd. Gallimard, coll. « L'Imaginaire », 1962  (ISBN 978-2-07-027695-0), III. Tout ce qu'on voit est d'or, p. 33


Le Corsaire Sanglot réfléchit. Il se souvient d’un cadavre de femme et d’un salon où l’on buvait une douce liqueur... Il reprend le chemin du club des Buveurs de Sperme.


Roman[modifier]

Charles Monselet, La Franc-maçonnerie des femmes, 1856[modifier]

Un soir, dans un salon où cinquante personnes environ étaient réunies, je m'amusai à penser tout haut. Rare jouissance, n'est-ce pas ? plaisir inestimable ! Un quart d'heure après, un domestique vint me présenter mon chapeau, et j'avais fait autre chose cependant que de dire à quelques femmes qu'elles étaient laides et à quelques hommes qu'ils manquaient d'esprit.
  • La Franc-maçonnerie des femmes (1856), Charles Monselet, éd. Le Masque, coll. « Labyrinthes », 2011  (ISBN 978-2-7024-3501-4), partie I, 3. Les audaces d'un homme timide, p. 55


Marie d'Agoult, Nélida, 1866[modifier]

Ce soir-là, ses salons en stuc blanc chargé d'or étaient éclairés avec plus de splendeur que de coutume ; des multitudes de girandoles en cristal de roche à facettes étincelantes, se répétant à l'infini dans des panneaux de glace, jetaient une vive lumière sur les draperies de damas aux tons éclatants. Des pyramides de cactus, qui ouvraient leurs corolles ardentes dans cette chaude atmosphère, ajoutaient encore à l'éblouissement de l'œil. Un orchestre puissant faisait retentir d'une musique provocante ces espaces sonores où les femmes aux courtes tuniques, aux cheveux parfumés, ruisselants de pierreries, les bras nus, les épaules nues, arrivaient une à une et se prenaient la main, comme des fées qui se rassemblent pour un joyeux sortilège.


Le lendemain, vers la chute du jour, Guermann entrait dans le petit salon que Mme d'Hespel appelait son atelier. C'était une pièce tendue de satin vert, éclairée par le haut, encombrée de prétendus objets d'art et d'une multitude d'ustensiles, aussi élégants qu'incommodes, qui servaient à la vicomtesse dans l'exercice de son talent de peinture.